qui est fort ?

« Le commandant militaire voyant Jésus mort sur la croix a dit : « vraiment, il était le fils de Dieu ». Ce qu’il a vu, c’est une personne qui se donne, qui aime et dont la souffrance n’était pas le fruit de la peur ou du sadisme mais celle d’un homme qui transforme la douleur en sacrifice et en grand amour. C’est de cela dont nous avons besoin aujourd’hui. Souvent, l’homme se croit fort lorsqu’il ordonne de tuer. En vérité, le plus fort est celui avec qui il vaut vraiment la peine de vivre, c’est celui qui sait donner sa vie et offrir la vie éternelle » (Fr. Amjad Sabbara, ofm, curé de la paroisse latine de Nazareth).

Feu M. Feu veut voeu feu

Mon post de Vendredi Saint 3/4/26

Grain de blé tombé en terre : quelle apparente abomination que de se retrouver ainsi dans les ténèbres froides et humides des entrailles de la Terre-mère, en train d’être éventré…

Quelle surprise quand une tige sort de terre…
et plus tard des épis féconds, chargés de vie…

Quelle surprise quand une souffrance m’a traversée
jusqu’à rebondir en vie…

Sur nos lignes de fracture, rester présent,
tenir bon avec amour, même si cela coûte…

L’adjectif « feu » (feue) + le nom d’une personne récemment décédée
souligne qu’elle a accompli sa destinée
(du latin ‘fatutus’, dérivé de ‘fatum’ = destin).

à Dieu, Jean Lerminiaux

Voici quelques échos de la messe des funérailles de Jean, ce samedi 28 février 2026.

Par la magie des enregistrements, nous l’avons entendu parler de la mort « à ses propres funérailles », n’a pas manqué de dire son fils, Damien, dans sa plus belle simple bonhomie (qui, à mes yeux, était le plus bel hommage qu’il pouvait faire à son papa. Quelle jouissance libératrice !) :

« Mourir, c’est lâcher ce qui est dépassé, les conditionnements anciens, dans une continuité de la Vie ; c’est un événement parmi d’autres.
À travers le développement personnel, je me réalise, tout à fait, librement.
Je suis moi-même jusqu’au bout. le suis heureux, j’attire, je rayonne…
Je peux susciter l’amour, être dans l’Amour.
Je suis attiré par ce qui est infini : Dieu ! qui m’a fait pour ça… » (Jean Lerminiaux).

Dans son homélie, le prêtre a parlé du Royaume de l’autre rive. Et j’ai été repêché quelques lignes du texte de Tagore :

« Ah ! que je voudrais aller là-bas à l’autre rive du fleuve.
Maman, si tu le veux bien, j’aimerais être le passeur du bac quand je serai grand.
Je ferai la traversée sans cesse d’une rive à l’autre et les garçons et les filles du village, en se baignant, me regarderont bouche bée.
Quand le soleil remonte au haut du ciel, quand le matin cède la place à midi, j’accourrai vers toi en disant : « Maman, j’ai faim ! »
Quand la journée est finie les ombres se blottissent sous les arbres, j’arriverai alors avec le crépuscule.
Jamais je ne te quitterai pour aller à la ville travailler comme mon père.
Maman, si tu le veux bien, j’aimerais être le passeur du bac quand je serai grand »
(Rabîndranâth Tagore, La Jeune Lune).

Le chant d’entrée de la messe des funérailles est une merveille : https://www.youtube.com/watch?v=kmOkbBO76a4

Angelo a fait fort dans son mot final, en se laissant appeler au téléphone par Jean de Là-Haut – second live / en direct ! happy life…– et à nous faire tous chanter « Volare Cantare Oh Oh Oh Oh »…
Ô oui, « Jean aimait les gens et les gens aimaient Jean ! », j’en con.viens…

Nous étions dans la très belle église à côté de chez lui : la basilique Notre-Dame de paix et de concorde, à Basse-Wavre :


Jean nous répétait en formation : « quand je peux regarder mon conditionnement ancien en disant « ce n’est pas plus grave que cela », je suis devenu moi, je suis libre ! »
Et là, il nous a adapté la formule : « quand je peux regarder ma mort en disant « ce n’est pas plus grave que cela », je suis devenu moi, je suis libre ! »
Et ce n’est qu’un au revoir !…

Cher Jean, tu nous répétais aussi que, dans la logique de l’Évolution, un comportement qui a réussi dans le passé est très utile à préparer l’avenir ! Quelle belle intelligence du futur tu nous offres, cher Jean, toi qui as reçu les personnes que tu accompagnais jusqu’à ta toute fin ‘ici-bas’. Merci de nous montrer sereinement la route du grand passage…

Peace and love!

naît pélé nez pelé

Au pays des au moins 10.000 collines, de Kigali à Kibeho, j’ai marché 4 jours éprouvants, dans la faim et la soif, sous un soleil de plomb… Quel pélé et qu’est-ce que j’ai pelé, ensuite !

À partir de la nuit à Kibeho, durant cinq nuits, des rêves m’ont fait intérieurement cheminer. Joie, paix, confiance et liberté débordantes à chaque réveil… Quel bain libérateur pour mes parts blessées, accrochées au passé, à la justice, à la vérité. Quels cadeaux inestimables, ces moments d’unité et d’amour en couple, en famille, embruns du Ciel qui changent concrètement ma manière de vivre ici et maintenant : plus simple et plus présent aux présents offerts gratuitement.

