Vivre d’amour, la petite Thérèse

Vivre d’Amour, c’est donner sans mesure
sans réclamer de salaire ici-bas,
Ah! sans compter, je donne étant bien sûre
que lorsqu’on aime, on ne calcule pas.
Au Cœur Divin, débordant de tendresse,
j’ai tout donné, légèrement je cours.
Je n’ai plus rien que ma seule richesse.

Vivre d’Amour, c’est bannir toute crainte,
tout souvenir des fautes du passé.
De mes péchés, je ne vois nulle empreinte.
En un instant, l’amour a tout brûlé,
flamme divine, ô très douce fournaise !
En ton foyer, je fixe mon séjour.
C’est en tes feux que je chante à mon aise

Vivre d’Amour, c’est garder en soi-même
un grand trésor en un vase mortel.
Mon Bien-Aimé, ma faiblesse est extrême.
Ah, je suis loin d’être un ange du ciel !
Mais si je tombe à chaque heure qui passe,
me relevant, tu viens à mon secours.
À chaque instant tu me donnes ta grâce.

Vivre d’Amour, c’est naviguer sans cesse,
semant la paix, la joie dans tous les cœurs.
Pilote Aimé, la charité me presse
car je te vois dans les âmes, mes sœurs.
La charité, voilà ma seule étoile.
À sa clarté, je vogue sans détour.
J’ai ma devise écrite sur ma voile.

Vivre d’Amour, quelle étrange folie !
me dit le monde. Ah! cessez de chanter,
ne perdez pas vos parfums, votre vie.
Utilement, sachez les employer !
À des amants, il faut la solitude.
Un cœur à cœur qui dure nuit et jour,
ton seul regard fait ma béatitude.

Mourir d’Amour, voilà mon espérance.
Quand je verrai se briser mes liens,
mon Dieu sera ma grande récompense.
Je ne veux point posséder d’autres biens.
De son Amour, je veux être embrasée.
Je veux le voir, m’unir à lui toujours,
voilà mon Ciel, voilà ma destinée.

(Vivre d’amour, chanson de Natasha Saint-Pier,
d’après les poèmes de Sainte-Thérèse de Lisieux ;
https://www.youtube.com/watch?v=9xQiolIQAtA).

Iel et grammaire inclusive

« Iel est un pronom neutre inclusif de la troisième personne, issu d’une grammaire dite inclusive. Il s’utilise en français à la place de il ou de elle, soit pour désigner une personne dont on ne connaît pas le genre, soit pour désigner une personne non binaire (qui ne se considère ni comme un homme, ni comme une femme). Exemple : iel a réussi à me convaincre. On peut aussi employer ce pronom à la place de lui ou de elle. Par exemple : on verra ça avec iel.

Même si ce pronom existe depuis le tout début des années 2010, il semble que ce soit en 2013 qu’il a commencé à se diffuser. Il a été de plus en plus employé à partir de l’année suivante, mais surtout dans des milieux militants. À l’automne 2021, il se fait remarquer suite à une polémique qui enflamme les médias et les réseaux sociaux.

Sa forme du pluriel, ‘iels’ avec un s, s’emploie de la même façon que la forme du singulier. En outre, le ‘iels’ pluriel peut aussi être utilisé en langage inclusif pour désigner un groupe d’hommes et de femmes.

Le choix du pronom appartient à la personne désignée. Concrètement, c’est la personne non binaire, ne souhaitant pas être désignée par il ou par elle, qui demande à son entourage de recourir au pronom iel (ou à un autre pronom neutre) pour la désigner. Un pronom neutre est donc revendiqué par la personne qu’il désigne, mais ce choix n’est pas toujours respecté par l’entourage ou par la société, car la notion de non-binarité n’est pas admise par tous.

Il existe deux façons d’accorder avec iel : le neutre grammatical et l’inclusif. La différence entre les deux est subtile et n’est pas appliquée par tout le monde.

