Rencontre-moi sous les carapaces

Un instituteur en classe s’adresse à ses élèves :

– Alors Laurent, qu’est-ce que tu as fait pendant la récréation ?

– Je me suis amusé dans le bac à sable, Monsieur.

– Très bien, Laurent. Si tu réussis à écrire au tableau le mot « sable » sans faute, je te mets 20 en orthographe.

Laurent passe au tableau :

– C’est très bien, Laurent, félicitation.

L’instit se tourne vers un autre élève:

– Et toi Paul, qu’est-ce que tu as fait pendant la récréation ?

– Je me suis amusé dans le bac à sable avec Laurent, Monsieur.

– Très bien, Paul. Si tu réussis à écrire au tableau le mot « bac » sans faute, je te mets 20 en orthographe

Paul passe au tableau :

– Excellent Paul !

L’instituteur se retourne :

– Et toi, Rachid, qu’est-ce que tu as fait à la récréation ?

– Alors, moi, missiou, jé volu m’amusi dans l’bac à sable, mais Paul et Louren y z’ont pas volu, m’ont dit di mi casser ou sinon y mé pitaient la gueule !

– Mais, mon dieu ! C’est ignoble ! C’est la manifestation d’une discrimination scandaleuse d’un groupe ethnique minoritaire dont l’intégration sociale pourrait être remise en cause, et en plus, dans ma classe !

Écoute, Rachid, Si tu réussis à écrire au tableau « discrimination scandaleuse d’un groupe ethnique minoritaire dont l’intégration sociale pourrait être remise en cause », je te mets aussi un 20 !…

L’intention de faire de l’humour…

« Un enfant fait de l’humour surtout pour être accepté par ses pairs. S’il en fait fréquemment et de bonne qualité, il est fort probable qu’il ait une intelligence extraordinaire » (Ugur Sak, professeur à l’Université Anadolu, en Turquie, auteur principal d’une étude à l’école : Are more humorouschildren more intelligent? A case from Turkish culture ; disponible sur https://www.degruyter.com/document/doi/10.1515/humor-2021-0054/html).

Mentionnons aussi une étude de l’Université de Vienne, publiée dans la revue Cognitive Processing en 2017, qui établit que le penchant pour l’agressivité est inversement proportionnel à la capacité d’humour noir, grotesque, morbide ou sarcastique. Cette capacité requiert plus d’intelligence, de culture, de stabilité émotionnelle et de décontraction. Ainsi, humour et intelligence seraient liés.

C’est d’un coeur à coeur que nous avons besoin

De Pierre Teilhard de Chardin :

« Quand pour la première fois, dans un vivant, l’instinct s’est aperçu
au miroir de lui-même, c’est le Monde tout entier qui a fait un pas »
(Le phénomène humain).

« L’homme-individu est essentiellement famille, tribu, nation.
Tandis que l’humanité, elle, n’a pas encore trouvé autour de soi d’autres Humanités pour se pencher sur elle et lui expliquer où elle va »
(L’apparition de l’homme).

« Tous ceux qui veulent dire une vérité avant son heure risquent de se retrouver hérétiques. […] Tout peut se reprendre et fondre en Dieu,
même les fautes.  […] Ce n’est pas d’un tête-à-tête
ni d’un corps à corps,
c’est d’un coeur à coeur
que nous avons besoin » (Le milieu divin).

Bon dimanche ! Et si vous êtes cinq,
bons dix manches !

Le Self aime sans aucun effort

Au cœur de mon cœur, là où je suis qui je suis en vérité, je suis spontanément créatif, courageux, confiant… Le Self authentique en moi est généreux sans effort. Par contre, mes parts généreuses triment dur pour apprivoiser leur environnement et s’attirer les bonnes grâces de leur entourage. L’une d’entre elles a une énergie à revendre, tel Sisyphe remontant perpétuellement son rocher en héros. Une autre se décourage devant les efforts à fournir ; sans élan, elle est excellente à procrastiner !

Quel pied de les inviter à profiter avec moi des bienfaits des rayons de soleil que je reçois dans le coeur de mon cœur, parfumés et colorés par Ta belle présence… Les années passent, la Présence ne passe pas…

Je nous souhaite de prendre soin de nos Sisyphe remontant perpétuellement leur rocher pour faire héros … Ferrero

Démilitariser l’écœure Démilitariser les cœurs

« La sortie de crise est très, très lointaine. Elle nécessiterait une stabilité militaire sur le terrain afin de permettre aux Ukrainiens d’être en position de force pour envisager de s’asseoir à la table des négociations » (Simon Schlegel, International Crisis Group).

« Nous voulons la paix et pas seulement un armistice qui ne sert qu’à réarmer. Une paix véritable est le fruit d’un dialogue, elle ne s’obtient pas par les armes, lesquelles ne vainquent pas la haine et la volonté de domination, qui réapparaîtront, peut-être d’une autre manière, mais elles réapparaîtront. Chacun doit travailler à démilitariser les cœurs, à commencer par le sien, et ensuite à désamorcer la violence, à désarmer. Nous devons tous être pacifistes. […] Le Saint-Siège essaie de construire un réseau de relations qui favorise un rapprochement entre les parties pour trouver des solutions. En outre, nous faisons tout ce que nous pouvons faire pour aider les prisonniers » (Pape François, interrogé sur la Russie et l’Ukraine dans une interview accordée au quotidien italien La Stampa mi-novembre 22).

Démilitariser l’écœure…
Démilitariser les cœurs…
Oser sortir des corps-à-corps
pour en venir à des accords !
Aller des désaccords au chœur
en passant par des cœur à cœur !

