Vie solaire

Je me suis tu et vous êtes venue
À pas menus, comme toujours
Vous faisiez semblant de n’être point là
Et pourtant, c’est vous, je vous ai reconnue,
Qui habitiez en moi
Vous êtes venue comme un agneau
Sans cri, sans écart et sans voix
Comme ce je-ne-sais-quoi qui fait que c’est vous
Ces pas sur le sable, sur le gravier
Sur les dalles des salles voûtées
Vous êtes venue comme une grande dame
Quand je ne songeais plus à vous
Quand ma mémoire, comme un aéroplane
Planait sur d’autres pays
Sur d’autres lits de fleuves asséchés
De déserts où les chameaux vont ventre à terre
J’avais même désespéré de vous revoir un jour jamais
Pourtant, je reconnais ce pas sur le pas de ma porte
Et ce je-ne-sais-quoi qui porte l’espérance si forte
Et j’ai tiré mon grand chapeau
Et dans mon cœur j’ai fait la révérence
Et, vous ne l’avez pas vu, j’ai tressailli de bonheur
Tout au fond, sans le savoir
Sans savoir pour qui ni en quel honneur
Vous êtes venue comme la bise qui passe sous la porte
Et pénètre dans la maison de l’hiver
Près du feu de bois, vous vous êtes réchauffée
Et j’ai reconnu cette voix et cet éclair dans vos yeux
Et ce je-ne-sais-quoi qui fait que c’est vous
Le vent, avec la mer
Avec tous les vents d’hiver
Tous se sont tus
Et vous êtes venue
À pas menus, comme toujours
Vous faisiez semblant de n’être point là
Et pourtant, c’est vous, je vous ai reconnue,
Qui habitiez en moi
Julos Beaucarne

Poème traduit = arraché de sa langue d’origine

« Ô de quelle façon, avec quel gémissement
nous nous sommes caressés, épaules et paupières.
Et la nuit se terrait dans les chambres,
comme un animal blessé
que nous aurions transpercé de douleur »,
telle est l’entame de Poèmes à la nuit : 22 poèmes en allemand de Rainer Maria Rilke. Dans la préface de la traduction française, Marguerite Yourcenar est inspirée : « les poèmes traduits ne sont jamais que des colombes auxquelles on a coupé les ailes, des sirènes arrachées à leur élément natal, des exilés sur la rive étrangère qui ne peuvent que gémir qu’ils étaient mieux ailleurs ».

Le génie politique

« Le secret de la politique est de donner des espérances à tout le monde » (Victor Cherbuliez, L’Espagne politique, 1874).

« Avec une politique droite, habile, ferme, persévérante, exempte de témérité et de morgue, mais exempte aussi de timidité et d’abaissement, avec une administration simple, vigilante, économe, judicieuse, la France peut encore reprendre en Europe le rang qu’elle n’y aurait jamais dû perdre » (Émile de Girardin, Les pensées et maximes, 1867, 3 ans avant que la France ne déclare la guerre à l’‘Allemagne’ et la perde moins de 2 mois après!).

« Le génie politique fait des institutions qui forment des citoyens et créent à leur tour de nouveaux génies politiques » (Pierre-Jules Stahl, Les pensées et réflexions diverses, 1841) :

Ce 24 novembre 2021 : accord trouvé pour un gouvernement de coalition en Allemagne, avec le SPD, les Verts et les libéraux. La fin de L’ère Merkel est confirmée.

La paix véritable se gagne dans les conflits osés et gérés en amont de la violence

« La paix est un combat courageux à mener avant que n’éclate la violence. Chaque société a intérêt à entrer en conflit pour faire tomber les injustices dont elle souffre. Pour dire adieu à la guerre, il ne suffit pas de dire bonjour à la paix, il s’agit de mener un combat contre les injustices, grâce à une mobilisation générale des moyens et des personnes. La paix véritable se gagne dans les conflits osés et gérés en amont de la violence »
(Étienne Chomé, La méthode D-I-A-P-O-S pour faire tomber une injustice, parcours de formation en ce moment donné à Namur, à l’Institut International Lumen Vitae : cf. mon article Réussir une mobilisation collective est un art qui s’apprend, téléchargeable sur http://etiennechome.site/publications-de-fond/sociopolitique/).

Alternance des nuits et jours

« La sensation d’être heureux ou malheureux dépend rarement de notre état dans l’absolu, mais de notre perception de la situation, de notre capacité à nous satisfaire de ce que nous avons » (Dalaï Lama, Tenzin Gyatso).

« Pour trouver le bonheur, il faut risquer le malheur. Si vous voulez être heureux, il ne faut pas chercher à fuir le malheur à tout prix. Il faut plutôt chercher comment – et grâce à qui- l’on pourra le surmonter » (Boris Cyrulnik, Le bonheur, une nouvelle dictature ?).

