L’Écossaise Joy Milne dispose d’un odorat extrêmement sensible : « Une odeur n’est pas statique, elle flotte dans l’air. Je sens le mouvement des odeurs et je peux suivre leur piste jusqu’à leur disparition ». Par un changement d’odeur toujours plus marqué chez son mari, elle a détecté sa maladie de Parkinson plusieurs années avant que les premiers symptômes musculaires n’apparaissent. À partir de son super pouvoir, des scientifiques ont pu confirmer l’existence de molécules olfactives associées spécifiquement à cette maladie neurologique dégénérative. Des tests de diagnostic précoce, sous la forme de « nez électroniques » sont mis au point pour détecter les microparticules volatiles émanant de cancers du poumon, de l’estomac, du côlon ou du sein, émises par le souffle !
Il semblerait que le nez d’un œnologue aguerri est plus fin que celui d’un chien pour reconnaître les fragrances peu flagrantes d’un vin. Sa palette olfactive n’a pas à pâlir de la comparaison.
Cf. notamment l’étonnante étude publiée dans Science, le 12 mai 2017, avec John McGann, spécialiste de la neurobiologie des sens.
Bonne respiration à plein nez et à pleins poumons…
Signes par milliers, traces de ta gloire, Signes par milliers, Dieu dans notre histoire. Signes par milliers, traces de ta gloire, Signes par milliers, Dieu dans notre histoire.
1 Ta main, Seigneur, nous a donné des signes : Des signes par milliers. Le chant de l’univers, Le souffle sur la mer, La flamme des vivants : Dieu, à l’œuvre dans nos temps ! 2 Nos yeux, Seigneur, se ferment sur tes signes, Les signes de la joie. Tristesse est notre nuit, La guerre avec ses cris, Le froid de nos maisons : Dieu, tu brises nos prisons ! 3 Jésus, ton fils, nous a donné des signes, Des signes de clarté. Par lui l’aveugle voit, Le sourd entend sa voix, Zachée partage grand : Dieu, parole qui surprend ! 4 La croix levée, voici le nouveau signe : Le signe du pardon. Scandale de la mort, Faiblesse du Dieu fort, La Pâque libérée : Dieu, printemps ressuscité 5 Pour nous, Seigneur, tu as choisi des signes, Des signes d’unité. Le pain de nos travaux, le vin des renouveaux, La table partagée : Dieu, La fête réveillée. 6 Témoins choisis, que nous soyons des signes ! Des signes d’avenir. Un peuple de croyants Disciples du Vivant, L’Église à découvert : Dieu, soleil sur nos hivers. 7 Par ton Esprit tout homme soit un signe ! Un signe de l’amour, Un signe de l’amour. La source pour la soif, Le rire d’un espoir, La paix à fleur de vie : Dieu, lumière d’aujourd’hui.
Mon cœur, comme un oiseau, voltigeait tout joyeux Et planait librement à l’entour des cordages Le navire roulait sous un ciel sans nuages Comme un ange enivré d’un soleil radieux.
Quelle est cette île triste et noire ? C’est Cythère, Nous dit-on, un pays fameux dans les chansons, Eldorado banal de tous les vieux garçons. Regardez, après tout, c’est une pauvre terre.
Île des doux secrets et des fêtes du cœur De l’antique Vénus le superbe fantôme Au-dessus de tes mers plane comme un arome, Et charge les esprits d’amour et de langueur.
Belle île aux myrtes verts, pleine de fleurs écloses, Vénérée à jamais par toute nation, Où les soupirs des cœurs en adoration Roulent comme l’encens sur un jardin de roses
Ou le roucoulement éternel d’un ramier ! Cythère n’était plus qu’un terrain des plus maigres, Un désert rocailleux troublé par des cris aigres. J’entrevoyais pourtant un objet singulier !
Ce n’était pas un temple aux ombres bocagères, Où la jeune prêtresse, amoureuse des fleurs, Allait, le corps brûlé de secrètes chaleurs, Entre-bâillant sa robe aux brises passagères …
Charles Baudelaire, Un voyage à Cythère dans Les Fleurs du mal, 1857.
« Je compris que lorsque je croyais mes pensées, je souffrais, mais que lorsque je ne les croyais pas, je ne souffrais pas, et que cela était vrai pour tous les êtres humains. La liberté est aussi simple que cela. Je découvris que la souffrance était optionnelle. Je découvris en moi une joie qui n’a pas disparu depuis, pas un seul instant. Cette joie est en chacun, toujours » (Byron Katie).
Devinette Zen : — Si tu es prisonnier dans un bloc de granit, comment sors-tu ? — Je fais un pas en avant et je sors de ta question.
« Descendant de plus en plus avant, par la profondeur de la douleur, on atteint au mystère, à l’essence. Je souffrais jusqu’au fond de moi-même, jusque dans mon corps, dans mon cœur – bien plus que ne m’eût fait souffrir la peur de perdre la vie – de cette curiosité à laquelle collaboraient toutes les forces de mon intelligence et de mon inconscient ; et ainsi c’est dans les profondeurs mêmes d’Albertine que je projetais maintenant tout ce que j’apprenais d’elle. Et la douleur qu’avait ainsi fait pénétrer en moi, à une telle profondeur, la réalité du vice d’Albertine me rendit bien plus tard un dernier office. Comme le mal que j’avais fait à ma grand-mère, le mal que m’avait fait Albertine fut un dernier lien entre elle et moi et qui survécut même au souvenir, car, avec la conservation d’énergie que possède tout ce qui est physique, la souffrance n’a même pas besoin des leçons de la mémoire. Ainsi, un homme qui a oublié les belles nuits passées au clair de lune dans les bois souffre encore des rhumatismes qu’il y a pris. Ces goûts niés par elle et qu’elle avait, ces goûts dont la découverte était venue à moi, non dans un froid raisonnement mais dans la brûlante souffrance ressentie à la lecture de ces mots : « Tu me mets aux anges », souffrance qui leur donnait une particularité qualitative, ces goûts ne s’ajoutaient pas seulement à l’image d’Albertine comme s’ajoute au bernard-l’ermite la coquille nouvelle qu’il traîne après lui, mais bien plutôt comme un sel qui entre en contact avec un autre sel, en change la couleur, bien plus, la nature » (y en a Marre-sel Proust, Albertine disparue, p. 136).
