Un riche dialogue intérieur avec l’IFS

Au lieu de diriger notre attention sur l’autre en cherchant ce qui ne va pas chez lui, nous avons la liberté / la responsabilité d’écouter en nous la part qui est affectée. Le psychologue Richard Schwarz, fondateur du protocole psychothérapeutique IFS (Internal Family System) nous propose de développer un dialogue intérieur à partir de notre « Self », qu’il définit comme cet espace intègre, intact, qui n’a pas été blessé par la vie et où règne le calme, la confiance, la compassion, la curiosité, la créativité, le courage, la clarté, la capacité à entrer en contact.

De ce lieu-source en nous, nous pouvons apprendre à pratiquer la culture d’hospitalité pour la part blessée en nous, déployer un authentique dialogue avec elle, l’écouter, prendre en considération ce qu’elle nous dit de son vécu, de son besoin, de ses motivations…

Aussi en colère ou déprimée que puisse être une part de nous lorsqu’elle semble nous envahir tout entier, elle n’est pas le tout de nous. Si, du cœur de notre cœur, nous la considérons avec respect, cette part de nous va se décoller, se désidentifier, se désamalgamer d’avec nous-même. Je suis moi et elle est elle ; elle est une sous-personnalité de moi, elle n’est qu’une identité partielle et partiale de ma vie.

Tant qu’au sein de ma famille intérieure, je ne la reconnais pas, elle risque d’être comme un enfant en manque d’attention qui fait beaucoup de bruit, se met au centre de la scène, tire sur la jupe de sa mère, est même capable de faire des bêtises et de se faire punir afin d’obtenir de l’attention, même négative. Par contre, tout comme un enfant qui a reçu l’attention dont il a besoin et qui dès lors s’en retourne jouer tranquillement dans un coin de la pièce, une part en moi peut accepter de se mettre de côté et me laisser entrer plus profondément en moi, à la rencontre de ma vérité profonde.

J’affirme avec assurance que l’IFS est pour moi le top du top des protocoles déployant l’empathie à l’intérieur de soi et dans une thérapie…

Dans l’affiche : l’annonce d’une prochaine session d’initiation donnée à l’île Maurice.

Atelier Ifs

Voici l’affiche annonçant un atelier en présentiel à l’île Maurice pour expérimenter la profonde connivence entre une démarche proprement psychologique de guérison (avec l’IFS) et la démarche spirituelle authentique de relier chacune de nos parts blessées par la vie à la Source de Vie inépuisable et surabondante…

Désamalgamage

Une part en moi qui a mal,
qui vit une colère / tristesse / peur…
n’est pas le tout de moi.
Je ne suis pas réduit à elle.
Elle n’est pas 100 % de moi,
elle n’est pas moi, au sens
de qui je suis essentiellement.
Elle fait partie de ma famille intérieure.

Ainsi, je peux entrer en contact avec elle
depuis ce que je suis essentiellement,
à partir de mon cœur profond,
avec l’amour dont je suis capable :
lui offrir une véritable présence, écoute empathique,
disponibilité, hospitalité, accueil sincère et profond…

Elle va alors faire l’expérience positive de se sentir accueillie avec tendresse et douceur. Reconnue et comprise, cette part de moi va se décoller de moi, se désidentifier, se désamalgamer d’avec moi.
Nous allons ensemble sortir d’une confusion :
je SUIS moi et elle est elle, en moi.
Bienvenue à elle !

langage du corps

Une personne me partage combien elle est dérangée par des démangeaisons au pied qui l’« appellent » à gratter, gratter, gratter encore…

Nous accueillons avec compréhension celle qui est dérangée puis honorons l’intention positive de celle qui gratte : elle veut soulager.

Une fois celles-ci reconnues et détendues, les démangeaisons deviennent des guides précieux nous conduisant à celle qui a vraiment besoin d’être accueillie, écoutée et guérie, elle qui porte un truc non digéré, un trauma à la base de cet eczéma. Et tant que celui-ci n’est pas déchargé, visité par une Présence lumineuse, les démangeaisons sont un cadeau offert par ce membre précis du corps pour nous inviter à le suivre là où ce n’est pas encore digéré, déchargé, libéré…

Quel membre de mon corps parle et me sert de guide vers quelque stress / brisure / blessure à visiter avec conscience et amour (parfois sans même que la mémoire s’en souvienne, très souvent sans même que l’entendement n’y comprenne rien) ?

Aujourd’hui, en cette fête chrétienne du lavement des pieds, à quel membre cabossé de ma petite famille intérieure cela ferait du bien que je me mette humblement à genou pour me synchroniser à lui, en le lavant avec délicatesse et tendresse ?

