Viva España y Bélgica

Ce 19/7/26, l’Espagne a dominé toute la partie de football et a bien mérité son titre ! aussi dans l’esprit et le fair-play…

Viva España !

Cela a duré 157 ans au cours desquelles l’actuelle Belgique fut intégrée à la monarchie espagnole : 1556 → 1713. Déjà auparavant, Charles Quint, né en Belgique en 1500 et mort en Espagne en 1558 s’était réjoui que ses provinces du Nord soient le plus intense foyer culturel du monde. Avec sa Cour, il a trouvé la formule idéale : l’hiver doux en Espagne et l’été doux en Belgique : doudou climatique !

Les « Pays-Bas espagnols » (le sud des Dix-Sept Provinces, comprenant le nord de la France et l’ouest de l’Allemagne) est alors l’un des principaux centres intellectuels et artistiques d’Europe, notamment en peinture (Pieter Bruegel, Pierre Paul Rubens, Anthony van Dyck et tant d’autres ; et les arts disent le regard de la foi), en sciences (dont des cartographes à la pelle, tel Mercator ; des médecins, tel Vesalius, père de l’anatomie moderne), en humanisme (un pionnier, Érasme, était venu se réfugier à Bruxelles et à Louvain)…

Certes, n’oublions pas que l’hégémonie politique et la richesse de l’Espagne au XVIe siècle provient massivement de l’exploitation de son empire colonial dans le Nouveau Monde. Cet âge d’or a été alimenté par le pillage et l’extraction intensive de l’or et de l’argent. Viva España + Justicia y reparaciones para la Argentina y toda América Latina y todos los pueblos colonizados y oprimidos !

Même l’île Maurice et l’Asie colonisées par les Pays-Bas sont concernés par cette Histoire de conquête colonisatrice des Dix-Sept Provinces Réunies (avec les Pays-Bas septentrionaux et méridionaux) ; à ce propos, voir mon post https://etiennechome.site/dites-les-pays-bas-et-non-la-hollande/ !

bibliothèques yes

« On aura beau informatiser et normaliser ;
chaque bibliothèque conservera son odeur spécifique,
sa stratégie, ses sésames, ses secrets » (Nicolas Bouvier).

« Les communautés, pour prospérer, ont besoin de bibliothèques dont les préoccupations dépassent leurs bâtiments et les livres qu’elles contiennent. Elles doivent être des centres d’apprentissage et des catalyseurs du développement numérique » (David Lankes).

Connect before correct

Nos capacités de penser ne valent-elles pas mieux
que de choisir un camp contre un autre,
que de brandir des drapeaux partisans ?
Ne sont-elles pas au top
quand elles intègrent les parts
de vérité des uns et des autres
et servent notre bien commun ?

Et nos consciences ne sont-elles pas au top
quand elles saisissent en profondeur
ce qui relie les êtres humains
dans leur commune fragilité
plutôt que dans leurs apparentes
puissantes forces d’oppositions ?

La découverte de l’Amérique bien avant les colons Colomb, mon colon !

Les vainqueurs écrivent l’histoire, souvent en effaçant l’histoire des vaincus. Les Européens prétendent avoir civilisé l’Afrique, comme si, avant la colonisation, elle n’avait ni civilisation ni histoire. À vrai dire, l’Afrique a été envahie et occidentalisée.

Une illustration de cet effacement ? En Afrique de l’Ouest, l’empereur Mandingue, Aboubakari II, qui est passionné par l’exploration du monde inconnu, lance près de deux siècles avant Christophe Colomb une première gigantesque expédition de 2000 navires vers l’Ouest, puis une deuxième de plus de 3000 navires.

L’Amérique semble garder des traces qu’il y est arrivé finalement : des sculptures mésoaméricaines, comme les têtes colossales olmèques, portent des traits de visages africains ; des lances en or pur venant d’Afrique de l’Ouest ont été identifiées en Amérique Latine ; des croisements lexicaux ont aussi été remarqués par des chercheurs. Christophe Colomb lui-même a consigné dans ses journaux la présence de commerçants à la peau noire venus du sud/sud-est.

