Nous ne baissons pas les bras

English & German below!

Ce vendredi 28 août 2026, nous avons tenu l’AG de Church and Peace, réseau européen œcuménique de paix. Voici la riche et précieuse méditation que Maria Biedrawa nous a offerte en guise d’ouverture. Je vous souhaite de prendre un bon temps avec ce partage, ce regard profond, …selon moi un trésor.

Psaume 11

1 Au chef de chœur. Un psaume de David. Oui, j’ai fait mon refuge de l’Éternel. Pourquoi alors me répéter : « Prends ton vol, comme un passereau, afin de fuir dans les montagnes » ?

2 Vois les méchants bander leur arc, poser leur flèche sur la corde pour tirer dans l’obscurité sur ceux dont le cœur est intègre.

3 Lorsque les fondements vacillent, que peut bien faire l’homme droit ?

4 L’Éternel est dans son saint temple, l’Éternel a son trône au ciel, de ses yeux il observe : il sonde les humains.

5 L’Éternel sonde ceux qui sont justes, mais il déteste le méchant et l’homme épris de violence.

6 Il fait pleuvoir sur les méchants du charbon, du feu et du soufre. Il les expose au vent brûlant : voilà la part qu’il leur réserve.

7 Car l’Éternel est un Dieu juste, et il aime les actes accomplis selon la justice. Les hommes droits verront sa face.

Il y a quelque temps, j’ai été interpellée par un verset de ce psaume qui exprimait exactement le cri de mon cœur :

 Lorsque les fondements vacillent, que peut bien faire l’homme droit ?

C’est toujours étonnant, cet ancrage dans la réalité chez ceux qui prient dans la Bible ! C’est tellement concret. Je peux lire cette phrase en poussant un profond soupir, poser la Bible et me dire : « Regarde comme le psalmiste est réaliste ! »

Ces guerres de plus en plus brutales, le mépris des traités internationaux et de l’État de droit, les discours sur la nécessité de se préparer à la guerre, la crise climatique, etc., ce sentiment d’impuissance. Même lui, le psalmiste, admet que tout cela est sans espoir. Et il l’explique si bien : « Quand les fondements vacillent. » Une belle image, trop vraie ! Alors vraiment, ne m’en voulez pas si je ne parviens pas à recoller les morceaux.

Et le psaume continue ainsi : Dieu semble être très confortablement installé
« dans son temple saint et sur son trône céleste ». Je m’en réjouis pour lui. Mais qu’en est-il de nous ?« Ses yeux contemplent le monde » (v. 4). Oui, d’ailleurs, c’est ce que je fais moi aussi, même si je ne comprends pas tout. Mais très honnêtement, au fond de moi, j’aimerais qu’il fasse quelque chose !

Mais attends un peu, ce verset sur les fondements ébranlés, c’est la fin du verset 2. Qu’est-ce qui précède en fait ? Cela m’avait complètement échappé.

C’est en Dieu que je trouve mon refuge. Comment peux-tu me dire : « prends ton vol, passereau, vers ta montagne ! » (v. 1) – Oh, mais cela change tout ! Cela signifie en effet que je suis avec lui, dans son temple saint, près de son trône céleste – ici, je suis en sécurité. Je ne regarde pas le monde à travers le prisme du journal télévisé, mais d’ici, je vois ce que Dieu voit. Je vois les impies qui aiment la violence. Et je vois peut-être les larmes dans les yeux de Dieu. Mais je constate aussi : je suis en sécurité, protégé dans l’amour de Dieu, quoi qu’il arrive. Je n’ai pas besoin de me réfugier dans « mes » montagnes. Dans les versets qui suivent, il n’y a pas de place pour l’apitoiement sur soi-même ou le sentimentalisme, mais pour une conviction : ne t’enfuis pas d’ici ! Peut-être devras-tu, au sens géographique, quitter un lieu pour sauver ta vie, mais ne cherche pas à fuir l’amour de Dieu pour le monde. Ne te résigne pas !

Car Dieu me murmure quelque chose à l’oreille, dans le cœur : « Le Vivant est juste, et il aime la justice » (v. 7).

Alors qu’au début j’avais lu ce verset en soupirant, je l’entends désormais comme un appel, comme une promesse de Dieu : Si tu aimes vraiment la justice, laisse-moi déverser en toi toutes mes réserves de justice et agir à travers toi, avec toi et en toi. J’entends l’apôtre Paul dire (Romains 11, 29) :
« Dieu ne regrette pas d’avoir fait des dons et d’avoir appelé des hommes et des femmes par sa grâce. »

