François Villon écrit la « Ballade des pendus » en 1462, alors qu’il est condamné à la pendaison pour vols et meurtre :
Frères humains, qui après nous vivez, n’ayez les cœurs contre nous endurcis. Car, si pitié de nous pauvres avez, Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six : quant à la chair, que trop avons nourrie, elle est piéça dévorée et pourrie. Et nous, les os, devenons cendre et poudre. De notre mal personne ne s’en rie. Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
[…]
Prince Jésus, qui sur tous a maistrie, garde qu’Enfer n’ait de nous seigneurie. À lui, n’ayons que faire ne que soudre. Hommes, ici n’a point de moquerie. Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
« Tu fis la lune qui marque les temps et le soleil qui connaît l’heure de son coucher » (psaume 103,19).
Ce psaume hébreu est inspiré d’un hymne égyptien au dieu soleil. Il en reprend plusieurs formulations, tout en en changeant complètement la portée : le soleil n’est pas Dieu ; il est sa créature, un luminaire qui lui rend gloire.
« En tant qu’enfant de Dieu, je sentis que tout ce que possède le Père céleste est mien. Je sentis que tout ce qui existe, est mien, mais je n’avais de cela aucun désir, car Dieu seul me suffit » (Faustine, Journal).
« L’homme est créé pour louer, honorer et servir Dieu, notre Seigneur, et, par ce moyen, sauver son âme. Et les autres choses qui sont sur la terre sont créées à cause de l’homme et pour l’aider dans la poursuite de la fin que Dieu lui a marquée en le créant. D’où il suit qu’il doit en faire usage autant qu’elles le conduisent vers sa fin, et qu’il doit s’en dégager autant qu’elles l’en détournent. Pour cela, il est nécessaire de nous rendre indifférents à l’égard de tous les objets créés, en tout ce qui est laissé au choix de notre libre arbitre et ne lui est pas défendu; en sorte que, de notre côté, nous ne voulions pas plus la santé que la maladie, les richesses que la pauvreté, l’honneur que le mépris, une longue vie qu’une vie courte, et ainsi de tout le reste ; désirant et choisissant uniquement ce qui nous conduit plus sûrement à la fin pour laquelle nous sommes créés » (Ignace de Loyola, Principe et Fondement, dans Exercices spirituels, n°23).
Quand l’âme est à la barre de mon navire, tout est possible, simple, ouvert, paisible. Elle est un capitaine consciencieux prenant soin de chaque membre de l’équipage, donnant la priorité à ceux qui ont les bras croisés, à ceux qui sont dans la cale, accueillant chaque besoin, reconnaissant chaque intention constructive, stimulant toute bonne motivation. En sage-femme expérimentée, iel recrée de la fluidité entre chaque membre coupé des autres et l’Amour miseri-cor-Dieu.
Hélas, très souvent, le capitaine qui se contente d’être / qui est comblé / content d’être avec, apparaît bien inefficace et improductif aux yeux de ses deux seconds. À la moindre intempérie, ces seconds – l’un plein d’intelligence et l’autre résolument volontaire – ne lui font pas confiance ; ils prennent la direction de l’équipage sans solliciter le capitaine, le laissant à contempler / rêver dans sa cabine…
Loin d’être un facteur de paix, le commerce des armes nourrit les guerres, appauvrit les nations, et enrichit l’industrie de l’armement.
En 2020, le chiffre d’affaires des cent plus grands groupes du secteur de l’armement a atteint un nouveau sommet: 531 milliards de dollars. Les États ont dépensé en 2021 la somme de 2113 milliards de dollars (rapport annuel du SIPRI).
Douze milliards de balles sont fabriquées chaque année, assez pour tuer la population entière de la planète !
Contre la tenue du salon de l’armement Eurosatory du 13 au 17 juin 2022, venez nombreux samedi 11 juin à une manifestation à Paris (Villepinte) et à Strasbourg (Place Kléber) :
● de 14h à 17h: Exposition “Sans Armes Citoyen.nes” en plein air sur le commerce des armes, avec cercle de silence.
