prune !

Voici un des charmes de la langue française…

Travailler pour des prunes = pour rien, sans résultat (l’expression remonte aux croisades du XIIᵉ siècle : les croisés étaient revenus bredouilles de Damas, excepté de piètres pruniers rapportés dans leurs sacs).

Par ailleurs, la prune est utilisée comme un projectile.
D’où ramasser une prune = prendre un coup ;
prendre une prune = recevoir une contravention.

Et pour la route :
avoir une tête de pruneau = avoir un visage marqué, ridé.

éclair créatif

Un professeur qui cherchait à avoir la paix pour un bon moment demanda à sa classe de calculer la somme de 1 à 100.

Un des élèves, dans un éclair fulgurant, vit comment simplifier le travail :
1 + 100 = 101
2 + 99 = 101
3 + 98 = 101

Donc, multipliant 101 par 50, il donna facilement et rapidement la réponse.

Il s’appelait Gauss, il avait 8 ans, en route vers la fameuse courbe de Gauss !

Vive la curiosité…

C’est en enfermant une souris sous une cloche avec une plante qu’il y a 250 ans, Joseph Priestley devint sûr que la plante « répare » / « rafraîchit » l’air ; elle nous aide à respirer plus longtemps dans un espace sans air. Cette expérience l’a conduit à comprendre qu’une plante produit une substance indispensable à la vie animale, ce que nous appelons aujourd’hui l’oxygène.

Dans la foulée, en 1779, Jan Ingenhousz comprend que la lumière aide les plantes à « purifier » l’air. Juste après, à Genève, Jean Senebier montre que les plantes absorbent le CO₂ !

Et dire que c’est la bête expérience de Priestley qui a mis les hommes sur la piste de la photosynthèse. Vive la curiosité…

science infuse

L’invention en sciences est stimulée notamment par les capacités de

1) regarder autrement, changer de perspective, réussir une construction mentale :

c’est en réalisant dans sa tête une expérience impossible à réaliser en pratique (deux objets glissant sans frottement sur un plan incliné infini) que Galilée a mieux compris les lois du mouvement et la chute des corps ;

c’est en se demandant ce qu’il verrait en chevauchant un rayon de lumière qu’Einstein a accouché de son hypothèse de relativité restreinte ;

2) faire des liens que personne n’avait faits et oser des hypothèses audacieuses, même apparemment farfelues et fortement critiquées :

c’est en regardant la découpe des continents comme un puzzle que Wegener a eu l’idée créative qu’ils avaient été d’abord soudés et qu’il a formulé l’hypothèse de la dérive des continents (une idée jugée folle à l’époque qui deviendra la tectonique des plaques) ;

3) inventer des modèles ou créer un instrument / un outil qui permet de voir ce qu’on ne voyait pas encore :

c’est en bricolant des maquettes en carton et en métal que Watson & Crick ont testé différentes formes possibles de la molécule, jusqu’à visualiser la double hélice de l’ADN ;

c’est en représentant les décisions humaines comme des stratégies mathématiques que Von Neumann et Morgenstern ont pu modéliser les comportements humains et créer la théorie des jeux ;

4) transformer un bug en opportunité, un accident en riche expérience :

c’est en ayant de la curiosité pour une expérience ratée (un champignon avait contaminé une boîte de culture) que Fleming a suivi cette piste hasardeuse fournie par hasard, jusqu’à découvrir la pénicilline.

Vive la curiosité qui fuse
en science infuse :
https://www.uclouvain.be/fr/scinfuse

Gargouille

‘Gargouille’ est une onomatopée primitive : « garg- » (bruit de gorge) + « goule » (gueule) => « gueule qui gargouille ».

Et quand ces bruits montent des profondeurs grouillantes de l’estomac, on parle de gargouillis !

Quelle intéressante réalité que les gargouilles : 1) elles rendent grand service en déversant l’eau de pluie loin des murs, pour protéger les fondations ; 2) elles ont forme monstrueuse, figure fantastique, symbolisant les dangers du Mal et de ses tentations !?

Cette ambivalence entre bienfaits et dangers est si fréquente : l’eau (un cyclone est essentiel pour bien des îles car il leur apporte de grandes quantités d’eau douce ET ses vents de 2 à 300 kms/h. peuvent tout balayer), le feu purificateur ET destructeur, la mère nourricière ET possessive, la technologie source de progrès ET arme d’oppression aux mains des malveillants, le temps (chance ou malchance ? ; Janus aux deux visages), etc.

Se mettre en orbite ? Tomber assez vite !