Mon Dieu, me voici, nous voici devant Toi. Toi, le Juste, au milieu de nous, en nous. Toi, le Juste, guéris notre mémoire jusqu’à la bénédiction originelle ; jusqu’au moment où Tu as voulu que nous devenions coopérateurs de Ta création ; jusqu’au moment où Tu nous as humblement demandé de devenir des serviteurs de la paix et de la réconciliation. Guéris notre mémoire jusqu’au jour où le ciel s’est assombri, où la terre a tremblé et où Jésus est mort sur la croix, et où nous avons compris : désormais, unis en Christ, assemblés en un seul corps, en un seul temple (Éph 2,21), nous sommes appelés et équipés (rendus aptes) pour vivre, en tant qu’enfants de Dieu, loin de tout ce qui n’est pas la volonté de Dieu, et pour marcher dans la droiture : « pratiquer la justice, aimer la miséricorde et marcher humblement avec notre Dieu » (Michée 6,8), car le Christ est la pierre angulaire (Éphésiens 2,20). Dieu n’a pas baissé les bras. Alors, faisons ce que nous devons faire, ensemble, et en son nom.

la vie réveillée et en éveil à la pointe de l’aube

Quelle joie de communier aux mots de Thoreau quand il partage son expérience de la première heure de chaque jour : il n’y a pas d’heure plus sacrée que cette heure aurorale. C’est l’heure par excellence où les sens et l’esprit échappent à la torpeur quotidienne ; une vie réveillée à la pointe de l’aube, où le léger bourdonnement d’un moustique en train de faire tout le tour de la cabane est reconnue comme une épopée héroïque pas moindre que celle d’Ulysse dans les yeux d’Homère ; cette vie en éveil qui reconnaît à l’instant présent la majesté de la grandeur cosmique, insufflée par le Vivant aussi minuscule soit-il.

Voici les mots mêmes de Thoreau, lui qui chercha à « expérimenter la vie » dans une cabane en bois (pendant 2 ans, 2 mois et 2 jours) : « Le léger bourdonnement du moustique en train d’accomplir son invisible et inconcevable tour dans ma cabane à la pointe de l’aube, lorsque j’étais assis porte et fenêtre ouvertes, me causait tout autant d’émotion que l’eût pu faire nulle trompette qui jamais chanta la renommée. C’était le requiem d’Homère ; lui-même une Iliade et Odyssée dans l’air, chantant son ire à lui et ses courses errantes. Il y avait là quelque chose de cosmique ; un avis constant jusqu’à plus ample informé, de l’éternelle vigueur et fertilité du monde. Le matin, qui est le plus notable moment du jour, est l’heure du réveil. C’est alors qu’il est en nous le moins de somnolence ; et pendant une heure, au moins, se tient éveillée quelque partie de nous-même, qui tout le reste du jour et de la nuit sommeille.

[…] Les Védas disent : « Toutes intelligences s’éveillent avec le matin. » La poésie et l’art, et les plus nobles comme les plus notables actions des hommes, datent de cette heure-là » (Henry David Thoreau, Walden ou la vie dans les bois, 1854).

Dans ce cabanon, Thoreau avait l’intention d’expérimenter ce qu’offre d’une part une simplicité volontaire et d’autre part un laboratoire effervescent de vie intérieure. Il y donna priorité à cette aube intérieure qui laisse partir les fumées d’une vie superficielle, s’ancre dans le fond solide & rocheux du Réel essenceCiel et plonge dans le feu de son cœur…

Bons choix de vie, bonne sagesse à chacun.e de nous !

violence un raccourci qui fait perdre du temps

Effet boomerang politique : une révolution violente veut abolir un système de domination ; résultat : elle engendre un système encore plus dur, un Pouvoir bien plus centralisé, militarisé, radicalisé.

Exemples d’un résultat contraire à celui recherché ?

En poignardant les rois Henri III (en 1589) et Henri IV (en 1610), les assassins cherchaient notamment à désacraliser la personne du roi. Ce qu’ils ont obtenu : la dynastie s’est complètement investie pour renforcer le Pouvoir royal au point de l’absolutiser : le roi-soleil, c’est l’incarnation de Dieu en personne sur cette terre : la personne du roi est intouchable, son Autorité absolue.

Au Rwanda, en éliminant le roi il y a +/- 65 ans, la “Révolution sociale” cherchait à sortir d’un système féodal, abolir la monarchie pour abolir la domination. 30 ans plus tard (il y a 30 ans), le déchaînement de violences fut sans limites !… Avec tous les reflux au Burundi voisin depuis 65 ans… Vogue la galère ‘karmique’ de la violence engendrant plus de violence.

L’inverse existe : une personne travaille à plus de justice sociale sans violence. Il dérange tellement qu’il est éliminé. Mais son œuvre fleurit au-delà de sa mort. Un exemple à regarder de près : le Docteur Struensee, médecin du roi Christian VII. 20 ans avant la Révolution française, il révolutionna le Danemark en réalisant à un rythme soutenu d’importantes réformes, inspirées par la philosophie des Lumières. Les Forces du désordre établi en perruques parvinrent à le faire décapiter le 28 avril 1772 à Copenhague et à restaurer leur monde de privilèges. Mais, en 1784, Frederik VI, âgé de 16 ans, avec le soutien de son père, Christian VII, reprit le pouvoir et restaura les lois du Docteur Struensee, en allant même plus loin pour améliorer les conditions de vie du peuple paysan. Le film A royal affair présente cette histoire.

