violence un raccourci qui fait perdre du temps

Effet boomerang politique : une révolution violente veut abolir un système de domination ; résultat : elle engendre un système encore plus dur, un Pouvoir bien plus centralisé, militarisé, radicalisé.

Exemples d’un résultat contraire à celui recherché ?

En poignardant les rois Henri III (en 1589) et Henri IV (en 1610), les assassins cherchaient notamment à désacraliser la personne du roi. Ce qu’ils ont obtenu : la dynastie s’est complètement investie pour renforcer le Pouvoir royal au point de l’absolutiser : le roi-soleil, c’est l’incarnation de Dieu en personne sur cette terre : la personne du roi est intouchable, son Autorité absolue.

Au Rwanda, en éliminant le roi il y a +/- 65 ans, la “Révolution sociale” cherchait à sortir d’un système féodal, abolir la monarchie pour abolir la domination. 30 ans plus tard (il y a 30 ans), le déchaînement de violences fut sans limites !… Avec tous les reflux au Burundi voisin depuis 65 ans… Vogue la galère ‘karmique’ de la violence engendrant plus de violence.

L’inverse existe : une personne travaille à plus de justice sociale sans violence. Il dérange tellement qu’il est éliminé. Mais son œuvre fleurit au-delà de sa mort. Un exemple à regarder de près : le Docteur Struensee, médecin du roi Christian VII. 20 ans avant la Révolution française, il révolutionna le Danemark en réalisant à un rythme soutenu d’importantes réformes, inspirées par la philosophie des Lumières. Les Forces du désordre établi en perruques parvinrent à le faire décapiter le 28 avril 1772 à Copenhague et à restaurer leur monde de privilèges. Mais, en 1784, Frederik VI, âgé de 16 ans, avec le soutien de son père, Christian VII, reprit le pouvoir et restaura les lois du Docteur Struensee, en allant même plus loin pour améliorer les conditions de vie du peuple paysan. Le film A royal affair présente cette histoire.

On dit souvent : « la fin justifie les moyens ». Alors qu’en vérité, à la fin, ce sont les moyens justes qui contribuent à la bonne fin !

Si toutes nos bombes étaient des graines,
le monde mangerait à sa faim,
plutôt que de courir à sa fin.

La violence se présente comme un raccourci. Elle semble nous faire gagner du temps, elle nous en fait perdre… Ayons le sens de la perspective à long terme.