De l’art d’ouvrir des possibilités d’imagination et d’action…

Voici le partage de Rachid Benzine interviewé à la radio belge ce 28/8/25 sur son nouveau roman « L’homme qui lisait des livres », qui se déroule à Gaza :
« La littérature ne peut pas arrêter les bombes ni ressusciter les enfants, les femmes, les hommes qui sont morts de manière innocente. Mais comme le dit Nabil, le héros du roman, la littérature peut sauver en silence. Elle va essayer de sauver ce qu’il y a de plus irréductible dans chaque être humain, à savoir son humanité. Le pire est le processus de déshumanisation où nous devenons insensibles pour fuir notre impuissance. Le principe de la littérature (et de tous les arts qui travaillent le langage) c’est d’ouvrir des possibilités d’imagination et, à partir de là, de réouvrir à l’action » (interview complet : https://auvio.rtbf.be/media/le-monde-en-direct-decrypte-votre-actualite-rachid-benzine-auteur-du-roman-l-homme-qui-lisait-des-livres-3374355).

Accord de paix entre l’Ukraine et la Russie

Bien gérer un conflit, c’est tellement bien comprendre les besoins de chaque partie qu’un processus Win-Win devient possible et que la négociation peut aboutir à un accord solide car satisfaisant pour tous.

Cela reste vrai, même quand, hélas, un conflit a dégénéré en violences : revenir aux besoins vitaux n’est en aucune manière excuser les injustices commises ou fermer les yeux sur les violences, c’est rester focus sur le seul chemin de résolution effective et durable du conflit. Dans tout ce que raconte chaque partie, il reste essentiel d’extraire ses besoins vitaux, sans se faire piéger par la diabolisation des uns envers les autres ni par tous les puissants mécanismes idéologiques de propagande.

C’est ce que je nous souhaite de à faire par exemple dans ce que racontent les Ukrainiens ET les Russes. Comprendre les besoins des DEUX. Ce qui est sûr, c’est que chaque diabolisation de l’autre n’aide pas à faire avancer la paix dans la justice, autant que chaque reconnaissance des besoins la fait avancer, avec sagesse ! Certes, cette démarche devient toujours plus difficile à entendre par les belligérants, au fur et à mesure que s’accumulent leurs souffrances endurées, les pertes d’êtres chers, les blocages psychologiques et les aveuglements idéologiques.

Ci-dessous des éléments entre les lignes desquels il s’agit de repérer les intérêts des Russes qu’ils jugent vitaux.

« La guerre en Ukraine est perçue en Occident comme une invasion russe, et j’admets que c’est bien l’armée russe qui est entrée en Ukraine. Mais la réalité historique est que la véritable cause du conflit est l’expansion de l’OTAN vers la Russie, via l’Ukraine, et la guerre menée par les Ukrainiens eux-mêmes, poussés par l’Occident, contre les Russes dans le Donbass. Il est absolument vrai que, pour les Russes, cette guerre est défensive. Pour moi, il est évident que les Américains et les Européens sont les agresseurs, puisqu’ils se sont approchés à moins de mille kilomètres de Moscou. C’est la situation objective. Ce qui est fascinant, c’est que ces agresseurs se croient attaqués et contraints de se défendre. Il y a une part de folie dans notre situation en Europe » (Emmanuel Todd, sociologue).

« Pour Moscou, la guerre a commencé en 2014, quand un changement de pouvoir à Kiev, soutenu par l’Occident, chasse le président élu Viktor Ianoukovitch. La Russie considère cet événement comme un coup d’État orchestré par Washington et Bruxelles, ouvrant la voie à une Ukraine alignée sur l’OTAN. Dans les mois qui suivent, la Crimée rejoint la Russie après un référendum contesté par l’Occident, et l’est de l’Ukraine (Donetsk et Louhansk) s’embrase dans une guerre civile entre forces ukrainiennes et séparatistes russophones.