On dit souvent : « la fin justifie les moyens ». Alors qu’en vérité, à la fin, ce sont les moyens justes qui contribuent à la bonne fin !

Si toutes nos bombes étaient des graines,
le monde mangerait à sa faim,
plutôt que de courir à sa fin.

La violence se présente comme un raccourci. Elle semble nous faire gagner du temps, elle nous en fait perdre… Ayons le sens de la perspective à long terme.

soutien aux Russes qui disent non à la guerre

Pour les principes fondamentaux, soyons à l’unisson, diffusons, contactons, unissons…

Les Russes qui disent non à la guerre ont d’autant plus besoin de nos soutiens que le Pouvoir les poursuit, les condamne en « traitres à la patrie », les emprisonne et les coupe du reste du monde.

Un film documentaire tout récent (18/8/2026) : Les espions de Poutine, réalisé par Stefan Eberlein et consacré aux actions et à la puissance du FSB (le service de renseignements russe héritier du KGB) et qui montre comment les opposants sont vite poursuivis en espions à la solde de Pouvoirs étrangers et notamment empoisonnés : https://www.arte.tv/fr/videos/108999-000-A/les-espions-de-poutine/.

Si nous ne l’avez pas encore lu, je vous invite à lire « Rester fidèle au Christ et à l’Évangile ». Vous serez profondément enrichis par cet appel lancé le 7 janvier 2025 (jour de la fête de Noël en Russie) par des ecclésiastiques et des laïcs de l’Église orthodoxe russe qui, tout en restant en Russie, refusent la guerre. Leurs 8 affirmations fortes méritent toutes d’être méditées par toutes les consciences qui veulent a) être éclairées sur les mécanismes idéologiques en Russie (utile pour ailleurs, dans l’espace et dans le temps) + b) contribuer à plus de justice et de paix dans le monde. Voici le texte complet :

Je mets en exergue ici les titres des 3 thèses au centre du texte :

4 – SUR L’ÉGALITÉ DES PEUPLES DEVANT DIEU et l’inadmissibilité de l’autoglorification nationale

5 – SUR LA VIE SELON LES COMMANDEMENTS DU CHRIST et son remplacement par la « lutte pour les valeurs traditionnelles »

6 – SUR L’AMOUR CHRÉTIEN DU PROCHAIN et son remplacement par la prédication de la violence et de la « guerre sainte ».

Merci à Marie Biedrawa avec qui je collabore, tous les deux étant dans l’équipe active de Church & Peace, réseau européen engagé pour la paix (elle parle parfaitement les trois langues de communication entre nous : https://www.church-and-peace.org/en/). Elle m’a partagé ces textes, en ajoutant qu’un commentateur allemand a comparé cet appel russe à la Déclaration de Barmen (Dietrich Bonhoeffer et l’Église confessante en 1934) dont voici le texte, tout aussi fort :

Il est important de suivre attentivement toutes les pistes solidaires. Kathy Rousselet y contribue par son article : Quelles résistances au sein de l’Église orthodoxe russe ?, publié dans Bulletins de l’Observatoire international du religieux, 2023, n° 42-43 (disponible ici : https://sciencespo.hal.science/hal-04217037/document).

Elle cite notamment les deux appels suivants, tout en éclairant leur contexte de façon critique.
1)
Déclaration de Noël sur la paix diffusée le 24 décembre 2022 : « Nous appelons tous les chrétiens de Russie désireux de devenir des artisans de paix à prendre les engagements suivants, que nous prenons nous-mêmes. 1. Ne pas fuir la réalité. Considérer les événements avec toute la gravité nécessaire et de façon responsable, en évaluant ce qui se passe non pas du point de vue des valeurs mondaines, mais du point de vue des enseignements de Jésus Christ. 2. Prier pour la fin de la guerre. Demander à Dieu d’amener nos compatriotes, les dirigeants de notre État et les leaders religieux à se repentir. 3. S’opposer. En tenant compte de tous les risques encourus, condamner le mal et appeler au retrait immédiat des troupes russes d’Ukraine et à la fin de cette guerre. 4. Résister de manière non violente à la mobilisation. Persuader parents et amis de ne pas participer à cette guerre de quelque manière que ce soit ; aider ceux qui se soustraient à l’appel sous les drapeaux. 5. S’impliquer dans l’aide humanitaire. Aider les réfugiés ukrainiens où qu’ils se trouvent. Aider toutes les victimes de cette guerre par tous les moyens à votre disposition. Nous sommes conscients qu’il est aujourd’hui effrayant de protester en Russie contre la guerre. On peut vous déclarer traîtres, « agents de l’étranger » ; on peut vous infliger une amende ; on peut vous emprisonner. Nous savons également qu’en Russie, qui se veut un pays chrétien, cet appel à la paix est puni par des amendes et des peines de prison. Mais en tant que chrétiens, nous vous exhortons à le faire pour l’amour de Jésus-Christ et pour l’amour de votre prochain – pour l’amour des habitants de l’Ukraine » (disponible en ligne : https://christians4peace.com/).

