le droit du plus fort : pas fort droit !

Trump se targue d’être pacificateur. Sa manière de pacifier me rappelle celle du seigneur médiéval, qui fait bien sentir sa puissance de domination à ses vassaux mais qui la ramène moins devant d’autres grands seigneurs de guerre. Trump impose la pax americana sans faire dérailler le moins du monde la roue de l’effroyable violence de ce monde. En restant enfermé dans la loi du plus fort, il précipite son pays vers sa chute, car d’autres puissances mondiales ne manqueront pas de saisir leur tour de gloire hégémonique. Verrai-je de mon vivant la pax made in China ?

En attendant, sous l’ère de Trump, la force du droit international recule tandis que les droits du plus fort prospèrent : seuls comptent « nos » intérêts économiques immédiats. La politique étrangère est réduite à une négociation commerciale, une diplomatie transactionnelle, court-termiste, conditionnée par des gains économiques. Cette politique de puissance dictée par la loi du plus riche foule aux pieds les accords conclus sous l’ère du multilatéralisme qui cherchait à s’ancrer dans des alliances durables.

La politique intérieure ? Une fiscalité pro-riches, une réduction des aides sociales : honneurs au secteur privé, au détriment des structures publiques pérennes et d’un dialogue social qui renforce la cohésion.

Make America trapped by a gain?

Accord de paix entre l’Ukraine et la Russie

Bien gérer un conflit, c’est tellement bien comprendre les besoins de chaque partie qu’un processus Win-Win devient possible et que la négociation peut aboutir à un accord solide car satisfaisant pour tous.

Cela reste vrai, même quand, hélas, un conflit a dégénéré en violences : revenir aux besoins vitaux n’est en aucune manière excuser les injustices commises ou fermer les yeux sur les violences, c’est rester focus sur le seul chemin de résolution effective et durable du conflit. Dans tout ce que raconte chaque partie, il reste essentiel d’extraire ses besoins vitaux, sans se faire piéger par la diabolisation des uns envers les autres ni par tous les puissants mécanismes idéologiques de propagande.

C’est ce que je nous souhaite de à faire par exemple dans ce que racontent les Ukrainiens ET les Russes. Comprendre les besoins des DEUX. Ce qui est sûr, c’est que chaque diabolisation de l’autre n’aide pas à faire avancer la paix dans la justice, autant que chaque reconnaissance des besoins la fait avancer, avec sagesse ! Certes, cette démarche devient toujours plus difficile à entendre par les belligérants, au fur et à mesure que s’accumulent leurs souffrances endurées, les pertes d’êtres chers, les blocages psychologiques et les aveuglements idéologiques.

Ci-dessous des éléments entre les lignes desquels il s’agit de repérer les intérêts des Russes qu’ils jugent vitaux.

« La guerre en Ukraine est perçue en Occident comme une invasion russe, et j’admets que c’est bien l’armée russe qui est entrée en Ukraine. Mais la réalité historique est que la véritable cause du conflit est l’expansion de l’OTAN vers la Russie, via l’Ukraine, et la guerre menée par les Ukrainiens eux-mêmes, poussés par l’Occident, contre les Russes dans le Donbass. Il est absolument vrai que, pour les Russes, cette guerre est défensive. Pour moi, il est évident que les Américains et les Européens sont les agresseurs, puisqu’ils se sont approchés à moins de mille kilomètres de Moscou. C’est la situation objective. Ce qui est fascinant, c’est que ces agresseurs se croient attaqués et contraints de se défendre. Il y a une part de folie dans notre situation en Europe » (Emmanuel Todd, sociologue).

« Pour Moscou, la guerre a commencé en 2014, quand un changement de pouvoir à Kiev, soutenu par l’Occident, chasse le président élu Viktor Ianoukovitch. La Russie considère cet événement comme un coup d’État orchestré par Washington et Bruxelles, ouvrant la voie à une Ukraine alignée sur l’OTAN. Dans les mois qui suivent, la Crimée rejoint la Russie après un référendum contesté par l’Occident, et l’est de l’Ukraine (Donetsk et Louhansk) s’embrase dans une guerre civile entre forces ukrainiennes et séparatistes russophones.

