Elles creusent en nous la terre de l’intériorité

« Jean Lavoué m’a rejoint dans ce que j’ai de plus humain, m’invitant à emprunter ce chemin intérieur où les mots dansent, où les mots sont pure poésie, cette voie intérieure qui nous unifie et nous humanise. Jean Lavoué m’a fait découvrir d’autres chercheurs en quête d’intériorité : Jean Grosjean, Charles Juliet, Jean Sullivan, Marcel Légaut ou encore Maurice Bellet. Il m’a convié à d’autres rencontres en liberté, qui creusent en nous la terre de l’intériorité, comme avec ces trois femmes juives : Etty Hillesum, Magda Hollander-Lafon, Christiane Singer. Les deux premières ont connu l’enfer des camps de concentration. Christiane a connu le cancer. Des femmes qui, malgré l’abîme à traverser, sont restées debout, pleinement humaines, pleinement libres, pleinement aimantes. Jusqu’au bout. Devenir soi, tout un poème ! Vous sentez les mots justes lorsqu’ils vibrent, vivent, irradient en vous, lorsqu’ils vous appellent à vivre. Jésus annonce la voie de l’intériorité, comme en  Jean 4,21 : ce n’est ni sur cette montagne, ni à Jérusalem, mais en chaque personne ouverte au Souffle qui la traverse que se donne à entendre la parole de Dieu » (Pascal Hubert, dont je me suis permis de raccourcir le témoignage, en allégeant la forme ça et là).

Qui je suis vraiment ?

« Il faut absolument se perdre une heure par jour, absolument » (Peter Handke).

« Je ne saurais évoquer en des termes plus heureux les heures de mon existence au cours desquelles, oublié du monde, j’ai joui d’un bref repos, les instants de bonheur inattendu ou d’amour libéré du désir qui me faisaient perdre la notion du temps, les soirées où je comptais les étoiles, les heures passées étendu à l’ombre des feuillages, mes conversations avec les arbres, les nuages et les enfants » (Hermann Hesse, La Leçon interrompue).

BON ANNIVERSAIRE !

Cher Yann, BON ANNIVERSAIRE !
En ce beau jour où, tous autour de toi,
nous dansons la ronde
et fêtons ta venue au monde,
il y a 18 ans,
je prie et me réjouis que tu sois ce vitrail qui vibre
de la clarté radieuse qui le traverse,
au point de faire sans effort
les meilleurs choix porteurs de Vie pour toi
dans le concret de ton aujourd’hui… BRAVO !

Bon Avent, c’est ! Bonnes avancées !

« Il est encore trop tôt pour savoir s’il est trop tard » (Pierre Dac).

« Laisser passer les nuits, les jours, les années, laisser danser nos vies, nos rêves, nos idées. Laisser tomber la pluie, les matins d’été et la neige, câlins d’hiver. Laisser le temps au temps » (Didier Barbelivien).

« Nankurunaisa » en japonais signifie « avec le temps, tout se règle ».

Reviens chahuter mon cœur

« Reviens chahuter mon cœur,
Qu’il vibre comme autrefois ;
Plein d’amour et d’ardeur,
À nos débuts « il était une fois ».

Reviens sur les heures
Où nous passions notre temps,
À nous aimer sans avoir peur
Comme deux adolescents …

Reviens sans tes rancœurs
Oublions nos jours maudits,
Nos faux pas et leurs erreurs
Reprenons sans les non-dits.

Reviens avec douceur
Que j’me glisse dedans,
Ton air mutin et farceur
Me manque tout simplement »
(Laurence Dauphin).

Les jurons religieux s’arrangent pour dire sans dire

‘Mordieu’, c’est jurer par la mort de Dieu. 
‘Jarnibleu’ = « je renie Dieu! ».

Ce sont des blasphèmes qui ont rang de « péché mortel ». Car jurer par le Nom de Dieu, c’est enfreindre le troisième commandement du Décalogue.

Aussi, depuis des millénaires, beaucoup de jurons religieux s’arrangent pour dire sans dire, en évitant de prononcer directement les noms (jeu de oui / non). Exemple : La terminaison -bleu est un euphémisme qui évite de dire Dieu, et donc de blasphémer. Dire sacrebleu plutôt que sacré dieu, Scrogneugneu (ou sa forme ancienne sacrégnongnieu) plutôt que sacré nom de Dieu !

