« On mène les hommes avec des hochets » (Napoléon Bonaparte). Napoléon a créé des médailles (dont la Légion d’honneur), officiellement pour récompenser les militaires et les civils ayant rendu des services éminents à la Nation, officieusement pour consolider son pouvoir et sa propagande : créer une élite qui lui est fidèle, mettre en scène la grandeur du régime impérial et diffuser ses symboles (aigle, rubans, cérémonies…) !
« Le spectacle du monde ressemble à celui des Jeux olympiques : les uns y tiennent boutique ; d’autres paient de leur personne ; d’autres se contentent de regarder » (Pythagore).
J’ai entendu « Mercredi des Cendres ». J’ai alors visualisé « Mère crédits descendre » et j’ai vu la descente aux enfers d’une amie surendettée, maman monoparentale, de plus en plus asphyxiée par le cumul d’emprunts, puis les frais de procédure et de saisies par huissier. Et je me suis dit : 40 jours pour cesser de descendre dans nos cercles vicieux. 40 jours nous sont donnés pour monter vers Pâques, dans l’entraide et la solidarité créative, la sobriété et la simplification…
Je viens de passer à Goma pendant mon séjour dans la Région des Grands Lacs et je relaie ici fidèlement les points de vue de 5 habitants de Goma.
Points positifs : c’est la fin des vols à main armée. Nous étions visités quasi chaque semaine dans des cambriolages parfois très violents. C’est maintenant la sécurité. En outre, la ville est beaucoup plus propre. Et la cohésion sociale entre ethnies est bonne. Nous en sommes positivement surpris…
Points négatifs : nous avons perdu nos emplois, nous sommes à la maison (mécanismes de survie et résiliences par un petit poulailler / culture de mon jardin). Les Institutions nationales sont inopérantes, l’aéroport est fermé, comme les banques (tout l’argent ayant été envoyé à Kin). Notre argent sur un compte en banque n’est pas accessible. Financièrement, c’est très dur. La facture d’électricité a été multipliée par 4. Les taxes augmentent et se multiplient.
« Il y a un ‘nous’, un peuple qui sait qu’il ne parle pas d’une seule voix. Cela peut paraître trivial, mais c’est très difficile à construire. Le seul ‘nous’ viable, à mon sens, est le nous polyphonique : un ‘nous’ capable d’entendre les voix diverses qui le composent. Dans le monde juif, c’est un sujet de tension permanente ! Certains veulent à tout prix s’imaginer un groupe monolithique, uni dans ses pratiques ou ses convictions. […] L’eschatologie renvoie à l’image de la tour de Babel, ou de Sodome et Gomorrhe… c’est-à-dire à des mondes qui s’achèvent, qui ne sont pas la fin du monde, mais la fin d’un monde, à chaque fois reposant sur des enjeux éthiques : Babel s’effondre parce que les hommes ne parlent que d’une seule langue, alors que le projet divin est qu’ils en parlent plusieurs. Quant à Sodome et Gomorrhe, il n’y a pas de faute à caractère sexuel, contrairement à la lecture communément admise : Sodome s’effondre car elle est incapable d’accueillir l’étranger, ne partage plus les richesses, mais les garde pour elle » (Delphine Horvilleur, rabbin en France).
« Si vous divisez la mort par la vie, vous obtenez un cercle »
(Colum McCann dans son roman Apeirogon qui symbolise ainsi le cycle perpétuel et infernal, dans lequel une mort en entraîne une autre : le cercle vicieux de nos violences stimulées par nos deuils tragiques… Diviser la mort par la vie n’égale pas zéro qui met fin ; ça égale un cercle délétère dont le cycle de mort est sans fin.
« Ante / Post Christum natum » (« avant / après la naissance du Christ ») est un système de notation dans lequel on passe de l’an 1 a.C.n. à l’an 1 p.C.n. en zappant l’année zéro : pour le cercle vertueux d’une histoire linéaire qui échappe à un kharma sans fin ? Ce n’est pas nul, ça ! Bien joué…
Extraits de Michel Serres dans son essai ‘C’était mieux avant !’ :
« Or, cela tombe bien, avant, justement, j’y étais. Je peux dresser un bilan d’expert.