Les accords de Minsk (2014 et 2015), censés ramener la paix, ne seront jamais pleinement appliqués ; ce constat est confirmé par Angela Merkel et François Hollande, reconnaissant que ces accords avaient surtout servi à « gagner du temps » pour réarmer l’Ukraine, sans considérer les lignes rouges pour la Russie. Depuis la chute de l’URSS, Moscou répète que l’expansion de l’OTAN vers l’Est est une menace existentielle. En 1990, il avait été promis verbalement aux dirigeants soviétiques que l’Alliance ne s’élargirait pas à l’Est. Promesse non respectée : plusieurs pays d’Europe centrale et orientale rejoignent l’OTAN, et l’Ukraine manifeste clairement son intention de suivre le même chemin.

Pour la Russie, voir l’OTAN s’installer à ses frontières directes, notamment en Crimée (base navale stratégique de Sébastopol), est inacceptable. Voici les motifs officiels avancés par Moscou par lesquels le Kremlin justifie son intervention :

1. La protection des populations russophones du Donbass, qu’il accuse Kiev d’avoir bombardées depuis 2014.

2. La prévention d’un élargissement de l’OTAN jusqu’aux frontières russes.

3. La « dénazification » : un discours controversé, mais qui s’appuie sur la présence avérée de bataillons ultranationalistes comme Azov au sein des forces ukrainiennes.

4. La démilitarisation de l’Ukraine, perçue comme une plateforme militaire potentielle contre la Russie.

De nombreux observateurs indépendants estiment qu’un engagement ferme sur la neutralité de l’Ukraine, un respect réel des accords de Minsk et un dialogue sur la sécurité en Europe auraient pu éviter cette guerre. Mais l’Occident a choisi de parier sur un rapport de force avec Moscou, en armant massivement Kiev et en refusant toute négociation sérieuse avant l’escalade militaire » (Alain Wat).

la plume telle une épée tranchante

L’opéra ‘La Muette de Portici exalte la liberté d’un peuple qui refuse son asservissement par un plus grand peuple. Le soir du 25 août 1830, sa première représentation à Bruxelles, au Théâtre de la Monnaie, a lieu en l’honneur de l’anniversaire du roi Guillaume Ier des Pays-Bas. Les accents révolutionnaires de cette pièce de théâtre enflamment les spectateurs remontés contre le pouvoir néerlandais. Ils descendent dans la rue en criant « Vive la liberté ! »  et déclenchent une révolution qui bouta dehors les Hollandais (les Hollandais sont aux Pays Bas ce que les Parisiens sont à la France) et qui mènera moins d’un mois et demi plus tard à l’indépendance de la petite Belgique.

Les arts dont l’écriture sont bien plus qu’un simple moyen de communication : ils sont arme de transformation sociale quand ils contournent la censure, exposent latéralement des vérités interdites et dérangeantes, révèlent les injustices, donnent voix aux masses ou minorités opprimées… La poésie, malgré ses formes gentillettes et croquignolettes, parfois croquignolesques, a ce pouvoir fondamental d’éveiller les consciences et de pousser à la remise en question, jusqu’à l’action !

Chaque citoyen a la responsabilité de contribuer à la « Défense nationale », sachant que les « armes » sont innombrables…

Tomber amoureux de qui est promesse de complétude

Grâce à la sagesse de notre inconscient, nous « choisissons » un.e partenaire susceptible de rejouer avec nous dans le présent notre drame fondamental du lointain passé.

Nous tombons amoureux d’un.e qui a résolu partiellement le drame en développant des qualités auxquelles nous-même avons dû renoncer, petit.e, pour être ajustés à l’amour imparfait de nos parents.

Nous allons nous combler l’un.e l’autre dans la phase attractive.

Nous allons nous blesser, nous dégoûter dans la phase répulsive.

Nous sommes ensemble pour devenir adultes : chacun.e peut guérir, récupérer les talents qu’il a du sacrifier, petit.e.

À l’époque, nous avons eu du génie à construire ce programme de survie. Aujourd’hui, devenus adulte, notre génie est de découvrir comment lâcher nos programmes devenus obsolètes et goûter à la plénitude de cœurs réconciliés avec leur histoire.

