Fabricants et marchands d’armes

Meneurs de guerre, pour vous aussi, il y a un Vendredi saint qui peut s’ouvrir sur Pâques :

« Fabricants et marchands d’armes, vous qui faites des affaires avec le sang des hommes, vous appelez ‘marché’ ce qui est péché. Le monde semble avoir réappris le langage de Caïn. Vous tirez profit de la blessure de votre frère. Il y a des nuits, en ce moment, où l’humanité semble se perdre. De longues nuits, où le ciel ne console pas et où la terre ne rend que des décombres. Et pourtant, là justement, au cœur de la nuit, l’Évangile continue de s’obstiner. Il continue de dire qu’aucun homme n’est né pour être une cible, qu’aucun enfant n’a pour destin la poussière. Qu’aucune mère ne doit apprendre à reconnaître son fils à partir d’un lambeau de tissu. Que la paix n’est pas une faiblesse à railler, mais la forme la plus élevée de la force 

[…] Vous faites le contraire du pain. Le pain se rompt pour nourrir. Les armes brisent les corps pour affamer l’avenir. Le pain rassemble les hommes autour d’une table. Les armes creusent des fosses, vident les maisons, allongent les tables sans convives. Le pain a le parfum des mains. Les armes ont l’odeur froide de la comptabilité.

[…] Dieu ne cesse de frapper, même aux portes les plus blindées. Pour vous aussi, il y a une possibilité de rédemption. Pour vous aussi, il y a un Vendredi saint qui peut s’ouvrir sur Pâques » (extraits de la lettre de l’archevêque de Naples, Cardinal Domenico Battaglia, Pas de paix tant que la guerre restera un investissement acceptable, 24 mars 2026).

« Marchands de mort, vous continuez à passer sous cette croix comme le firent un jour les soldats, en vous partageant les vêtements du condamné. Sauf qu’aujourd’hui, vous ne tirez pas au sort une tunique : vous tirez au sort des peuples entiers. Vous pariez sur les frontières, sur les rancœurs, sur les escalades, sur les équilibres armés. Et pendant ce temps, vous appelez « paix » la peur, « ordre » la domination, « sécurité » la menace permanente. 

Mais il n’y a pas de sécurité là où l’on sème la mort. Il n’y a pas d’avenir là où l’on éduque les jeunes à la méfiance. Il n’y a pas de justice si la richesse de quelques-uns repose sur le deuil de beaucoup. Et il n’y aura pas de paix tant que la guerre restera un investissement acceptable »
(Docteur Ghassan Abu Sitta, Israël semble mener une guerre contre les enfants de la région).

Le nouveau Vietnam américain ?

Claude Malhuret, au Sénat français, séance du 25 mars 2026,
morceaux choisis :
« En février 2022, un fou dangereux, ivre de grandeur, a allumé en Ukraine une mèche qui a fait exploser un baril de poudre et bouleversé l’ordre mondial. La guerre devait durer une semaine, elle entre dans sa cinquième année.

En février 2026 un autre fou dangereux a allumé au Proche-Orient une autre mèche qui remet de nouveau en cause l’équilibre international. La guerre devait elle aussi durer une semaine. Un mois plus tard, le monde entier se pose la question : que va-t-il se passer ? La réponse est simple, courte et précise : Dieu seul le sait. 

Il y a un an, ici même, je comparais la présidence de Trump à la cour de Néron. Je me trompais, c’est la cour des Miracles : un antivax, ancien héroïnomane, est ministre de la santé ; un climatosceptique, ministre de l’écologie ; un animateur télé alcoolique, ministre des armées ; une ancienne agente du Qatar, ministre de la justice ; une groupie de Poutine, ministre de la sécurité nationale.

Un proverbe turc dit : « Quand un clown s’installe dans un palais,
il ne devient pas roi. C’est le palais qui devient un cirque
. »

 […] Après avoir rassemblé la plus puissante armée du monde, échoué à gagner une guerre contre une puissance moyenne, fait exploser le prix du pétrole et du gaz et tenu des discours sans queue ni tête, le golfeur de Mar-a-Lago avoue sans honte être stupéfait par la riposte iranienne, pourtant parfaitement prévisible, et appelle à l’aide ses alliés qu’il insultait hier. Ceux-ci lui répondent : « Vous n’avez consulté personne, vous n’avez pas de plan et nous n’avons aucune raison de vous suivre à l’aveugle dans le brouillard. »

Trump, le seul éléphant au monde qui se promène avec son propre magasin de porcelaine, n’a plus le choix qu’entre deux solutions, aussi mauvaises l’une que l’autre : se retirer piteusement en prétextant, sans convaincre personne, avoir atteint ses objectifs, ou déclencher l’escalade avec les résultats connus d’avance depuis le Vietnam, l’Irak ou l’Afghanistan, à savoir l’enlisement et, à la fin, le départ honteux, laissant alors à l’époque le champ libre aux communistes, à Daech ou aux talibans.