Une fusée qui quitte la terre ne cherche pas tant à monter qu’à entrer en orbite. Elle monte verticalement uniquement pour traverser les couches les plus denses de l’atmosphère (où les frottements sont les plus importants). Et dès que l’air se raréfie, elle amorce son « virage gravitationnel », suivant une trajectoire qui dessine un bel arc dans le ciel, utilisant la gravité terrestre pour changer de direction avec un minimum de carburant. Le jeu consiste à tomber vers la Terre, tout en allant assez vite pour que ma chute rejoigne la courbure de la planète.

La suite de ce post sur l’importance d’adopter avec précision la bonne vitesse de libération : https://etiennechome.site/jeu-venus/

Un satellite trop lent rentrerait dans l’atmosphère et brûlerait.

Un satellite trop rapide pour son champ gravitationnel s’évanouirait dans le vaste système solaire…

dansant d’encens

« Il vaut mieux danser sur l’herbe ou sur la fougère que d’être malheureux dans un palais » (Fénelon, 1718).

« Si j’avais en charge l’éducation des enfants d’un pays, je commencerais par les faire danser et chanter tous les matins » (Yehudi Menuhin, 1996).

« La rumba raconte l’histoire de ces peuples qui ont souffert, mais qui ont, dans leur souffrance, cherché à rester debout. La rumba est une musique d’évolution qui vous traverse les tripes » (Alain Mabanckou, 2025). 

« Fais que le rêve
dévore ta vie
afin que la vie
ne dévore pas ton rêve »
(inspiré de Antoine de Saint-Exupéry
qui aurait dit, lui :
« Fais de ta vie un rêve,
et d’un rêve, une réalité », +/- 1937).

Sieste bienfaisante

De nombreuses études en neurosciences et médecine du sommeil montrent que la sieste accroît la concentration, la mémorisation, la créativité, la performance cognitive et les performances sportives. Une sieste de 20 minutes peut offrir des bienfaits comparables à un cycle de sommeil nocturne de 90 minutes.

Plus nous apprenons à écouter notre corps, plus la sieste viendra à point et sera de la bonne durée pour lui (il s’agit de ne pas commencer un cycle de nuit).

Pour ma part, quel bonheur ces doux plongeons dans des états de conscience modifiée jusqu’au rêve régénérant et inspirant…

Exemples d’études parues : en 2024, dans la Revue du Praticien et une autre par la Fondation pour la Recherche Médicale ; en 2022, étude parue par la Fondation Ramsay Santé, dans la Revue de littérature. En 2020, l’Université de Lyon montra que la sieste consolide les apprentissages des jeunes enfants.

Jésus a été un bâtard

Illustration : Het Zinneke, aussi appelé Zinneke-Pis ; cette « sculpture de rue » sise rue des Chartreux 35, au centre de Bruxelles, en écho au Manneken-Pis (qui pisse en continu depuis 1619, et son pendant féminin la Jeanneke-Pis, arrivée seulement en 1987).

En dialecte bruxellois, Zinneke désigne à la fois la petite Senne (la rivière qui contournait Bruxelles, plus modeste que la Senne parisienne) et un chien bâtard = un chien sans race ; terme devenu affectueux pour désigner quelqu’un de métissé culturellement.

Bâtard en France : terme ancien pour désigner un enfant né hors mariage (aujourd’hui devenu plutôt insultant) ; Half-caste dans l’héritage colonial anglais ; créole dans les îles.

« Un chercheur américain, Bruce Chilton, a proposé de voir en Jésus un mamzer, c’est-à-dire un bâtard, un impur. Ce statut a des conséquences juridiques sévères selon la loi juive. […] Séparation de la famille, célibat, compassion pour les marginaux, relativisation des règles de pureté : tout cela porte, à mon avis, les stigmates d’une enfance exposée au soupçon d’impureté et d’une volonté de transcender cette exclusion sociale. 

[…] Depuis cinquante ans, les historiens sont unanimes : l’intention de Jésus a été de réformer le judaïsme et non de fonder une nouvelle religion. […] Jésus, juif à 100 %, n’a jamais imaginé sortir du judaïsme – cela n’est pas dans son horizon de pensée, ni mentale ni religieuse – mais le mouvement issu de lui ne pouvait évoluer qu’ainsi. En ce sens, Jésus n’est donc pas étranger à la sortie progressive du judaïsme.   […] Combien ces juifs messianiques, affirmant que l’avenir d’Israël passait par le Christ, ont dû se montrer insupportables pour leurs coreligionnaires ! »

(Daniel Marguerat, exégèse (sérieux expert), interview à propos de son livre Vie et destin de Jésus de Nazareth,

https://www.mondedelabible.com/a-lire-vie-et-destin-de-jesus-de-nazareth-par-daniel-marguerat/).