espérance – désespoir

« Le désespoir est la fureur passagère d’une âme sans espoir » (Emmanuel Kant, Essai sur les maladies de l’esprit, 1764).

« L’espérance serait la plus grande des forces humaines si le désespoir n’existait pas » (Victor Hugo, Quatre-vingt-treize, 1874).

« Le désespoir n’est pas une grande vague qui submerge un homme ; une brusque invasion, une maladie foudroyante qui brise d’un seul coup tous les ressorts. J’imagine le désespoir, moi, plutôt comme un microbe qui opère ses ravages dans un coin de l’organisme. J’ajouterai qu’il se passe avec le désespoir ce qu’il se passe avec à peu près tous les sentiments et toutes les passions : celui qui en est atteint l’ignore très longtemps. Il ne soupçonne rien du travail du microbe. Puis, un beau jour, il s’aperçoit qu’il ne reste plus rien en lui, plus une trace d’espoir. Tout a été grignoté. Il est comme une maison entièrement absorbée par les termites. La maison tombe en poussière. L’homme tombe en poussière » (Jean Dutourd, Les horreurs de l’amour, 1963).

Sophismes

Il y a 2.400 ans, les Grecs devaient déjà affronter les ressources sophistiques : déjà à l’époque, les sophistes apprenaient à créer des sophismes, leur but étant ouvertement la seule efficacité persuasive, sans égards pour la vérité, l’éthique, la justice. L’essentiel est de ‘cons’-vaincre avec des discours spécieux (c-à-d attirant par une belle apparence mais finalement sans valeur), truffés d’arguments & raisonnements qui font illusion, dans l’intention d’obtenir l’adhésion, quitte à Trump-et / tromper, quitte à recourir à des vices logiques : effets de manche dissimulés sous une écorce à première vue solide et cohérente.

« Il y a une gymnastique du faux. Un sophiste est un faussaire. Et, dans l’occasion, ce faussaire brutalise le bon sens » (Victor Hugo, Homme qui rit, t. 2, 1869, p. 39).

Par ta voix, je SUIS ma voie

Pour un sculpteur qui est devant un gros bloc de marbre, une statue existe déjà en puissance. Le sculpteur va révéler cette statue par de petits coups qu’il va adresser à l’extérieur de la statue. La statue est déjà là, le sculpteur la dégage !

Ainsi en est-il du chemin de la vie terrestre ? Tout de l’essentiel y est au départ, dans l’embryon. Puis viendront les conditionnements et les nœuds, prix à payer pour être aimés de parents imparfaits et d’un contexte qui ne peut me combler… Naître à la vie éternelle qui comble pleinement, c’est dégager tout ce qui encombre et qui est hors de qui je suis. À la fin du processus, voici ma statue : je suis qui je suis, désencombré de ce qui n’est pas qui je suis.

Bons petits coups de burin,
bons délestages !…

agréable à table

Bel exemple de l’art de mettre les pieds dans le plat
(ou de glisser sur les mots comme on marche sur une peau de banane) ?
C’est l’histoire d’un mec, non, d’un autre mec, j’en connais plusieurs, à qui on a raconté une histoire et qui l’a très bien comprise, lui, mais qu’au moment de la raconter il était bien emmerdé avec. Et l’histoire qu’on lui a raconté au mec, c’est l’histoire d’un éléphant qu’est dans la jungle.
Un éléphant normal, blanc, y s’approche de la rivière pour boire parce que là-bas y a pas de bistrots. Y va à la rivière,
y met un pied dans l’eau,
y met deuuuuuux pieds dans l’eau,
y met sa trompe dans l’eau,
et à ce moment-là, y a un crocodile qu’arrive et qui lui mange la trompe.
Et l’éléphant y s’relève et y dit : « Et fous trouffez cha trôle ! »

Et le mec à qui on a raconté l’histoire, un jour y se trouve invité à dîner chez des amis, et vous savez comment c’est, souvent les mecs y s’invitent à dîner et y n’ont pas grand-chose à se dire.

  • —Alors et toi ça va, oui ben ça va, et toi ça va ?
  • —Oui, moi, ça va et toi ?
  • —Ben, ça va et toi ?
  • —Oui ça va, et toi ça va ?
  • —Oui, ça va et toi ?
  • —Ben, ça va et toi ?
  • —Ça va, et à part ça ?
  • —Ben, ça va…
    Oui, ben deux heures ça fait long.
    Et, au bout de deux heures, y a un mec qui fait à l’autre :  » Hé, dis donc, toi qu’es rigolo, t’as qu’à nous raconter une histoire, toi qu’es rigolo. »
    Bon… Et le mec y se lève et y fait :
     » Ben voilà, c’est l’histoire d’un éléphant qu’est dans la jungle qui va au bord de la rivière pour boire, y met un pied dans l’eau, y met deuuuuuux pieds dans l’eau, y met… »
    Et, à ce moment là, y a la maîtresse de maison qui revient de la cuisine avec un clafoutis, et la maîtresse de maison a un bec de lièvre en plus du clafoutis, elle a un bec de lièvre qui part d’ici et qui finit comme ça…
    Elle arrive et elle dit :
     » Qui ch’est qui feut du chlafoutis ? »
    Alors le mec il est bien emmerdé avec son histoire.
    « Alors l’éléphant y met troiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis pieds dans l’eau, tout ça, ceci, cela et puis à ce moment-là, y a un crocodile qui arrive, tout petit, et y lui mord la queue, tiens. »
    Et la maîtresse de maison, elle fait :
    « Et fous trouffez cha trôle ? »

