« À chaque pulsation de mon cœur, il m’apparaît de plus en plus clairement que tu ne peux pas nous aider, mais que c’est à nous de t’aider et de défendre jusqu’au bout la demeure qui t’abrite en nous » (Etty Hillesum).
« Chaque enfant qui naît est un miracle qui sauve le monde en y introduisant du neuf » (Hannah Arendt).
Quel est mon œuf neuf offert au monde ? Belle Épiphanie / illumination personnelle !
« N’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais bien le glaive. Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa maison. Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi » (Matthieu 10, 32-37). « Voici des versets d’Évangile étonnants, clivants, contradictoires avec le langage chrétien convenu, mais cependant bien réels et incontestables, même si d’aucuns souhaiteraient les effacer de la Bible et les nier. Pourtant, ils existent bel et bien, et ils sont très riches d’enseignements, et porteurs de consolation dans l’épreuve.
Voici donc Jésus qui ne se présente aucunement comme sur une rassurante image sulpicienne, sujet de concorde et de paix béate, mais bien au contraire comme un fauteur de trouble social et même familial, Prophète subversif et clivant. […] La foi donnée par Dieu n’est pas un agréable sédatif inoffensif ! Bien au contraire, celui ou celle que le Seigneur est allé chercher un jour, à sa guise, tout en arrière du troupeau de ses brebis, pour porter sa Parole de feu au monde, celui ou celle-là brûle intérieurement de l’Évangile, et après une lente maturation, atomise sa propre famille en se révélant au grand jour ! » (Véronique Belen, https://www.histoiredunefoi.fr/meditations-bibliques/16123-oui-je-suis-venu-separer-lhomme-de-son-pere-la-fille-de-sa-mere-la-belle-fille-de-sa-belle-mere-on-aura-pour-ennemis-les-gens-de-sa-maison-matthieu-1035-36).
Ce que la Révélation chrétienne nous apprend, c’est que 1) la violence n’écrase pas le mal, elle lui offre plutôt une victoire de plus ; 2) la force qui sauve du mal est d’un ordre radicalement différent que le fer de la lame de l’épée…
Ci-joint une image d’un archange aux traits féminins, accompagnant la méditation de Julie Dratwiak : « Ses ailes déployées, l’ange rappelle que la hauteur véritable naît d’une descente courageuse dans l’ombre. Sous son pied, le dragon cesse d’être maître, il retrouve sa juste place. Elle avance pieds nus sur la bête vaincue ; la peur n’a plus de trône. Et le mystère Et la victoire se disent ainsi, avec grâce, au point précis où le feu est rendu obéissant » (Julie Dratwiak, Le Jardin des Oeuvriers).
Sens de mon texte dans l’image : la rose conquiert les cœurs parce qu’elle attire, embellit, émeut, parfume et inspire. Pour ces changements magiques, elle ne passe pas par la conquête impériale et n’entraîne pas la roue infernale des années qui vont de mal en pire quand un empire s’accroche à son pouvoir de domination.
1/1/2026 Chères âmes-mies, compagnonnes sur le chemin de la Vie qui ne passe pas… J’ai passé le réveillon du Nouvel An sereinement. Je n’avais pas envie de courir ni concourir ni conquérir… J’avais besoin de calme, de davantage de clarté et d’accord intérieurs. Je suis resté seul, tellement bien entouré par le Ciel, dans la prière. J’ai pris ce temps de descendre à l’intérieur, jusque dans mes entrailles ; les habiter en suivant mes sensations et émotions et nœuds dans mes boyaux ; tenir compagnie, avec tendresse et délicatesse, à mes parts bloquées, celles en manque, celles en souffrance, celles en deuil… ; me rencontrer peu à peu dans la curiosité de voir comment la vie y vibre, ici et maintenant, comment la lumière de l’Étincelle vacillante frappe à la porte des couches durcies, épaissies, comment elle s’y prend dans un doux respect pour finalement y entrer, traverser et éclairer…
J’ai posé l’intention de rester là, présent au Présent, déballant les présents du Présent, alors même qu’il y a eu bien des élans de ruminer le passé, les échecs des dernières années, et d’autres élans fuyant vers demain… Contempler mes vérités du moment, écouter avec respect mes parts porteuses de celles-ci, avoir tout le temps ensemble comme assis auprès de mon meilleur ami-confident, avec une ouverture qui n’attend rien. Juste être là ensemble, avec mes diverses tensions et contradictions, Prendre tout le temps de nous bénir mutuellement et de goûter les bienfaits que cela nous procure, savourer les détentes…
Et, une fois unifié, éclairé à l’intérieur de l’intérieur, je me suis relié aux personnes qui sont apparues alors dans mon esprit et dans mon cœur ; et j’ai laissé l’Amour m’inspirer des gestes et paroles ajustés envers mes proches et mon prochain.
