« La Pêche Melba a été créée en 1894 par le célèbre chef Auguste Escoffier, en hommage à la soprano australienne Nellie Melba. Après l’avoir entendue chanter à Covent Garden, Escoffier imagine un dessert poétique : une timbale d’argent remplie de glace à la vanille, surmontée de pêches pochées, nappée de coulis de framboises, le tout présenté entre les ailes d’un cygne sculpté dans la glace ! Le dessert fut d’abord appelé ‘pêche au cygne’, avant d’être rebaptisé ‘Pêche Melba’ lors de l’inauguration de l’hôtel Carlton à Londres en 1899 » (L’Académie du goût, La Pêche Melba : histoire d’un dessert mythique).
L’atelier que j’aime le plus animer porte sur les paraboles. Ce genre littéraire est d’une telle puissance trans-formatrice. Voici un extrait de mon livre sur les paraboles :
« Face à une nuque raide, la parabole fait un détour. Elle recourt au déguisement, du fait que son destinataire est mauvais juge sur lui-même. Il ne s’agit pas de « révélation réticente » qui s’emploierait à voiler ce qu’elle veut dire. La parabole pose une énigme, qui met un voile sur la révélation en jeu. Non pas pour le plaisir ni pour se livrer à quelque ésotérisme. Le but n’est pas de cacher mais de laisser l’interlocuteur prendre l’initiative de soulever lui-même un coin du voile. Et en frappant à la porte de son imagination, ce couple voiler/révéler le met efficacement en route.
C’est de ce genre littéraire que relève la fable du corbeau et du renard de La Fontaine, qui dénonce les courbettes de la cour royale à Versailles devant sa Majesté le roi-Soleil. Si Jean de La Fontaine avait parlé de Louis XIV et non d’un certain corbeau, il aurait été tout droit en prison !
De même, Alexandre Soljenitsyne s’en est sorti en Union soviétique tant qu’il s’est servi de la fiction et de la poésie pour critiquer la dictature communiste. Mais en publiant L’Archipel du Goulag, en 1974, il a dû s’exiler de Russie, car son message n’était plus voilé… Les récits de fiction, dont les paraboles, peuvent être de redoutables instruments subversifs de dénonciation !
Dans Les paraboles de Jésus (Éditions de l’Atelier, p. 15-16), Denis McBride raconte la belle histoire de VRAI qui effrayait tout le monde lorsqu’il parcourait les rues du village, aussi nu que le jour de sa naissance. Tous les villageois allaient s’enfermer à double tour dans leur maison et refusaient d’entrer en relation avec cet être si vulgaire. Heureusement, un jour, VRAI rencontra HISTOIRE, qui était magnifiquement habillée de vêtements de couleurs. Elle accrochait les regards. HISTOIRE proposa à VRAI de s’habiller avec les vêtements qu’elle confectionna pour lui. Ainsi mis en relief par HISTOIRE, VRAI cessa de faire peur aux gens ; ils lui ouvraient désormais leur porte et le faisaient entrer chez eux. HISTOIRE et VRAI se marièrent et eurent cinq enfants : mythe, apologue, action, satire et parabole… » (Chomé Étienne, Le jeu parabolique de Jésus, une étonnante stratégie non-violente, Éditions Lumen Vitae, Collection Connaître la Bible, n° 57, 2009, p. 12).
La couleur de peau blanche est une norme invisible et pourtant effective dans de nombreuses sociétés. Elle offre structurellement aux Blancs des privilèges et leur épargne plusieurs discriminations, le plus souvent sans qu’ils en soient conscients.
Estelle Depris propose un manuel qui partage des ressources éducatives concrètes pour prendre conscience de la réalité raciste, surtout là où elle passe de manière acceptable parce qu’assez inconsciente, par le recours à des analyses de faits d’actualité, une vulgarisation d’articles sociologiques (dont des ouvrages anglo-saxons), des témoignages, etc. Son guide pratique s’appelle : Mécanique du privilège blanc. Comment l’identifier et le déjouer ?
Sur nos cartes habituelles (héritières du Flamand Mercator), plus un pays est proche des pôles, plus il apparaît grand. Ainsi, la Russie, le Groenland, le Canada nous semblent énormes ; à tort. À l’inverse, plus un pays est proche de l’équateur, plus il est représenté petit ; à tort.
Le Groenland et l’Afrique y semblent de grandeur équivalente, alors que l’Afrique est 14 fois plus grande que le Groenland ! Celui-ci est déjà plus petit que les deux seuls Congo…
Mercator, lui, cherchait à faciliter la navigation, en conservant localement les angles et les formes à petite échelle, ce qui rend droites les ‘lignes de cap constant’ (rhumb lines), au détriment des surfaces qui sont déformées ! Quand on réduit la 3D à la 2D, on ne peut malheureusement pas tout avoir !
