éviter un impératif négatif

« Ne sois pas triste !
« Ne t’inquiète pas… » : l’intention est bonne
et pourtant, la formule est malheureuse :
1) elle est négative « ne… pas… » (il est toujours
préférable d’opter pour un langage positif d’action),
2) avec un verbe à l’impératif (il est toujours
préférable d’opter pour une proposition
qui honore la liberté de l’autre),
3) elle commande une émotion, alors qu’une émotion ne se commande pas ; elle est un clignotant précieux qui s’allume sur mon tableau de bord interne, indépendamment de ma volonté, pour m’alerter et m’inviter à prendre soin de ce qui est en manque. La volonté n’est pas la bonne faculté pour réguler le registre émotionnel. Nous avons besoin alors de faculté d’empathie (« intelligence émotionnelle ») : accueil inconditionnel des ressentis, considération des vécus, présence, connexion, bienveillance, compassion, bonté, douceur, gratuité. Tous ces mots font résonner l’énergie qui convient pour écouter une émotion, la recevoir comme un cadeau sur notre tableau de bord psychique. Elle est un cadeau précieux qui nous indique ce qui nous manque. Prendre au sérieux ce manque permet de passer du manque (verre à moitié vide) au besoin (verre à moitié plein), que nous pouvons nourrir jusqu’à extinction du clignotant. L’inquiétude est un des premiers degrés de la peur : en cas de danger, elle nous invite à prendre soin de notre besoin de sécurité. La tristesse clignote en cas de perte pour vivre un deuil qui aboutira in fine à l’acceptation de la perte.

Plutôt que de dire « ne t’inquiète pas », je peux choisir parmi deux démarches :
a) je communique en « je » ma confiance, mon assurance, ma disposition à prendre soin du souci actuel ;
b) j’écoute l’autre dans ses propres vécus et besoins, pour en prendre soin ensemble.

Sous forme de slogan :
quand on erre,
a) je gère ;
b) tu digères ?

le sens progressiste de chômé

Étymologiquement, chômer, c’est se reposer par temps de chaleur. Le mot « chômer » provient du latin populaire du XIIIe siècle, repris en Occitan : « caumare », lui-même dérivé du grec ancien « καυμα » (kauma) signifiant « chaleur ». Chômer, c’est laisser reposer une activité pendant la chaleur.

À la Révolution française, mon aïeul, le Marquis de Chaume, a quitté en 1789 son domaine en Île-de-France et refit sa vie à Anvers. Pour ne pas avoir la tête coupée, il a coupé son nom : de Chaume est devenu Chomé ! Il a choisi ce nom qui avait, à son époque, une excellente aura car l’augmentation des temps chômés, c’est-à-dire des temps de repos, représentait un grand progrès pour l’humanité : libération des durs labeurs.

La plaie du chômage que nous connaissons aujourd’hui n’est venue qu’après, avec la révolution industrielle, laquelle d’ailleurs a cherché à faire travailler même le jour du dimanche (dies Dominici : le jour du Seigneur). C’est au 19e siècle, avec les cadences des industries et les conditions de vie dans les cités ouvrières que le travail devient si pénible mais aussi que la perte d’emploi est une catastrophe pour quelqu’un qui a quitté la campagne, réduit à vivre en cité. « Chômé » perd son sens si progressiste qu’il avait au 18e siècle.

Fêter le travail le 1er mai par un jour chômé :
mise à pied
pour prendre son pied !
Vivent nos temps chômés
qui nous offrent congé
et tiennent chaud met
Étienne Chomé…

verser 1 pot de vin pour boire

Il y a 500 ans, « verser un pot de vin » ne signifiait pas corrompre. C’était saluer le bon service ou l’encourager, en offrant au serveur de quoi s’acheter un verre, donner un pourboire (= une pièce d’argent ‘pour boire’). Autre image semblable : graisser la patte de quelqu’un pour bien le disposer.