Vive la condition humaine,

histoire d’incarnation

en route vers la plénitude.

la danse unissant Terre et Lune

Ce 5 août 2025, c’est la journée la plus courte de l’année car la terre va tourner exceptionnellement plus vite que d’habitude. La journée sera 1,25 milliseconde plus courte que les 24 heures standards. Ce petit sprint cosmique (qui semble lié à des mouvements du noyau terrestre + des séismes majeurs) va à l’encontre du ralentissement général. En effet, savez-vous que nos journées s’allongent (d’une seconde par 100.000 ans ! Dans très longtemps, nos journées dureront 25 puis 26 heures, alors qu’elles ne duraient que 22 heures il y a bien longtemps) et aussi que les éclipses totales deviendront impossibles ? Ce sont là les conséquences d’une (é)mouvante chorégraphie cosmique : la terre ralentit → la lune s’éloigne → la terre ralentit encore plus. Voilà là des pas de danse entre les deux boules où chacune influence les pas de l’autre, dans une danse toujours moins dense. Le couple vieillit, quoi !

C’est lent
mais ces boules versant,
c’est bouleversant, non ?

Ce qui suit est pour ceux qui s’intéressent au côté technique de cette danse. La lune exerce une force gravitationnelle sur la terre. Elle attire les océans, crée les marées et aussi des frictions entre les océans et les fonds marins, lesquelles agissent comme un frein sur la rotation de la terre. En retour, cela pousse la lune à s’éloigner d’environ 3,8 cms par an (car elle absorbe une partie de l’énergie de rotation terrestre). L’éloignement de la lune augmente à son tour le ralentissement de la vitesse de rotation terrestre… et ainsi de suite.

Bon, la fonte des glaces n’arrange rien : le réchauffement climatique redistribue la masse terrestre vers l’équateur, ce qui ralentit la rotation (comme une patineuse qui écarte les bras).

Quant aux éclipses de plus en plus partielles et annulaires, le diamètre du soleil est 400 fois plus grand que celui de la lune ET il est 400 fois plus éloigné qu’elle, d’où leur taille apparente dans le ciel semblable. Mais si la lune s’éloigne de la terre, son diamètre apparent diminue et elle peut de moins en moins éclipser totalement le soleil !

Valse des mers et valse des boules célestes, allez, valsons avec elles sans perdre notre boule…

Une belle présence dans une juste distance

« Se rencontrer, c’est apprécier la proximité à bonne distance. Pour être suffisamment proche de manière adéquate et aidante, il faut être suffisamment loin » (Jean Furtos, (D)oser la relation : entre « bonne distance » et juste présence, Congrès de l’Association Parole d’Enfants, 1 & 2 décembre 2014).

société communion et pyramide inversée

La reine Néfertiti et son époux Akhenaton, au XIVe siècle av. J.-C. ont opéré une des révolutions religieuses les plus osées de l’Histoire : faire d’Aton (le disque solaire) l’unique dieu, source de toute vie, en éclipsant (petit jeu de mot qui ne mange pas de pain !) toutes les autres divinités du panthéon égyptien. Ils ont ainsi aboli les cultes traditionnels, fermé les temples des dieux rendus obsolètes comme Amon-Rê, construit la nouvelle capitale Akhetaton (dédiée exclusivement à Aton), changé de nom (le pharaon Amenhotep IV est devenu Akhenaton = « celui qui sert Aton, qui lui est utile »).

Cette première forme de monothéisme (qui n’a duré que le temps de leur règne) ne fonctionne pas du tout comme le monothéisme hébreu du « Dieu de nos pères ». Car le pharaon s’est présenté comme l’intermédiaire exclusif entre Aton et le peuple, renforçant son pouvoir sacré. Moïse, lui, qui conduit les Hébreux hors d’Égypte, est serviteur de Yahvé. Le fait de placer celui-ci au milieu du peuple a des incidences directes à tous les niveaux de la société, permettant une nouvelle organisation sociopolitique non pas en forme de pyramide mais de cercle, comme une roue de vélo à rayons multiples, où tous les membres se tiennent sur la roue, avec Dieu pour essieu (dans les cieux, petit jeu de mot qui ne mange pas de pain !). Jésus ira bien plus loin encore en inversant la pyramide : le fort non-violent porte les plus faibles et ainsi accouche d’un nouveau monde.

