« Partout, les injustices sont une violence. Elles sont partout la première de toutes les violences : la violence nº 1.
Cette violence installée attire la violence nº 2 , celle des victimes de l’injustice quand ils se révoltent.
Et quand la violence nº 2 tâche de faire face à la violence nº 1, les autorités se jugent dans l’obligation de sauver l’ordre public ou de le rétablir, même s’il faut employer des moyens forts : c’est la violence nº 3, légitimée au nom de la sécurité nationale » (Dom Helder Câmara (1909-1999) qui nous invite à repérer l’enchainement de trois types de violence, utile en ce moment dans les émeutes à l’île Maurice !).

Voici ce qu’écrit Shenaz Patel, Mauricienne à la conscience lucide : « Il est plus facile de voir la violence d’un feu que celle qui est exercée chaque jour sur celles et ceux que le travail exploite sans retenue, qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts, qui sont méprisés par pouvoir et possédants, qui depuis quatre jours n’ont plus une goutte d’eau pour boire et se baigner alors qu’on fait miroiter à peu de distance piscines, golfs et vie luxueuse.
[…]
La dite « réussite » de Maurice dont on s’est longtemps gargarisé n’a été possible que parce que des milliers de femmes et d’hommes ont accepté de travailler en étant sous-payés et exploités, et en souriant de surcroit, dans l’assurance d’un contrat social qui leur garantissait un minimum commun symbolisé notamment par une pension à l’âge de 60 ans.
[…]
Qu’est-ce qui a réellement changé dans l’organisation de notre système inégalitaire ? Qu’est-ce qui a changé pour la communauté créole de nos cités ? »