Restaurer notre grandeur

Restaurer une « grandeur » nationale,
c’était essentiel pour Hitler,
après les humiliations
subies par l’Allemagne
après la Première Guerre mondiale.
Combien de millions d’humains
a-t-il entraîné dans sa perte ?

Restaurer une « grandeur » nationale,
c’est essentiel pour Poutine,
après les humiliations
subies par les Russes
après la chute de l’Union soviétique.
Combien de millions d’humains
entraîne-t-il dans sa perte ?

Restaurer une « grandeur » nationale,
c’est essentiel pour Trump,
pour conjurer la fin inexorable
de l’impérialisme américain…
Combien de millions d’humains
entraîne-t-il dans sa perte ?

Restaurer la grandeur de son Royaume de Justice et de Paix,
c’est essentiel pour le Fils de Dieu, après les choix de
puissance des humains à travers leurs guerres dites justes.
Combien de millions d’humains
entraîne-t-il dans son salut ?

Voici le rêve d’un concert des Nations en paix,
avec leurs leaders réunis dans « We are the world » :
https://www.youtube.com/watch?v=D_WQ7XwbiSQ
(impressionnante I.A. nous permettant
de visualiser et d’entendre un tel rêve)…

Bernanos critique la passivité

Fin septembre 1938, les accords de Munich sont signés en Allemagne pour « éviter la guerre ». Bernanos commente ainsi : « Chamberlain et Daladier reviennent de Munich en faisant la mine de la petite bonne qui s’est fait engrosser par le boucher et qui ne sait pas comment l’avouer à sa patronne… Mais, après tout, il y a longtemps que Chamberlain ne porte plus une natte dans le dos et qu’il a du écarter les jambes ».

Et Bernanos d’ajouter avec l’acribie poliment acerbe qu’on lui connaît : « la voix du vieux Maréchal Pétain a l’effet d’une purge amollissante. Les consciences bien pensantes jusqu’ici terrifiées par l’éventualité du communisme ou de la guerre se relâchèrent toutes ensemble comme des ventres.

[…] J’ai quitté mon pays peu avant Munich. Tout y était déjà prêt pour l’ivresse munichoise, mais il n’était pas encore ivre, il titubait seulement. Je n’ai pas voulu le voir en train de vomir dans le caniveau le reste de sa paix honteuse. Je ne l’ai pas vu de mes yeux étendu dans le ruisseau de la paix honteuse, vomissant dans un dernier hoquet les restes méconnaissables de son ancienne victoire ».

Pour goûter davantage à cette acribie, lire Christian Charrière-Bournazel, Bernanos, pèlerin infatigable de l’espérance.

Image : j’ai demandé à l’I.A. d’illustrer «  Emmanuel Macron en chef d’état-major européen ».

La course aux larmes-me-ment

« Chaque arme fabriquée, chaque navire de guerre lancé, chaque fusée tirée signifie, en fin de compte, un vol à ceux qui ont faim et ne sont pas nourris, à ceux qui ont froid et ne sont pas vêtus » (Dwight Eisenhower).

« Je ne sais pas avec quelles armes se fera la troisième guerre mondiale, mais la quatrième se fera avec des bâtons et des pierres » (Albert Einstein).

« Si vous voulez que vos enfants soient intelligents, lisez-leur des contes de fées. Si vous voulez qu’ils soient plus intelligents, lisez-leur plus de contes de fées » (pensée d’origine inconnue mais très souvent attribuée à Albert Einstein).

Win-Win

Il paraît que les scarabées de la famille de l’Onthophagus taurus sont capables de soulever jusqu’à 1.141 fois leur propre poids. T’imagines ? Toi qui pèses 80 kilos et qui soulèves difficilement l’équivalent de ton propre poids, tu serais capable de soulever plus de 90 tonnes !

Il était une fois une fourmi portant un énorme fruit sauvage, dans la gratitude d’être capable de soulever jusqu’à 20 fois son propre poids. En chemin, un scarabée lui barra la route en se moquant pour la xème fois de la légèreté de son fardeau et de la petitesse de son exploit. Sans y réagir, la fourmi le contourna et poursuivit son chemin. Quelques jours plus tard, ce scarabée se retrouva piégé dans la résine collante d’un arbre et appela à l’aide. Mais fermés par ses railleries habituelles, tous l’ignorèrent, sauf cette fourmi qui lui tendit un long brin d’herbe, par lequel il se libéra de la résine.

À ses congénères surprises par son geste, la fourmi explicita : « Je prends soin jusqu’au bout de mon dos si précieux pour transporter les choses essentielles à ma vie. Mon dos n’a pas envie d’être alourdi par des fardeaux inutiles, tels que la rancune ».

