Toute réalité a son côté pile et son côté face, comme une médaille. Il est bon d’être conscient des deux…
Contraignant ? => Capable de protection ! Dans la lune ? => En cours de création ! Hyperactif ? => Toujours partant pour faire quelque chose ! Timide ? => Réfléchi et prudent.
Tout recto a son verso, comme Gémeaux & Verseaux ??
Un couple en bonne santé est semblable à une paire d’ailes qui s’envolent ou à une paire de mains qui applaudissent : les ailes & mains ont de l’espace pour alterner les moments tout contre et les moments tout seules.
Un couple fusionnel, c’est comme deux mains tout le temps collées qui ne peuvent applaudir et donc difficilement célébrer ensemble.
Au sein d’un couple, 1 + 1 = 1 ? Tout partager, jusqu’à ne faire plus qu’un ? Amour fusionnel = dépendance affective toxique ? Certains aiment s’emmêler les pinceaux !
Image jointe de Flamands qui osent s’emmêler leurs pinces roses !
La cinquième lettre de l’alphabet hébreu est ‘ה’ (se prononce /hɛ/). Dans la Bible, ‘ה’ correspond au Souffle créateur. Cette lettre se trouve deux fois dans ‘יהוה’ (YHWH = le tétragramme par lequel le texte biblique pointe vers Dieu). Le seul être humain qui a l’honneur (la force de vie) de porter aussi ce double ה, c’est חַוָּה = Ève. Son nom signifie « dispensatrice de vie ». C’est par elle que Dieu engendre les humains et c’est elle qui a la vocation de leur faire reconnaître Dieu.
En hébreu, Adam est le terreux (Adama = la terre). Le sens donc, c’est qu’Ève, la vie (porteuse doublement deה , le souffle divin), féconde Adam et ensemence Adama, la terre. À deux, ils sèment la vie sur la terre, premiers parents d’une multitude : « Fructifiez ! Multipliez ! Remplissez la terre et cultivez-la ! » (Genèse 1,28). En hébreu, on fait tout de suite le lien entre « semence humaine » et « semence agricole ». Tout est ensemencé sous l’effet du souffle divin…
Et c’est ce fameux ‘ה’ que Dieu ajoute aux noms d’Abram et Saraï. « Désormais, ton nom ne sera plus Abram (Père éminent), mais AbraHam (Père d’une multitude), car je ferai de toi le père d’une multitude de peuples » (Genèse 17,5). « Saraï, ta femme, tu ne l’appelleras plus du nom de Saraï car son nom est SaraH » (Genèse 17,15). Dans la Bible, Dieu crée en nommant. Sa parole est performative : « Dieu dit : “Que la lumière soit !” Et la lumière fut » (Gn 1,3). Et quand il change le nom de quelqu’un, cela signifie qu’il l’invite à une nouvelle vocation. Saraï (= ma princesse ; point de vue d’Abram) est reconnue dans son essence :שָׂרָה , SaraH (= princesse / noble dame, sans l’adjectif possessif), qui devient la mère, la reine d’une multitude de nations, une fois en couple avec AbraHam.
L’ajout du ה , H dans leurs noms n’est pas mince : AbraHam et SaraH, enrichis ensemble par ces deux H, disent que homme et femme ensemble sont à l’image de יהוה / JHVH.
Le couple SaraH-AbraHam est appelé à une mission commune de porter la vie, sans fusion : Dieu enseigne à Abram que « sa » princesse est appelée à ne pas lui appartenir… Elle est pour tous et porteuse de la Vie divine, dans l’Histoire du salut/recréation ; Dieu donne un ordre à Abraham : « Écoute tout ce que Sarah te dira, car c’est par Isaac qu’une descendance portera ton nom » (Gn 21,12). Dans la Bible, l’homme n’est pas supérieur à la femme, des entrailles de laquelle il est sorti !
Vivent toutes les Ève, Sarah et nobles dames / nobles d’âme !