Dans l’image d’illustration, outre la carte d’Equal Earth, je reprends la carte de Kai Krause qui montre comment l’Afrique est aussi grande qu’USA, Chine, Inde, Europe de l’Est et les principaux pays d’Europe de l’Ouest, …, réunis !
Sur cette carte, Massimo Pietrobon a placé nos pays actuels sur la Pangée, ce supercontinent unique qui a existé il y a 250 millions d’années. Cela nous aide à visualiser que l’Amérique Latine, l’Afrique et l’Inde ne faisaient qu’un, tandis que le sol indien était encore très éloigné du reste de l’Asie. La côte Est des États-Unis côtoyait le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal ! L’Antarctique n’était pas encore un désert de glaces.
Dire que dans quelques millions d’années, les Rwandais et les Congolais seront séparés par un océan, tout comme les Israéliens et les Égyptiens – bonne chance au Sinaï qui s’éloigne des deux car il se trouve entre 3 rifts (ceux de la mer Rouge, du golfe de Suez et du golfe d’Aqaba) –, tandis que l’Afrique du Nord et l’Europe du Sud ne feront plus qu’un, la Méditerranée ayant disparu ! Par contre, aucune séparation en vue à l’est de l’Europe : Russes et Ukrainiens resteront voisins directs, tout comme les Flamands et les Wallons !
Les sternes arctiques évitent la nuit et cherchent le jour, car qui dit lumière, dit nourriture abondante. Cela les amène à migrer toute l’année : elles se reproduisent côté Pôle Nord, pendant l’été arctique, puis font +/- 40.000 kms au-dessus de l’Atlantique (et parfois 50.000 kms pour celles qui s’offrent le plaisir d’un passage par les îles paradisiaques de l’océan Indien). Puis elles passent leurs vacances dans l’Antarctique, en plein été polaire (lumière garantie 24 heures sur 24)… Et hop c’est reparti pour le voyage retour (de 3 mois) vers l’été polaire de l’Arctique.
Dans une vie de 34 ans, ça fait 3 millions de kms (l’équivalent de 4 Aller-Retour Terre-Lune !)…
Devine quel est le nom scientifique de la sterne arctique ! Réponse dans l’image.
J’habite dans le Brabant wallon (1 097 km2), à côté du Brabant flamand (2 106 km²) et de notre capitale, Bruxelles. Savez-vous qu’avant les guerres de conquête de Louis XIV au XVIIe siècle, le Duché de Brabant s’étendait jusqu’aux portes de Paris et faisait 20 000 km² ?
Avez-vous en tête qu’au temps de la Gaule, la Belgique couvrait 200 à 220 000 km², comprenant la Belgique actuelle, le Luxembourg, une partie de l’Allemagne occidentale + des Pays-Bas et tout le nord de la France : de la Seine (tout ce qui est au nord du fleuve de la Seine, qui coule de Paris vers l’Atlantique, comprenant donc tout le Département de Seine-Maritime) au Rhin (tout ce qui est au sud et à l’ouest de ce grand fleuve, dont l’Alsace) ?
Les tribus belges sont celles qui ont le moins accepté la domination romaine, comme le dit à sa manière Jules César : « Horum omnium fortissimi sunt Belgae » (« De tous ceux-là, les plus intrépides et acharnés sont les Belges », devenu dicton : « De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus courageux »).
Plus de précision sur cette histoire, à partir d’une autre focale, celle des « 17 Provinces-Unies » ici :
Ce 5 août 2025, c’est la journée la plus courte de l’année car la terre va tourner exceptionnellement plus vite que d’habitude. La journée sera 1,25 milliseconde plus courte que les 24 heures standards. Ce petit sprint cosmique (qui semble lié à des mouvements du noyau terrestre + des séismes majeurs) va à l’encontre du ralentissement général. En effet, savez-vous que nos journées s’allongent (d’une seconde par 100.000 ans ! Dans très longtemps, nos journées dureront 25 puis 26 heures, alors qu’elles ne duraient que 22 heures il y a bien longtemps) et aussi que les éclipses totales deviendront impossibles ? Ce sont là les conséquences d’une (é)mouvante chorégraphie cosmique : la terre ralentit → la lune s’éloigne → la terre ralentit encore plus. Voilà là des pas de danse entre les deux boules où chacune influence les pas de l’autre, dans une danse toujours moins dense. Le couple vieillit, quoi !
C’est lent mais ces boules versant, c’est bouleversant, non ?