Paix et joie, confiance et espérance ! Bonne année 2026…
« …bénir le nationalisme, justifier religieusement la violence et la lutte armée : les croyants doivent réfuter activement, avant tout par leur vie, ces formes de blasphème qui obscurcissent le Saint Nom de Dieu. […] C’est la voie désarmante de la diplomatie, de la médiation, du droit international, démentie malheureusement par de plus en plus fréquentes violations d’accords difficilement obtenus, dans un contexte qui nécessiterait non pas la délégitimation, mais bien plutôt le renforcement des institutions supranationales. […] La force dissuasive de la puissance, et en particulier la dissuasion nucléaire, incarnent l’irrationalité d’une relation entre les peuples fondée non pas sur le droit, la justice et la confiance, mais sur la peur et la domination de la force. […] La paix existe, elle veut habiter en nous, elle a le pouvoir doux d’éclairer et d’élargir l’intelligence, elle résiste à la violence et la vainc. La paix a le souffle de l’éternité : alors qu’on crie ‘assez’ au mal, on murmure ‘pour toujours’ à la paix. […] Même dans les lieux où il ne reste que des ruines et où le désespoir semble inévitable, nous trouvons aujourd’hui même ceux qui n’ont pas oublié la paix. […] Entamer en soi-même ce désarmement du cœur, de l’esprit et de la vie auquel Dieu ne tardera pas à répondre en accomplissant ses promesses » (Léon XIV, 59ème journée mondiale de la paix, 1er janvier 2026).
« …to bless nationalism, and to justify violence and armed struggle in the name of religion. Believers must actively refute, above all by the witness of their lives, these forms of blasphemy that profane the holy name of God. […] This is the disarming path of diplomacy, mediation and international law, which is sadly too often undermined by the growing violations of hard-won treaties, at a time when what is needed is the strengthening of supranational institutions, not their delegitimization. […] The idea of the deterrent power of military might, especially nuclear deterrence, is based on the irrationality of relations between nations, built not on law, justice and trust, but on fear and domination by force. […] Peace exists; it wants to dwell within us. It has the gentle power to enlighten and expand our understanding; it resists and overcomes violence. Peace is a breath of the eternal: while to evil we cry out “Enough,” to peace we whisper “Forever”. […] Even in places where only rubble remains, and despair seems inevitable, we still find people who have not forgotten peace. […] To begin within ourselves that disarmament of heart, mind and life. God will surely respond to this by fulfilling his promises » (Léon XIV, LIX WORLD DAY OF PEACE, 1st January 2026).
« Il faudrait une pandémie d’amour, une épidémie de douceur. Que l’humanité tousse des « Je t’aime » qui fassent éternuer le cœur. Vivent les fièvres de joie, des infections de vie et des crises cordiales. Bienvenue à un monde malade d’affections passionnées » (Paul Lawton).
Bon réveillon de la Saint Sylvestre sans foie ni l’oie, sans succédané ni ersatz !
Succédané = produit qui peut en remplacer un autre, le suppléer.
Ersatz = produit alimentaire qui en remplace un autre de qualité supérieure, devenu rare.
