Fin de mon bain aux pays des mille collines et au printemps éternel. Ce climat agréable provient d’une combinaison unique de montagnes (nous sommes dans la fraîcheur de l’altitude) et de l’équateur (la fraîcheur est habitée chaleureusement par une forte présence du soleil, dont l’inclinaison est verticale). En outre, la Région des Grands Lacs est une terre volcanique d’une grande fécondité…
J’ai donné des sessions au Rwanda, au Burundi et à l’Est-Congo, principalement une de 7 jours plein, à l’ISPR, Institut Supérieur pour la Paix et la Réconciliation, avec 18 participants venant de ces 3 pays. Nous avons pu célébrer dans nos corps + cœurs et nos esprits l’unité de destin que vivent tous les peuples de cette région du monde.
« Quand la personne qui danse met la conscience dans son geste, alors, le geste devient juste et parlant. Quand elle met tout son être dans le mouvement, alors ce mouvement va raconter quelque chose, dégager plein de sens, propager de la vie » (Marie-Claude Pietragalla).
« N’est-ce pas la sincérité de l’intention qui fait la grâce d’un corps en mouvement ? » (Bartabas, D’un cheval l’autre, 2021).
« Celui qui sait pourquoi il vit peut endurer n’importe quel comment. » Ce mot de Nietzsche est repris par Victor Frankl qui soutient : « Ce dont l’être humain a réellement besoin n’est nullement d’un état dépourvu de tension, mais plutôt d’un effort et d’une lutte pour atteindre un but qui en vaut la peine, d’une tâche librement choisie. Ce dont il a besoin, ce n’est pas d’une absence de tension à tout prix mais de l’appel d’une potentialité de sens qu’il lui incombera d’accomplir. Ce dont l’être humain a besoin ce n’est pas d’homéostasie mais de ce que j’appelle « noodynamique », c’est-à-dire, d’une dynamique existentielle située dans un champ de tension dont un pôle est représenté par le sens à accomplir et l’autre pôle par l’homme qui doit accomplir ce sens » (Victor Frankl, La LOGOTHÉRAPIE dans une coquille de noix (les concepts fondamentaux de la logothérapie), 1959). Voici le texte complet :
Je vous exhorte à lire cet article passionnant, qui fait jouer ses concepts-clé et nous invite à le faire dans notre propre vie : l’anticipation anxieuse, l’hyper-intention aussi bien que l’hyper-réflexion régulées par l’intention paradoxale, la déréflexion et surtout l’autotranscendance…
J’ai rêvé tellement fort de toi, J’ai tellement marché, tellement parlé, Tellement aimé ton ombre, Qu’il ne me reste plus rien de toi. Il me reste d’être l’ombre parmi les ombres, D’être cent fois plus ombre que l’ombre, D’être l’ombre qui viendra et reviendra Dans ta vie ensoleillée. (Robert Desnos, Domaine public, poète français mort en déportation).
« Considère bien toutes les œuvres du Créateur, elles vont deux par deux, l’une révélant l’autre. Ainsi, la mort face à la vie » (Siracide 33,15 ; livre biblique de Ben Sira le sage).
« Nous n’irons pas au but un par un mais par deux. Nous connaissant par deux, nous nous connaîtrons tous. Nous nous aimerons tous et nos enfants riront de la légende noire où pleure un solitaire » (Paul Eluard, Le temps déborde, 1946).