C’est donc en explorateurs audacieux que les Africains auraient d’abord posé les pieds en Amérique, bien avant d’y être conduits, enchaînés en esclaves…

Cf. https://www.youtube.com/watch?v=DkImPDvMkVk

+ le livre de Pathé Diagne : ‘Bakari II (1312) et Christophe Colomb (1492) à la rencontre de l’Amérique.

inculturation des immigrés ?

C’est un enfant qui débarque de Tunisie en France
avec ses parents. Il est accepté à l’école primaire.
Sa maitresse : « bonjour ! comment tu t’appelles ? »
Il répond : « moi, je m’appelle Mohamed ».
Elle réplique : « alors, pour que ça se passe bien ici,
tu as intérêt à t’appeler Gérard… ».
« Je ne comprends pas. Toute ma vie,
je me suis appelé Mohamed.
Maintenant, je dois m’appeler Gérard ?! »
Il rentre chez lui. Le soir, sa mère :
« ça va, t’as passé une bonne journée ? »
« Ouais, c’était bien, mais juste, la maîtresse,
elle m’a dit qu’à partir de maintenant,
faut plus m’appeler Mohamed, faut m’appeler Gérard. »
Sa mère s’exclame « Quoi ? T’as pas honte ?
En plus t’as accepté ?
Toute ta vie, on t’a appelé Mohamed.
Ton père, il s’appelle Mohamed.
Ton grand-père, il s’appelle Mohamed ».
Sur ce, elle lui met une gifle, elle lui éclate la tête.
Dès que son père rentre, elle lui raconte l’histoire, qui s’y met :
« Quoi ? Tu n’t’appelles plus Mohamed ? »
Et lui aussi lui met une gifle et lui éclate la tête.
Le lendemain, le petit retourne courageusement à l’école.
La maîtresse le trouve cabossé : « qu’est-ce qu’il se passe,
mon petit Gérard ? »
« Oh non, rien de grave, je me suis
juste fait agresser par deux arabes ».

Subtile parabole autour de l’inculturation des immigrés.
Qui a des oreilles, qu’il entende !

coq

« Au cours de l’histoire, le coq s’est vu attribuer des rôles contradictoires.
Chez les Aztèques, il était le seul à pouvoir remplacer un homme dans un sacrifice expiatoire. En Haïti, les prêtres vaudou utilisent son sang pour y plonger l’effigie en bois de quelqu’un dont ils veulent la mort.

Que ce soit en bien ou en mal, toutes les civilisations lui prêtent des pouvoirs spéciaux. Parce qu’il est la première créature à célébrer chaque matin la résurrection du soleil par son cri triomphal. Certains pensent même que son chant ramène le monde à la vie » (Tom Lanoye, Décombres flamboyants, 2019).

« Dans la tradition chrétienne le coq devint rapidement un symbole de la résurrection. De même que le coq annonce le jour nouveau, de même le chrétien attend le jour où le Christ reviendra. Au Moyen Âge, le coq symbolise le prédicateur qui doit réveiller ceux qui sont endormis. Il occupe à partir de ce moment une place de choix sur le clocher des églises » (Frédéric Manns, franciscain, La Terre Sainte, nov.-déc. 2001, p. 321).

Œuf à la coque = œuf cuit à la coquille  
par le chef-coquus (en latin cuisinier)…

R.I.P. tramway d’Alexandrie

Les antiques (multiséculaires) wagons (dont certains de deux étages) du tramway historique d’Alexandrie vont bientôt cesser de circuler. Tristesse de perdre ce charmant véhicule qui longeait la belle côte méditerranéenne tel « cette masse lumineuse glissant sur ses rails comme un navire égaré sur la terre ferme » (la formule est de Naguib Mahfouz, prix Nobel de littérature en 1988).

Cf. Le dernier train de Mohamed Salmawy.

Du pétrodollar au pétroyuan

« Gagner sans combattre est le sommet de l’art de la guerre » (Sun Tzu). Ci-dessous un exemple ?