Un État est d’autant mieux un État de droit que chaque mandataire politique a des comptes à rendre clairement / que ses comptes sont strictement contrôlés. Voici un propos en ce sens d’il y a près de 500 ans :

« Ces accusés sont incapables d’expliquer raisonnablement la source de leur enrichissement extraordinaire et rapide. L’ambiguïté des explications doit être la preuve même de la malversation (Ipsa peculatus sit plena probatio). Quand une couleur non naturelle s’attache à l’or, elle dissimule à coup sûr des artifices. Apparences et présomptions nous permettent d’habitude de démontrer les crimes cachés. En la matière, l’information des hommes se heurte à mille supercheries et l’erreur imprévue comme le mensonge spécieux nous guettent sous des dehors trompeurs » (Guy Coquille publiant en 1703 des propos tenus en 1577, lors des États de Blois !).

Viva España y Bélgica

Ce 19/7/26, l’Espagne a dominé toute la partie de football et a bien mérité son titre ! aussi dans l’esprit et le fair-play…

Viva España !

Cela a duré 157 ans au cours desquelles l’actuelle Belgique fut intégrée à la monarchie espagnole : 1556 → 1713. Déjà auparavant, Charles Quint, né en Belgique en 1500 et mort en Espagne en 1558 s’était réjoui que ses provinces du Nord soient le plus intense foyer culturel du monde. Avec sa Cour, il a trouvé la formule idéale : l’hiver doux en Espagne et l’été doux en Belgique : doudou climatique !

Les « Pays-Bas espagnols » (le sud des Dix-Sept Provinces, comprenant le nord de la France et l’ouest de l’Allemagne) est alors l’un des principaux centres intellectuels et artistiques d’Europe, notamment en peinture (Pieter Bruegel, Pierre Paul Rubens, Anthony van Dyck et tant d’autres ; et les arts disent le regard de la foi), en sciences (dont des cartographes à la pelle, tel Mercator ; des médecins, tel Vesalius, père de l’anatomie moderne), en humanisme (un pionnier, Érasme, était venu se réfugier à Bruxelles et à Louvain)…

Certes, n’oublions pas que l’hégémonie politique et la richesse de l’Espagne au XVIe siècle proviennent de l’exploitation massive de son empire colonial dans le Nouveau Monde. Cet âge d’or a été alimenté par le pillage et l’extraction intensive de l’or et de l’argent. Viva España + Justicia y reparaciones para la Argentina y toda América Latina y todos los pueblos colonizados y oprimidos !

Même l’île Maurice et l’Asie colonisées par les Pays-Bas sont concernés par cette Histoire de conquête colonisatrice des Dix-Sept Provinces Réunies (avec les Pays-Bas septentrionaux et méridionaux) ; à ce propos, voir mon post https://etiennechome.site/dites-les-pays-bas-et-non-la-hollande/ !

mettre le holà

En français, « holà » avec un accent grave
sert à attirer l’attention ou à calmer le jeu,
comme dans l’expression « mettre le holà ».

« Il allait à se battre et à renverser la nacelle, si Charon n’eût mis le holà à coups d’aviron » (Jean de La Fontaine, Psyché, 1669).

« Ce père précédé de flambeaux, vint mettre le holà aux fredaines un peu trop fortes de son fils » (Théophile Gautier, Le capitaine Fracasse, 1863).

apprivoiser mon frein vagal

Je viens d’animer un atelier sur notre système nerveux autonome, avec lequel nous pouvons grandir en familiarité.
1)
Quand je suis stressé, activé, mobilisé,
je peux en conscience respirer ventralement
avec une expiration prolongée
plus longue que l’inspiration
=> mon système nerveux est encouragé
à ralentir le cœur, pour revenir à un calme profond.
2)
Quand je me sens engourdi, flottant, embrumé, figé,
que mon énergie est basse,
je peux en conscience respirer ventralement
avec une inspiration prolongée
plus longue que l’expiration
=> tout mon être est énergisé
et je me remets en mouvement,
pour sortir de la léthargie.

