« C’est beau quand dans la nuit,
les mots deviennent silence,
quand le silence devient de la musique,
et quand l’imagination devient un rêve »
(Giorgia Stella).

La bibliothèque d'Étienne Chomé
Jeux du "je" jusqu'au coeur du coeur
« C’est beau quand dans la nuit,
les mots deviennent silence,
quand le silence devient de la musique,
et quand l’imagination devient un rêve »
(Giorgia Stella).

Vers holorimes :
« Étonnamment monotone et lasse
Est ton âme en mon automne, hélas ! »
(Louise de Vilmorin, L’Alphabet des aveux).
Quand le jeu contraignant
des vers holorimes réussit néanmoins
à faire jaillir la flamme de la poésie, nez en moins.

« Rien n’est plus contraire à l’expérience mystique que la routine et la sécurité. Seules les âmes ébranlées jusque dans leurs fondements par la passion ont la chance de voir s’écrouler l’édifice de leur moi, de devenir les chantiers du divin » (Christiane Singer).
« La réussite n’est pas toujours une preuve d’épanouissement, elle est souvent même le bénéfice secondaire d’une souffrance cachée » (Boris Cyrulnik).

« La vie est une expérience de créativité, dans laquelle nous recevons en retour ce que nous y envoyons. Quand nous y projetons de la peur, nous recevons en retour toute une palette d’expériences associées à cette vibration, cette énergie. Il en est de même pour l’amour.
À la fin, quand nous passons de l’autre côté du voile, les épreuves parfois terribles de cette vie nous apparaitront comme les sursauts d’un Rire Cosmique, dont les mouvements nous auront douloureusement secoués.
Certains d’entre nous, sourds au grand rire de la vie, et aveugles à son caractère illusoire, prendront le jeu très au sérieux en en multipliant les règles, les masques et les lois.
Les autres, plus rares, se découvrent la capacité de réaliser la nature de ce rire avant la fin, et se mettent à jouir de la même blague, et à danser cette éphémère expérience dont la musique ne cesse jamais » (Stephan Schillinger).

« Au-dessus de ce bout de route qui nous reste ouvert, le ciel s’étale tout entier. On ne peut rien nous faire, vraiment rien. On peut nous rendre la vie assez dure, nous dépouiller de certains biens matériels, nous enlever une certaine liberté de mouvement tout extérieure, mais c’est nous mêmes qui nous dépouillons de nos meilleures forces par une attitude psychologique désastreuse. En nous sentant persécutés, humiliés, opprimés. En éprouvant de la haine. En crânant pour cacher notre peur. On a bien le droit d’être triste et abattu, de temps en temps, par ce qu’on nous fait subir ; c’est humain et compréhensible. Et pourtant, la vraie spoliation c’est nous-mêmes qui nous l’infligeons. Je trouve la vie belle et je me sens libre. En moi des cieux se déploient aussi vastes que le firmament. Je crois en Dieu et je crois en l’homme, j’ose le dire sans fausse honte. La vie est difficile mais ce n’est pas grave. Il faut commencer par « prendre au sérieux son propre sérieux », le reste vient de soi-même. Travailler à soi-même, ce n’est pas faire preuve d’individualisme morbide. Si la paix s’installe un jour, elle ne pourra être authentique que si chaque individu fait d’abord la paix en soi-même, extirpe tout sentiment de haine pour quelque race ou quelque peuple que ce soit ou bien domine cette haine et la change en autre chose, peut-être même à la longue en amour ou est-ce trop demander ? C’est pourtant la seule solution. Je pourrais continuer ainsi des pages entières. Ce petit morceau d’éternité qu’on porte en soi, on peut l’épuiser en un mot aussi bien qu‘en dix gros traités » (Etty Hillesum, juive hollandaise emprisonnée et morte à Auschwitz en 1943, dans Une vie bouleversée, 1941-1943, p. 132 dans l’édition Points).
La non-violence adoptée par tout un peuple mobilise un ensemble de forces (cadre de droit juste, communication vraie, négociation efficace…) à même de réguler la violence des individus. C’est la problématique que je développe du point de vue des sciences humaines dans « Le nouveau paradigme de non-violence » et d’un point de vue théologique dans « La non-violence évangélique et le défi de la sortie de la violence ». Voici une brève présentation de ce 2ème ouvrage. D’une part, la gestion constructive des conflits, en plein essor en sciences humaines, offre de nouvelles ressources pour sortir de la violence. D’autre part, des groupes utilisant la non-violence comme méthode politique trouvent dans la vie et la prédication de Jésus une combativité assertive qui affronte sans peur les conflits. C’est sur cette nouvelle lecture de l’Évangile qu’ils fondent leurs combats pour la justice et pour une véritable paix sociale et politique. J’étudie les retombées en théologie de ces deux dynamiques contemporaines, en examinant comment elles renouvellent la problématique théologique articulant la non-violence évangélique et une attitude responsable face à la violence.
Les trois principales manières de les concilier sont mises en dialogue. La solution pacifiste et la position traditionnelle catholique comprennent « Tends l’autre joue » (Mt 5,39) comme un appel à ne pas résister, ce qui crée un dilemme entre obéir à l’Évangile ou se défendre efficacement. Les pacifistes renoncent à la légitime défense au nom de la fidélité à Jésus-Christ. Inversement, la tradition majoritaire, multiséculaire, reconnaît la nécessité d’une politique réaliste, par une argumentation de légitime défense entièrement basée sur le droit naturel, sans lien avec les pages non-violentes de l’Évangile. Une troisième voie comprend la péricope de Mt 5,38-42 comme un appel à résister mais par d’autres moyens que la violence. En trois exemples incisifs, Jésus propose des initiatives déroutantes retournant le système injuste contre lui-même, ce qui a pour effet de le subvertir de l’intérieur. Pour les porteurs de cette nouvelle interprétation, « renoncer à l’usage de la force » est une formule inadéquate qui crée le dilemme entre force (sous-entendue violente) ou non-force (sous-entendue non-violente ; à vrai dire, passivité). Le défi est d’optimiser le déploiement des forces sociales, économiques, culturelles, politiques, etc., qui font effectivement reculer le seuil des violences légitimées en « dernier recours ».
Pendant 1600 ans, a prévalu le raisonnement suivant : 1) Jésus a dit dans l’Évangile et a pratiqué à l’heure de sa mort un amour oblatif qui renonce à ses droits personnels, qui s’offre plus qu’il ne défend la justice lésée. 2) Or, cette non-violence-là est socialement et politiquement impraticable. 3) Donc, il est logique et sage de dénier le caractère collectif et obligatoire de ces paroles évangéliques et d’en limiter la portée sociopolitique. S’appuyant sur cet arrière-fond, de nombreux évêques, théologiens et pasteurs ont parlé au XXème siècle de la non-violence évangélique en termes de non-résistance, et donc comme un choix intime à la conscience, une option personnelle laissée à la discrétion de chaque croyant. Les discours évoluent depuis que la non-violence évangélique est regardée comme un certain type de résistance, politiquement actif. Il devient alors pertinent de la reconnaître comme une invitation réaliste et responsable, aussi vraie à l’échelle personnelle que collective, avec une réelle pertinence sociopolitique. Elle pourrait même devenir alors une exigence fondamentale du christianisme, inscrite au cœur de l’Évangile, requérant, pour être efficace, d’être un choix collectif. Elle concrétise l’appel à la conversion, à la transformation en profondeur de l’organisation de notre vie en Église et en société.
Le défi est d’intégrer ces éléments ainsi que les nouveaux savoir-faire des sciences de la paix dans l’actuel aggiornamento du corpus doctrinae de l’Église relatif à la guerre/paix juste, en articulant mieux l’Évangile de l’amour et la Realpolitik.
Lire la thèse : http://etiennechome.site/theologie/.