Chères Petites Poucettes, chers Petits Poucets, ne le dites pas trop à vos vieux dont je suis, c’est tellement mieux aujourd’hui : “Grands Papas Ronchons” qui répètent que tout était mieux avant la paix, la longévité, les antalgiques, la Sécu, l’alimentation surveillée, l’hygiène et les soins palliatifs, ni service militaire ni peine de mort, les voyages, le travail allégé, les communications partagées… […] Avant, nous gouvernaient Franco, Hitler, Mussolini, Staline, Mao… rien que des braves gens ; avant, guerres et crimes d’État laissèrent derrière eux des dizaines de millions de morts. »
« À chaque pulsation de mon cœur, il m’apparaît de plus en plus clairement que tu ne peux pas nous aider, mais que c’est à nous de t’aider et de défendre jusqu’au bout la demeure qui t’abrite en nous » (Etty Hillesum).
L’hégémonie américaine repose notamment sur le système du pétrodollar mis en place il y a 50 ans : 1974, les USA obtiennent de l’Arabie saoudite, en échange de sa protection militaire, que tout le pétrole soit vendu dans le monde en dollars américains. C’était indispensable pour la suprématie de la devise américaine sur la planète, avec tous les avantages que cela offre : les États-Unis ont assuré une dépendance structurelle du monde entier au dollar, ont pu financer leurs déficits en imprimant de la monnaie dont tout le monde a eu besoin, ont pu emprunter moins cher que tout le monde et acheter à l’étranger à moindre coût. Depuis les années 70, les USA ont pu ainsi exercer un pouvoir géopolitique décisif. Comme la plupart des transactions internationales sont passées par le système financier américain, les USA ont pu imposer des sanctions financières efficaces, bloquer des transactions, refuser à des banques étrangères l’accès au système SWIFT. Le dollar a été une arme géopolitique silencieuse mais redoutable car en période de crise mondiale, les capitaux ont été se réfugier dans le dollar, ce qui l’a renforcé ! Jusqu’ici, quand le monde a tremblé, l’argent a couru vers les États-Unis…
On comprend ainsi que depuis 50 ans, tout dirigeant d’un pays producteur de pétrole qui décide de « se libérer du dollar » a été brisé par les USA qui ne tolèrent pas que le pétrole soit tarifé en yuans chinois, en euros, en roubles… Exemples : Saddam Hussein annonça en 2000 que l’Irak vendra dorénavant son pétrole en euros. Aussitôt que les USA le firent tomber, la vente du pétrole irakien est revenue au dollar. Kadhafi fut aussi impitoyablement éliminé quand il déclara vouloir placer en 2009 le commerce du pétrole de la Lybie sous le « dinar or », monnaie fièrement africaine adossée à l’or.
« Se libérer du dollar » est une expression que répète depuis 2018 Maduro, le président du Venezuela, ce pays qui possède 20 % des réserves de pétrole prouvées (303 milliards de barils), loin devant tous les autres pays : cinq fois plus de pétrole que l’Irak et la Lybie réunis ! Maduro a systématiquement cherché le soutien des pays les plus engagés dans la dédollarisation mondiale : Chine, Russie, Iran, les BRICS… L’intervention américaine au Vénézuéla cherche à arrêter la dédollarisation mais il est probable qu’elle va l’accélérer. La Chine a créé CIPS, sa propre alternative à SWIFT, qui compte 4 800 banques dans 185 pays, avec des systèmes de paiement qui contournent totalement le dollar.
Le Vénézuéla fournit moins de 1 % de la cocaïne consommée aux États-Unis. La lutte contre le trafic de drogue est un épiphénomène mis en avant par Trump à des fins d’habillage idéologique du maintien de la Pax Americana. Ce post est un complément à celui que j’ai fait le 31 décembre 2025, 3 jours avant l’intervention militaire des USA pour capturer Maduro et exercer son emprise sur son pays : https://etiennechome.site/la-loi-du-plus-fort-%e2%89%a0-la-paix-veritable/.