Cerise sur le gâteau, si je puis dire : le scarabée devint son ami toujours prêt à lui rendre un coup de main pour le transport de fruits de plus de 20 fois son poids !…

Créer de la valeur entre nous comme par magie, c’est se focaliser sur ce qui te coûte peu et qui me rapporte beaucoup ET aussi ce qui me coûte peu et qui te rapporte beaucoup ! Vive la créativité, image et ressemblance des comiques qui nous ont inventés et créés…

Pèlerins d’espérance

« La paix ne sera jamais le fruit de la méfiance, le fruit des murs, des armes pointées les uns contre les autres. Saint Paul dit: « Ce que l’on sème, on le récolte » (Gal 6, 7). Frères et sœurs, en ce moment, nos civilisations sèment la destruction, la peur. Frères et sœurs, semons l’espérance ! Soyons des semeurs d’espérance ! Que chacun cherche la manière de le faire, mais semeurs d’espérance, toujours » (Pape François, 18 mai 2024).

Le levier de la justice

Archimède a dit : « Donnez-moi un point d’appui et je soulèverai le monde ». Le principe du levier est simple en théorie ! En pratique ?

Côté du monde humain, Gandhi et Martin Luther King proposent ce levier-ci : mobiliser une masse critique de citoyens, si possible la majorité du groupe, en faveur de la justice sur un point précis du système injuste et faire l’expérience qu’ensemble, nous pouvons soulever le monde : nous avons le pouvoir de le rendre plus juste, petit bout par petit bout !

Équité, dignité, solidarité
pour un monde meilleur !
L’union des consciences
fait la force de la justice…

Le long-terme = l’urgence du court-terme

« Pour réconcilier le court et le long terme, il est important de ne pas prendre certaines décisions de court terme qui obstruent la cohérence de la vision » (Stéphane Pallez).

Continuons à ne pas prendre
les vessies pour des lanternes
et à montrer que
1) les politiques de profit à court terme
finissent par coûter cher à long terme,
2) les investissements féconds à long-terme
sont la meilleure urgence du court-terme…

Je ne suis pas un héros

Marianne Aya Omac chante ‘Je reviens’ :
https://www.youtube.com/watch?v=sSr1JZNprlw

Oui, je reviens de guerre.
Je ne suis pas blessé.
J’ai traversé l’enfer et je m’en suis tiré.
Mais j’ai sauvé ma vie au prix de tellement d’autres
Que j’éprouve un remord d’être parmi les vôtres.
J’ai lancé des grenades, vous me lancez des fleurs
et, pour avoir tué, m’accueillez en vainqueur.
Quand je vois cet enfant qui m’apporte une gerbe,
je pense que là-bas d’autres dorment sous l’herbe.

Oui je reviens de guerre,
Mais, je vous en supplie,
ne me demandez pas d’être fier d’être ici.
J’ai fait comme les autres, je me suis défendu.
Je ne voulais pas mourir, mes adversaires non plus.
Ce n’est pas la violence qui nous faisait agir
mais une peur immense de ne plus revenir.
Pour vous, c’est terminé, vous chantez la paix.
Moi, je pleure ces morts qui ne m’avaient rien fait.

Oui, je reviens de guerre ;
on dit qu’on a gagné…
Mais, pour l’amour de Dieu, cessez de m’acclamer,
car, si je suis ici, c’est que d’autres sont morts.
Et leurs cris d’agonie me poursuivent encore.
Qu’on ne me dise pas que j’ai des ennemis.
Je n’ai vu que des hommes transformés en soldats
qu’on obligeait à faire ce qu’ils ne voulaient pas.

Oui je reviens de guerre,
mais vos chants de victoire n’effaceront
jamais l’horreur de ma mémoire.
Je crois entendre un bruit,
celui du corps d’un homme qui tombe.
Et le dernier soupir de celui qui succombe,
et le dernier regard de ceux que j’ai tués
m’a placé pour toujours au banc des accusés.
Arrêtez la fanfare, rangez tous vos drapeaux ;
je suis un criminel, je ne suis pas un héros.

La conversion de Bartolomé de Las Casas

Bartolomé de Las Casas était parti chercher fortune à Hispaniola (l’actuel Haïti) en 1502. Comme tout colon, il avait reçu une parcelle de terres (« repartimiento ») avec le droit d’utiliser le travail d’un groupe d' »Indiens » pour exploiter ces terres. Il se montrait bon colon traitant ces indigènes avec humanité. Il était désireux d’être bon avec eux et il soutenait les œuvres caritatives telles que la création d’écoles et d’hôpitaux mais, pendant 12 ans, il a été incapable de voir la violence dans la domination exercée sur les colonisés qui étaient spoliés de leurs terres et réduits à de la main d’œuvre en esclavage. Il resta longtemps insensible à l’iniquité du système d’exploitation en place, malgré les appels de quelques prêtres (comme le dominicain Antonio de Montesinos dont le sermon le dernier dimanche de l’Avent 1511 avait fait des remous jusqu’à la Couronne espagnole).
 
Il fallut l’intervention de l’Esprit pour que les écailles tombent de ses yeux. Il raconte que cette conversion radicale arriva à un moment précis, alors qu’il préparait un sermon pour la Pentecôte de 1514 (il fut retourné par ce verset biblique : « celui qui offre le sacrifice tiré de la substance des pauvres, agit comme s’il sacrifiait un fils en présence de son père » (Ecclésiastique 34,24)). Il réalisa que « tout ce qui se commet aux Indes vis-à-vis des Indiens est injuste et tyrannique ». Il renonça aussitôt à son repartimiento et comprit qu’aimer son prochain, c’est aussi refuser d’être complice des injustices structurelles. Il mobilisa alors toutes ses meilleures forces pour une réforme profonde des structures.
 
