Dans notre amour très humain, ma priorité est d’y accueillir l’Amour (qui vient d’avant et va après nos élans). Je crois que c’est cela le plus fécond (et pas grave si Ouistiti a entendu « fait con »).
« La cicatrice ne raconte pas une douleur que l’on contient en soi, mais une peine que l’on a dépassé » (Margaux Cassan, Stigmates).
4ème de couverture : « Stigmates raconte tous ces moments, petits et grands, où nous allons chercher, dans l’intensité d’une expérience physique, la transcendance que l’époque n’offre plus. Il sera question de plaies, de blessures, de trous, de douleurs fantômes, de traces, de chairs marquées et de toutes les métamorphoses du corps dans son élan déchirant vers le sacré. […] Et si l’origine de la foi ne résidait pas dans l’esprit mais dans le creux de la chair, là où le corps s’enflamme et se dérobe à la raison ? ».
« Ce n’est pas la volonté qui transforme durablement nos réactions, mais l’expérience répétée de la sécurité avec une autre personne, jusqu’à ce que le système nerveux cesse progressivement d’anticiper le danger » (François Le Doze, créateur de la thérapie Intelligence Relationnelle®, à partir d’une pratique approfondie de l’IFS (Internal Family System) enrichie par ses compétences de médecin neurologue passionné par les apports des théories a) polyvagale et b) de l’attachement).
Ma part Ouistiti qui jongle avec les mots s’est amusée aujourd’hui avec les mots ‘ictus’ et ‘invictus’. Ils se ressemblent mais ils viennent de racines différentes et n’appartiennent pas à la même famille sémantique. Ictus signifie coup => brutale attaque neurologique morbide. Invictus désigne le non‑vaincu ou l’invaincu.
On peut s’amuser, à la mode des Anciens :
invictus dans l’âme, même sous l’ictus du destin !
L’ictus frappe, l’invictus se relève…
Ictus – invictus : que l’impact ne décide pas de toi !
Mais derrière tous ces bêtes jeux de mots, je vibre à une expérience essentielle : on sort de l’ictus et des maladies fondamentalement par la douceur d’une présence vécue à l’intérieur de soi, pas par une bataille victorieuse contre un ennemi à vaincre…
Je nous souhaite d’accueillir cette Présence et de transmettre sa douceur et sa tendresse à chacune de nos parts qui en a besoin…
« La vie est la vie ; défends-la. La vie est une chance ; saisis-la. La vie est un défi ; fais-lui face. La vie est un devoir ; accomplis-le. La vie est un combat ; accepte-le. La vie est une tragédie ; prends-la à bras le corps. La vie est beauté ; admire-la. La vie est mystère ; perce-le. La vie est une béatitude ; savoure-la » (Mère Teresa).
Quelle joie de communier aux mots de Thoreau quand il partage son expérience de la première heure de chaque jour : il n’y a pas d’heure plus sacrée que cette heure aurorale. C’est l’heure par excellence où les sens et l’esprit échappent à la torpeur quotidienne ; une vie réveillée à la pointe de l’aube, où le léger bourdonnement d’un moustique en train de faire tout le tour de la cabane est reconnue comme une épopée héroïque pas moindre que celle d’Ulysse dans les yeux d’Homère ; cette vie en éveil qui reconnaît à l’instant présent la majesté de la grandeur cosmique, insufflée par le Vivant aussi minuscule soit-il.
Voici les mots mêmes de Thoreau, lui qui chercha à « expérimenter la vie » dans une cabane en bois (pendant 2 ans, 2 mois et 2 jours) : « Le léger bourdonnement du moustique en train d’accomplir son invisible et inconcevable tour dans ma cabane à la pointe de l’aube, lorsque j’étais assis porte et fenêtre ouvertes, me causait tout autant d’émotion que l’eût pu faire nulle trompette qui jamais chanta la renommée. C’était le requiem d’Homère ; lui-même une Iliade et Odyssée dans l’air, chantant son ire à lui et ses courses errantes. Il y avait là quelque chose de cosmique ; un avis constant jusqu’à plus ample informé, de l’éternelle vigueur et fertilité du monde. Le matin, qui est le plus notable moment du jour, est l’heure du réveil. C’est alors qu’il est en nous le moins de somnolence ; et pendant une heure, au moins, se tient éveillée quelque partie de nous-même, qui tout le reste du jour et de la nuit sommeille.
[…] Les Védas disent : « Toutes intelligences s’éveillent avec le matin. » La poésie et l’art, et les plus nobles comme les plus notables actions des hommes, datent de cette heure-là » (Henry David Thoreau, Walden ou la vie dans les bois, 1854).
Dans ce cabanon, Thoreau avait l’intention d’expérimenter ce qu’offre d’une part une simplicité volontaire et d’autre part un laboratoire effervescent de vie intérieure. Il y donna priorité à cette aube intérieure qui laisse partir les fumées d’une vie superficielle, s’ancre dans le fond solide & rocheux du Réel essenceCiel et plonge dans le feu de son cœur…
Bons choix de vie, bonne sagesse à chacun.e de nous !
« Changer le monde n’est pas ta mission. Te changer toi-même n’est pas ton devoir. T’éveiller à ta vraie nature, voilà ta chance et ta magnifique opportunité » (Mooji).
« Ne cherchez pas à posséder beaucoup de richesses sur la terre. Là, les insectes et la rouille détruisent tout. Les voleurs entrent dans les maisons et ils volent. Mais cherchez à posséder beaucoup de richesses auprès de Dieu. Là, les insectes et la rouille ne détruisent rien, les voleurs n’entrent pas et ils ne peuvent pas voler. Oui, là où tu mets tes richesses, c’est là aussi que tu mettras ton cœur » (Mt 6,19-21).