Je peux visualiser un frein de bicyclette qui
1) freine pour ralentir en dévalant la pente,
2) relâche le frein et remettre de la vitesse.
Je peux encore joindre le geste physique de tenir mon guidon et de jouer avec mon frein, tout en accompagnant ma respiration et mon image à l’esprit…

bibliothèques yes

« On aura beau informatiser et normaliser ;
chaque bibliothèque conservera son odeur spécifique,
sa stratégie, ses sésames, ses secrets » (Nicolas Bouvier).

« Les communautés, pour prospérer, ont besoin de bibliothèques dont les préoccupations dépassent leurs bâtiments et les livres qu’elles contiennent. Elles doivent être des centres d’apprentissage et des catalyseurs du développement numérique » (David Lankes).

tant de mélodies mets l’eau dis

« Quel est le but de l’éducation ?

Le but de l’éducation, dans les civilisations traditionnelles, était de faire de nous des sages.

Dans les civilisations chrétiennes, faire de nous des sages habités par l’amour inconditionnel, c’est-à-dire des Saints.

À partir des « Lumières » (de la raison), sinon des hommes raisonnables, des honnêtes hommes, le but de l’éducation était de faire de nous des savants et des scientifiques.

Le but de l’éducation dans la société contemporaine semble vouloir faire de nous des hommes puissants, des scientifiques, augmentés par l’énorme mémoire de l’intelligence artificielle, des cyborgs.

À toutes les époques, il y eut des êtres humains capables de dire : « je ne suis ni un sage, ni un saint, ni un savant, ni un cyborg… Je ne sais pas qui je suis. Je suis qui Je suis ».

Hors des conditionnements de leurs époques, ce qui est impossible, ils témoignent pourtant d’une liberté, d’une insouciance souveraine, d’un grand rire amoureux dont les secousses invisibles et silencieuses continuent à ébranler les mondes… » (Jean-Yves Leloup, avec un regard profond sur l’actualité, en ce mois de juin 2026) !

La découverte de l’Amérique bien avant les colons Colomb, mon colon !

Les vainqueurs écrivent l’histoire, souvent en effaçant l’histoire des vaincus. Les Européens prétendent avoir civilisé l’Afrique, comme si, avant la colonisation, elle n’avait ni civilisation ni histoire. À vrai dire, l’Afrique a été envahie et occidentalisée.

Une illustration de cet effacement ? En Afrique de l’Ouest, l’empereur Mandingue, Aboubakari II, qui est passionné par l’exploration du monde inconnu, lance près de deux siècles avant Christophe Colomb une première gigantesque expédition de 2000 navires vers l’Ouest, puis une deuxième de plus de 3000 navires.

L’Amérique semble garder des traces qu’il y est arrivé finalement : des sculptures mésoaméricaines, comme les têtes colossales olmèques, portent des traits de visages africains ; des lances en or pur venant d’Afrique de l’Ouest ont été identifiées en Amérique Latine ; des croisements lexicaux ont aussi été remarqués par des chercheurs. Christophe Colomb lui-même a consigné dans ses journaux la présence de commerçants à la peau noire venus du sud/sud-est.

C’est donc en explorateurs audacieux que les Africains auraient d’abord posé les pieds en Amérique, bien avant d’y être conduits, enchaînés en esclaves…

Cf. https://www.youtube.com/watch?v=DkImPDvMkVk

+ le livre de Pathé Diagne : ‘Bakari II (1312) et Christophe Colomb (1492) à la rencontre de l’Amérique.

plantes sensibles

Est-il possible que les plantes aient des ressentis de douleur ? Perçoivent-elles la souffrance autour d’elles ? Ont-elles une forme de sensibilité ? de conscience ?…

J’ai aimé lire cet article présentant les 3 premières expériences tenant de l’objectiver dans les années 1960 :
https://naturerights.com/cleve-backster-et-la-conscience-du-vivant/
Cleve Backster, ancien de la C.I.A., expert polygraphe (détecteur de mensonge), spécialiste des interrogatoires des espions… mettant son savoir-faire au service de la perception des plantes !…