« Ne sois pas triste !
« Ne t’inquiète pas… » : l’intention est bonne
et pourtant, la formule est malheureuse :
1) elle est négative « ne… pas… » (il est toujours
préférable d’opter pour un langage positif d’action),
2) avec un verbe à l’impératif (il est toujours
préférable d’opter pour une proposition
qui honore la liberté de l’autre),
3) elle commande une émotion, alors qu’une émotion ne se commande pas ; elle est un clignotant précieux qui s’allume sur mon tableau de bord interne, indépendamment de ma volonté, pour m’alerter et m’inviter à prendre soin de ce qui est en manque. La volonté n’est pas la bonne faculté pour réguler le registre émotionnel. Nous avons besoin alors de faculté d’empathie (« intelligence émotionnelle ») : accueil inconditionnel des ressentis, considération des vécus, présence, connexion, bienveillance, compassion, bonté, douceur, gratuité. Tous ces mots font résonner l’énergie qui convient pour écouter une émotion, la recevoir comme un cadeau sur notre tableau de bord psychique. Elle est un cadeau précieux qui nous indique ce qui nous manque. Prendre au sérieux ce manque permet de passer du manque (verre à moitié vide) au besoin (verre à moitié plein), que nous pouvons nourrir jusqu’à extinction du clignotant. L’inquiétude est un des premiers degrés de la peur : en cas de danger, elle nous invite à prendre soin de notre besoin de sécurité. La tristesse clignote en cas de perte pour vivre un deuil qui aboutira in fine à l’acceptation de la perte.
Plutôt que de dire « ne t’inquiète pas », je peux choisir parmi deux démarches :
a) je communique en « je » ma confiance, mon assurance, ma disposition à prendre soin du souci actuel ;
b) j’écoute l’autre dans ses propres vécus et besoins, pour en prendre soin ensemble.
Sous forme de slogan :
quand on erre,
a) je gère ;
b) tu digères ?