L’inénarrable Coluche

Inénarrable = adjectif

  1. Sens ancien :
    qu’on ne peut raconter ; inexprimable.
  2. Sens moderne :
    dont on ne peut parler sans rire.

La Source est inépuisable et surabondante

La Source est inépuisable et surabondante. Elle est là, entièrement disponible, donnée gratuitement, sortant de chacun de nos Temples (Ézéchiel 47), coulant du cœur de nos cœurs jusque dans la vie éternelle (Jean 4,13-14). Qui reconnaît (Jn 3,3-5) le petit filet de cette eau vive jaillir à sa source, pourra se baigner dans ses fleuves d’eau vive (Jn 7,37-38), avec la confiance de l’enfant, et en être régénéré jusqu’à guérison (Jn 5,7; 9,7).

Jésus dit au paralysé :
« Crois-tu que tu peux être guéri ? » 
« Oui, je le crois. »
« Lève-toi et marche, ta foi t’a sauvé ».

L’Amour ne demande pas mieux que de se déployer en nous et entre nous.

Le long-terme = l’urgence du court-terme

« Pour réconcilier le court et le long terme, il est important de ne pas prendre certaines décisions de court terme qui obstruent la cohérence de la vision » (Stéphane Pallez).

Continuons à ne pas prendre
les vessies pour des lanternes
et à montrer que
1) les politiques de profit à court terme
finissent par coûter cher à long terme,
2) les investissements féconds à long-terme
sont la meilleure urgence du court-terme…

Triste comme un grain noir

« La tristesse enveloppe, l’ennui pénètre »
(Henri de Régnier, Donc, 1927).

« La gaieté comme la tristesse se lèvent
comme un grain noir au fond de mon horizon »
(Henri-Frédéric Amiel, Journal intime, 26 janvier 1853).

« Douceur du monde : la tristesse qu’on partage ;
les larmes qui se mêlent à d’autres larmes
sont un baume pour la douleur »
(George Sand, Jacques, 1834).

Comtes défaits comptes des faits conte de fées

Il était une fois, dans un royaume lointain,
un grand bal où se rencontrèrent de nobles Comtes défaits,
ruinés, fuyant leurs comptables & comptes des faits,
au point de se plonger dans leur propre conte de fées.
 
Ils choisirent ensemble une retraite :
vivre très simplement à la campagne sans dettes.
Ils apprirent à faire sans grande dépense la fête.
Enfin, ils eurent de bons comptes sans défaite.
Ils vécurent heureux, dans le respect de la planète.
Vive la simplification de vie, prophète !

stérile rime avec fertile

D’où vient l’alternance des saisons stérile et fertile ? La mythologie romaine l’explique par cette histoire : alors qu’elle cueillait des fleurs au pied du volcanique Etna, la très belle Proserpine fut enlevée par Pluton (le dieu des enfers) qui voulut en faire sa reine. Cérès, la mère de Proserpine, la chercha pendant neuf jours et neuf nuits sans manger ni boire, un flambeau allumé dans chacune de ses mains. À bout et furieuse, elle rendit la terre stérile et déclencha une famine. Après une médiation compliquée de Jupiter (le frère de Cérès et de Pluton), Proserpine passera dorénavant 6 mois avec sa mère Cérès (mère heureuse => terre fertile) et 6 mois avec son mari Pluton (mère portant le deuil => terre stérile & livrées en mode hiver).

Étymologiquement, « février »  signifie « purification ». À l’approche du temps des semailles, nos ancêtres fêtaient ce temps de renouvellement où l’on termine la farine de la saison passée (vivent les crêpes) et où l’on espère les fruits de la saison qui vient. À la Chandeleur qui vient du mot « chandelle », les Romains organisaient des processions aux flambeaux et des cérémonies aux bougies qui avaient pour but de purifier les habitations et les espaces sacrés. Ce mois de février, charnière entre l’hiver et le printemps, célèbre la victoire de la lumière sur les ténèbres et l’espoir du renouveau, ce qui résonne aux oreilles chrétiennes avec la présentation de Jésus au Temple quarante jours après sa naissance (conformément à la tradition juive pour tout premier-né).