 […] L’Europe a devant elle trois défis majeurs : garantir sa propre sécurité, produire un système de décision efficace, et s’inscrire dans la grande révolution technologique, cognitive et financière du XXIe siècle. Sinon l’alternative sera simple : la vassalisation par nos alliés ou la soumission à nos ennemis.

 […] Comme le disait John Adams, le deuxième président des États-Unis, «  il y a deux façons […] d’asservir une nation : l’une est par les armes, l’autre par la dette ». »

Du pétrodollar au pétroyuan

« Gagner sans combattre est le sommet de l’art de la guerre » (Sun Tzu). Ci-dessous un exemple ?

Voici un exposé de Géopolitique mondiale (https://geopolitiquemondiale.com/) que je contracte (divisé par deux).

Du pétrodollar au pétroyuan : le basculement silencieux d’Ormuz.

Au détroit d’Ormuz, les bateaux amis (chinois, indiens, pakistanais…) et neutres sont autorisés par les Gardiens de la Révolution à passer. La liste des invités redessine la carte des puissances mondiales.

Chaque navire qui passe en payant en yuans fragilise l’architecture du pétrodollar. Chaque jour où ce système fonctionne prouve que le commerce mondial de l’énergie peut s’effectuer en yuans, via un point de passage stratégique non occidental — même en temps de guerre.

Cette démonstration ne disparaîtra pas avec la fin du blocus. Ce système de paiement en yuans, né sous contrainte, peut devenir un modèle en temps de paix.

Pékin n’a tiré aucun coup de feu, n’a déployé aucun soldat, n’a exposé aucun actif. La guerre menée et financée par les États-Unis contribue, paradoxalement, à construire l’infrastructure financière dont la Chine pourrait hériter une fois les combats terminés.

Le détroit sépare désormais les nations en deux catégories : celles qui paient en yuans, et celles dont les bateaux attendent devant le détroit d’Ormuz. Et l’écart entre les deux se mesure dans une monnaie que ni Washington ni Jérusalem ne contrôlent. Le détroit devient un lieu d’audition pour le prochain ordre monétaire.

pièges et illusions systématiques de la violence

Quel aveuglement sur l’enchaînement des violences :
c’est toi qui as commencé ; c’est toi le méchant et moi le gentil ;
tes actes sont violents, les miens sont légitime force ;
c’est moi qui aurai les derniers maux,
qui peux prétendre mettre fin à tes violences…

Pour approfondir ces 3 grands pièges de la violence et ses illusions : https://etiennechome.site/les-pieges-de-la-violence-ses-illusions/.

Tous ces actes de violence présentés comme efficaces pour nous faire gagner du temps, ce sont des raccourcis de prétendue justice qui, à vrai dire, nous font perdre beaucoup de temps, tel un miroir qui s’échappe de nos mains et qui se brise : ses fragments sont si peu aptes à jouer encore leur rôle de miroir. La vérité tombe de nos mains, encore et encore… Et, à chaque fois, ses fragments rapetissent…

Dans l’escalade des violences de toute guerre, les belligérants s’enfoncent toujours plus dans l’horreur, toujours plus aveuglés, toujours moins capables de regarder en face leurs erreurs de base…

« La guerre ne détermine pas qui a raison, seulement qui reste » (Bertrand Russell).

« Qui prend l’épée périra par l’épée » (Matthieu 26, 52).

« Œil pour œil, et le monde entier deviendra aveugle » (Gandhi).

Comme c’est important de connaître hors crise les pièges de la violence et ses illusions, de les repérer à l’œuvre partout dans le monde et de tout temps, dans l’histoire de l’humanité…
Cela aide de repérer comment s’enchaînent les violences par exemple ces deux derniers siècles en France-Allemagne, au Rwanda-Congo, en Russie-Ukraine, à l’intérieur des États US… Ça ouvre les yeux, ça empêche de prendre par exemple le 11 septembre 2001 comme le point de départ, le temps 0 de la croisade américaine de ces dernières 25 années !

une bonne information

Si l’argent est le nerf de la guerre,
la qualité des informations
est l’oxygène de la fournaise,
la principale munition invisible
des guerres d’aujourd’hui.

L’argent arme les armées,
l’information arme
les consciences,
celles des démons,
celles des anges aussi.

Si les batailles d’hier se gagnaient sur les champs, celles d’aujourd’hui se gagnent de plus en plus sur les flux.

« Soyons conscients et présents humblement et agissant même modestement ! » (le colibri et sa goutte pertinente dans l’incendie).

