Chef couvre ses failles < > Couvre-chef, leader sait failles

« Si vous prenez la Bible pratiquement du début à la fin, tous les personnages qui comptent, tous les héros du texte, sont des handicapés d’une manière ou d’une autre : ce sont des gens qui ont connu une faille, une brisure, avec laquelle ils ont dû composer. Par exemple, Abraham qui est un très célèbre patriarche dans la Genèse, est stérile une partie de sa vie et n’arrive pas à avoir de descendance. Et pourtant, c’est lui, la figure du père : un patriarche stérile ou en situation de stérilité. Isaac, son fils, est un visionnaire mais une partie de sa vie, il est aveugle (le texte nous le dit très clairement). Et puis, surgit son fils, Jacob. Jacob incarne la droiture, la verticalité, la rectitude… Et pourtant, une bonne partie de sa vie, nous dit le texte, il boite, c’est-à-dire que lui-même est dans le déséquilibre, tout en étant appelé à incarner la verticalité. Et ça continue… Le meilleur exemple, c’est Moïse qui est le porte-parole de Dieu dans la Bible ; vraiment, c’est lui qui doit parler au peuple. Or… il bégaie ! C’est un bègue… On pourrait se dire que c’est un hasard… Ils vont se débrouiller, malgré leur handicap… Pas du tout, je crois que les vrais leaders dans la Bible et dans l’existence, ce ne sont pas des gens qui se débrouillent malgré ce qui leur est arrivé ; ce sont plutôt des gens qui construisent vraiment avec ce qui leur est arrivé. Ils sont visionnaires parce qu’ils ont un problème de vue. Ils marchent droit parce qu’ils boitent et ils sont des bons porte-parole parce qu’ils sont bègues… Peut-être que les plus grands leaders sont des gens qui composent avec les failles… » (rabbine Delphine Horvilleur).

psy et spi

Voici un de mes messages fondamentaux qui articule ressources humaines (l’axe horizontal du travail sur soi, avec les moyens psy qui existent) et ressourcement à la source (l’axe vertical de l’accueil en moi de la Lumière, du Souffle et de la Source).

Mes jugements, reproches et réflexes de contrôle sur les autres sont l’amer salaire de mauvaises relations à l’intérieur de moi. C’est par un plus grand respect de moi-même à l’égard de mes fondements, besoins, valeurs, intentions et motivations que je peux être délivré de mes paroles-poisons. Celles-ci correctement traduites deviennent un trésor que je parviens à honorer et à partager. J’apprends à écouter les messages de mon corps (sensations physiques), mon cœur (mes émotions) et mes entrailles (mes manques/besoins), m’amenant au cœur de mon cœur, ce lieu calme, libre et bienveillant.

Puis, en sens inverse, à partir de ce lieu-source duquel coule la source inépuisable et surabondante de l’Amour, j’apprends à accueillir chaque part de ma vie qui se manifeste ici et maintenant, en prenant soin de sa colère / fatigue / souffrance et de son besoin, à accomplir ce dialogue intérieur chaque fois qu’un sentiment sonne l’alerte en moi. Cette bienveillance avec mes parts m’apprend à écouter chez l’autre, en amont de ses paroles-poisons, ses propres trésors et ainsi de le rencontrer depuis cette paix dont lui-même est porteur.  

La fausse vie est épuisante, la vraie vie est inépuisable.

Je suis donc je rayonne et je chantonne

« On peut vivre dans une maison exiguë,
on ne peut pas vivre dans une âme tourmentée »
(Proverbe cambodgien).

« Ce ne sont pas les pierres qui font la qualité d’une maison mais bien les âmes qui l’habitent » (Proverbe indien).

Un foyer où l’on se sent bien ensemble : quel trésor sans prix.

Dans des vers holorimes, la rime court sur l’ensemble du vers ; ce sont des vers entièrement homophones. 

Connect before correct

Nos capacités de penser ne valent-elles pas mieux
que de choisir un camp contre un autre,
que de brandir des drapeaux partisans ?
Ne sont-elles pas au top
quand elles intègrent les parts
de vérité des uns et des autres
et servent notre bien commun ?

Et nos consciences ne sont-elles pas au top
quand elles saisissent en profondeur
ce qui relie les êtres humains
dans leur commune fragilité
plutôt que dans leurs apparentes
puissantes forces d’oppositions ?

prier pour mon ennemi

« Prier pour ceux qui vous persécutent n’est pas une faiblesse morale, c’est une exigence radicale de l’Évangile. Le Christ ne propose pas une simple attitude de tolérance, mais une transformation du cœur capable de traverser l’injustice sans se laisser corrompre par elle.

La prière pour l’ennemi arrache l’âme à la logique de la vengeance. Elle empêche la blessure de devenir haine, et la haine de devenir identité. Celui qui prie pour celui qui le persécute refuse d’être intérieurement gouverné par le mal qu’il subit.

Dans la tradition catholique, cette prière n’absout pas le péché de l’autre ni ne nie la justice, mais elle place la situation devant Dieu, unique juge des cœurs. Elle libère celui qui prie d’un poids spirituel lourd : celui de porter lui-même la rétribution.

Peu à peu, elle purifie le regard. Elle permet de voir l’autre non seulement comme un adversaire, mais comme une personne capable de conversion. Et elle protège le cœur du durcissement intérieur, qui est souvent le premier fruit de la rancune prolongée. Ainsi, prier pour ceux qui persécutent, c’est choisir la liberté intérieure, la stabilité du cœur et la fidélité à l’amour du Christ, même au milieu de l’injustice » (Pape Léon XIV).