Ce qui suit est pour ceux qui s’intéressent au côté technique de cette danse. La lune exerce une force gravitationnelle sur la terre. Elle attire les océans, crée les marées et aussi des frictions entre les océans et les fonds marins, lesquelles agissent comme un frein sur la rotation de la terre. En retour, cela pousse la lune à s’éloigner d’environ 3,8 cms par an (car elle absorbe une partie de l’énergie de rotation terrestre). L’éloignement de la lune augmente à son tour le ralentissement de la vitesse de rotation terrestre… et ainsi de suite.
Bon, la fonte des glaces n’arrange rien : le réchauffement climatique redistribue la masse terrestre vers l’équateur, ce qui ralentit la rotation (comme une patineuse qui écarte les bras).
Quant aux éclipses de plus en plus partielles et annulaires, le diamètre du soleil est 400 fois plus grand que celui de la lune ET il est 400 fois plus éloigné qu’elle, d’où leur taille apparente dans le ciel semblable. Mais si la lune s’éloigne de la terre, son diamètre apparent diminue et elle peut de moins en moins éclipser totalement le soleil !
Valse des mers et valse des boules célestes, allez, valsons avec elles sans perdre notre boule…
La comptine « Il était une bergère » raconte l’histoire d’une bergère qui garde ses moutons, fabrique un fromage et se fâche contre son petit chat trop curieux qui tente de goûter au fromage et finit puni… Le refrain « et ron et ron petit patapon » est le ressort de cette chanson populaire. Que t’inspire-t-il ? Selon toi, il met en musique le génie des chats à doux coussinets au bout des pattes ou bien le geste réprobateur de la punition ?
La reine Néfertiti et son époux Akhenaton, au XIVe siècle av. J.-C. ont opéré une des révolutions religieuses les plus osées de l’Histoire : faire d’Aton (le disque solaire) l’unique dieu, source de toute vie, en éclipsant (petit jeu de mot qui ne mange pas de pain !) toutes les autres divinités du panthéon égyptien. Ils ont ainsi aboli les cultes traditionnels, fermé les temples des dieux rendus obsolètes comme Amon-Rê, construit la nouvelle capitale Akhetaton (dédiée exclusivement à Aton), changé de nom (le pharaon Amenhotep IV est devenu Akhenaton = « celui qui sert Aton, qui lui est utile »).
Cette première forme de monothéisme (qui n’a duré que le temps de leur règne) ne fonctionne pas du tout comme le monothéisme hébreu du « Dieu de nos pères ». Car le pharaon s’est présenté comme l’intermédiaire exclusif entre Aton et le peuple, renforçant son pouvoir sacré. Moïse, lui, qui conduit les Hébreux hors d’Égypte, est serviteur de Yahvé. Le fait de placer celui-ci au milieu du peuple a des incidences directes à tous les niveaux de la société, permettant une nouvelle organisation sociopolitique non pas en forme de pyramide mais de cercle, comme une roue de vélo à rayons multiples, où tous les membres se tiennent sur la roue, avec Dieu pour essieu (dans les cieux, petit jeu de mot qui ne mange pas de pain !). Jésus ira bien plus loin encore en inversant la pyramide : le fort non-violent porte les plus faibles et ainsi accouche d’un nouveau monde.
Pour plus de développement, cf. ci-dessous ma reprise des p. 118-119 de mon livre Tends l’autre joue.
La société de l’Égypte pharaonique fonctionne en pyramide. C’est là-bas qu’un groupe d’esclaves fait l’expérience il y a presque 33 siècles d’être libéré par un certain Seigneur. Celui-ci les conduit au désert et leur apprend à vivre en frères. Cela ne leur est possible qu’en mettant ce Seigneur au milieu d’eux. Moïse n’est pas le chef, il est serviteur de Yahvé. Ce peuple en train de naître vit une révolution spirituelle qui a des incidences directes au niveau social, économique et politique. Le Dieu de la Bible lui demande de s’organiser en société-communion, convertie d’une société-pyramide. Ainsi les dispositions de redistribution du jubilé en Lv 25.
À l’instar de Moïse monté au Sinaï dans le désert, Jésus est monté sur la montagne pour renforcer cette bonne nouvelle libératrice : comme notre exégèse à même le texte l’a établi précédemment, le message central du Sermon sur la montagne est que nous sommes fils et filles d’un même Père et nous sommes tous frères en Christ. Et Jésus radicalise le schéma, en inversant la pyramide : en lavant les pieds de ses disciples, il les prend par les pieds – si j’ose dire – pour passer avec lui. La justice nouvelle du Royaume opère un chamboulement radical, bienheureux pour les pauvres et les non-violents, à l’opposé de la logique des puissants et des nantis. La seule figure biblique capable de suivre Jésus dans sa manière d’accoucher un nouveau monde est celle du serviteur souffrant.