2)
Appel de prêtres de l’Église orthodoxe russe à la réconciliation et à la fin de la guerre : « Nous, prêtres et diacres de l’Église orthodoxe russe, chacun en son nom personnel, lançons un appel à tous ceux dont dépend la fin de la guerre fratricide en Ukraine, pour la réconciliation et un cessez-le-feu immédiat.
[…] Nous sommes profondément affligés par l’épreuve à laquelle nos frères et sœurs d’Ukraine ont été soumis de façon injuste. Nous rappelons que la vie de chaque personne est un don inestimable et unique de Dieu, et nous souhaitons donc que tous les soldats, tant russes qu’ukrainiens, rentrent sains et saufs dans leurs foyers et leurs familles. Nous sommes attristés à l’idée du gouffre que nos enfants et petits-enfants en Russie et en Ukraine devront combler pour recommencer à être amis, à se respecter et à s’aimer. Nous respectons la liberté divine de l’homme et pensons que le peuple ukrainien doit faire son choix par lui-même, pas face aux armes, sans pression ni de l’Ouest ni de l’Est.
[…] Il n’y a pas d’autre voie que le pardon et la réconciliation mutuelle. « La voix du sang de ton frère crie vers moi depuis la terre ; et maintenant tu es maudit depuis la terre, qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère », dit Dieu à Caïn, qui était jaloux de son jeune frère. Malheur à tout homme qui se rendrait compte que ces paroles lui sont adressées personnellement. Aucun appel non violent à la paix et à la fin de la guerre ne doit être rejeté par la force et considéré comme une violation de la loi, car tel est le commandement divin : « Heureux les artisans de la paix ». Nous appelons toutes les parties belligérantes au dialogue, car il n’y a aucune autre alternative à la violence. Seule la capacité d’entendre l’autre peut donner l’espoir d’une sortie de l’abîme dans lequel nos pays ont été précipités en quelques jours. Entrons tous et toutes dans le Carême dans un esprit de foi, d’espérance et d’amour. Arrêtez la guerre » (pétition de mars 2022 avec 293 signataires, suivie de l’appel d’ octobre 2022, signé par 300 prêtres : cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_orthodoxe_russe_dans_le_conflit_russo-ukrainien).

L’union fait la force véritable.

Merci pour toute diffusion de ce message !
Soyons à l’unisson, diffusons, contactons, unissons…

Très intéressant aussi, ce programme d’Arte, partie de la série ‘Masha on Russia’ :

https://www.arte.tv/fr/videos/124453-002-A/des-deserteurs-russes-temoignent

Et pour être bien informé de ce qui se passe sur place, KAVKAZSKYI UZEL est une très bonne source : https://www.kavkaz-uzel.eu/. RADIO SVOBODA également : https://www.svoboda.org/. Vivent nos traducteurs offerts sur internet.

appel à être prophètes

Dans la blague « Allo Ulysse, c’est Achille ! Ça te dit ce soir un plan à Troie ? », Ulysse représente le stratège rusé, Achille symbolise le guerrier puissant physiquement, un peu comme, il y a 5 ans, Zelensky et son commandant militaire sur le terrain Zaloujny, Macron et son Général Pierre Schill,
Iron Man < > Thor…

Et si, dans ce plan à Troie,
on ajoute un véritable troisième ?
Dans la Bible, Dieu ne laisse jamais seuls, sans Esprit,
ni les stratèges politiques (Jacob et Joseph)
ni les guerriers (Samson et Josué),
qui ont bien besoin d’esprit dans leurs combats
afin qu’ils soient surtout prophètes éclairés
par un sens spirituel & moral qui vient d’une écoute et une humilité qui se reçoit d’un ordre supérieur.

défilé militaire et crainte des mères

Poème sur un défilé militaire en juillet
(poème raccourci en bas de ce post).

Dans le faubourg planté d’arbustes rabougris,
Où le pâle chardon pousse au bord des murs gris,
Sur le trottoir pavé que limitent des bornes,
Lentement, en grand deuil tous deux, tristes et mornes,
Et vers le couchant d’or d’un juillet étouffant,
Vont ensemble une mère et son petit enfant.
La mère est jeune encore, elle est pauvre, elle est veuve.
Résignée, et pourtant droite encor sous l’épreuve,
Elle songe sans doute au sombre lendemain ;
Et le petit garçon qu’elle tient par la main
A déjà dans ses yeux agrandis par les jeûnes
L’air grave des enfants qui s’étonnent trop jeunes.

