« Si vous divisez la mort par la vie, vous obtenez un cercle »
(Colum McCann dans son roman Apeirogon qui symbolise ainsi le cycle perpétuel et infernal, dans lequel une mort en entraîne une autre : le cercle vicieux de nos violences stimulées par nos deuils tragiques… Diviser la mort par la vie n’égale pas zéro qui met fin ; ça égale un cercle délétère dont le cycle de mort est sans fin.
« Ante / Post Christum natum » (« avant / après la naissance du Christ ») est un système de notation dans lequel on passe de l’an 1 a.C.n. à l’an 1 p.C.n. en zappant l’année zéro : pour le cercle vertueux d’une histoire linéaire qui échappe à un kharma sans fin ? Ce n’est pas nul, ça ! Bien joué…
« À chaque pulsation de mon cœur, il m’apparaît de plus en plus clairement que tu ne peux pas nous aider, mais que c’est à nous de t’aider et de défendre jusqu’au bout la demeure qui t’abrite en nous » (Etty Hillesum).
L’hégémonie américaine repose notamment sur le système du pétrodollar mis en place il y a 50 ans : 1974, les USA obtiennent de l’Arabie saoudite, en échange de sa protection militaire, que tout le pétrole soit vendu dans le monde en dollars américains. C’était indispensable pour la suprématie de la devise américaine sur la planète, avec tous les avantages que cela offre : les États-Unis ont assuré une dépendance structurelle du monde entier au dollar, ont pu financer leurs déficits en imprimant de la monnaie dont tout le monde a eu besoin, ont pu emprunter moins cher que tout le monde et acheter à l’étranger à moindre coût. Depuis les années 70, les USA ont pu ainsi exercer un pouvoir géopolitique décisif. Comme la plupart des transactions internationales sont passées par le système financier américain, les USA ont pu imposer des sanctions financières efficaces, bloquer des transactions, refuser à des banques étrangères l’accès au système SWIFT. Le dollar a été une arme géopolitique silencieuse mais redoutable car en période de crise mondiale, les capitaux ont été se réfugier dans le dollar, ce qui l’a renforcé ! Jusqu’ici, quand le monde a tremblé, l’argent a couru vers les États-Unis…
On comprend ainsi que depuis 50 ans, tout dirigeant d’un pays producteur de pétrole qui décide de « se libérer du dollar » a été brisé par les USA qui ne tolèrent pas que le pétrole soit tarifé en yuans chinois, en euros, en roubles… Exemples : Saddam Hussein annonça en 2000 que l’Irak vendra dorénavant son pétrole en euros. Aussitôt que les USA le firent tomber, la vente du pétrole irakien est revenue au dollar. Kadhafi fut aussi impitoyablement éliminé quand il déclara vouloir placer en 2009 le commerce du pétrole de la Lybie sous le « dinar or », monnaie fièrement africaine adossée à l’or.
« Se libérer du dollar » est une expression que répète depuis 2018 Maduro, le président du Venezuela, ce pays qui possède 20 % des réserves de pétrole prouvées (303 milliards de barils), loin devant tous les autres pays : cinq fois plus de pétrole que l’Irak et la Lybie réunis ! Maduro a systématiquement cherché le soutien des pays les plus engagés dans la dédollarisation mondiale : Chine, Russie, Iran, les BRICS… L’intervention américaine au Vénézuéla cherche à arrêter la dédollarisation mais il est probable qu’elle va l’accélérer. La Chine a créé CIPS, sa propre alternative à SWIFT, qui compte 4 800 banques dans 185 pays, avec des systèmes de paiement qui contournent totalement le dollar.
Le Vénézuéla fournit moins de 1 % de la cocaïne consommée aux États-Unis. La lutte contre le trafic de drogue est un épiphénomène mis en avant par Trump à des fins d’habillage idéologique du maintien de la Pax Americana. Ce post est un complément à celui que j’ai fait le 31 décembre 2025, 3 jours avant l’intervention militaire des USA pour capturer Maduro et exercer son emprise sur son pays : https://etiennechome.site/la-loi-du-plus-fort-%e2%89%a0-la-paix-veritable/.