Self-leadership est fort ≠ effort

Le rayonnement et la fécondité d’une personne viennent moins de ses parts volontaires qui font beaucoup d’efforts que de sa qualité de Présence. Et cette qualité de Présence se joue au coeur de son cœur, dans cet espace calme et ouvert où elle est pleinement qui elle est, en vérité, sans faire aucun effort. Juste être et être reliée à la source et aux ressources précieuses qui en découlent, comme les charismes du chef d’orchestre : n’avoir aucun instrument à jouer, juste optimiser la coordination, donner le rythme et inviter chaque membre de mon orchestre intérieur à écouter les autres de l’équipe et à donner le meilleur de soi-même, en prenant toute sa place et rien que sa place…

Je nous souhaite un authentique Self-leadership !

Jean Lerminiaux, thérapeute

Notre cher Jean Lerminiaux, neuropsychiatre né en 1931, un de mes maîtres en thérapie, a fait le grand passage ce « Mercredi bien descendre », à 8h.30 du matin. Merci, Jean, pour tout ce que tu m’as apporté. Je me relie à toi pour être avec toi dans ton pas.sage (du mieux que je peux d’ici). Et depuis 24 heures, je prends du plaisir à recueillir quelques pépites que tu m’as apportées… Pour te rendre hommage, j’essaie ici de ramasser l’essentiel de ce que moi, j’utilise en thérapie de tous tes développements. Comme thérapeute, je ne suis pas dupe de ce dont le patient se plaint : le bébé en lui jouit du conditionnement qui s’y trouve inconsciemment. Par ce comportement, le bébé a touché le gros lot ; c’était son programme de belle vie ajustée à ses parents et son assurance-survie. Le prix à payer pour être protégé par ses parents fut de leur faire plaisir, jusqu’à gober les côtés tordus de leur amour et jusqu’à sacrifier son être propre. Son comportement archaïque a répondu à l’équation d’amour offerte par ses parents pour le meilleur et dans le pire. Et il est prêt à un tel sacrifice de par la jouissance qu’il a à survivre, ce faisant. C’est un plaisir biologique plus fort que l’orgasme !

Or, ces mécanismes de survie qui étaient vitaux durant son enfance deviennent de plus en plus limitants et inadaptés à mesure qu’il va vers la vie adulte. Ils l’empêchent aujourd’hui d’être pleinement qui il est vraiment, himSelf, en tant que tel. En grandissant, sa conscience découvre toujours mieux que ses comportements réflexes et compulsifs ne sont pas la vraie vie ni le véritable amour, qu’il s’agit de se délivrer de cette gangue parentale et de leurs casseroles. Une part de lui – et là, j’apporte mes pratiques reçues par l’IFS –, plus mature que le bébé sait très bien cela et fait tout pour se sortir de ces ornières / patterns… Mais elle se bat, elle se débat contre les réflexes compulsifs qu’elle déteste. Ce n’est pas cette part qui pourra délivrer le bébé. Seul le Self (l’instance de la personne où elle est vraiment qui Elle EST) peut détendre cette part qui fait tant d’efforts (épuisants) pour en sortir ET aussi rejoindre la jouissance du bébé en lui. Redisons : son « kif » est tellement intense qu’il n’est pas prêt à lâcher l’expérience de revivre le drame par lequel il est passé pour survivre. Voilà pourquoi le patient rame tant dans son chemin de libération vers une vie pleinement adulte. Il a à pleinement accueillir avec respect et amour tant ses petits attachés à leurs comportements de survie que ses parts plus matures qui se plaignent aujourd’hui de tels conditionnements… 

Sur un plan plus théorique, j’ai tellement adoré les vues de Jean sur la logique téléologique du vivant et la compréhension nouvelle de la maladie qui en découle. Dans la vidéo suivante https://www.youtube.com/watch?v=SVhcodYhssA, il pose les bases pendant +/- 13 minutes pendant lesquelles certains auront à s’accrocher ou à aller direct vers les 10 dernières minutes : à partir de 13’55’’, il cueille des conséquences concrètes ; notamment, avec son histoire de poisson, vers 14’35’’ et l’hypothèse que la maladie est provoquée en vue d’aller mieux, qu’elle peut être vue comme une solution, un moindre mal ! J’avais à ce propos rendu hommage à Jean dans le post suivant en 2022 : https://etiennechome.site/la-logique-teleologique-du-vivant/.

Merci, Jean, que nous surnommions le petit troll entre camarades de ma promotion, tant tu avais un côté bonhomme, apparemment simplet innocent, ET des éclairs foudroyants plus tranchants que l’épée : épais / épée et paix sur toi et toute notre famille autour de toi.

vœux miroirs de l’inconscient

Mes vœux = miroirs de l’inconscient ?
une magnifique opportunité
d’écouter mon inconscient ? 

Selon le psychanalyste Christian Richomme, par ses vœux, une personne révèle ses frustrations (ce qu’elle n’a pas), ses regrets (ce qu’elle n’a pas fait) et ses rêves (ce qu’elle espère). Ses vœux sont tels une fenêtre ouverte sur elle-même ; ils servent de ponts entre ses désirs conscients et ses besoins inconscients.