« Il y a des choses invisibles que l’œil de chair ne voit pas, qu’on peut saisir par l’esprit et par le cœur. Ce qu’il y a de plus beau dans la création artistique, c’est justement cette part féminine, cette musique qui n’en finit pas de chanter. […] En cet instant unique, entre ciel et terre, sans autre témoin, ils sont tous les deux là. […] Tout est métamorphose ; il y a merveille au sein de la désolation même » (François Cheng, L’éternité n’est pas de trop).
Fin janvier = fin de la période des vœux. Du coup, dans l’image, un petit dernier alexandrin holorime en fin ‘je veux’.
« Une personne amoureuse devient généreuse, aime faire des cadeaux, écrit des lettres et des poèmes. Elle cesse de ne penser qu’à elle-même pour se projeter entièrement vers l’autre, que c’est beau ! Et si vous demandez à une personne amoureuse : « pour quel motif tu aimes ? », elle ne trouvera pas de réponse : à bien des égards, son amour est inconditionnel, sans aucune raison. Patience si cet amour si puissant, est aussi un peu « naïf » : l’amoureux ne connaît pas « vraiment » le visage de l’autre, il a tendance à l’idéaliser, il est prêt à faire des promesses dont il ne saisit pas immédiatement le poids… Ce « jardin » où se multiplient ces merveilles n’est pourtant pas à l’abri du Mal : il est souillé par le démon de la luxure, et ce vice est particulièrement odieux, pour au moins deux raisons. 1) Il dévaste les relations entre les personnes. Combien de relations qui avaient commencé dans les meilleures conditions se sont transformées en relations toxiques, de possession de l’autre, de manque de respect et du sens de limite ? Ce sont des amours où ‘la chasteté’ a fait défaut : une vertu qu’il ne faut pas confondre avec ‘l’abstinence sexuelle’ – la chasteté est « plus » que l’abstinence sexuelle –, elle doit plutôt être reliée avec la volonté de ne jamais « posséder » l’autre. Aimer, c’est respecter l’autre, rechercher son bonheur, cultiver l’empathie pour ses sentiments, se disposer à la connaissance d’un corps, d’une psychologie et d’une âme qui ne sont pas les nôtres et qui doivent être contemplés pour la beauté qu’ils portent. Aimer c’est cela, et c’est beau l’amour. 2) De tous les plaisirs humains, la sexualité a une voix puissante. Elle met en jeu tous les sens, elle habite à la fois le corps et la psyché, et c’est très beau, mais si elle n’est pas disciplinée avec patience, si elle n’est pas inscrite dans une relation et dans une histoire où deux individus la transforment en danse amoureuse, elle se transforme en une chaîne qui prive l’homme de sa liberté. Nous devons défendre l’amour, l’amour du cœur, de l’esprit, du corps, l’amour pur dans le don de soi, l’un à l’autre. Et c’est cela la beauté de la relation sexuelle. Gagner la bataille contre la luxure, contre la « chosification » de l’autre, peut être l’affaire de toute une vie. Mais le prix de cette bataille est absolument le plus important de tous, car il s’agit de préserver cette beauté que Dieu a inscrite dans sa création lorsqu’il a imaginé l’amour entre l’homme et la femme, qui n’est pas pour s’utiliser l’un, l’autre, mais pour s’aimer. Cette beauté qui nous fait croire que construire une histoire ensemble vaut mieux que partir à l’aventure – il y a tant de Don Juan ! –, cultiver la tendresse vaut mieux que céder au démon de la possession – le véritable amour ne possède pas, il se donne –, servir vaut mieux que conquérir. Car s’il n’y a pas d’amour, la vie est une triste solitude. Merci » (Pape François, extraits de l’Audience Générale du 17 janvier 2024, sur Th 4, 3-5).