« On va s’aimer, à toucher le ciel Se séparer, à brûler nos ailes Se retrouver comme les hirondelles On va s’aimer, tellement tu es belle On va jeter les clés d’la maison On va rêver à d’autres saisons On va quitter ces murs de prison
On va s’aimer Sur une étoile, ou sur un oreiller Au fond d’un train, ou dans un vieux grenier Je veux découvrir ton visage où l’amour est né
On va s’aimer Dans un avion, sur le pont d’un bateau On va s’aimer, à se brûler la peau A s’envoler, toujours, toujours plus haut Où l’amour est beau oh oh oh oh oh
On va s’aimer, aux marches des églises Se réchauffer au cœur des banquises Se murmurer toutes ces bêtises On va s’aimer, j’aime que tu dises On va partir au bout d’une île Pour découvrir l’habit fragile Se découvrir, amoureux encore
On va s’aimer Je veux découvrir ton visage où l’amour est né On va s’aimer »
L’étoile de Noël a la vocation de nous guider, comme chaque sentinelle céleste qui scintille dans l’âme de chaque vivant : elles le ramènent à l’essentiel de la Vie pleinement donnée au cœur du cœur de chaque vivant, y compris à sa naissance, y compris à sa mort…
« Te préoccuper de ton sort après la mort est aussi absurde que de t’interroger sur ce que devient ton poing en ouvrant la main » (sagesse bouddhiste).
« Te préoccuper de ton sort après la mort est aussi judiCieux que de t’interroger sur le sort de la bougie au lever du jour » (confiance chrétienne).
Voici une magnifique communication d’une jeune femme en deuil à son papa, bon pied, bon œil : https://www.facebook.com/reel/1172898241716199 très touchant, trait tout chant (merci, Sarah, pour le partage) !
« Ce n’est pas la souffrance de Jésus qui sauve, c’est l’amour avec lequel il a vécu cette souffrance ! c’est tout autre chose » (Yves Congar).
La violence, même dans ses formes légitimées, nous éloigne du Royaume d’Amour qui vient par l’amour dont font preuve les victimes des violences dont sont capables les hommes.
La violence qui n’a rien de divin a été désacralisée par ce Jésus de Nazareth qui a soigné jusqu’au bout au lieu de saigner…
Saint Étienne (fêté chaque 26 décembre) l’a pris au sérieux et l’a suivi : servir jusqu’à mourir. Il consolida ce chemin neuf, devenant le tout premier diacre et premier martyr après Jésus…
« De la pierre qui te perce à la pierre qui transperce, tu vois venir la mort, Étienne le fort. Et dans le temps qu’elle pardonne, ton âme au Seigneur s’abandonne » (hymne de l’Office des Laudes à la saint Etienne).
La première personne à m’avoir souhaité une bonne fête ce matin a été une femme africaine. Voici notre échange :
En ces réveillons, rêves ayons ou réveillons-nous et en vrai, veillons !
En filigrane, Noël prépare à Pâques. Les signes de la Passion sont déjà présents dans la Nativité. La lumière de Noël porte déjà l’ombre de la scandaleuse croix : la mangeoire et les langes de Bethléem font déjà signe vers la croix du Golgotha et les linges du tombeau. Sympa la myrrhe offerte par un mage, elle qui sert à l’ensevelissement d’un mort !
Noël révèle ce Dieu qui se fait proche et se donne jusqu’au don total de sa vie. Noël, victoire sur les ténèbres, nous prépare à la victoire pascale de l’Amour qui brise les cycles infernaux de nos violences aveuglément justifiées. Noël commence le salut que Pâques va pleinement accomplir.
Après l’Avent, âpre et lavant, Bethléem avant Golgotha, et cetera !…
Joyeux Noël !
GIOTTO DI BONDONE (1267-1337), Cappella degli Scrovegni, 1303-1305, Padova
Vitrail de l’enfance, 1145-1155, Cathédrale de Chartres