Ils ne m’ont pas trouvé malin…

« Je suis venu, calme orphelin,
riche de mes seuls yeux tranquilles,
vers les hommes des grandes villes.
Ils ne m’ont pas trouvé malin.

À vingt ans, un trouble nouveau
sous le nom d’amoureuses flammes
m’a fait trouver belles les femmes.
Elles ne m’ont pas trouvé beau.

Bien que sans patrie et sans roi,
et très brave ne l’étant guère,
j’ai voulu mourir à la guerre.
La mort n’a pas voulu de moi.

Suis-je né trop tôt ou trop tard ?
Qu’est-ce que je fais en ce monde ?
Ô vous tous, ma peine est profonde.
Priez pour le pauvre Gaspard ! »

(Paul Verlaine, Gaspard Hauser).

Commentaires post-post :
L’histoire de Kaspar Hauser, selon moi ce prince de famille royale non reconnu, est t-unique… comme chacune des nôtres !
Tout homme est prince.sse = une Histoire sacrée
https://fr.wikipedia.org/wiki/Kaspar_Hauser

À toi, lectrice qui craignait de passer à côté de quelque calembour ou contrepèteries en voyant Xi Ji, le chat et la mouche, je précise : cool, j’y fais une quadruple implicite à travers « Çhat, c’est malin ? ».
J’interroge Xi Ji et la mouche : est-ce vraiment malin d’agir comme tu agis ?
Je m’interroge sur les réflexes de chat, craignant qu’ils soient plus forts que tout (cf. sapins de Noël en danger…).
Et j’interroge tout lecteur à travers tout chat…ha ha…

Coquefredouille. Cornegidouille !

Voici mon 3e post sur l’intérêt de jurer : les jurons ont un effet de catharsis et de décharge émotionnelle.

Coquefredouille = pauvre diable, personne ridicule. Exemple : C’est l’aîné de la famille mais également le coquefredouille. Il possède en âge ce qu’il ne possède pas en intelligence et c’est bien trop souvent que les gens se rient de lui.

Cornegidouille est le juron qu’invente Alfred Jarry dans sa pièce de théâtre Ubu roi (1896), quand il exprime une forte colère ou un grand étonnement.

Elle était si jolie

Elle était si jolie
que je n’osais l’aimer.
Elle était si jolie,
je ne peux l’oublier.
Elle était trop jolie
quand le vent l’emmenait.
Elle fuyait ravie
et le vent me disait…

Elle est bien trop jolie.
Et toi, je te connais.
L’aimer toute une vie,
tu ne pourras jamais.
Oui mais elle est partie.
C’est bête mais c’est vrai.
Elle était si jolie

Je n’oublierai jamais.

Aujourd’hui c’est l’automne.
Et je pleure souvent.
Aujourd’hui, c’est l’automne.
Qu’il est loin le printemps.

Dans le parc où frissonnent
les feuilles au vent mauvais,
sa robe tourbillonne,
puis elle disparaît…
Elle était si jolie
que je n’osais l’aimer.
Elle était si jolie.
Je ne peux l’oublier.
Elle était trop jolie
quand le vent l’emmenait.
Elle était si jolie.

Alain Barrière, à l’Eurovision en 1963, pour la France !

Si c’est rond, point carré ; deux grands !

« Il y a dans le cœur de l’homme je ne sais quoi de désordonné qu’exalte le plaisir et qu’abat la douleur » (Cicéron, De la République).

« Douter de tout ou tout croire sont deux solutions également commodes, qui l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir » (Poincaré, La Science et l’hypothèse).

« On naît poète, on devient orateur » (Cicéron, Romain, homme de lettres et de droit, 106 à 43 ante Christum natum).

« C’est avec l’intuition que nous trouvons et avec la logique que nous prouvons » (Henri Poincaré, mathématicien français plutôt carré, 1854 à 1912 post Christum natum).

Le centenaire de Raymond Devos

« Le comique ? C’est un monsieur qui prend sur lui certains ennuis pour en débarrasser les autres », dixit Raymond Devos, Belge né le 9/11/1922, donc depuis le 9/11/2022, centenaire dans les airs et nos imaginaires. 

Un comique centenaire, dirai-je pour ma part, c’est un monsieur qui s’est rempli les poches de sketchs explosifs de rires qui continuent leurs feux d’artifice longtemps après son incinération…

« Ah ! quel été ! quel été ! quel été !
Il pleuvait tant sur la côte où j’étais !
On sentait bien que l’hiver était proche !
On se baignait les deux mains dans les poches !
La p’tite amie avec laquelle j’étais …
Ah ! quel été ! quel été ! qu’elle était moche ! »
(Raymond Devos, Les chansons que je ne chante pas).

Simples et purs comme un ruisseau . . . et disponibles comme une eau

Garde-nous tout petits devant ta face,
simples et purs comme un ruisseau.
Garde-nous tout petits devant nos frères
et disponibles comme une eau.

Les mains ouvertes devant toi, Seigneur,
Pour t’offrir le monde,
Les mains ouvertes devant toi, Seigneur,
Notre joie est profonde.

Garde-nous tout petits devant ta face,
simples et purs comme un ruisseau.
Garde-nous tout petits devant nos frères
et disponibles comme une eau.

Garde-nous tout petits devant ta face,
brûlants d´amour et pleins de joie.
Garde-nous tout petits parmi nos frères,
simples chemins devant leurs pas !

Garde-nous tout petits devant Ta Face,
comme la Vierge immaculée !
Garde-nous transparents à tous nos frères,
de l’amour qui l’a consumée.

Apprends-nous à chanter ton Évangile,
comme Marie auprès de Toi.
Comble de Ton Amour le cœur des pauvres ;
le cœur des riches, change-le.

Auteur : Odette Vercruysse

Pénurie d’essence ?

Un bel atout en cas de pénurie d’essence : Jean-Paul Sartre explique aux Français qu’heureusement, l’existence précède l’essence !

Par ailleurs, Serge Koster avertit :
« Un dissident en essence
est un décédant en puissance »
(Une histoire qui ne finira jamais).

Pénurie d’essence ? Montaigne nous invite à cultiver nos choux de jardin(s) : « Je veux qu’on agisse, et qu’on allonge les offices de la vie tant qu’on peut, et que la mort me trouve plantant mes choux, mais nonchalant d’elle, et encore plus de mon jardin imparfait ».

Jardinons, même si
char dit non.
Jarres, dînons !

Faire le singe

« N’imitez rien ni personne.
Un lion qui copie un lion
devient un singe »
(Victor Hugo).

Si un chat qui copie un chat fait bien le singe,
un chat qui copie un singe devient-il un linge ?
Tel fut en ce matin mon grand remue-méninge…
Alexandrin, ‘Alex-entre-in’ : mon chant sèch’linge !

Gâtée pourrie

« Il veut des sons et des couleurs. 
Il a des cris, il a des pleurs
et des colères.
Mais ses fureurs d’enfant gâté,
comme les orages d’été,
sont passagères »
(Eugène Manuel, La chose ailée, 1907, p. 15).

« Les filles étaient précoces, aux fosses. Il se rappelait les ouvrières de Lille gâtées dès quatorze ans, dans les abandons de la misère » (Zola, Germinal,1885, p. 136).

« Les plus cruels critiques des poètes sont encore les imitateurs : ils se mettent, comme les mouches, sur l’endroit gâté et le dessinent » (Sainte-Beuve, Tableau historique et critique de la poésie française,1828, p. 101).