Ils marchent, regardant le coucher du soleil.
Mais voici que, parmi le triomphe vermeil
Des nuages de pourpre aux franges d’écarlate,
Là-bas, soudaine et fière, une fanfare éclate ;
Et, poussant devant eux clairons et timbaliers,
Apparaissent au loin les premiers cavaliers
D’un pompeux régiment qui vient de la parade.
Des escadrons ! mais c’est comme une mascarade.
Les enfants et le peuple, hélas ! enfant aussi,
S’arrêtent en chemin pour les voir. Or ceux-ci
Sont très beaux ; et le fils de la veuve regarde.
Lui qui vécut dans les murs froids d’une mansarde,
Il n’a jamais rien vu de tel. Il est hagard ;
Et sa mère lui dit, bénissant ce hasard,
Et distraite, elle aussi, de ses rêves austères :
« Restons là. Nous verrons passer les militaires. »

Ils s’arrêtent tous deux ; et le beau régiment,
Sombre et pesant d’orgueil, défile fièrement.
Ce sont des cuirassiers ; ils vont, musique en tête,
Répandant à l’entour comme un bruit de tempête.
Les casques sont polis ainsi que des miroirs ;
Les sabres sont tirés. Tous les chevaux sont noirs ;
Ils ont la flamme aux yeux et le sang aux narines.
– Les cuirasses d’acier qui bombent les poitrines
Jettent à chaque pas des éclairs aveuglants ;
Et les lourds escadrons, impassibles et lents,
Se succèdent, au pas, allant de gauche à droite,
Avec leurs officiers dans la distance étroite,
Si bien que le passant, sur la route arrêté,
Cependant qu’il peut voir s’éloigner d’un côté
Des croupes de chevaux et des dos de cuirasses,
Voit de l’autre, marchant de tout près sur leurs traces,
S’avancer, alignés comme par deux niveaux,
Des casques de soldats et des fronts de chevaux.
Et ce spectacle est plus sublime et plus farouche
Dans la rouge splendeur du soleil qui se couche.

Mais, l’œil tout ébloui des ors et des aciers,
L’enfant cherche surtout à voir ces officiers
Qui brandissent, tournés à demi sur la selle,
Leur sabre dont la lame au soleil étincelle,
Et sont gantés de blanc ainsi que pour le bal,
Et commandent, tandis que leur fougueux cheval,
Se rappelant sans doute une ancienne victoire,
Secoue avec orgueil son mors dans sa mâchoire.
Et plus que tous ceux-là l’enfant admire encor
Le plus jeune, qui n’a qu’une aiguillette d’or
Et marche dans les rangs ainsi qu’une recrue,
Mais qui semble toujours à la foule accourue
Le plus heureux, le plus superbe et le plus beau,
Car il porte les plis somptueux du drapeau.

Le régiment défile, et l’enfant s’extasie.
Craintif et se tenant à la jupe saisie
De sa mère, il admire, avide et stupéfait,
Et tremble. Mais alors celle-ci, qui rêvait,
Le regarde, et soudain elle devient peureuse.
La pauvre femme, qui naguère était heureuse
Que pour son fils ce beau régiment paradât,
Craint maintenant qu’il veuille un jour être soldat ;
Et même, bien avant que ce soupçon s’achève,
Son esprit a conçu l’épouvantable rêve
D’un noir champ de bataille où dans les blés versés,
Sous la lune sinistre, on voit quelques blessés,
Qui, mouillés par le sang et la rosée amère,
Se traînent sur leurs mains en appelant leur mère,
Puis qui s’accoudent, puis qui retombent enfin ;
Et, seuls debout alors, des chevaux ayant faim
Qui, baissant vers le sol leurs longs museaux avides,
Broutent le gazon noir entre les morts livides !

Elle entraîne son fils ; elle a le cœur glacé.
Et, bien que le brillant régiment soit passé
Et qu’au coin du faubourg tourne l’arrière-garde,
L’enfant se plaint tout bas, et résiste, et regarde
Son rêve qui s’enfuit, espérant voir encor
Là-bas, dans la poussière, une étincelle d’or,
Et détestant déjà les amis et les mères
Qui nous tirent loin des dangers et des chimères.

(François Coppée, Le défilé dans Poèmes modernes).
 