Voici un exposé de Géopolitique mondiale (https://geopolitiquemondiale.com/) que je contracte (divisé par deux).

Du pétrodollar au pétroyuan : le basculement silencieux d’Ormuz.

Au détroit d’Ormuz, les bateaux amis (chinois, indiens, pakistanais…) et neutres sont autorisés par les Gardiens de la Révolution à passer. La liste des invités redessine la carte des puissances mondiales.

Chaque navire qui passe en payant en yuans fragilise l’architecture du pétrodollar. Chaque jour où ce système fonctionne prouve que le commerce mondial de l’énergie peut s’effectuer en yuans, via un point de passage stratégique non occidental — même en temps de guerre.

Cette démonstration ne disparaîtra pas avec la fin du blocus. Ce système de paiement en yuans, né sous contrainte, peut devenir un modèle en temps de paix.

Pékin n’a tiré aucun coup de feu, n’a déployé aucun soldat, n’a exposé aucun actif. La guerre menée et financée par les États-Unis contribue, paradoxalement, à construire l’infrastructure financière dont la Chine pourrait hériter une fois les combats terminés.

Le détroit sépare désormais les nations en deux catégories : celles qui paient en yuans, et celles dont les bateaux attendent devant le détroit d’Ormuz. Et l’écart entre les deux se mesure dans une monnaie que ni Washington ni Jérusalem ne contrôlent. Le détroit devient un lieu d’audition pour le prochain ordre monétaire.

S’égarer s’est garé

Kant te dit : « personne ne peut penser ou vouloir à ta place ».
Sartre ajoute : « t’es condamné à être libre et à choisir toi-même ».

« L’erreur n’est pas un détour mais une étape essentielle
d’apprentissage sur le chemin de vie »
(Jane Nelsen, La discipline positive).

« Ne demande pas ton chemin
à celui qui le connaît.
Tu risquerais de ne pas t’égarer »
(Nahman de Brastlav, rabbin, 1772 – 1810).

danser sous une capote

« Le braconnage de la misère n’est pas un fléau qui partira tout seul, Madame, à l’égocharité qui ne dit pas son nom. […]
Lui et les siens étaient des proies idéales pour ces messies qui se présentaient armés d’un sourire, sans capote ni kalachnikov, et qui finissaient par les baiser sans le moindre état d’âme. […]
Or les diamants, chacun le sait, ne sont pas éternels. Pareil pour le pétrole, le cuivre ou même le coltan. Ils s’épuiseront beaucoup plus rapidement qu’on ne le croit, tandis que les pauvres seront toujours parmi nous, faisant de la misère une ressource éternelle, un produit sûr, une valeur refuge, l’or noir réinventé, pour tout dire. Cette pauvreté extrême, ces tragédies humaines que d’aucuns vous envient sans le dire au point de les piller pour cumuler les distinctions honorifiques, au nom de la philanthropie, et les gains en Bourse, au nom du libre-échange, il est temps qu’elles vous profitent. Il est grand temps que les pays comme le vôtre, qui abritent l’extrême pauvreté à profusion, puissent vivre des ventres ballonnés qu’on montre sur les écrans du monde entier, en percevant un pourcentage déterminé au titre des droits liés à l’image, en dollars américains de préférence, tant et aussi longtemps que l’ère du yuan se fera attendre » (Blaise Ndala, Sans capote ni kalachnikov, notamment sur la marchandisation de la misère dans l’Afrique des Grands Lacs, où la guerre sert à en exploiter les richesses minières).

Décapoter : l’inverse de capoter, qui signifie :
1.
Garnir d’une capote (capoter une voiture, fermer sa capote).
2.
Être renversé, se retourner (la voiture a capoté).
3.
Échouer (le projet a capoté).
4.
Au Québec, devenir un peu fou => adorer quelque chose, kiffer / tripper, s’extasier.

À propos de l’art de savourer la vie même dans l’épreuve : « danser sous la pluie » se dit parfois en argot « danser sous une capote ». Invitation à danser un slow-gant dans notre déca.potable ?