Dire Rrronteudjeu plutôt que Nom de dieu / crédieu / crébondieu…
Dire ‘Jarnicoton’ plutôt que ‘Jarnibleu’ : Cotton, le confesseur d’Henri IV lui demandait de remplacer le blasphème ‘Jarnibleu’ (je renie Dieu) par ‘Jarnicoton’ (je renie Cotton), moins grave !

Et Georges Brassens de s’en donner à cœur joie :
Voici la ronde des jurons
Qui chantaient clair, qui dansaient rond,
Quand les Gaulois de bon aloi
Du franc-parler suivaient la loi,
Jurant par-là, jurant par-ci,
Jurant à langue raccourcie,
Comme des grains de chapelet
Les joyeux jurons défilaient :
Tous les morbleu,
Tous les ventrebleu,
« par le ventre de Dieu! »
Les sacrebleu et les cornegidouille,
Ainsi, parbleu,
Parbleu
Par Dieu !
Que les jarnibleu
Et les palsambleu,
« par le sang de Dieu! »
Tous les cristi,
Les ventre saint-gris,
Les par ma barbe et les nom d’une pipe,
Ainsi, pardi,
Que les sapristi
Sapristi et sacristi
Et les sacristi,
Putain de Tabarnac !
Sans oublier les jarnicoton,
Les scrogneugneu et les bigre et les bougre,
Les saperlott’, les cré nom de nom,
Les peste, et pouah, diantre, fichtre et foutre,
Tous les Bon Dieu,
Tous les vertudieu,
Les saperlott’, les cré nom de nom,
Les peste, et pouah, diantre, fichtre et foutre,
Tous les Bon Dieu,
Tous les vertudieu,
Tonnerr’ de Brest et saperlipopette,
Ainsi, pardieu,
Que les jarnidieu
Et les pasquedieu

(Le pornographe, 2, 1958).

L’art du petit pas

« Apprends-moi l’art des petits pas.
Je ne demande pas de miracles ni de visions,
mais je demande la force pour le quotidien !
Rends-moi attentif et inventif pour saisir
au bon moment les connaissances et expériences
qui me touchent particulièrement.
Affermis mes choix.
Dans la répartition de mon temps,
donne-moi de sentir ce qui est essentiel
et ce qui est secondaire.
Je demande la force, la maîtrise de soi et la mesure.
Que je ne me laisse pas emporter par la vie,
mais que j’organise avec sagesse
le déroulement de la journée.
Aide-moi à faire face aussi bien que possible
à l’immédiat et à reconnaître l’heure présente
comme la plus importante.
Donne-moi de reconnaître avec lucidité
que la vie s’accompagne de difficultés, d’échecs,
qui sont occasions de croître et de mûrir.
Fais de moi un homme capable de rejoindre
ceux qui gisent au fond.
Donne-moi non pas ce que je souhaite,
mais ce dont j’ai besoin.
Apprends-moi l’art des petits pas ! »
(Antoine de Saint-Exupéry).

Différentes langues sentimentales ?

« Les différences linguistiques font partie intégrante de la culture humaine. Si nous voulons communiquer efficacement avec des personnes d’autres cultures, nous devons apprendre leur langue. Il en va de même dans le domaine de l’amour. Votre langage d’amour et celui de votre conjoint peuvent être aussi différents que le chinois de l’est et le français. Vous avez beau essayer d’exprimer votre amour en français, si votre conjoint de comprend que le chinois, vous ne saurez jamais que vous vous aimez. […] Il est rare que mari et femme aient appris la même première langue sentimentale. […] Notre besoin émotionnel le plus profond n’est pas de tomber amoureux, mais d’être authentiquement aimé d’autrui, de connaître un amour qui procède à la fois de la raison et de la volonté, et non d’un instinct.  J’ai besoin d’être aimé par quelqu’un qui a choisi de m’aimer, qui voit en moi une personne digne d’être aimée » (Gary Chapman, Les langages de l’amour).