Pour l’essentiel, la paix coule de source, comme un fleuve se reçoit des ruisseaux sortis de la source. La paix est parmi nous un cadeau à déballer ensemble. Je vous salue de la conférence européenne « Guérir des conflits », qui a lieu ce WE à Milton Kenes (UK) : https://www.church-and-peace.org/fr/2026/01/guerir-des-conflits-conference-europeenne-2026/.
« Face aux agissements des prédateurs américains, russes et israéliens, face à la multiplication des attaques contre le système de justice internationale, Amnesty International dénonce le silence et l’inaction des dirigeants de ce monde :
« En 2025, Trump, Poutine et Netanyahu entre autres, ont cherché à asseoir leur domination économique et politique par la destruction, la répression et la violence à grande échelle sur la scène internationale. Ces prédateurs, après avoir eux-mêmes paralysé le Conseil de sécurité de l’ONU par un usage abusif et inadmissible de leur droit de veto, prétendent aujourd’hui que les mécanismes internationaux de paix et de sécurité ne fonctionnent pas. Ils proposent alors des solutions de rechange qui ne servent que leurs propres intérêts, en négociant ce qu’ils appellent des cessez-le-feu, des cessez-le feu qui ne tiennent pas compte des civils, qui ne s’attaquent pas aux causes profondes du conflit, qui ne rendent pas justice, des cessez-le-feu qui, sans surprise, sont constamment violés » » (Agnès Callamard, secrétaire général d’Amnesty International, répercutée aux infos de 6h00 AM de la RTBF, ce 21 avril 2026). Cf. Rapport annuel 2025 que j’ai lu ici en français : https://www.amnesty.org/fr/annual-report-global-analysis/
« Soyez l’huile qui se répand sur les blessures humaines. […] Le monde est détruit par quelques dominateurs ET, par ailleurs, il est aussi maintenu sur pied par une myriade de frères et sœurs solidaires ! Ils sont de la descendance d’Abraham, innombrables comme les étoiles du ciel et les grains de sable sur la plage de la mer. Regardons-nous dans les yeux : nous sommes déjà ce peuple immense! Nous devons simplement nous accueillir les uns les autres. Nous formons une seule famille et habitons la même maison, cette merveilleuse planète dont les cultures anciennes ont pris soin pendant des millénaires. […] La paix n’est pas à inventer : elle est à accueillir, en accueillant le prochain comme notre sœur et notre frère. […] Je suis une mission sur cette terre, et pour cela je suis dans ce monde. Servons la paix ensemble, chacun agissant selon sa propre vocation. Allons de l’avant sans nous lasser, avec courage, et surtout ensemble, toujours ensemble, dans cette révolution silencieuse ! » (pape Léon, Rencontre de paix à Bamenda, au Cameroun, 16 avril 2026).
« Soyons un rempart contre ce délire de toute puissance qui devient toujours plus agressif, dans ce cauchemar où la réalité se peuple d’ennemis. Le saint Nom de Dieu ne peut être entraîné dans des discours de mort. Assez de l’idolâtrie du moi et de l’argent ! Assez des démonstrations de force ! Assez de guerre ! La véritable force se manifeste en servant la vie » (pape Léon, veillée de prière pour la paix à Rome ce samedi 11 avril).
100 fourmis noires mises dans un bocal avec 100 fourmis rouges : situation très tendue, chaque groupe est sur ses gardes…
Le défi est d’ouvrir le bocal et de redonner à chaque groupe ses espace-temps vitaux, indispensables pour une cohabitation.
L’erreur dramatique est de les stresser, de secouer le bocal : les deux groupes se mettent à s’entre-tuer, chacun pensant être attaqué par l’autre.
Celui qui réduit l’espace et secoue, porte une écrasante responsabilité dans le massacre qui s’en suit.
Voilà 25 ans que les guerres préemptives de l’empereur américain enfoncent les Proche- et Moyen-Orient dans des haines ennemies dont il est toujours plus difficile de sortir. Idem pour l’empereur russe dans son ancien Bloc soviétique. Quel fléau que la gloire et l’honneur des peuples à conquérir et à maintenir leurs empires.