Pour approfondir, lire le bel article que je reprends ici :

de Marie-Alice Tihon qui vient de nous quitter ce 1/1/2025. Il fut publié dans la revue Lumen Vitae (1988, n°3, p. 285-294). Elle souligne que l’Évangile ne peut résonner que lorsque une liberté s’adresse à une autre liberté : « La conversion de Las Casas fut de passer d’une mentalité de propriétaire de l’Évangile au regard d’espérance de Dieu, qui fait confiance au monde et qui se livre à lui. Frère Bartolomé a fait confiance en ce peuple d’Amérique ; il l’a reconnu comme lieu où Dieu se révèle et il l’a passionnément aimé ».

3 types de violences qui s’enchaînent

Extrait de mon article publié le 28 septembre 2001 :

« Dans son livre ‘Spirale de violence’ (1970), le célèbre évêque brésilien, Dom Helder Camara, distingue trois types de violence et souligne comment elles s’enchaînent. « Vous constaterez que, partout, les injustices sont une violence. Et on peut, et on doit dire qu’elles sont partout la première de toutes les violences : la violence nº 1. Cette violence installée, cette violence nº 1 attire la violence nº 2″  [celle commise par ceux qui se révoltent contre les règles du jeu injustes mais imposées et maintenues par les plus forts. Et] « quand la violence nº 2 tâche de faire face à la violence nº 1, les autorités se jugent dans l’obligation de sauver l’ordre public ou de le rétablir, même s’il faut employer des moyens forts : c’est la violence nº 3« .

Plusieurs Israéliens m’ont déjà partagé sincèrement : « Nous, Israéliens, nous ne menons aucune action terroriste, nous ne plaçons pas de bombes dans les bus. Quand nous recourons à la force armée, ce n’est jamais pour attaquer, c’est chaque fois pour nous défendre et nous protéger. » Ils parlent de leur propre violence (nº 3) en réaction à celle des Palestiniens (nº 2), mais sans voir les violences nº 1 que sont les injustices. C’est pourtant elles qui sont à la base de l’enchaînement infernal des violences. Et comme le montre cette analyse, la solution à de tels conflits tient essentiellement dans la suppression des injustices (quelles qu’elles soient et d’où qu’elles viennent). Et le début de la solution, pour ce qui est à la portée des plus forts, est de comprendre que la violence nº 3 ne résoudra jamais rien. Au contraire, elle ne fait qu’alimenter la spirale de violence. C’est aussi vrai que 1 v + 1 v  = 2 v et que 2 v + 1 v = 3 v ! C’est aussi simple que l’histoire d’une marmite brûlant sur le feu : si vous augmentez le feu, elle brûlera encore davantage ! »

Ce propos peut être appliqué à tant de contextes… Ainsi, l’enchaînement des violences entre ‘terroristes arabes’ et USA dans les années 1990 et 2000 : les attentats du 11 septembre 2001 ne sont pas un point de départ ! C’est une étape horrible d’un conflit qui dégénère.

Ce propos appliqué à l’enchaînement des violences au Rwanda ? Le génocide d’avril 1994 n’est pas un point de départ, ni la guerre lancée par le FPR le 1er octobre 1990 ! Ce sont des étapes horribles d’un conflit qui dégénère.

Pour lire l’article en entier :

(article n°3) et voici encore un extrait d’un autre article :

« Gandhi a fait sa première « expérience avec la vérité » en 1893, en passant toute une nuit à grelotter dans une gare d’Afrique du Sud, après que des Blancs l’aient jeté du train, et d’abord expulsé du wagon de 1ère classe, auquel lui donnait pourtant droit son statut d’avocat britannique. Au cours de cette nuit, Gandhi décida de sa vie : « Je devais essayer d’attaquer à la racine ce mal du préjugé des couleurs, tout en acceptant les épreuves que cela m’occasionnerait ». Pour attaquer le racisme, sa 1ère décision, étonnante, est de réunir tous les Indiens de Prétoria et de leur parler de l’importance de la loyauté dans les affaires (la plupart des commerçants indiens pensaient que la vérité n’était pas conciliable avec leur métier). C’est comme si, de nos jours, Georges W. Bush avait commencé à lutter contre le terrorisme en regardant de près avec son peuple comment eux-mêmes y contribuent, comment eux-mêmes trahissent la Vérité. La méthode de Gandhi tient en deux principes. 1) Combattre l’injustice en ne s’appuyant que sur la seule force de la vérité : faire la vérité, la dire en s’y tenant strictement, l’exposer aux consciences et sur la place publique, en en assumant les conséquences. 2) Renoncer, dans ce combat, à tout moyen violent »

(article n°16, de décembre 2001 ; accès à tous ces articles d’il y a 25 ans : https://etiennechome.site/outils-pour-de-meilleures-relations-humaines/).