« Chaque enfant qui naît est un miracle qui sauve le monde en y introduisant du neuf » (Hannah Arendt).
Quel est mon œuf neuf offert au monde ? Belle Épiphanie / illumination personnelle !
« N’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais bien le glaive. Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa maison. Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi » (Matthieu 10, 32-37). « Voici des versets d’Évangile étonnants, clivants, contradictoires avec le langage chrétien convenu, mais cependant bien réels et incontestables, même si d’aucuns souhaiteraient les effacer de la Bible et les nier. Pourtant, ils existent bel et bien, et ils sont très riches d’enseignements, et porteurs de consolation dans l’épreuve.
Voici donc Jésus qui ne se présente aucunement comme sur une rassurante image sulpicienne, sujet de concorde et de paix béate, mais bien au contraire comme un fauteur de trouble social et même familial, Prophète subversif et clivant. […] La foi donnée par Dieu n’est pas un agréable sédatif inoffensif ! Bien au contraire, celui ou celle que le Seigneur est allé chercher un jour, à sa guise, tout en arrière du troupeau de ses brebis, pour porter sa Parole de feu au monde, celui ou celle-là brûle intérieurement de l’Évangile, et après une lente maturation, atomise sa propre famille en se révélant au grand jour ! » (Véronique Belen, https://www.histoiredunefoi.fr/meditations-bibliques/16123-oui-je-suis-venu-separer-lhomme-de-son-pere-la-fille-de-sa-mere-la-belle-fille-de-sa-belle-mere-on-aura-pour-ennemis-les-gens-de-sa-maison-matthieu-1035-36).
Ce que la Révélation chrétienne nous apprend, c’est que 1) la violence n’écrase pas le mal, elle lui offre plutôt une victoire de plus ; 2) la force qui sauve du mal est d’un ordre radicalement différent que le fer de la lame de l’épée…
Ci-joint une image d’un archange aux traits féminins, accompagnant la méditation de Julie Dratwiak : « Ses ailes déployées, l’ange rappelle que la hauteur véritable naît d’une descente courageuse dans l’ombre. Sous son pied, le dragon cesse d’être maître, il retrouve sa juste place. Elle avance pieds nus sur la bête vaincue ; la peur n’a plus de trône. Et le mystère Et la victoire se disent ainsi, avec grâce, au point précis où le feu est rendu obéissant » (Julie Dratwiak, Le Jardin des Oeuvriers).
Sens de mon texte dans l’image : la rose conquiert les cœurs parce qu’elle attire, embellit, émeut, parfume et inspire. Pour ces changements magiques, elle ne passe pas par la conquête impériale et n’entraîne pas la roue infernale des années qui vont de mal en pire quand un empire s’accroche à son pouvoir de domination.
« …bénir le nationalisme, justifier religieusement la violence et la lutte armée : les croyants doivent réfuter activement, avant tout par leur vie, ces formes de blasphème qui obscurcissent le Saint Nom de Dieu. […] C’est la voie désarmante de la diplomatie, de la médiation, du droit international, démentie malheureusement par de plus en plus fréquentes violations d’accords difficilement obtenus, dans un contexte qui nécessiterait non pas la délégitimation, mais bien plutôt le renforcement des institutions supranationales. […] La force dissuasive de la puissance, et en particulier la dissuasion nucléaire, incarnent l’irrationalité d’une relation entre les peuples fondée non pas sur le droit, la justice et la confiance, mais sur la peur et la domination de la force. […] La paix existe, elle veut habiter en nous, elle a le pouvoir doux d’éclairer et d’élargir l’intelligence, elle résiste à la violence et la vainc. La paix a le souffle de l’éternité : alors qu’on crie ‘assez’ au mal, on murmure ‘pour toujours’ à la paix. […] Même dans les lieux où il ne reste que des ruines et où le désespoir semble inévitable, nous trouvons aujourd’hui même ceux qui n’ont pas oublié la paix. […] Entamer en soi-même ce désarmement du cœur, de l’esprit et de la vie auquel Dieu ne tardera pas à répondre en accomplissant ses promesses » (Léon XIV, 59ème journée mondiale de la paix, 1er janvier 2026).