Magnifique déclaration de Tristan à Yseult : « Mon visage dans tes yeux se reflète, comme se reflète le tien dans les miens et la pureté des cœurs, dans nos visages, reposent… J’ignore si la vie est plus grande que la mort mais l’amour l’est plus que les deux ! »
Effroyable illusion de Tristan et Yseult la Blonde qui croient échapper à la mort en s’aimant sans entraves, allant face contre Yseult aux blanches mains, l’épouse légitime de Tristan, jalouse et Tristàen mourir…
« Je pense, donc je suis » de Descartes est inversé par Blaise Pascal : « je suis, donc je pense ». Je suis qui je suis, en amont de mes « moi » qui pensent et de mes « moi » diversement affectés par des vécus… Par exemple, quand je pense, je suis parfois avec ce que je voudrais être et que je ne suis pas ; autrement dit, quand je pense, je ne suis pas simplement, pleinement ! « Je suis qui je suis » est la réponse divine, simple et pleine (Exode 3,14), qui nous inspirent aujourd’hui, dans nos élans de pleine conscience / Présence dans l’instant présent…
Pascal semble être le premier philosophe à réfléchir le « moi » dont il souligne le caractère fuyant et inassignable : « Qu’est-ce que le « moi » ? Un homme qui se met à la fenêtre pour voir les passants, si je passe par là, puis-je dire qu’il s’est mis là pour me voir ? Non, car il ne pense pas à moi en particulier. Mais celui qui aime quelqu’un à cause de sa beauté, l’aime-t-il ? Non, car la petite vérole, qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu’il ne l’aimera plus. Et si on m’aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m’aime-t-on, moi ? Non, car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi-même. Où est donc ce « moi », s’il n’est ni dans le corps, ni dans l’âme ? Et comment aimer le corps ou l’âme, sinon pour ces qualités qui ne sont point ce qui fait le « moi », puisqu’elles sont périssables ? Car aimerait-on la substance de l’âme d’une personne abstraitement, et quelques qualités qui y fussent ? Cela ne se peut, et ce serait injuste. On n’aime donc jamais personne, mais seulement des qualités. Qu’on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices, car on n’aime personne que pour des qualités empruntées » (Blaise Pascal, Laf. 688, Sel. 567).
« Dans l’esprit et le sel, il y a la saveur de l’umami. Tous les deux sont des exhausteurs du bon goût. Vive le sel de la vie » (Kheira Chakor).
« Vous êtes le sel de la terre ! » Salez-vous les mets de votre vie ? Votre lame de fond sale-t-elle vos envies ? Salons é-piçons pour exhauster nos parts en vie !
Théodore Zeldin a dit : « La gastronomie est l’art d’utiliser la nourriture pour créer le bonheur. » En en parlant avec mon fils, tout en préparant notre repas, on s’est dit que l’astronomie est l’art d’utiliser la nourriture épicée et la boisson (et pissez) pour créer le rêveur ; certes, sans abuser car la gastro est l’art d’utiliser la nourriture pour créer la diarrhée-heurt !
« La majeure partie de l’apprentissage n’est pas le résultat de l’instruction. Elle serait plutôt le résultat d’une participation sans entraves dans un environnement chargé de sens » (Ivan Illich).
« La suprême récompense du travail n’est pas dans ce qu’il vous permet de gagner mais de devenir. »
« Dans la mythologie, le serpent apparaît sans doute comme l’image la plus forte du renouveau et de la transformation. Il est le gardien de la sagesse des Enfers et de la prédiction. La capacité du serpent à se dépouiller régulièrement de son ancienne peau et la reconstituer est reflétée chaque mois dans le renouveau de la lune et dans le cycle menstruel féminin. Comme la lune, le serpent est considéré comme un symbole de la lumière et de l’obscurité : il vit à la fois à la surface du sol et sous terre dans des terriers et des caves. Il représente les pouvoirs de la nouvelle lune, l’énergie dynamique qui émane de la conscience intérieure ou monde des Enfers, et qui met en lumière les pouvoirs de la prédiction, de la sagesse, de l’inspiration et de la fécondité. Les mouvements sinueux et ondoyants du serpent renforcent son association avec l’eau. Il est ainsi devenu le symbole des eaux du Paradis, sous la forme de la pluie fertilisante, des eaux de la terre donnant la vie, et de celles des Enfers se présentant comme l’utérus qui apporte renaissance et vie nouvelle. Dans certaines mythologies, le serpent représente la source créatrice qui donne naissance à l’univers. Il est considéré comme l’énergie dynamique de la déesse, qui est à la fois la terre mère et l’énergie de la terre qui fait croître les plantes » (Miranda Gray, Lune Rouge. Les forces du cycle féminin, p. 82-83).