Poème raccourci :
« Dans le faubourg planté d’arbustes rabougris,
Où le pâle chardon pousse au bord des murs gris,
Sur le trottoir pavé que limitent des bornes,
Lentement, en grand deuil tous deux, tristes et mornes,
Et vers le couchant d’or d’un juillet étouffant,
Vont ensemble une mère et son petit enfant.
[…]
Ils marchent, regardant le coucher du soleil.
Mais voici que, parmi le triomphe vermeil
Des nuages de pourpre aux franges d’écarlate,
Là-bas, soudaine et fière, une fanfare éclate ;
Et, poussant devant eux clairons et timbaliers,
Apparaissent au loin les premiers cavaliers
D’un pompeux régiment qui vient de la parade.
Des escadrons ! mais c’est comme une mascarade.
[…]
Et distraite, cette mère, de ses rêves austères :
« Restons là. Nous verrons passer les militaires. »
Ils s’arrêtent tous deux ; et le beau régiment,
Sombre et pesant d’orgueil, défile fièrement.
Ce sont des cuirassiers ; ils vont, musique en tête,
Répandant à l’entour comme un bruit de tempête.
Les casques sont polis ainsi que des miroirs ;
Les sabres sont tirés. Tous les chevaux sont noirs ;
Ils ont la flamme aux yeux et le sang aux narines.
– Les cuirasses d’acier qui bombent les poitrines
Jettent à chaque pas des éclairs aveuglants ;
Et les lourds escadrons, impassibles et lents,
Se succèdent, au pas, allant de gauche à droite,
Avec leurs officiers dans la distance étroite,
Si bien que le passant, sur la route arrêté,
[…]
Et ce spectacle est plus sublime et plus farouche
Dans la rouge splendeur du soleil qui se couche.
[…]
…Que pour son fils ce beau régiment paradât,
Craint maintenant qu’il veuille un jour être soldat ;
Et même, bien avant que ce soupçon s’achève,
Son esprit a conçu l’épouvantable rêve
D’un noir champ de bataille où dans les blés versés,
Sous la lune sinistre, on voit quelques blessés,
Qui, mouillés par le sang et la rosée amère,
Se traînent sur leurs mains en appelant leur mère… »


 

l’union fait la force

Morceaux choisis du discours du roi Philippe pour la fête nationale de ce jour :

« Nous vivons une époque qui privilégie l’autonomie de l’individu et la performance. Or, la solidité d’une société se mesure aussi à la manière dont elle prend soin de ses membres les plus vulnérables. Je songe en particulier aux personnes dont les facultés cognitives s’effacent peu à peu.

Je salue avec admiration les professionnels, les associations, tous ceux qui prennent en charge ces patients et leur procurent un environnement sécurisant. Dans le respect de leur dignité. Ne devrions-nous pas prendre exemple sur eux et mettre plus d’humanité et de tendresse dans notre société ?

[…] Dans notre monde bouleversé, de nombreux États et groupes armés s’affranchissent des règles du droit international. Sous des prétextes fallacieux, ils mènent des guerres insensées et cruelles. Ces crises ne peuvent nous faire oublier les grands défis planétaires : la pauvreté, les dérèglements climatiques, l’effondrement de la biodiversité et l’épuisement des ressources naturelles. Les résoudre suppose d’agir de concert, de veiller à ce que des règles communes soient réellement respectées, et de soutenir les institutions qui en sont les gardiennes. Je ne vois pas d’autre voie pour faire face aux dangers qui nous menacent. […] De notre déficit budgétaire à la polarisation dans la société, de l’instabilité géopolitique au réchauffement de la planète, tous ces problèmes ont des causes et des conséquences très différentes. Mais ils ont un point en commun : nous ne pourrons les surmonter qu’ensemble, en nous appuyant sur ce qui nous unit, plutôt que sur ce qui nous divise. En cultivant la cohésion et la faculté de « faire société ». Je vous souhaite, à toutes et à tous, une joyeuse Fête Nationale. »

cross-national civic mobilisation for ‘civil’ peace

Our Western armed forces are actively preparing for war. And our governments are dragging us into it through a sharp increase in military spending. What about you? What about me? What about us, civil society? Are we sufficiently mobilised to develop all the initiatives that can help ward off the threats of war? There are countless initiatives that defuse the traps of poorly managed conflicts and prevent fratricidal violence! There are so many races to run, as an alternative to the arms race that seems to be imposed on us, with « no alternatives »… For example, strengthening ties between citizens living in Western and Eastern Europe. I am involved in the European network Church and Peace. The more of us there are, the closer we get to the critical mass we need for a solidly organised, cross-national civic mobilisation for social cohesion – for ‘civil’ peace. What if you joined your voice to ours for other paths than militarization? If you feel inspired to do so, please visit our website: https://www.church-and-peace.org/en/ and read our newsletters!