« John Brown’s body lies mouldering in the grave. But his soul goes marching on » (= le corps de John Brown pourrit dans la tombe mais son âme va toujours de l’avant), Tel est le refrain du chant ‘John Brown’s Body’, qui touche dès ses premières notes le coeur et l’âme des Américains. Il les renvoie à leur lourd passé esclavagiste. John Brown est cet homme qui s’est avancé seul, à pas forcé, pour que soient libérés les esclaves. Résultat : on le pendit juste avant la Guerre de Sécession ! Il eut tort d’avoir raison trop tôt…
105 ans après son exécution expéditive, Martin Luther King le reprit dans son discours du 25 mars 1965, à la fin de la marche de Selma à Montgomery : « Our God is marching on » = « Notre Dieu poursuit sa route et va de l’avant » !
La neige est tombée, des heures durant, tissant un épais manteau blanc à Dame Nature, sans ratures. Il y eut un soir d’engendrement, il y eut un matin ensoleillé. Nous voici tendrement enveloppés par cette neige fraîche si différente du givre : transformée en cristaux légers, l’eau prend 15 fois plus de place ; elle s’éclate dans l’espace, comme des cheveux ébouriffés, à la fois figés et aérés, si tant est qu’ils sont si tentés d’échapper à la pesanteur.
La neige s’est posée délicatement sur chaque tige, chaque brindille, ainsi ennoblies. Et, dès que le soleil s’y réverbère, elle se transfigure en mille diamants qui brillent de mille feux. La lumière est alors partout si étonnamment forte ! Comme si le soleil aveuglant de se réfléchir autant sur la neige désirait, le temps de cette féérie, compenser le déficit de lumière de ces longues nuits d’hiver…
Merci à la Personne qui a pu allumer une telle lumière parmi nous !
« Il faut parfois toute une existence pour parcourir le chemin qui mène de la peur et l’angoisse au consentement à soi-même,… à l’adhésion à la vie. […] Les seuls chemins qui valent d’être empruntés sont ceux qui mènent à l’intérieur. […] Mon village est sous la neige. Depuis quelques jours, la température oscille entre moins quinze et moins vingt. Je suis seul. J’apprécie ces journées d’hiver où le dehors me repousse, où rien ne vient s’opposer à ce que je me love en ma pénombre » (Charles Juliet, Dans la lumière des saisons, p. 66).
Quel plaisir de marcher dans la neige qui crisse ! Par le principe physique dit de l’absorption hygrométrique, la neige absorbe l’humidité et les bruits : les sons sont ouatés,comme étouffés et l’air est plus sec ! Par contre, quand la neige devient de la glace, c’est le contraire : les sons sont davantage propagés.
Par le principe physique dit de l’absorption hygrométrique, la neige absorbe l’humidité et les bruits : les sons sont ouatés, comme étouffés et l’air est plus sec ! Par contre, quand la neige devient de la glace, c’est le contraire : les sons sont davantage propagés.
Hiberner n’est pas hiverner ! Une lettre de différence pour dire plein de différences sur la température, le métabolisme, la vigilance, etc. L’animal qui hiberne se trouve dans un état de léthargie avancé : seules restent actives les zones de son cerveau qui commandent les actions vitales. L’animal qui hiverne, quant à lui, somnole : son cerveau peut parfaitement se réveiller, en cas de besoin.
Image jointe de gauche : Jean-Michel Bihorel qui a créé cette arête rocheuse l’a intitulée non pas ‘Arrête-toi’ mais ‘Winter Sleep’. J’ai toujours pas vu le slip, mais bon, bonne hibernation / hivernation…
Pour relever le niveau (20 cms de neige en plus annoncée ici) : « Au vent capricieux d’un jour d’hiver Dansent des myriades de diamants, Ballet erratique et scintillant Sous le blanc soleil d’un froid polaire. Parfois, dans le silence transi, Le vent s’amuse à les accrocher, Habillant la nature engourdie De cristaux de glace immaculés. Parée d’une gangue virginale, La campagne resplendit alors De l’étonnante beauté hiémale Que lui apporte le vent du Nord » (Hélène de Vannoise, Froidure, 14 janvier 2024, sous le ciel de la Nièvre).