« Rien ne m’est plus déchirant que de voir Dieu constamment défiguré, comme une puissance extérieure au monde, non engagée dans notre vie, confite tout entière en elle-même, dans sa gloire et son bonheur, et jouant dans notre monde qui n’est rien pour Lui, dont Il n’a pas besoin, et qu’Il laisse se débattre dans les agonies que nous connaissons » (Maurice Zundel).
« Une rose a pleuré sous les coups de midi, une rose empourprée par des hontes à maudire. Et moi, j’ai recueilli toutes ses larmes pour les ciseler en sourires, pour voir de nouveaux printemps dans les massifs de son désir. Oui, j’ai attrapé tant de soleils juste pour sécher ses joues parce que, dans le fond de sa peine, je ne savais plus comment rire ! Je les ai bues à même ses yeux pour y noyer tous mes ‘Je t’aime’. Il fallait remettre la rose dans les jardins de l’Eden » (Joel Grenier).
« Avant sa venue, j’avais, pour ainsi dire, sommeillé, noyé dans je ne sais quelle pénombre. Mais elle avait paru, m’avait réveillé et conduit à la Lumière. Sa présence avait lié tout ce qui m’entourait d’un fil continu, elle avait tendu entre l’ambiance et mon âme une passerelle de Lumière. Et, du coup, elle était devenue à jamais l’amie la plus proche de mon cœur, l’être le plus compréhensible et le plus cher. Ce fut son Amour désintéressé de l’Univers qui m’enrichit et m’imprégna de cette force invincible dont j’eus besoin pour passer les heures difficiles » (Maxime Gorki).
Si tu te sens sans vie, demande-toi depuis quand tu n’as pas plongé tes mains dans la terre, pour prendre soin de ton jardin ? Et depuis quand tu ne t’es pas arrêté pour contempler un coucher de soleil ? Quand était-ce la dernière fois où tu as dansé ? Quand était-ce la dernière fois où tu as chanté ? Quand était-ce la dernière fois où tu t’es plongé dans une histoire féerique ? Quand était-ce la dernière fois où tu as passé plusieurs heures à savourer le silence ?
« Le voyage mystique nous conduit à l’intérieur de nous, à une Flamme sacrée en notre centre » (Marianne Williamson).
« Ton rayonnement a allumé un Feu dans mon cœur, et tu as rendu radieux pour moi la Terre et le Ciel. Mon âme brûle, chaque fibre de mon être est amoureuse de Toi » (Rûmî).
En Asie Mineure, on raconte que Rûmi serait passé un jour devant un bazar où l’on battait de l’or. Pris d’une forte émotion, emporté par le rythme et le son cristallin de l’or battu, le mystique se serait mis à tourner dans un mouvement d’élévation, entrant en communion avec le Bien-Aimé. Sa danse devint transe, la paume de sa main droite orientée vers le ciel, recevant la vie de Dieu, la paume de sa main gauche tournée vers le sol, l’offrant à la terre et à chacun des vivants.
« Vous réveiller à l’aube avec un cœur ailé et rendre Grâce pour cette nouvelle journée, où il vous est permis d’aimer » (Khalil Gibran, agile vibrant Liban).
« Si l’enfance existe encore en vous, gardez-la. Il est peu croyable qu’il vous en reste assez pour vous aider à vivre, mais ça vous servira sûrement pour mourir » (Georges Bernanos).
« Dans les premiers temps où je me trouvais à Ars, je voyais un homme qui ne passait jamais devant l’église sans y entrer : le matin quand il allait au travail, le soir quand il en revenait. Il laissait à la porte sa pelle et sa pioche. Et il restait longtemps en adoration devant le Saint Sacrement. J’aimais bien ça. Je lui ai demandé une fois ce qu’il disait à Notre-Seigneur pendant ces longues visites qu’il Lui faisait. Savez-vous ce qu’il m’a répondu ?
« Monsieur le Curé, je ne Lui dis rien, je L’avise et Il m’avise. Je Le regarde et Il me regarde ».
Ainsi soit-il ! Lorsque nous sommes devant le Saint Sacrement, nous ouvrons notre cœur, le Bon Dieu ouvre le Sien. Nous allons à Lui, Il vient à nous, comme un souffle de l’un à l’autre » (Jean-Marie Vianney, Saint Curé d’Ars, 1786-1859).