Osons l’impossible devant l’impôt-cible

Voci des extraits de mon livre Le nouveau paradigme de non-violence, p 241-242 et p. 304-35 :

Le caractère inacceptable des horreurs de la guerre fait consensus. Ceci dit, pour ne pas les revivre, il ne suffit pas de « dessiner des pigeons et signer des appels », comme dit Gaston Bouthoul, dans sa Lettre ouverte aux pacifistes. Le défi est de mettre en place des alternatives crédibles de défense efficace nous permettant effectivement de désamorcer les violences. « Supprimer les guerres, c’est résoudre les conflits autrement que par l’usage des armes. Il s’agit donc bien d’imaginer d’autres moyens que les armes de la violence pour résoudre humainement les inévitables conflits humains » (Jean-Marie Muller, Vous avez dit : « Pacifisme ? »).

Traditionnellement, la défense se résumait à des dispositifs militaires. Avec l’essor de la résolution des conflits, une défense globale donne beaucoup plus de place à la défense civile citoyenne. La composante armée est insérée dans une mobilisation de toutes les forces économiques, sociales et culturelles. Traditionnellement, la doctrine de la guerre/paix juste stipule que « le dernier recours » de la violence n’est moralement autorisé qu’en cas d’échec durable des stratégies non-violentes. Mais quelle chance un pays donne-t-il à celles-ci lorsque plus de 99 % de son budget de défense est alloué à l’armée, largement dépendant du lobby militaro-industriel ? Dans divers pays, des citoyens osent faire objection de conscience  précise : ils paient leurs impôts sauf +/- 2 % (l’équivalent de leur participation au budget militaire national), en expliquant à leur gouvernement leur refus de coopérer à sa politique militariste et en affectant ces +/- 2 % au financement d’expériences novatrices de défense civile citoyenne et des programmes de paix constructive. L’union fait la force : si une masse critique de citoyens bouge, toute la Nation bougera.

Les acteurs engagés dans des interventions civiles de paix revendiquent un statut d’acteurs à part entière dans les conflits de ce monde et dans la construction de la paix véritable, au moyen d’une politique multidimensionnelle, active et crédible, de promotion de la paix. Des statuts juridiques ont encore à être pensés pour ceux qui ne réclament pas un droit d’objection de conscience absolue mais qui contestent aussi l’obligation d’enrôlement militaire automatique sous les drapeaux. En 1994, les évêques américains disaient : « Le besoin se fait sentir de mieux définir les relations justes entre l’autorité de l’État et la conscience de l’individu sur les questions de la guerre et de la paix », invitant à réfléchir à « l’objection de conscience sélective » (Conférence épiscopale des États-Unis, Le fruit de la justice est semé dans la paix).

Bienheureux les leaders comme Gandhi montrant au plus grand nombre de leurs concitoyens comment prendre toute leur place dans la construction d’une paix juste.

Mère nourricière et dévorante

« La figure mythique de la mère nourricière est toujours doublée, dès son origine, de cette autre figure de la mère dévorante ou de la mère-mort. C’est une donnée bien connue de l’histoire des religions que presque toutes les déesses nourricières sont aussi des ogresses qui dévorent leurs enfants ou menacent d’engloutir l’humanité. Le mythe de la Déesse lunaire est d’une certaine façon le mythe générique de ces mères dévorantes. Les divinités lunaires, qu’il s’agisse des Grandes Déesses (Cybèle, Déméter, Kali, Isis ou Isthar) ou de la multitude des succubes anonymes que l’on rencontre sous toutes les latitudes ou simplement des ogresses mises en scène dans les contes, toutes représentent non seulement le lien nourricier (bénéfique et maléfique) mais également le rapport de l’humanité avec le monde des morts. Selon les mythes, c’est par l’intervention originelle de cette divinité que la mort est entrée dans le monde. C’est par la déesse et par les sacrifices qu’elle exige que la mort se perpétue dans la vie, c’est elle encore qui, sous diverses figures d’animaux charognards (louve, chien, corneille, etc.) dévore les défunts. C’est aussi la cuisinière des enfers qui engloutit ses victimes dans l’immense chaudron des sorcières, en particulier dans les cultures celtiques. Cette essence dévorante de la figure maternelle est diversement interprétée. Elle est parfois simplement associée à l’ambivalence inexplicable du sacré elle-même rapportée, en ce qui concerne la féminité, à l’ambivalence de la nature : comme la Terre nourrit et protège, puis ensevelit ou détruit, la Mère serait tour à tour bénéfique et maléfique. L’interprétation jungienne intègre davantage, quant à elle, l’ambivalence puisqu’elle associe la mère nourricière-dévorante à la première phase fusionnelle de l’humanité (ou de l’individu) qui doit être scindée et dépassée » (Anne-Laure Bucher, Engendrer, nourrir, dévorer: les fonctions symboliques de la féminité).

« C’est la terre que je chanterai, mère universelle aux solides assises, aïeule vénérable qui nourrit sur son sol tout ce qui existe….» (Hymne homérique «À la Terre»).

Mes meilleurs voeux d’oreilles neuves !

Que nous puissions nous écouter
à partir du cœur de notre cœur,
en amont des mots,
en amont des maux,
en âme (mon démo) :
âmes démontent-démons ;
oui, nous le croyons !

Ci-dessous un sizain + un quatrain = un dizain.
Et si c’était six zinzins avec quatre uns UN ?
Dans la diversité, humbles, SOYONS UN, hein ?!