J’ouïs / Jouis bien !

Belle ressemblance phonétique des verbes ‘ouïr’ et ‘jouir’ mais elle est fortuite ; elle est un accident du français :

ouïr vient du latin audīre(« entendre » ; percevoir par l’ouïe),

jouir provient du latin gaudēre(« se réjouir »).

« J’ouïs » est au passé simple.

Raymond Devos (1922 – 2006) :

« Il y a des verbes qui se conjuguent très irrégulièrement.
Par exemple, le verbe « OUÏR ».
Le verbe ouïr, au présent, ça fait :
J’ois… j’ois…
Si au lieu de dire « j’entends », je dis « j’ois », les gens vont penser que ce que j’entends est joyeux alors que ce que j’entends peut être particulièrement triste.
Il faudrait préciser :
« Dieu, que ce que j’ois est triste ! »
J’ois… Tu ois… Tu ois mon chien qui aboie le soir au fond des bois ?
Il oit… Oyons-nous ? Vous oyez… Ils oient.

C’est bête ! L’oie oit. Elle oit, l’oie ! Ce que nous oyons, l’oie l’oit-elle ?
Si au lieu de dire « l’oreille » on dit « l’ouïe », alors : l’ouïe de l’oie a ouï.
Pour peu que l’oie appartienne à Louis :
« L’ouïe de l’oie de Louis a ouï. »
« Ah oui ? Et qu’a ouï l’ouïe de l’oie de Louis ? »
« Elle a ouï ce que toute oie oit… »
« Et qu’oit toute oie ? »
« Toute oie oit, quand mon chien aboie le soir au fond des bois, toute oie oit : ouah ! ouah ! Qu’elle oit, l’oie !… »

Au passé, ça fait : J’ouïs… J’ouïs !
Il n’y a vraiment pas de quoi ! »

apprivoiser mon frein vagal

Je viens d’animer un atelier sur notre système nerveux autonome, avec lequel nous pouvons grandir en familiarité.
1)
Quand je suis stressé, activé, mobilisé,
je peux en conscience respirer ventralement
avec une expiration prolongée
plus longue que l’inspiration
=> mon système nerveux est encouragé
à ralentir le cœur, pour revenir à un calme profond.
2)
Quand je me sens engourdi, flottant, embrumé, figé,
que mon énergie est basse,
je peux en conscience respirer ventralement
avec une inspiration prolongée
plus longue que l’expiration
=> tout mon être est énergisé
et je me remets en mouvement,
pour sortir de la léthargie.

Je peux visualiser un frein de bicyclette qui
1) freine pour ralentir en dévalant la pente,
2) relâche le frein et remettre de la vitesse.
Je peux encore joindre le geste physique de tenir mon guidon et de jouer avec mon frein, tout en accompagnant ma respiration et mon image à l’esprit…

bibliothèques yes

« On aura beau informatiser et normaliser ;
chaque bibliothèque conservera son odeur spécifique,
sa stratégie, ses sésames, ses secrets » (Nicolas Bouvier).

« Les communautés, pour prospérer, ont besoin de bibliothèques dont les préoccupations dépassent leurs bâtiments et les livres qu’elles contiennent. Elles doivent être des centres d’apprentissage et des catalyseurs du développement numérique » (David Lankes).

Connect before correct

Nos capacités de penser ne valent-elles pas mieux
que de choisir un camp contre un autre,
que de brandir des drapeaux partisans ?
Ne sont-elles pas au top
quand elles intègrent les parts
de vérité des uns et des autres
et servent notre bien commun ?

Et nos consciences ne sont-elles pas au top
quand elles saisissent en profondeur
ce qui relie les êtres humains
dans leur commune fragilité
plutôt que dans leurs apparentes
puissantes forces d’oppositions ?

ombre et hombré

Par temps de canicule, porter des vêtements en fibres naturelles (coton, lin ou bambou) permet de respirer mieux que les synthétiques + se rafraîchir avec une serviette humidifiée et refroidie avec un bloc sortant du congélateur…

« Alors ils ont éteint, d’un geste de prophètes,
Le
soleil de justice et les lampes des fêtes.
Et
l’on vit s’avancer, dans l’ombre, à petits pas,
La
peur aux doigts crochus et le mensonge gras »
(Victor
Hugo, poème Les Ténèbres dans Les Châtiments, 1853).

sieste requinKant

« Deux choses remplissent le cœur d’une admiration et d’une vénération toujours nouvelles et toujours croissantes, à mesure que la réflexion s’y attache et s’y applique : le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi » (Emmanuel KANT, Critique de la raison pratique).

« Le bonheur est un idéal non de la raison mais de l’imagination » (Emmanuel KANT, Fondements de la métaphysique des mœurs).

« Parfois, de loin en loin, quand la nuit est vraiment belle, j’entends un rire lointain […] et me voilà requinqué (Camus, Chute).

« On reconnaît le rouquin aux cheveux du père
et le requin aux dents de la mère »
(Pierre Desproges, Dictionnaire superflu).

prier pour mon ennemi

« Prier pour ceux qui vous persécutent n’est pas une faiblesse morale, c’est une exigence radicale de l’Évangile. Le Christ ne propose pas une simple attitude de tolérance, mais une transformation du cœur capable de traverser l’injustice sans se laisser corrompre par elle.

La prière pour l’ennemi arrache l’âme à la logique de la vengeance. Elle empêche la blessure de devenir haine, et la haine de devenir identité. Celui qui prie pour celui qui le persécute refuse d’être intérieurement gouverné par le mal qu’il subit.

Dans la tradition catholique, cette prière n’absout pas le péché de l’autre ni ne nie la justice, mais elle place la situation devant Dieu, unique juge des cœurs. Elle libère celui qui prie d’un poids spirituel lourd : celui de porter lui-même la rétribution.

Peu à peu, elle purifie le regard. Elle permet de voir l’autre non seulement comme un adversaire, mais comme une personne capable de conversion. Et elle protège le cœur du durcissement intérieur, qui est souvent le premier fruit de la rancune prolongée. Ainsi, prier pour ceux qui persécutent, c’est choisir la liberté intérieure, la stabilité du cœur et la fidélité à l’amour du Christ, même au milieu de l’injustice » (Pape Léon XIV).