L’Éternel Aujourd’hui

Ma vie n’est qu’un instant, une heure passagère.
Ma vie n’est qu’un seul jour qui m’échappe et qui fuit.
Tu le sais, ô mon Dieu ! pour t’aimer sur la terre
Je n’ai rien qu’aujourd’hui !…

Que m’importe, Seigneur, si l’avenir est sombre ?
Te prier pour demain, oh non, je ne le puis !…
Conserve mon cœur pur, couvre-moi de ton ombre
Rien que pour aujourd’hui.

Si je songe à demain, je crains mon inconstance
Je sens naître en mon cœur la tristesse et l’ennui.
Mais je veux bien, mon Dieu, l’épreuve, la souffrance
Rien que pour aujourd’hui.

Je dois te voir bientôt sur la rive éternelle
Ô Pilote Divin ! dont la main me conduit.
Sur les flots orageux guide en paix ma nacelle
Rien que pour aujourd’hui.

Ah ! laisse-moi, Seigneur, me cacher en ta Face.
Là je n’entendrai plus du monde le vain bruit
Donne-moi ton amour, conserve-moi ta grâce
Rien que pour aujourd’hui

Je volerai bientôt, pour dire tes louanges
Quand le jour sans couchant sur mon âme aura lui
Alors je chanterai sur la lyre des Anges
L’Éternel Aujourd’hui !…

(Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, Mon chant d’aujourd’hui).

Rdv conjugal de qualité

« Un couple a grandement intérêt à investir dans un rdv conjugal de qualité, en présence d’une tierce personne compétente et de confiance. Idéalement, une telle complicité à trois se met en place en temps de paix. Quel trésor que de disposer d’un espace-temps de qualité, posé dans l’agenda, indépendamment des yoyos de crise. Du coup, c’est pendant ce temps privilégié, régulier et sécurisé, qu’on aborde les points délicats, les points-gâchette, les points qui bloquent ou qui fâchent… Et on s’en occupe convenablement !

La tradition d’un tel rdv régulier avec une personne thérapeute complice délivre le couple des mauvaises gestions de crise dans le quotidien : STOP, ce n’est pas le bon moment/endroit/devant d’autres personnes => « on en reparle dans ce temps à 3 ». Disposer de ce rdv solidement posé permet de s’abstenir d’aborder les sujets qui fâchent en dehors de ce rdv ! Quels bienfaits pour le couple comme pour la famille ! »

(Étienne Chomé, La méthode C-R-I-T-E-R-E pour mieux gérer nos conflits, parcours de formation en dix étapes : http://www.communicactions.eu/methode-critere.html).

La poésie le temps de notre affranchissement

« Des oiseaux aux longs cris allaient rafler dans l’ombre
les derniers parfums engourdis.
Deux étoiles naissaient, humectant l’azur sombre,
je me disais : le Paradis.
C’est de suivre l’oiseau et de joindre l’étoile
et d’appartenir à l’éther.
Et mes forces cédaient comme on défait un voile,
je me mélangeais avec l’air »  
(Anna de Noailles, Les Forces éternelles, 1920, p. 198).

« La rêverie travaille en étoile. Elle revient à son centre pour lancer de nouveaux rayons » (Gaston Bachelard, La psychanalyse du feu, 1949, p. 36). 

« La poésie est la première merveille du silence. Elle garde animé, derrière les images, le silence vigilant. Elle organise le poème dans le temps tranquille, dans un temps que rien ne trouble, rien ne précipite, rien ne domine, dans un temps susceptible de toutes les immatérialités, autant dire dans le temps de notre affranchissement. Le temps réel est bien faible en comparaison des temps imaginés dans les poèmes » (Banafsheh Sahih, Mahdi Afkhami Nia, Allahshokr Assadollahu, Une fenêtre sur la poétique de Gaston Bachelard à travers des vers extraits des Forces éternelles d’Anna de Noailles, 2020, p. 1).

Photo : Kurt Jones.

Course anti-Covid : s’en sortir sans sortir

Un garçon s’exclame :
– Maman, maman, j’ai mangé une souris !
La maman lui répond :
– Il faut que j’appelle un docteur.
Le médecin, après son auscultation, conseille à la maman de mettre un morceau de fromage au bout d’un fil devant la bouche du garçon pour faire sortir la souris.
Le docteur revient une heure après, et s’étonne de voir la maman avec une sardine au bout du fil :
– Mais je vous avais dit un morceau de fromage !
– Oui je sais bien, mais c’est le chat qui est entré maintenant !

Course anti-Covid :
chasse à courre
chat ça court !…