Simplifier comporte le risque de caricaturer mais aussi l’intention de clarifier…
« En ce mois de mars, au calendrier des intentions de prière du pape Léon XIV, était inscrit : « Prions en mars 2026 pour que les nations s’engagent résolument sur le chemin d’un désarmementeffectif, en particulier nucléaire, et pour que les dirigeants du monde choisissent le dialogue et la diplomatie, plutôtque la violence. »
[…] Ainsi que l’a affirmé avec force le pape François : ni l’usage ni la possession de l’arme atomique ne sont légitimes et le désarmement unilatéral est la seule attitude juste. Aucun usage du nucléaire militaire ne saurait correspondre aux critères traditionnels de la ‘guerre juste’ : son effet ne saurait respecter aucune proportion ni conduire à aucune paix. La bombe atomique est destructrice, c’est la forme ultime du nihilisme. […] Alors qu’il y a déjà sur le globe suffisamment d’ogives pour anéantir l’humanité (et même plusieurs centaines de fois !) et que la France annonce augmenter encore son arsenal, nous invitons tous nos frères et soeurs dans la foi à s’associer à la prière du pape pour un désarmement nucléaire « effectif ». Nous supplions tous les aumôniers militaires chrétiens, et tout spécifiquement l’évêque catholique aux armées, d’exprimer publiquement et prophétiquement auprès des autorités publiques et militaires leur opposition absolue à l’usage et à la possession d’armes nucléaires et à rappeler la nécessité urgente d’un désarmement unilatéral. Nous implorons tout soldat chrétien à exprimer publiquement ce refus catégorique et à agir en conséquence en « obéissant à Dieu plutôt qu’aux humains » (Ac 5,29) » (Collectif de plus de 600 chrétiens de diverses confessions, declaration publiée dansLa Croix, lundi 30 mars 2026 ; liste complète des signataires sur la-croix.com).
Des frappes américano-israéliennes ont détruit l’Institut Pasteur d’Iran, si précieux depuis 126 ans, l’usine pharmaceutique Tofigh Daru (l’Iran fabrique près de 90% de ses médicaments, vu les sanctions occidentales), l’Université des sciences et technologies de Téhéran, fondée en 1929, première école d’ingénieurs du pays. Plus de 4 000 cibles ont été frappées en peu de jours, dont 21 universités, comme l’Université de technologie d’Ispahan : même les lieux où se forment les médecins, les ingénieurs, les scientifiques de demain sont détruits pour « ramener l’Iran à l’âge de pierre », comme se glorifie Trump.
Frapper des infrastructures civiles constitue des crimes de guerre. À quand le lauréat du premier « prix de la paix » de la FIFA aux côtés de Poutine et de Netanyahou sur les bancs de la Cour Pénale Internationale (CPI), pour rendre compte de leurs crimes de guerre ?
Meneurs de guerre, pour vous aussi, il y a un Vendredi saint qui peut s’ouvrir sur Pâques :
« Fabricants et marchands d’armes, vous qui faites des affaires avec le sang des hommes, vous appelez ‘marché’ ce qui est péché. Le monde semble avoir réappris le langage de Caïn. Vous tirez profit de la blessure de votre frère. Il y a des nuits, en ce moment, où l’humanité semble se perdre. De longues nuits, où le ciel ne console pas et où la terre ne rend que des décombres. Et pourtant, là justement, au cœur de la nuit, l’Évangile continue de s’obstiner. Il continue de dire qu’aucun homme n’est né pour être une cible, qu’aucun enfant n’a pour destin la poussière. Qu’aucune mère ne doit apprendre à reconnaître son fils à partir d’un lambeau de tissu. Que la paix n’est pas une faiblesse à railler, mais la forme la plus élevée de la force
[…] Vous faites le contraire du pain. Le pain se rompt pour nourrir. Les armes brisent les corps pour affamer l’avenir. Le pain rassemble les hommes autour d’une table. Les armes creusent des fosses, vident les maisons, allongent les tables sans convives. Le pain a le parfum des mains. Les armes ont l’odeur froide de la comptabilité.
[…] Dieu ne cesse de frapper, même aux portes les plus blindées. Pour vous aussi, il y a une possibilité de rédemption. Pour vous aussi, il y a un Vendredi saint qui peut s’ouvrir sur Pâques » (extraits de la lettre de l’archevêque de Naples, Cardinal Domenico Battaglia, Pas de paix tant que la guerre restera un investissement acceptable, 24 mars 2026).