Leaders from the Belgian medical sector are also speaking out against militarisation, calling on our government to invest in preventive measures to avoid war and prevent conflicts from escalating into war: https://www.lesoir.be/758750/article/2026-07-11/pourquoi-les-travailleurs-des-soins-de-sante-doivent-sopposer-la-militarisation

Here are some extracts:

“If we listen to our politicians, the past year gives the impression that war has become inevitable. […] Yet what is best for our health is no war at all. […] Our country is experiencing one of the sharpest rises in military spending in Europe. By 2035, no less than 34 billion euros in investment is planned. The annual budget has risen from 3.9 billion in 2015 to nearly 13 billion in 2026. By 2035, a further 12 billion will be added – enough to fund the entire careers of several thousand nurses! […] Our sector is one of the main targets of the government’s budgetary decisions. […] According to the current militarist rhetoric, spending on healthcare and social security must be cut to guarantee our military security. […] We believe that political authorities must opt for intensive diplomacy rather than massive militarisation.

The new ‘defence bill’ being prepared by the government provides that, in the event of an emergency, the army could requisition nursing staff, medical equipment and even stocks of plasma and blood. Without taking working conditions or rights into account, the army could issue orders to healthcare staff, even if these run counter to the ethical and professional principles that govern our profession.

Instead of investing in the areas where needs are greatest in Belgium, investment would be channelled primarily towards whatever the army decides.

In Germany, where the militarisation of healthcare is already well advanced, the government stipulates that the construction of new hospitals or departments must be aligned with the logic of a potential ‘Eastern Front’. In practical terms, beds could only be made available if they meet the army’s needs in the event of a conflict with Russia. Army representatives would also sit on hospital planning committees and could intervene in hospital triage ‘in the event of a crisis’. […] As civilian doctors and healthcare workers, we want to help prevent any war through diplomacy and conflict management. And should a war break out, we want to be able to provide humanitarian aid without discrimination” (numerous signatories, including a doctor and former minister).

Today is 14 July! Dear French neighbours, happy Festival of Just Peace! Keep ploughing the furrows of just peace…

la paix à partir de nos engagements citoyens

Nos armées occidentales se préparent activement à la guerre. Et nos gouvernements nous y entraînent par une forte augmentation des dépenses militaires. Et toi ? Et moi ? Et nous, société civile ? Sommes-nous mobilisés au point de développer toutes les initiatives contribuant à faire reculer les menaces de guerre ? Elles existent par myriades, les initiatives qui désamorcent les pièges des conflits mal gérés, qui empêchent la violence fratricide ! Il y a tant de courses à réaliser, en alternative à la course aux armements qui nous semble imposée, sans alternatives…

Par exemple renforcer les liens entre citoyens vivant à l’ouest et  citoyens vivant à l’est de l’Europe. Je suis engagé dans le réseau européen Church and Peace. Plus nous y sommes nombreux, plus nous tendons vers cette masse critique dont nous avons besoin pour une mobilisation citoyenne de cohésion civile inter-nations solidement organisée, pour une paix « civile ». Et si tu te joignais à nos voix pour d’autres voies que la militarisation ? Si tu en as l’élan, merci de visiter notre site : https://www.church-and-peace.org/fr/ + lire nos Newsletters !

Des leaders de notre secteur médical belge s’expriment aussi pour s’opposer à la militarisation, pour demander à notre gouvernement d’investir dans les préventions évitant la guerre, empêchant les conflits de dégénérer en guerre :

https://www.lesoir.be/758750/article/2026-07-11/pourquoi-les-travailleurs-des-soins-de-sante-doivent-sopposer-la-militarisation

En voici des extraits : 

« Si nous écoutons nos responsables politiques, l’année écoulée donne l’impression qu’une guerre est devenue inévitable. […] Or, le meilleur pour notre santé, c’est pas de guerre du tout. […] Notre pays connaît une des plus fortes hausses des budgets militaires en Europe. D’ici 2035, pas moins de 34 milliards d’euros d’investissements sont prévus. Le budget annuel est passé de 3,9 milliards en 2015 à près de 13 milliards en 2026. Pour 2035, 12 milliards supplémentaires s’y ajoutent – de quoi financer la carrière complète de plusieurs milliers d’infirmiers et infirmières ! […] Notre secteur est l’une des principales cibles des choix budgétaires du gouvernement. […] Selon le discours militariste actuel, il faudrait réduire les dépenses de santé et de sécurité sociale pour garantir notre sécurité militaire. […] Nous estimons que les autorités politiques doivent choisir une diplomatie intensive plutôt qu’une militarisation massive. 

La nouvelle « loi de défense » que prépare le gouvernement prévoit qu’en cas d’urgence, l’armée pourrait réquisitionner du personnel infirmier, du matériel médical et même des stocks de plasma et de sang. Sans tenir compte des conditions de travail ni des droits, l’armée pourrait donner des ordres au personnel soignant, même si ceux-ci vont à l’encontre des principes éthiques et déontologiques qui régissent notre profession.

Au lieu d’investir dans les domaines où les besoins sont les plus importants en Belgique, les investissements seraient prioritairement dirigés vers ce que décide l’armée.