Le neutre grammatical se pose comme un troisième genre, ni masculin, ni féminin. En français, il se traduit notamment par l’utilisation d’adjectifs épicènes (qui ont la même forme à tous les genres) : iel est aimable, où aimable évite d’utiliser gentil ou gentille, par exemple.

Le langage inclusif, qui est de plus en plus répandu à l’écrit, est plutôt une façon de s’exprimer qui englobe tous les genres. Les adjectifs prennent à la fois la forme du masculin et celle du féminin. Actuellement, il existe plusieurs conventions différentes pour l’écriture inclusive : parenthèses, iel est gentil(le), point médian (ou à défaut, point ou tiret), iel est curieux·euse, iels sont tou-te-s venu-e-s, majuscule intermédiaire, iels sont intelligentEs, concaténation des deux formes, les directeurices de l’agence, les acteurs/actrices du film.

L’écriture inclusive est critiquée pour diverses raisons : à cause de cette hétérogénéité des usages, ou bien du fait que la forme du féminin est tronquée, ou encore parce que c’est difficile à oraliser, parce que c’est difficile à lire, parce que c’est sous-tendu par une idéologie qui ne fait pas l’unanimité »
(https://dictionnaire.orthodidacte.com/article/definition-iel).

L’au-delà au-dedans dans l’instant présent

Dans la série très à la mode des vertus de l’instant présent :

« Faites-en l’annonce aux peuples : voici que Dieu vient, notre Sauveur » (Vêpres de l’Avent), commenté ainsi par Benoît XVI : « La liturgie n’utilise pas le passé – Dieu est venu –, ni le futur – Dieu viendra –, mais le présent :  « Dieu vient ». L’Avent retentit comme un appel salutaire dans la succession des jours, des semaines, des mois : réveille-toi ! rappelle-toi que Dieu vient ! pas hier, pas demain, mais aujourd’hui, maintenant ! » (le 2/12/2006, en la Basilique Vaticane).

Croissance / croix-sens

« S’il vit, alors il pourra être présent dans ta vie, à chaque moment, pour la remplir de lumière. Il n’y aura ainsi plus jamais de solitude ni d’abandon. Même si tous s’en vont, lui sera là, comme il l’a promis : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20). Il remplit tout de sa présence invisible, où que tu ailles il t’attendra. Car il n’est pas seulement venu, mais il vient et continuera à venir chaque jour pour t’inviter à marcher vers un horizon toujours nouveau » (Pape François, Christus vivit, exhortation apostolique, § 125).

L’épreuve d’handicapé social traversée

Comment traverser la douloureuse épreuve de se sentir ‘petit poussin blond rejeté au milieu de canards noirs’, d’être souvent décalé, parfois carrément inadapté, handicapé social, avec les différentes étiquettes qu’on me colle dessus : HP, hyper sensible, autiste, asperger ?

J’ai appris à prendre dans les bras chaque blessé en moi, à le recevoir tel qu’il est, à lui offrir la douceur bienveillante dont je dispose alors. Dans mes bras affectueux, plusieurs petits ont pu ainsi pleurer tout leur saoul, en se sentant acceptés dans leurs différences…

Et puis, tout à coup, le surgissement je ne sais pas d’où ni comment d’un flot d’amour, gratuit, qui pénètre chaque cellule de mon corps… C’est comme une vague – marée montante – qui finit de s’étaler sur le sable de la mer du Nord, qu’attendent, assoiffés, tous les vivants tapis sous la plage, suivie d’une détente : relâchement et à la fois expansion, respiration et connexion à la Vie qui se remet à couler partout en moi, et me voilà à la voir couler partout autour de moi… Tout mon être fait l’expérience d’être oxygéné par ce Souffle régénérant. « Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va » (Jn 3,8). 

Une musique éternelle produit à chaque fois une création nouvelle

« La musique est une révélation plus haute que toute sagesse et toute philosophie » (Ludwig Van Beethoven).