Meilleurs vœux !

La méthode et la pédagogie du parcours de formation mis au point par Étienne Chomé

Voici la méthodologie d’éducation à la paix qu’avec CommunicActions (l’École internationale que j’ai fondée), je propose depuis plus d’un quart de siècle dans des groupes divers et variés à travers le monde.

Comme c’est à l’intérieur des cœurs et des esprits que résident les principaux obstacles à la paix autant que les transformations les plus décisives, la ressource primordiale vers la paix est une communication vraie, authentique, à même de déverrouiller les blocages humains. C’est en accueillant avec empathie et en profondeur ce qui est important pour chaque personne (ses vécus + besoins, fondements, motivations, intentions profondes, valeurs spirituelles les plus chères) que s’améliore la relation, que se crée une connexion relationnelle sincère qui rend toute la suite du processus de paix possible. Oui mais une telle qualité d’écoute est d’autant plus possible et fructueuse que le dialogue est débarrassé des jeux de pouvoir et agendas cachés.   Or, ce n’est pas l’empathie qui peut offrir cela. C’est là qu’interviennent deux autres compétences : la justesse d’un cadre de droit et la force tranquille du négociateur vacciné contre les stratagèmes de prise de pouvoir en vue de gagner davantage.

L’art d’améliorer le cadre de droit est un défi collectif de fond : chaque fois qu’un groupe est confronté à un abus de pouvoir ou plus largement à des structures déficientes ou à des injustices, ce groupe est devant le défi de s’organiser davantage et de renforcer sa cohésion (c’est déjà vrai pour un troupeau d’herbivores face à un prédateur en chasse). Plus un groupe humain est structuré, plus il est capable de se mobiliser pour que la force de la loi l’emporte sur la loi du plus fort. C’est la compétence du processus normatif par lequel le groupe pose la règle juste et s’accorde sur le dispositif en cas de non-respect de cette règle. Ce processus de sanction dissuasive qui donne un poids incontournable à la règle rend le bon comportement plus intéressant que le comportement inacceptable, lequel est mis hors-la-loi. Plus l’endroit où j’anime la formation est une zone de non-droit, plus il est crucial de prendre du temps sur cette compétence. Ce travail qui met fin aux impunités commence dans les familles et les écoles, avant de s’établir à un échelon plus haut de la société : que, déjà, les parents et les enseignants apprennent à remplacer toute punition-répression (la loi du plus fort) par une sanction-réparation (la force de la loi).

Aux côtés de la communication vraie et du cadre de droit, une troisième compétence est indispensable à la résolution constructive d’un conflit : l’art d’une négociation efficace qui évite les pièges des réflexes de rivalité et de compétition en cas d’intérêts divergents et qui est capable de déjouer les techniques de déstabilisation, les tactiques déloyales, les effets de manche, les coups de botte secrète, etc. Plus une personne a appris à rester focus sur les intérêts en présence et à employer la créativité qui invente des solutions nouvelles, plus elle peut induire et garder le cap d’un processus Win-Win : optimiser l’accord le plus pertinent et judicieux, c’est-à-dire celui qui satisfait au mieux tous les intérêts en présence.

Empathie envers les personnes pour connecter le trésor qu’ils portent dans leurs entrailles ET justesse de la justice au niveau d’un cadre de droit qui empêche tout abus de pouvoir ET créativité dans le processus Win-Win qui déjoue les coups de force, tout en augmentant le gâteau à partager, voilà trois énergies très différentes à déployer chacune dans son registre propre. Par exemple, il convient de ne pas recadrer au moment d’écouter en profondeur. Ce qui tonifie une communication vraie, sincère et authentique, c’est la qualité de connexion : un être humain qui accueille un autre être humain. Dès lors, au stade du dialogue où nous cherchons à nous comprendre, un parent, un professeur, un supérieur hiérarchique ont intérêt à enlever entièrement leur casquette d’autorité, qui n’apporte rien à la compréhension du trésor de l’autre ; au contraire, elle crée des interférences qui la bloquent. Il y aura d’autres moments pour recadrer (objectiver) et négocier (se mettre d’accord et décider). Autre exemple, dans l’autre sens, l’empathie et la confiance dans les personnes ne sont pas les bons outils pour améliorer le cadre de droit. Une juste autorité s’exerce de façon dépersonnalisée, sans aucun pouvoir sur les personnes ; elle est au service du Law and Order, en se bornant à être juste, c’est-à-dire gardienne de la loi, garante de son respect par tous, y compris les plus hauts gradés, tandis qu’un autoritaire personnalise son pouvoir : « je suis la loi ; tu m’obéis ». Et il usera subtilement d’appel à l’allégeance à sa personne plutôt qu’à la loi.

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