Merci, Marie, pour ce que j’ai reçu comme une catéchèse d’Amour offerte sur mesure, tout en délicate douceur.

Voici quelques photos du dernier jour de marche, le 3 février 2026. Notre trio  a démarré à 5h45 du matin dans le brouillard, sans rien avoir mangé… Et nous avons grimpé la plus haute colline du coin pendant près de 6 heures !

Voici le soir de notre arrivée à Kibeho :

Voici le matin au sanctuaire, dès les premières lueurs de l’aube à 5h30 :

Souffle à couper le souffle

Respirer, c’est anodin ; cela se fait si banalement souvent, sans même s’en rendre compte. …Et pourtant c’est si joliment vital.

Ce matin, une amie m’a invité à respirer consciemment et amoureusement. Merci à toi, l’âme-mie, pour ton partage en douceur / douce heure qui me souffle, de coeur à coeur, une proposition qui me fait sortir d’une peur qui ne soufflait mot en moi… Ton partage m’a saisi – à couper le souffle – : « cesse de te couper du Souffle ». Ta suggestion me donne un si doux second souffle !

Quels déploiements intérieurs lorsqu’en âme et conscience, j’accueille chaque inspiration comme le don précieux / préCieux de la vie, lorsque je vis chaque expiration comme un grand merci, lorsque chaque bouffée d’air résonne comme un grand oui d’Alliance qui me remplit le cœur, l’âme et l’Esprit.

dansant d’encens

« Il vaut mieux danser sur l’herbe ou sur la fougère que d’être malheureux dans un palais » (Fénelon, 1718).

« Si j’avais en charge l’éducation des enfants d’un pays, je commencerais par les faire danser et chanter tous les matins » (Yehudi Menuhin, 1996).

« La rumba raconte l’histoire de ces peuples qui ont souffert, mais qui ont, dans leur souffrance, cherché à rester debout. La rumba est une musique d’évolution qui vous traverse les tripes » (Alain Mabanckou, 2025). 

« Fais que le rêve
dévore ta vie
afin que la vie
ne dévore pas ton rêve »
(inspiré de Antoine de Saint-Exupéry
qui aurait dit, lui :
« Fais de ta vie un rêve,
et d’un rêve, une réalité », +/- 1937).

unité ubuntu

« Il y a un ‘nous’, un peuple qui sait qu’il ne parle pas d’une seule voix. Cela peut paraître trivial, mais c’est très difficile à construire. Le seul ‘nous’ viable, à mon sens, est le nous polyphonique : un ‘nous’ capable d’entendre les voix diverses qui le composent. Dans le monde juif, c’est un sujet de tension permanente ! Certains veulent à tout prix s’imaginer un groupe monolithique, uni dans ses pratiques ou ses convictions. […] L’eschatologie renvoie à l’image de la tour de Babel, ou de Sodome et Gomorrhe… c’est-à-dire à des mondes qui s’achèvent, qui ne sont pas la fin du monde, mais la fin d’un monde, à chaque fois reposant sur des enjeux éthiques : Babel s’effondre parce que les hommes ne parlent que d’une seule langue, alors que le projet divin est qu’ils en parlent plusieurs. Quant à Sodome et Gomorrhe, il n’y a pas de faute à caractère sexuel, contrairement à la lecture communément admise : Sodome s’effondre car elle est incapable d’accueillir l’étranger, ne partage plus les richesses, mais les garde pour elle » (Delphine Horvilleur, rabbin en France).

BBC be BC

« Si vous divisez la mort par la vie,
vous obtenez un cercle »

(Colum McCann dans son roman Apeirogon qui symbolise ainsi le cycle perpétuel et infernal, dans lequel une mort en entraîne une autre : le cercle vicieux de nos violences stimulées par nos deuils tragiques… Diviser la mort par la vie n’égale pas zéro qui met fin ; ça égale un cercle délétère dont le cycle de mort est sans fin.

« Ante / Post Christum natum » (« avant / après la naissance du Christ ») est un système de notation dans lequel on passe de l’an 1 a.C.n. à l’an 1 p.C.n. en zappant l’année zéro : pour le cercle vertueux d’une histoire linéaire qui échappe à un kharma sans fin ? Ce n’est pas nul, ça ! Bien joué…

mon territoire sacré en voyage

Pour moi, être seul en voyage,
ce n’est pas renoncer au lien,
c’est avec moi d’abord me sentir bien.

La solitude choisie est un lieu,
un lieu que j’ouvre en moi
pour respirer, me déposer, créer,
un lieu où je peux me relier en vérité,
sans le bruit du monde, sans détour, sans masque.

Prendre le temps d’écouter
ce qui bouge en moi,
à l’intérieur, sans réagir…
et avant d’agir !
Marcher à mon rythme…
Choisir les rencontres
comme les espaces dont j’ai besoin
pour me retrouver,
parfois me relever.

La solitude choisie, un manque ?
Un territoire sacré !
et une manière d’habiter
ma deuxième vie aussi…

C’est ce que j’ai écrit en entendant un partage
de Céline Fauche que je reprends pour l’essentiel.

NB : Me voici en route vers la Région des Grands Lacs pour animer diverses sessions…