Si vis pacem, para pacem

Fridolin Ambongo Besungu, archevêque de Kinshasa, RDC, vient de dire :

« L’adage ‘Si tu veux la paix, prépare la guerre’ est un mensonge : qui prépare la guerre finit par la faire, et ce sont toujours les pauvres qui la paient.
Ce que l’on appelle aujourd’hui ‘force’ enfermée dans les armes, le pouvoir, l’argent, la violence est en réalité le signe d’une faiblesse. Une faiblesse de pensée d’abord : celui qui ne sait plus convaincre impose ; celui qui ne sait plus dialoguer tire. Recourir aux armes, c’est avouer que l’on n’a plus d’idées, plus d’imagination pour construire l’avenir avec l’autre. Une faiblesse d’humanité ensuite : pour faire la guerre, il faut cesser de voir dans l’autre un frère, un être créé à l’image de Dieu. Il faut le réduire à un obstacle, à une cible, à un chiffre.
[…]
La force qui a besoin de dominer est une force qui a peur. Elle se protège derrière les murs, les armes et l’argent parce qu’elle ne croit plus à la possibilité de la fraternité. C’est pourquoi la vraie question n’est pas seulement : combien d’armes faut-il pour être en sécurité ? La vraie question est : quelle humanité sommes-nous en train de devenir ? » (parole prononcée ce 26 octobre 2026, à Assise).

Illustration : Séverine Aubry.