« …to bless nationalism, and to justify violence and armed struggle in the name of religion. Believers must actively refute, above all by the witness of their lives, these forms of blasphemy that profane the holy name of God. […] This is the disarming path of diplomacy, mediation and international law, which is sadly too often undermined by the growing violations of hard-won treaties, at a time when what is needed is the strengthening of supranational institutions, not their delegitimization. […] The idea of the deterrent power of military might, especially nuclear deterrence, is based on the irrationality of relations between nations, built not on law, justice and trust, but on fear and domination by force. […] Peace exists; it wants to dwell within us. It has the gentle power to enlighten and expand our understanding; it resists and overcomes violence. Peace is a breath of the eternal: while to evil we cry out “Enough,” to peace we whisper “Forever”. […] Even in places where only rubble remains, and despair seems inevitable, we still find people who have not forgotten peace. […] To begin within ourselves that disarmament of heart, mind and life. God will surely respond to this by fulfilling his promises » (Léon XIV, LIX WORLD DAY OF PEACE, 1st January 2026).
On parle de Pax Romana, Pax Mongolica, Pax Britannica, Pax Americana, etc., quand la vie internationale jouit d’une période de stabilité suffisamment satisfaisante du fait qu’un de ses acteurs est assez puissant pour imposer sa propre loi, en punir les transgressions, mettre au pas les acteurs moins puissants que lui, au point d’interférer directement dans des conflits entre de tels acteurs secondaires.
Une telle paix hégémonique est possible à cause d’une supériorité militaire écrasante. Dans l’Histoire, à chaque fois, le plus fort développe un narratif légitimant sa domination militaire et ses exploitations économiques, en montrant les bienfaits de la paix qu’il offre : les Romains ont sécurisé les routes méditerranéennes, les Mongoles la route de la soie, les Britanniques les voies de navigation, les États-Uniens la finance mondiale (le dollar = la devise de référence mondiale), les voies de l’espace et j’en passe sur les chemins virtuels…
La puissance hégémonique se sert de son idéologie de paix pour revendiquer le droit à monopoliser la violence légitime, au nom de sa mission civilisatrice et pour le Bien commun.
Bien sûr, nous avons intérêt à regarder sous les couches des vernis idéologiques et repérer quand les infrastructures invisibles fonctionnent comme dans la loi de la jungle, là où « la Nature » enseigne qu’un mâle Alpha qui a réussi à imposer son ordre (désordre dominant établi), peut savoir à l’avance quel sera son sort : quand il sera supplanté, il paiera cash ce qu’il a fait subir aux autres. Tel est le prix à payer d’une paix par la supériorité et non par la négociation entre acteurs respectés comme égaux en dignité, considérés comme égaux en droits et en devoirs fondamentaux, indépendamment de leur puissance physique, militaire ou économique. Cette utopie d’égale dignité entre acteurs a inspiré la création de l’ONU, alors même que le monde semblait sortir de la Deuxième guerre mondiale par un multilatéralisme basé sur l’équilibre des terreurs… La paix véritable se construit de siècle en siècle, à petits pas, en dépassant pas à pas la loi du plus fort.
Pour entendre deux acteurs secondaires défendant leur propre idéologie dans le moment présent : https://www.youtube.com/watch?v=mLM1prACQ1Y. Je partage ce document pour nous encourager tou.te.s à une conscience critique sur les mécanismes idéologiques des discours, pas pour prendre position pour ou contre qui que ce soit…
« Ce n’est pas la souffrance de Jésus qui sauve, c’est l’amour avec lequel il a vécu cette souffrance ! c’est tout autre chose » (Yves Congar).