Les accords de Minsk (2014 et 2015), censés ramener la paix, ne seront jamais pleinement appliqués ; ce constat est confirmé par Angela Merkel et François Hollande, reconnaissant que ces accords avaient surtout servi à « gagner du temps » pour réarmer l’Ukraine, sans considérer les lignes rouges pour la Russie. Depuis la chute de l’URSS, Moscou répète que l’expansion de l’OTAN vers l’Est est une menace existentielle. En 1990, il avait été promis verbalement aux dirigeants soviétiques que l’Alliance ne s’élargirait pas à l’Est. Promesse non respectée : plusieurs pays d’Europe centrale et orientale rejoignent l’OTAN, et l’Ukraine manifeste clairement son intention de suivre le même chemin.

Pour la Russie, voir l’OTAN s’installer à ses frontières directes, notamment en Crimée (base navale stratégique de Sébastopol), est inacceptable. Voici les motifs officiels avancés par Moscou par lesquels le Kremlin justifie son intervention :

1. La protection des populations russophones du Donbass, qu’il accuse Kiev d’avoir bombardées depuis 2014.

2. La prévention d’un élargissement de l’OTAN jusqu’aux frontières russes.

3. La « dénazification » : un discours controversé, mais qui s’appuie sur la présence avérée de bataillons ultranationalistes comme Azov au sein des forces ukrainiennes.

4. La démilitarisation de l’Ukraine, perçue comme une plateforme militaire potentielle contre la Russie.

De nombreux observateurs indépendants estiment qu’un engagement ferme sur la neutralité de l’Ukraine, un respect réel des accords de Minsk et un dialogue sur la sécurité en Europe auraient pu éviter cette guerre. Mais l’Occident a choisi de parier sur un rapport de force avec Moscou, en armant massivement Kiev et en refusant toute négociation sérieuse avant l’escalade militaire » (Alain Wat).

la plume telle une épée tranchante

L’opéra ‘La Muette de Portici exalte la liberté d’un peuple qui refuse son asservissement par un plus grand peuple. Le soir du 25 août 1830, sa première représentation à Bruxelles, au Théâtre de la Monnaie, a lieu en l’honneur de l’anniversaire du roi Guillaume Ier des Pays-Bas. Les accents révolutionnaires de cette pièce de théâtre enflamment les spectateurs remontés contre le pouvoir néerlandais. Ils descendent dans la rue en criant « Vive la liberté ! »  et déclenchent une révolution qui bouta dehors les Hollandais (les Hollandais sont aux Pays Bas ce que les Parisiens sont à la France) et qui mènera moins d’un mois et demi plus tard à l’indépendance de la petite Belgique.

Les arts dont l’écriture sont bien plus qu’un simple moyen de communication : ils sont arme de transformation sociale quand ils contournent la censure, exposent latéralement des vérités interdites et dérangeantes, révèlent les injustices, donnent voix aux masses ou minorités opprimées… La poésie, malgré ses formes gentillettes et croquignolettes, parfois croquignolesques, a ce pouvoir fondamental d’éveiller les consciences et de pousser à la remise en question, jusqu’à l’action !

Chaque citoyen a la responsabilité de contribuer à la « Défense nationale », sachant que les « armes » sont innombrables…

L’union fait la force non-violente

La non-violence tient dans la solidité
d’un réseau solidaire
de mouvements sociaux
aussi fluide et rapide
que l’organisation
des fourmis qui fourmillent,
des abeilles qui bourdonnent,
des araignées qui se faufilent partout.