Pour plus de développement, cf. ci-dessous ma reprise des p. 118-119 de mon livre Tends l’autre joue.

La société de l’Égypte pharaonique fonctionne en pyramide. C’est là-bas qu’un groupe d’esclaves fait l’expérience il y a presque 33 siècles d’être libéré par un certain Seigneur. Celui-ci les conduit au désert et leur apprend à vivre en frères. Cela ne leur  est  possible qu’en  mettant ce Seigneur au milieu d’eux. Moïse n’est pas le chef, il est serviteur de Yahvé. Ce peuple en train de naître vit une révolution spirituelle qui a des incidences directes au niveau social, économique et politique. Le Dieu de la Bible lui demande de s’organiser en société-communion, convertie d’une société-pyramide. Ainsi les dispositions de redistribution du jubilé en Lv 25.

À l’instar de Moïse monté au Sinaï dans le désert, Jésus est monté sur la montagne pour renforcer cette bonne nouvelle libératrice : comme notre exégèse à même le texte l’a établi précédemment, le message central du Sermon sur la montagne est que nous sommes fils et filles d’un même Père et nous sommes tous frères en Christ. Et Jésus radicalise le schéma, en inversant la pyramide : en lavant les pieds de ses disciples, il les prend par les pieds – si j’ose dire – pour passer avec lui. La justice nouvelle du Royaume opère un chamboulement radical, bienheureux pour les pauvres et les non-violents, à l’opposé de la logique des puissants et des nantis. La seule figure biblique capable de suivre Jésus dans sa manière d’accoucher un nouveau monde est celle du serviteur souffrant.

couchers et levers du roi-soleil

Je suis dans l’extrême nord de la Finlande, où j’admire les couleurs du très très très long coucher du roi-soleil à 1 heure du matin pour admirer celles de son lever moins d’1 heure plus tard !… Et ça, c’est le régime de fin juillet. Dans 5 mois, ce sera l’extrême inverse : il fera nuit tout le temps sauf le temps pour le roi-soleil de péniblement se lever vers 11h., faire une courbe avortée dans le bas ventre du ciel et se recoucher à peine levé, en nous offrant en passant ses magnifiques couleurs de longs lever et coucher… So beautiful…

And so amazing pour moi qui suis comme les poules : aux coucher et lever réguliers, fidèles à l’alternance jour/nuit. Car je suis né et j’ai grandi tout proche de l’équateur où, de manière si constante toute l’année, le soleil se lève à 6:00 AM et se couche à 6:00 PM.

J’apprends ici, côté Pôle Nord, que ces temps et cycles ont quelque chose de très relatif. Leçon de vie : une chose constante peut donner des effets très inconstants… Ainsi l’inclinaison constante de la terre ! L’axe de la terre est incliné constamment de 23,5° par rapport au plan de son orbite solaire (l’écliptique). Du coup, aux solstices d’hiver et d’été, un des pôles est plongé dans la nuit polaire tandis que l’autre est obligé de rester exposé au soleil, faisant ainsi fi du cycle jour-nuit que la terre crée en rotant sur elle-même toutes les 24 heures ! Par contre, tout le monde est au même régime jour/nuit lors des équinoxes de mars et de septembre, dont la grâce est de neutraliser l’axe terrestre par rapport au soleil. Du coup, en ces fêtes équinoxiales, jour et nuit sont égaux partout sur terre, même aux pôles !

Photo prise à ma fenêtre après minuit 30, entouré par les forêts… Un très long début de nuit, dont les ténèbres seront très éphémères…

Pour s’émerveiller d’un oiseau qui passe chaque année
de l’Arctique à l’Antarctique pour être continument en été et au soleil, cf.
https://etiennechome.site/le-plus-grand-voyageur-sur-cette-terre-pelerin-du-paradis/