« Dans les vieilles vignes, on voit le parcours très sinueux de pieds qui se sont tordus dans tous les sens et qui ont fini par trouver leur voie vers la lumière. On peut être tordu et quand même trouver petit à petit le chemin du ciel, de la lumière, de la joie de Dieu !
Le vigneron attache sa vigne pour la faire monter et lui donner la capacité de recevoir le plus de lumière possible. Jésus s’est présenté comme une vigne dont son père est le vigneron et nous les sarments. Pour que nous portions du bon fruit et beaucoup de fruit, notre Père du Ciel émonde tout ce qui dépasse pour nous faire aller à l’essentiel » (un moine témoignant de sa vie monastique dans le documentaire La Règle bénédictine & l’art de gouverner).

« Et c’est parfois dans un regard, dans un sourire que sont cachés les mots qu’on n’a jamais su dire » (Yves Duteil).
« Dans le silence, il y a une oreille qui s’ouvre toute seule et puis qui ressent, c’est comme la musique. Il y a une telle paix, un tel bien-être physique de tous nos membres, de notre cœur, de notre tête. C’est délicieux » (Michael Lonsdale).

De 4 heures à 7 heures du matin :
le meilleur moment de ma journée.


« Je t’aime…
Je t’aime passionnément…
et je t’aime paisiblement…
Peut-être est-ce cela l’amour éternel,
ce mélange de paix et de feu »
(Julie Maroh).
« Vous croyez être deux :
vous êtes trois.
Et le tiers invisible est
le seul lien véritable
entre vous deux »
(Maurice Zundel).
« Le couple est notre laboratoire de croissance le plus intense, le plus complet, le plus complexe, potentiellement le plus dangereux comme le plus fertile. Il y a des moments aveugles. On a besoin d’outils, on a besoin de guides. Je trouve extraordinaire que notre pulsion de vie, notre instinct, notre intuition, notre désir nous poussent à essayer cette paire de vie, à la chercher, à la faire durer, à travailler pour la construire. Après, il nous reste à devenir compétents » (Florentine d’Aulnois-Wang).

Ramenée à son essentiel, la vie de couple est somme toute très simple :
1) Avant le mariage, éprouver l’unité, secouer le cocotier, en vérifiant bien qu’il n’y a pas erreur de casting.
2) Une fois mariés, nourrir l’accord des cœurs (l’accorité est un des plus beaux mots que j’apprécie dans le vocabulaire du créole mauricien), prendre soin de nos cœur-à-cœur et âme-à-âme, accueillir nos parts dans tous leurs manques et étroitesses, jusqu’à ce qu’elles se laissent combler par l’Amour et qu’elles s’ordonnent à la vie et à l’avis de nos âmes…