Les plus beaux palais sur cette terre ne sont rien d’autre qu’une cahute provisoire (une cahute est une petite habitation rudimentaire et précaire : une cabane, une hutte, une masure, un abri de fortune) !
« La joie intérieure réside au plus intime de l’âme ; on peut aussi bien la posséder dans une obscure prison que dans un palais » (Thérèse de Lisieux).
« Y a des gens absolument insurmontables. Ça te gêne de les savoir mammifères à part entière. Tu les préférerais reptiles ou batraciens pour bien justifier ta répulsion » (Frédéric Dard).
Ces temps-ci, une fois par semaine, le dimanche, je me réveille spontanément et en forme, à 3h00, une heure plus tôt que d’habitude (4h00), comme irrésistiblement appelé à prier, à me tenir aux côtés de Jésus au Jardin des Oliviers, qui – comme dit l’évangéliste Jean – nous conduit au Père (& Mère, source de toute vie).
Je ne prie pas des lèvres. Je remonte le fleuve, la rivière, le ruisseau, jusqu’à la source. Et là, au coeur de mon coeur, je savoure ce qui jaillit et coule de Source. Quelle joie de laisser ÊTRE simplement…
Je respire avec l’Intention Vivante/vibrante d’être dans leurs Volonté & projet d’Amour. Mon bonheur est de demeurer dans ce flux de Vie donnée gratuitement. Cette vie, c’est comme l’eau qui descend de la montagne sans robinet, inépuisable et surabondante.
« À force de sacrifier l’essentiel à l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel. Je sens présente en moi l’humanité dont je fais partie. Non seulement, je suis une petite partie dans le tout, mais le tout est à l’intérieur de moi-même. C’est peut-être cela qui me donne l’énergie de continuer sur la voie qui est la mienne. Et à un moment donné, sans que vous ne sachiez pourquoi, c’est comme une catalyse, quelque chose qui se passe, se transforme, bascule… C’est cela l’espoir » (Edgar Morin, entretien publié dans la revue Kaizen).
« Pour bien vieillir, il faut garder en soi les curiosités de l’enfance, les aspirations de l’adolescence, les responsabilités de l’adulte, et dans le vieillissement essayer d’extraire l’expérience des âges précédents » (Edgar Morin, Leçons d’un siècle de vie).
Image : tirée de Charlie Hebdo, après la mort d’Edgar Morin (né le 8/7/1921 et mort le 29/5/2026).
« Si vous prenez la Bible pratiquement du début à la fin, tous les personnages qui comptent, tous les héros du texte, sont des handicapés d’une manière ou d’une autre : ce sont des gens qui ont connu une faille, une brisure, avec laquelle ils ont dû composer. Par exemple, Abraham qui est un très célèbre patriarche dans la Genèse, est stérile une partie de sa vie et n’arrive pas à avoir de descendance. Et pourtant, c’est lui, la figure du père : un patriarche stérile ou en situation de stérilité. Isaac, son fils, est un visionnaire mais une partie de sa vie, il est aveugle (le texte nous le dit très clairement). Et puis, surgit son fils, Jacob. Jacob incarne la droiture, la verticalité, la rectitude… Et pourtant, une bonne partie de sa vie, nous dit le texte, il boite, c’est-à-dire que lui-même est dans le déséquilibre, tout en étant appelé à incarner la verticalité. Et ça continue… Le meilleur exemple, c’est Moïse qui est le porte-parole de Dieu dans la Bible ; vraiment, c’est lui qui doit parler au peuple. Or… il bégaie ! C’est un bègue… On pourrait se dire que c’est un hasard… Ils vont se débrouiller, malgré leur handicap… Pas du tout, je crois que les vrais leaders dans la Bible et dans l’existence, ce ne sont pas des gens qui se débrouillent malgré ce qui leur est arrivé ; ce sont plutôt des gens qui construisent vraiment avec ce qui leur est arrivé. Ils sont visionnaires parce qu’ils ont un problème de vue. Ils marchent droit parce qu’ils boitent et ils sont des bons porte-parole parce qu’ils sont bègues… Peut-être que les plus grands leaders sont des gens qui composent avec les failles… » (rabbine Delphine Horvilleur).
Voici un de mes messages fondamentaux qui articule ressources humaines (l’axe horizontal du travail sur soi, avec les moyens psy qui existent) et ressourcement à la source (l’axe vertical de l’accueil en moi de la Lumière, du Souffle et de la Source).
Mes jugements, reproches et réflexes de contrôle sur les autres sont l’amer salaire de mauvaises relations à l’intérieur de moi. C’est par un plus grand respect de moi-même à l’égard de mes fondements, besoins, valeurs, intentions et motivations que je peux être délivré de mes paroles-poisons. Celles-ci correctement traduites deviennent un trésor que je parviens à honorer et à partager. J’apprends à écouter les messages de mon corps (sensations physiques), mon cœur (mes émotions) et mes entrailles (mes manques/besoins), m’amenant au cœur de mon cœur, ce lieu calme, libre et bienveillant.
Puis, en sens inverse, à partir de ce lieu-source duquel coule la source inépuisable et surabondante de l’Amour, j’apprends à accueillir chaque part de ma vie qui se manifeste ici et maintenant, en prenant soin de sa colère / fatigue / souffrance et de son besoin, à accomplir ce dialogue intérieur chaque fois qu’un sentiment sonne l’alerte en moi. Cette bienveillance avec mes parts m’apprend à écouter chez l’autre, en amont de ses paroles-poisons, ses propres trésors et ainsi de le rencontrer depuis cette paix dont lui-même est porteur.
La fausse vie est épuisante, la vraie vie est inépuisable.