« Fiat lux et facta est lux » 
(Dieu s’exclamant pendant
la Genèse de ce monde) :
que la lumière soit ! et la lumière fut…

instrumentalisations de la Parole de Dieu

« Béni soit l’Éternel, mon rocher, qui exerce mes mains au combat, qui entraine mes doigts à la bataille » (Ps 144/143, 1) : ce verset de la Bible est répété par Pete Hegseth, Secrétaire à la Guerre des USA (autrefois Secrétaire à la Défense), pour légitimer l’attaque au Venezuela et maintenant sa guerre contre l’Iran.

« Dieu ne peut pas être enrôlé par les ténèbres » : voilà ce que Léon XIV, le pape américain, répète quant à lui : luit la lumière et jaillit la vie, qui viennent du Dieu de la Lumière et de la Vie.

La manière dont le Dieu de Jésus-Christ est avec nous, voilà la meilleure manière de dénoncer les instrumentalisations de la Parole de Dieu et les défigurations du Nom de Dieu dans chacune de ces guerres justifiées mais non justes.

prière des pauvres point pauvre

« Toujours, mais surtout dans les circonstances dramatiques de la guerre, telles que celles que nous vivons actuellement, les médias doivent se prémunir contre le risque de devenir de la propagande. Et la tâche des journalistes, qui consiste à vérifier l’information pour ne pas devenir le porte-parole des puissants, devient encore plus urgente et délicate — je dirais même essentielle. C’est à vous qu’il revient de montrer les souffrances que la guerre inflige toujours aux populations, de montrer le visage de la guerre et de la raconter à travers le regard des victimes, afin de ne pas la transformer en jeu vidéo. Ce n’est pas facile dans les quelques minutes d’un journal télévisé et de ses reportages approfondis. Mais tel est le défi » (Léon XIV s’adressant aux journalistes de la télévision italienne, 16 mars 2026).

danser sous une capote

« Le braconnage de la misère n’est pas un fléau qui partira tout seul, Madame, à l’égocharité qui ne dit pas son nom. […]
Lui et les siens étaient des proies idéales pour ces messies qui se présentaient armés d’un sourire, sans capote ni kalachnikov, et qui finissaient par les baiser sans le moindre état d’âme. […]
Or les diamants, chacun le sait, ne sont pas éternels. Pareil pour le pétrole, le cuivre ou même le coltan. Ils s’épuiseront beaucoup plus rapidement qu’on ne le croit, tandis que les pauvres seront toujours parmi nous, faisant de la misère une ressource éternelle, un produit sûr, une valeur refuge, l’or noir réinventé, pour tout dire. Cette pauvreté extrême, ces tragédies humaines que d’aucuns vous envient sans le dire au point de les piller pour cumuler les distinctions honorifiques, au nom de la philanthropie, et les gains en Bourse, au nom du libre-échange, il est temps qu’elles vous profitent. Il est grand temps que les pays comme le vôtre, qui abritent l’extrême pauvreté à profusion, puissent vivre des ventres ballonnés qu’on montre sur les écrans du monde entier, en percevant un pourcentage déterminé au titre des droits liés à l’image, en dollars américains de préférence, tant et aussi longtemps que l’ère du yuan se fera attendre » (Blaise Ndala, Sans capote ni kalachnikov, notamment sur la marchandisation de la misère dans l’Afrique des Grands Lacs, où la guerre sert à en exploiter les richesses minières).

Décapoter : l’inverse de capoter, qui signifie :
1.
Garnir d’une capote (capoter une voiture, fermer sa capote).
2.
Être renversé, se retourner (la voiture a capoté).
3.
Échouer (le projet a capoté).
4.
Au Québec, devenir un peu fou => adorer quelque chose, kiffer / tripper, s’extasier.

À propos de l’art de savourer la vie même dans l’épreuve : « danser sous la pluie » se dit parfois en argot « danser sous une capote ». Invitation à danser un slow-gant dans notre déca.potable ?

dignité humaine notre boussole

« Les droits humains ne sont pas un obstacle au progrès, ils en sont un moteur essentiel. Ils définissent le cap. La dignité humaine est notre boussole. Un monde qui protège les droits humains est un monde qui se protège lui-même » (António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, 23 février 2026).

Trump Gauche-marre / Trompe cauchemar

« À chaque pulsation de mon cœur,
il m’apparaît de plus en plus clairement
que tu ne peux pas nous aider,
mais que c’est à nous de t’aider
et de défendre jusqu’au bout
la demeure qui t’abrite en nous »
(Etty Hillesum).

De la Doctrine « Monroe » à « Donroe » :
https://www.rtbf.be/article/de-monroe-a-donroe-qu-est-ce-que-la-doctrine-utilisee-par-trump-pour-justifier-l-enlevement-de-nicolas-maduro-11656023