« Marchands de mort, vous continuez à passer sous cette croix comme le firent un jour les soldats, en vous partageant les vêtements du condamné. Sauf qu’aujourd’hui, vous ne tirez pas au sort une tunique : vous tirez au sort des peuples entiers. Vous pariez sur les frontières, sur les rancœurs, sur les escalades, sur les équilibres armés. Et pendant ce temps, vous appelez « paix » la peur, « ordre » la domination, « sécurité » la menace permanente.
Mais il n’y a pas de sécurité là où l’on sème la mort. Il n’y a pas d’avenir là où l’on éduque les jeunes à la méfiance. Il n’y a pas de justice si la richesse de quelques-uns repose sur le deuil de beaucoup. Et il n’y aura pas de paix tant que la guerre restera un investissement acceptable » (Docteur Ghassan Abu Sitta, Israël semble mener une guerre contre les enfants de la région).
« Gagner sans combattre est le sommet de l’art de la guerre » (Sun Tzu). Ci-dessous un exemple ?
Voici un exposé de Géopolitique mondiale (https://geopolitiquemondiale.com/) que je contracte (divisé par deux).
Du pétrodollar au pétroyuan : le basculement silencieux d’Ormuz.
Au détroit d’Ormuz, les bateaux amis (chinois, indiens, pakistanais…) et neutres sont autorisés par les Gardiens de la Révolution à passer. La liste des invités redessine la carte des puissances mondiales.
Chaque navire qui passe en payant en yuans fragilise l’architecture du pétrodollar. Chaque jour où ce système fonctionne prouve que le commerce mondial de l’énergie peut s’effectuer en yuans, via un point de passage stratégique non occidental — même en temps de guerre.
Cette démonstration ne disparaîtra pas avec la fin du blocus. Ce système de paiement en yuans, né sous contrainte, peut devenir un modèle en temps de paix.
Pékin n’a tiré aucun coup de feu, n’a déployé aucun soldat, n’a exposé aucun actif. La guerre menée et financée par les États-Unis contribue, paradoxalement, à construire l’infrastructure financière dont la Chine pourrait hériter une fois les combats terminés.
Le détroit sépare désormais les nations en deux catégories : celles qui paient en yuans, et celles dont les bateaux attendent devant le détroit d’Ormuz. Et l’écart entre les deux se mesure dans une monnaie que ni Washington ni Jérusalem ne contrôlent. Le détroit devient un lieu d’audition pour le prochain ordre monétaire.
Quel aveuglement sur l’enchaînement des violences : c’est toi qui as commencé ; c’est toi le méchant et moi le gentil ; tes actes sont violents, les miens sont légitime force ; c’est moi qui aurai les derniers maux, qui peux prétendre mettre fin à tes violences…
Tous ces actes de violence présentés comme efficaces pour nous faire gagner du temps, ce sont des raccourcis de prétendue justice qui, à vrai dire, nous font perdre beaucoup de temps, tel un miroir qui s’échappe de nos mains et qui se brise : ses fragments sont si peu aptes à jouer encore leur rôle de miroir. La vérité tombe de nos mains, encore et encore… Et, à chaque fois, ses fragments rapetissent…
Dans l’escalade des violences de toute guerre, les belligérants s’enfoncent toujours plus dans l’horreur, toujours plus aveuglés, toujours moins capables de regarder en face leurs erreurs de base…
« La guerre ne détermine pas qui a raison, seulement qui reste » (Bertrand Russell).
« Qui prend l’épée périra par l’épée » (Matthieu 26, 52).
« Œil pour œil, et le monde entier deviendra aveugle » (Gandhi).
Comme c’est important de connaître hors crise les pièges de la violence et ses illusions, de les repérer à l’œuvre partout dans le monde et de tout temps, dans l’histoire de l’humanité… Cela aide de repérer comment s’enchaînent les violences par exemple ces deux derniers siècles en France-Allemagne, au Rwanda-Congo, en Russie-Ukraine, à l’intérieur des États US… Ça ouvre les yeux, ça empêche de prendre par exemple le 11 septembre 2001 comme le point de départ, le temps 0 de la croisade américaine de ces dernières 25 années !