● 17h: Célébration œcuménique au Temple Neuf.
Organisateurs :
Stop fuelling War (https://stopfuellingwar.org/fr/)- Cessez d’alimenter la guerre & Association des Églises Évangéliques Mennonites de France, via sa Commission de Réflexion pour la Paix
Contact: Thaddée Ntihinyuzwa thaddeentihinyuzwa@yahoo.fr et Pascal Keller pascal.keller119@gmail.org
Soyez les bienvenus à ce colloque, le 11 juin, à Paris (j’y prendrai part).
La guerre en Ukraine et les tensions persistantes dans les Balkans et dans le Caucase nous invitent à repenser à nouveau la sécurité en Europe. C’est pourquoi, lors de ce colloque, nous voulons découvrir la réflexion ‘Repenser la sécurité (Rethinking Security)’ lancée et portée par l’Église protestante de Bade, en Allemagne, depuis 2019.
Convaincus avec le Pape François que « toute guerre laisse le monde pire que dans l’état où elle l’a trouvé […], elle est toujours un échec de la politique et de l’humanité, une capitulation honteuse et une déroute devant les forces du mal », convaincus avec Gandhi que « la fin est dans les moyens comme l’arbre est dans la semence », nous nous interrogerons sur la façon de faire aujourd’hui de la non-violence active le cœur d’un projet de société européenne – en recherche de sécurité commune – encourageant la résistance non-violente civile – engagé pour une paix préventive et juste – faisant preuve d’un réalisme politique courageux.
« Le serpent était le plus nu/rusé des animaux des champs » (Genèse 3,1). Il y a un jeu de mots en hébreu entre “nu” et “rusé”, qui sont deux sens de la racine עֵרֹם .
« Les yeux d’Adam et Ève s’ouvrirent, ils connurent qu’ils étaient nus/rusés » (Genèse 3,7).
Le serpent leur transmit une drôle de ruse : à la fois cachée et sans plumes ni poils : « J’ai entendu ta voix, mon créateur, dans le jardin et j’ai eu peur, parce que je suis nu/rusé, et je me suis caché » (Genèse 3,10).
« Toi qui te disais : “J’escaladerai les cieux ; plus haut que les étoiles de Dieu j’élèverai mon trône ; j’irai siéger à la montagne de l’assemblée des dieux au plus haut du septentrion, j’escaladerai les hauteurs des nuages, je serai semblable au Très-Haut ! Et tu te retrouves finalement en enfer, au plus profond de l’abîme » (Isaïe 14,13-15).
« Dépouillé de sa royauté divine, privé de ses lumières divines, Saül s’étiola » (1 Samuel 15,23).
« Si tu pouvais seulement rester tranquille, te libérer de tes souvenirs et de tes attentes, tu serais capable de discerner la beauté des événements. C’est ton agitation qui cause le chaos » (Nisargadatta Maharaj).
« Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre » (Blaise Pascal).
« Nous pouvons considérer notre âme comme un château, fait d’un seul diamant ou d’un cristal parfaitement limpide, et dans lequel il y a beaucoup d’appartements, comme dans le ciel il y a bien des demeures » (Thérèse d’Avila qui disait : « Ma tête est si faible et il s’y fait un tel bruit que j’ai déjà bien de la peine à écrire pour les affaires indispensables ». Une chance pour traverser les sept demeures de son Château intérieur et s’établir dans la septième ?).
« Le drame est complet quand nos Masques empêchent le Séparateur d’exprimer ses peurs, son égoïsme et sa fierté et qu’en plus, ils nous interdisent l’accès aux véritables sentiments d’amour et de compassion, de sagesse et de responsabilité, de paix et de plénitude menant au détachement véritable des tourments éphémères et symboliques de notre vie quotidienne » (Thierry Janssen, Le travail d’une vie : Quand psychologie et spiritualité donnent un sens à notre existence).
« Je ne peux pas concevoir un monde qui s’en tient juste à ce qu’on en voit » (Jean Rouaud).
« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux » (Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit prince).
« Les affects invisibles que les parents transmettent aux enfants sont nettement plus importants que les visibles. […] L’atmosphère impalpable est beaucoup plus puissante que celle que l’on voit. C’est pour cette raison que Jung n’a jamais beaucoup abordé la pédagogie. Il soutenait que ce que l’on dit ou fait avec les enfants importe peu. Ce qui compte, c’est d’être soi-même sain afin qu’une atmosphère saine et positive émane de soi. Peu importe alors ce que vous dites aux enfants : de toutes manières, ils n’écoutent pas. Ils réagissent à ce qui se trouve à l’arrière-plan. Les enfants nagent encore, pour ainsi dire, dans l’inconscient, dans l’atmosphère d’une situation, et c’est à cela qu’ils réagissent » (Marie-Louise von Franz, La Voie des rêves).
Dans Les yeux d’Hubert : l’art de l’observation scientifique avant l’émergence du positivisme, Patrick Singy montre que l’observation scientifique au sens moderne est le produit du positivisme du 19ème siècle : ni universel ni éternel !
Il cite Alexandre Pope, Essay on Man, 1732, poète qui chante à sa façon l’art d’observer : “The bliss of man (could pride that blessing find) Is not to act or think beyond mankind ; No powers of body or of soul to share, But what his nature and his state can bear. Why has not man a microscopic eye ? For this plain reason, man is not a fly. Say what the use, were finer optics giv’n, To inspect a mite, not comprehend the heav’n ? Or touch, if tremblingly alive all o’er, To smart and agonize at ev’ry pore ?”
« Une personne vivant sur Mars, du type négociateur dur, se reconnaît au fait qu’il est sûr de lui, il a confiance en ses capacités, est franc, direct, capable de dire quand il vit un problème, de défendre son point de vue, d’obtenir le respect de ses intérêts. Il ne se laisse pas marcher sur les pieds, il dit ses envies, désirs, attentes, il ne met pas sur les épaules des autres le fardeau de deviner et d’y répondre implicitement. Il est autonome, responsable de sa vie, de ses choix. Son oui est oui et son non est non !
Une personne vivant sur Vénus, du type négociateur doux, se reconnaît au fait qu’il met la relation au premier plan, il est capable d’entretenir de bonnes relations, est délicat, attentionné, dévoué, sensible aux problèmes de l’autre, à l’écoute de ses besoins, devine ses attentes, sert l’autre en premier, est capable de faire passer les intérêts de l’autre avant les siens, trouve son bonheur dans la satisfaction de l’autre. Il parle doucement, sa force est de pouvoir se maîtriser. Il évite d’étaler ses titres de gloire et d’induire un sentiment d’infériorité chez son interlocuteur…
Les Martiens = des francs ; les Vénusiens = des attentionnés.
Les avantages d’une famille où les deux parents sont des Martiens : on sait ce que chacun pense et veut. Chacun a appris à défendre son point de vue et ses intérêts. La franchise et la clarté sont les qualités des martiens.
Les limites et dangers d’une famille martienne : quand leurs besoins divergent, ils sont capables de crier, de se rentrer dedans. Généralement, les martiens vivent à distance. Ils ont besoin d’espace entre eux ! Si trop de conflits ne sont pas résolus, ils se séparent…
Les avantages d’une famille où les deux parents sont des Vénusiens : chacun est programmé pour satisfaire les besoins de l’autre avant les siens. Personne n’a besoin de se pousser en avant. On sent facilement l’importance qu’on a pour l’autre. Il n’y a pas de cris. On se parle doucement, avec respect.
Les limites et dangers d’une famille vénusienne : ils ont peur des désaccords, ne disent pas franchement et sont frustrés quand l’autre ne les comprend pas, ils se sacrifient puis regrettent de s’être fait avoir, ils ont des difficultés à fixer des limites, à dire non » (Chomé Étienne, Apprendre à mieux gérer nos conflits. Une communication vraie et une négociation efficace, édité à l’île Maurice, 2005, p. 311).