« On peut presque dire que les œuvres [littéraires], comme dans les puits artésiens, montent d’autant plus haut que la souffrance a plus profondément creusé le cœur » (plouf dans Mare – scelle Proust, À la recherche du temps perdu, p. 66).
« Où est-elle, ma bien-aimée ? Ses attentions sont, dans la forme, pleines de gentillesse mais, au fond, où est son cœur ? A-t-elle cessé de m’aimer, tout en le cachant dans l’intention de ne pas me faire mal ? D’où me vient cette impression que ses caresses goûtent le fond de teint avec lequel le croque-mort apprête la dépouille ? Une poudre aux yeux censée atténuer la souffrance des endeuillés venant s’incliner une dernière fois devant le corps vidé de vie… La question de fond lancinante me lacère, me la sert, me la serre : en amont de nos affects en crise, ma bien-aimée ne sent-elle pas la connexion de nos cœurs profonds, alignée sur l’appel de l’Éternel ? Me dira-t-elle « oui » de tout son cœur, corps, esprit et âme ? » (Étienne Chomé, il y a 31 ans, jeune dépassé des passés).
Je m’inspire ici d’une émission belge « Matière grise » pour titiller le titre d’une autre émission belge « On n’est pas des pigeons ».
Nous les humains, ce que nous voyons, c’est ce qui est devant nous. Les pigeons, eux, voient aussi bien sur le côté que sur le milieu et voient le monde au ralenti. Nos films dont le rythme normal est de 24 images par secondes, défilent pour eux trois fois plus lentement, comme un diaporama. Leurs films à eux se déroulent normalement au rythme de 75 images par secondes, avantage décisif pour ne pas se faire attraper par un prédateur ou écraser par une voiture.
En vol, grâce à leurs yeux sur le côté de la tête, ils voient presque tout le paysage derrière eux, là même où un rapace peut surgir. Ils pratiquent une stratégie collective pour échapper à un prédateur : ils forment une formation serrée en l’air, l’empêchant de cibler un seul oiseau. Une autre stratégie intelligente est de faire le mort : au moment le plus délicat de la poursuite, ils entrent en chute libre pour déstabiliser le poursuivant… Ils assurent leur prodigieux sens de l’orientation grâce à un organe GPS qui se trouve dans leur bec repérant les champs magnétiques terrestres…
De quoi nous clouer le bec ? De quoi inspirer un plus grand respect de notre part ?
« Tout ce que tu traverses, d’autres en ont aussi fait l’expérience. La perte, les ruptures, les déceptions, la maladie, la mort – ces choses ne sont pas les tiennes, mais d’anciens rites de passage, des rituels cosmiques que tous les humains, s’ils sont honnêtes, ont traversé et doivent continuer à traverser s’ils doivent être véritablement humains. Dans les temps passés, les anciens, les sages, les guérisseurs, ceux qui avaient traversé ces épreuves universelles de la vie, qui étaient parvenus de l’autre côté, et en étaient revenus pour nous guider à travers nos propres épreuves, en nous rappelant : « Peu importe que cela puisse devenir intense, sache que tu n’es pas seul, que cela devait arriver, et que de nombreux autres sont passés par là avant… » Aujourd’hui, nous sommes « connectés » mais peut-être sommes nous désespérés de ne pas avoir de profondes relations humaines. Rien dans notre histoire de vie n’est un petit événement, rien n’est insignifiant ni indigne d’une attention aimante. Tout est religieux, tout est sacré, tout a davantage de signification, bien plus que tu aurais pu espérer l’imaginer. Et cette manière de voir au-delà du « moi » peut aider à nous sortir de notre auto-apitoiement et de notre obsession des problèmes, et nous amener vers un lieu de relation universelle et de profonde compassion pour tous ces frères et sœurs, qui, à leur propre et unique manière, sont exactement sur le même voyage que nous le sommes. Nous pouvons vivre séparés, mais nous ne traversons pas la vie seuls » (Jeff Foster).
Bon dimanche, bons temps en famille ; bons repas partagés et bonne fraction du pain…
Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?
Le rasoir d’Ockham / d’Occam a été énoncé par le philosophe Guillaume d’Ockham : « Pluralitas non est ponenda sine necessitate » (les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité), dans l’intention d’éliminer des explications improbables d’un phénomène. Les hypothèses suffisantes les plus simples sont à préférer car l’explication la plus simple est généralement la bonne.
Les Shadoks (série animée à la TV) ont pris un malin plaisir à inverser ce principe de simplicité / d’économie / de parcimonie : « Pourquoi se compliquer la vie à faire simple quand il est si simple de faire compliqué ? »
Serait-il barbant, ce rasoir ? Serait-il barbant, se rasseoir (les temples désertés pendant et après le COVID) ?