Un riche article à ce propos :
https://wagingnonviolence.org/2025/07/why-movements-need-to-learn-to-fly-like-bees-and-thread-like-spiders/

Merci à Catherine Gris pour son remarquable commentaire de mon post (fait sur LinkedIn) que je reprends ici :
« Cet article est une ode subtile mais puissante à la non-violence active, celle qui ne se limite pas à refuser la brutalité, mais qui engage un processus profond de reliance, d’écoute et de transformation.
Face à la montée des autoritarismes, des extrêmes, des murs érigés dans les esprits comme sur les cartes, Lederach appelle au tissage patient de liens, comme les araignées et à la pollinisation humble et discrète, comme les abeilles.
La vraie audace consisterait à circuler, à écouter là où ça fait mal, à servir là où ça manque. La non-violence devient alors une compétence, un art, une stratégie : celle d’investir dans la dignité de l’autre, même lorsqu’il semble loin, différent, ou en désaccord. »

Relever les défis d’une paix juste

On sortit de la Première Guerre mondiale
par un traité sans paix.
On sortit de la Deuxième Guerre mondiale
par une paix sans traité.
Entrerait-on dans la 3ème Guerre mondiale
par une paix maltraitée ?…

Quel contraste entre les discours d’Emmanuel Macron et du Roi des Belges, lors de leurs fêtes nationales respectives. Tandis que, le 14 juillet, le Président martèle la nécessité de s’armer bien davantage, le Roi, en ce 21 juillet, encourage l’Europe à exercer davantage son leadership dans les innombrables alternatives fiables au rapport de force brutal, réels remparts des États de droit démocratiques.

Qu’il me soit permis un beau coq (français ?) à l’âne (belge ?) avec Jérôme de Warzée, humoriste belge, qui nous dit avec notre humour typiquement belge :
« L’Américain veut devenir milliardaire,
le Belge espère choper une promo
sur les salsifis chez Colruyt.
Le Brésilien danse la samba,
le Belge samba les couilles.
Bonne fête nationale à nous-même ! »

Notre devise belge si cruciale pour relever les défis d’une paix juste :

« L’union fait la force ! »

Les fondements de la paix véritable

« Tant de régions du monde restent piégées dans des cycles de violence et de désespoir. Recevons la salutation de Léon XIV le soir de son élection depuis la Loggia centrale de la basilique Saint-Pierre, simple et profonde : « une paix désarmante et désarmée, humble et persévérante ». Elle saisit le cœur de la vision du Saint-Siège : une paix non forgée par les armes, ni garantie par des menaces ou des mesures de dissuasion, mais née de l’amour, soutenue par la justice et enracinée dans la dignité de chaque être humain. Une paix véritablement catholique, au sens premier du mot ‘katholikós’, qui signifie ‘universel’. La paix est bien plus que l’absence de guerre, elle est la présence de relations justes, elle est une entreprise de justice, fondée sur la vérité, la charité, la liberté et la dignité inviolable de la personne humaine qui en est la pierre angulaire. Chaque vie humaine est sacrée. Aucune paix n’est possible si une seule vie est considérée comme sacrifiable.

Cette entreprise de paix véritable suit la voie du développement humain intégral (de toutes les dimensions de la personne humaine et de tous les peuples de la terre), qui donne priorité au bien commun (la paix doit être au service de tous, non seulement des plus forts, mais surtout des pauvres, des déplacés, des oubliés) et à la solidarité (nous ne sommes pas des individus isolés, mais une famille humaine. La paix naît de l’interdépendance). La guerre est l’échec de la politique et de l’humanité » (Richard Gallagher, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États et les organisations internationales, au Forum Globsec 2025 sur la construction de la paix dans le monde à Prague, 12-14 juin 2025 ; https://forum2025.globsec.org/).

force de la sève < > celle de la tornade

« Pour être libre dans ce monde,
il faut être craint.
Pour être craint,
il faut être puissant »
(Emmanuel Macron, Discours aux armées
pour entrer dans la fête nationale française
du 14/7/2025).

« Pour rester Grande Puissance
ou Nation hégémonique,
il faut renoncer à la liberté de la fraternité !
Mais c’est une spirale sans fin,
celle du mâle alpha qui domine
jusqu’à être renversé par un plus
jeune devenu plus puissant »
(Étienne Chomé se préparant à la fête nationale
de la toute petite ET féconde Belgique,
une semaine plus tard que la française).