En Allemagne, où la militarisation des soins de santé est déjà bien avancée, le gouvernement prévoit que la construction de nouveaux hôpitaux ou services doit s’aligner sur la logique d’un éventuel « front de l’Est ». Concrètement, des lits ne pourraient être ouverts que s’ils répondent aux besoins de l’armée en cas de conflit avec la Russie. Des représentants de l’armée siégeraient également dans les comités de planification hospitalière et pourraient intervenir dans le triage hospitalier « en cas de crise ». […] En tant que médecins et soignants civils, nous voulons contribuer à prévenir toute guerre par la diplomatie et la gestion des conflits. Et si une guerre devait éclater, nous voulons pouvoir fournir une aide humanitaire sans discrimination » (nombreux signataires dont un médecin ancien ministre).

Aujourd’hui, c’est le 14 juillet !
Chers voisins français, bonne fête de la paix juste !
Creusez bien les bons sillons de paix juste…

les courses à la paix juste

Nos armées occidentales se préparent activement à la guerre. Et nos gouvernements nous y entraînent par une forte augmentation des dépenses militaires. Et toi ? Et moi ? Et nous, société civile ? Sommes-nous mobilisés au point de développer toutes les initiatives contribuant à faire reculer les menaces de guerre ? Elles existent par myriades, les initiatives qui désamorcent les pièges des conflits mal gérés, qui empêchent la violence fratricide ! Il y a tant de courses à réaliser, en alternative à la course aux armements qui nous semble imposée, sans alternatives…

Par exemple renforcer les liens entre citoyens vivant à l’ouest et  citoyens vivant à l’est de l’Europe. Je suis engagé dans le réseau européen Church and Peace. Plus nous y sommes nombreux, plus nous tendons vers cette masse critique dont nous avons besoin pour une mobilisation citoyenne de cohésion civile inter-nations solidement organisée, pour une paix « civile ». Et si tu te joignais à nos voix pour d’autres voies que la militarisation ? Si tu en as l’élan, merci de visiter notre site : https://www.church-and-peace.org/fr/ + lire nos Newsletters.

Des leaders de notre secteur médical belge s’expriment aussi pour s’opposer à la militarisation, pour demander à notre gouvernement d’investir dans les préventions évitant la guerre, empêchant les conflits de dégénérer en guerre :

https://www.lesoir.be/758750/article/2026-07-11/pourquoi-les-travailleurs-des-soins-de-sante-doivent-sopposer-la-militarisation

En voici des extraits : 

« Si nous écoutons nos responsables politiques, l’année écoulée donne l’impression qu’une guerre est devenue inévitable. […] Or, le meilleur pour notre santé, c’est pas de guerre du tout. […] Notre pays connaît une des plus fortes hausses des budgets militaires en Europe. D’ici 2035, pas moins de 34 milliards d’euros d’investissements sont prévus. Le budget annuel est passé de 3,9 milliards en 2015 à près de 13 milliards en 2026. Pour 2035, 12 milliards supplémentaires s’y ajoutent – de quoi financer la carrière complète de plusieurs milliers d’infirmiers et infirmières ! […] Notre secteur est l’une des principales cibles des choix budgétaires du gouvernement. […] Selon le discours militariste actuel, il faudrait réduire les dépenses de santé et de sécurité sociale pour garantir notre sécurité militaire. […] Nous estimons que les autorités politiques doivent choisir une diplomatie intensive plutôt qu’une militarisation massive. 

La nouvelle « loi de défense » que prépare le gouvernement prévoit qu’en cas d’urgence, l’armée pourrait réquisitionner du personnel infirmier, du matériel médical et même des stocks de plasma et de sang. Sans tenir compte des conditions de travail ni des droits, l’armée pourrait donner des ordres au personnel soignant, même si ceux-ci vont à l’encontre des principes éthiques et déontologiques qui régissent notre profession.

Au lieu d’investir dans les domaines où les besoins sont les plus importants en Belgique, les investissements seraient prioritairement dirigés vers ce que décide l’armée.

En Allemagne, où la militarisation des soins de santé est déjà bien avancée, le gouvernement prévoit que la construction de nouveaux hôpitaux ou services doit s’aligner sur la logique d’un éventuel « front de l’Est ». Concrètement, des lits ne pourraient être ouverts que s’ils répondent aux besoins de l’armée en cas de conflit avec la Russie. Des représentants de l’armée siégeraient également dans les comités de planification hospitalière et pourraient intervenir dans le triage hospitalier « en cas de crise ». […] En tant que médecins et soignants civils, nous voulons contribuer à prévenir toute guerre par la diplomatie et la gestion des conflits. Et si une guerre devait éclater, nous voulons pouvoir fournir une aide humanitaire sans discrimination » (nombreux signataires dont un médecin ancien ministre).