La violence, même dans ses formes légitimées, nous éloigne du Royaume d’Amour qui vient par l’amour dont font preuve les victimes des violences dont sont capables les hommes.
La violence qui n’a rien de divin a été désacralisée par ce Jésus de Nazareth qui a soigné jusqu’au bout au lieu de saigner…
Saint Étienne (fêté chaque 26 décembre) l’a pris au sérieux et l’a suivi : servir jusqu’à mourir. Il consolida ce chemin neuf, devenant le tout premier diacre et premier martyr après Jésus…
« De la pierre qui te perce à la pierre qui transperce, tu vois venir la mort, Étienne le fort. Et dans le temps qu’elle pardonne, ton âme au Seigneur s’abandonne » (hymne de l’Office des Laudes à la saint Etienne).
La première personne à m’avoir souhaité une bonne fête ce matin a été une femme africaine. Voici notre échange :
Dans un mois, je serai un bon mois dans la Région des Grands Lacs pour diverses sessions que j’animerai. Dans tout projet auquel je participe en Afrique, je suis très attaché à l’autofinancement. Et je ne sollicite que très rarement mon réseau pour un soutien financier de mes partenaires africains. Je le refais ici, après que nous ayons sollicité au mieux toutes les ressources locales.
Voilà 20 ans que je donne des sessions dans la Région des Grands Lacs, à partir desquelles je repère des personnes de valeur, qui ont vécu des transformations personnelles concrètes. J’investis alors en celles qui, en outre, montrent une compétence et une disponibilité à diffuser autour d’eux ces ressources en communication authentique et négociation efficace, au sein d’un cadre de droit juste, ajusté, structuré pour que le dialogue vrai puisse se vivre. Voilà dix ans que je continue du mieux que je peux à former des animateurs et formateurs sur ce terrain qui est ma terre natale, sur laquelle j’ai grandi mes 8 premières années de vie…
Si vous croyez en la qualité de mon travail et que vous êtes disposé.e à des gestes concrets de solidarité en ce Noël 2025, merci pour tout don (déjà 10 € ou 20 € sera très précieux pour nous). Je m’engage à la transparence, par un compte-rendu de l’utilisation des dons.
Voici le n° de compte sur lequel verser les dons en euros : IBAN BE09 9731 6744 3757 (Banque Argenta de Wavre ; titulaire du compte : Étienne Chomé).
Préciser en communication Kivu solidarité.
Pour un don en Roupies mauriciennes, compte SBM n° 50100000970787.
Bienvenue et merci à qui sentira l’appel à nous soutenir dans cette magnifique mission de renforcer les tissus sociaux de nos sociétés, ici et là-bas.
Et nous sommes à l’écoute de toute question, remarque, suggestion…
Passionnément engagé dans l’amélioration des relations par une communication toujours plus vraie et authentique, Étienne Chomé Mobile & WhatsApp : +32 472 366 912 Cour du Cramignon 21 1348 Louvain-la-Neuve Belgique
« Malheur aux peuples qui ont besoin de héros » (Bertolt Brecht).
« Les actes de l’individu sont limités, mais le héros perçoit son être en puissance comme illimité. C’est pour cela que la mort est toujours prématurée, un vrai scandale. Ce qu’il n’a pas pu accomplir, pas pu épuiser, ce sont ses possibilités. Il se sent trahi, dupé par la puissance de la mort. Elle paraît injuste. Le héros veut la vaincre. L’injustice est dans la raison humaine, pas dans la nature » (Efi Papavassilopoulou, Le héros, le monstre, la mort).
« Le héros militaire est un dupe. Le véritable héros n’est pas celui qui se précipite dans une belle mort ; c’est celui qui se compose une belle vie » (Jean Giono).