Rira/Vivra bien qui rira/vivra le dernier ?
=> Riront bien ceux qui réussiront ensemble
à dépasser la roue infernale de la loi du plus fort
(des individus jusqu’aux Nations)…

Il y a le roi roi y a le

La reine des abeilles est seule capable de donner la vie dans la ruche. Quand elle meurt, les abeilles ouvrières choisissent une larve qui aurait normalement dû devenir une simple ouvrière comme elles. Pour le coup, tout à coup, son destin change du tout au tout. Nourrie désormais exclusivement de la gelée royale, la larve se développe différemment : son corps grandit et se fortifie bien plus ; sa durée de vie est multipliée par près de vingt ; ses ovaires deviennent actifs. 

Les abeilles ouvrières et la reine partageant le même code génétique, ce n’est pas leur ADN qui détermine leur destin distinct mais bien leur nutrition et les soins prodigués, à partir d’un choix qui donne une pérennité à toute la colonie. Ruchement well done, isnt it?!…

Comme il est bon que chacune de nos communautés entoure de soins ses futurs leaders politiques, qui ont besoin d’être nourris et fortifiés par nos soutiens et nos visions !

Le changement commence par un petit groupe

« Ne doutez jamais qu’un petit groupe de citoyens particulièrement conscients et résolument engagés puisse changer le monde. En réalité, historiquement, c’est toujours de cette façon que le changement s’est produit » (Margaret Mead, anthropologue).

Vivent les noyaux générateurs de paix !

« Cet article honore la pédagogie du couple Goss-Mayr des cercles concentriques : d’abord être soi-même touché et mis en route ; ensuite rencontrer les personnes proches, même les plus hostiles, pour s’en faire des alliés, toucher les consciences et allumer un feu à l’intérieur des cœurs ; enfin, mobiliser toujours plus de monde jusqu’à atteindre une masse critique de citoyens et de personnes influentes à même de mener un changement sociétal vers plus de justesse/justice.

[…] Méthodiquement, la stratégie d’ouvrir les consciences et de gagner les cœurs procède par cercles concentriques : Jean et Hildegard donnent des sessions de formation à plusieurs groupes d’acteurs-clé de la société civile, dont les Forces vives de l’Église ; à partir de là, se forment des réseaux toujours plus larges, à même de créer une force d’actions non-violentes qui va peser dans la balance et devenir une pièce maîtresse de l’échiquier politique, jusqu’à atteindre une masse critique décisive de citoyens mobilisés. Cette stratégie a été par exemple féconde dans la révolution non-violente aux Philippines : le « People Power » y a chassé du pouvoir le dictateur Marcos, le 25 février 1986, sans effusion de sang. Jusqu’à deux millions de personnes étaient descendues dans les rues et places de Manille. Que peuvent faire les chars déployés mais bloqués complètement par cette marée humaine ? Des images nous montrent encore aujourd’hui comment une religieuse, avec son voile de religieuse et un chapelet à la main, offre des fleurs à un soldat en haut de son tank, dans la conviction profonde qu’il peut comprendre et se rallier à la cause juste. Sa conscience n’est pas réduite à une solde ! Une telle révolution s’est préparée des années durant. Et tout le mois de février, dans une tente sur la grand-place de Manille, la Tent city, des groupes priaient 24 h. sur 24 et jeûnaient. Des personnes étaient disponibles pour expliquer aux passants la situation et les enjeux des actions non-violentes en cours et les invitaient à apporter leur soutien. Une campagne non-violente peut réussir grâce à un bon travail préparatoire » (Étienne Chomé, Jean Goss et Hildegard Goss-Mayr, au service de la non-violence évangélique active : engagement, impact et influence. Contribution d’Étienne Chomé au colloque du M.I.R.-France pour son centenaire, 9 juin 2023).

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