« Écouter de grandes et belles harmonies, c’est comme un bain de l’esprit : cela purifie de toute souillure, de tout ce qui est mauvais, mesquin ; cela élève l’homme et le met en accord avec les plus nobles pensées dont il soit capable, et alors il sent clairement tout ce qu’il vaut, ou plutôt tout ce qu’il pourrait valoir » (Arthur Schopenhauer).

« La musique a cet avantage que chacun l’interprète à sa façon ; chacun peut s’imaginer qu’elle lui raconte sa propre histoire » (Victor Cherbuliez).

La lecture, porte ouverte sur un monde enchanté

« J’ai rêvé d’un livre qu’on ouvrirait comme on pousse la grille d’un jardin abandonné » (Christian Bobin, L’homme-joie, 2012).

« Une bibliothèque est une chambre d’amis »

(Tahar Ben Jelloun, Éloge de l’amitié, 1994).

« La lecture, une porte ouverte sur un monde enchanté » (François Mauriac, Nouveaux mémoires intérieurs, 1964).

Ostende et le poète Carl Norac

« Nous entrons dans une ville comme on pénètre dans une musique : par la vibration, avant la mélodie. Il faut pouvoir explorer ses tissus, ses ourlets, ses laines, ses fibres, avant de prétendre s’en vêtir. On n’habite pas une ville avant d’en être habité, pas avant que l’odeur de ses murs ne vienne sous les ongles, pas avant que ses ombres, la nuit découpée, ne contiennent l’allongement de nos pas, nos instants de fuite, pas avant que son bord de route ou de mer ne soit le jeu de fermer les yeux, imprudemment, pour traverser une avenue, un coin de vague. La ville commence en nous comme une chanson, un peu sourde, l’aigu des coquillages sous les pieds, l’âpreté de l’asphalte. Mais ensuite, même si le couplet manque encore, la mer vient, au large puis plus près, sans aucun bruit de clé et nous submerge par cette vibration. Ainsi, pour dire vrai, sans connaître la langue d’ici sinon sur ma peau, il semblerait bien que déjà, je fredonne Ostende » (le poète belge Carl Norac, qui aime faire des photographies verbales, ici inspiré par la ville côtière d’Ostende, où il a choisi de vivre).

Photo : Ostende il y a 120 ans.

Prison algorithmique

Dans Ceci tuera cela, Annie Le Brun tire la sonnette d’alarme : avec internet, le capital et la technologie ont fait une très puissante alliance, leur offrant une folle croissance exponentielle et réduisant tout ce qui circule à un objet de calculs algorithmiques. C’est ceux-ci qui décident de la plus ou moins bonne fortune des publications des uns et des autres, de la visibilité de chacun et donc de son succès public. Ils modèlent de plus en plus notre vie.

Persuadés d’être de plus en plus libres, nous sommes à vrai dire de plus en plus enfermés dans cette prison du virtuel. Les héros d’autrefois ont réussi à sortir du labyrinthe qui les retenait. À nous d’inventer l’anti-système qui débouche l’horizon et nous sorte de cette prison algorithmique…

Je nous souhaite un Avent curieux de cette Advenue non prévue d’une crèche, qui ouvre l’horizon par excellence,
qui fait qu’il y a un Avant 😉 et un Après J-C !

Socle de la Terre-Mère et verticalité du Père-Lumière

« C’est en penchant l’oreille, tout près des mousses, qu’on entend chantonner les sources » (Marie Angel, Vivre avec les fleurs, 1980).

« Les grands écrivains sont des sourciers qui, à travers le sol infécond des apparences, percent jusqu’aux sources vives du réel » (Jules Payot, La faillite de l’enseignement, 1937).

Alors qu’au nord du Tropique du Cancer, nous nous enfonçons toujours plus dans la nuit froide de l’hiver, je nous souhaite de belles percées et de belles Avent-ures. Bonnes Avent-cées
car Avent c’est /
car-avan-sé-rails que je vous souhaite bons…