On s’apprend par cœur quand on s’aime

Boris Cyrulnik, De chair et d’âme :

Le cerveau devient la conséquence d’un état d’âme aussi sûrement que l’état d’âme peut être la conséquence du cerveau.

Dans la compassion empathique, on peut plaindre autrui et partager ses maux : « Quand les autres sont tristes comme moi, je me sens mieux puisqu’on est triste ensemble. » En disant « Je suis attirée par les faibles parce qu’avec eux, je me sens supérieure », elle témoigne d’une empathie malade.

Cette absence de séparation qui empêche la distinction entre le soi et le non-soi existe aussi chez les paranoïaques, qui ne parviennent pas à se distinguer de leurs persécuteurs : « il éprouve ce que j’éprouve, il pense ce que je pense, il croit ce que je crois. » 

Quand un architecte se représente les masses de béton correspondant au dessin d’un pont, il réalise une « empathie de pont ». Cette empathie d’objet a certainement joué un rôle important dans la fabrication des premiers outils qui nous ont permis d’échapper à la nature en utilisant les phénomènes de la nature avec lesquels nous empathisons.

Quand le monde est cruel, c’est la force d’un corps qui permet de l’affronter, mais, quand la culture l’adoucit, c’est la bonté d’une âme qui aide à se socialiser. Mon corps est fait de votre argile. C’est pourquoi il ne peut vivre que vêtu d’un manteau de paroles.

Au moment d’une relation sexuelle, les partenaires sécrètent beaucoup d’ocytocine qui les rend euphoriques et sensibles l’un à l’autre, créant ainsi une période propice à l’empreinte mutuelle : on s’apprend par cœur quand on s’aime.  

Les lueurs frémissantes de l’aube

Cette nuit passée au bord de l’Océan Indien m’enveloppe du doux clapotis du ressac, couvert par le brisement des vagues sur la barrière de corail à 200 mètres… Tandis que cette mélodie perpétuelle me berce en stéréo, un élan me traverse qui me met debout ; je danse, entraîné par ton rire sans pareil. Ce rire sans fard, qui n’éclate que dans un cœur d’enfant, résonne dans les battements de mon cœur, comme s’il prenait la main de l’enfant en moi pour fêter la vie ensemble.

Il est 5h.30. Dans quelques minutes, les toutes premières lueurs d’aujourd’hui vont naître ; le plus beau moment de ma journée ! Le ciel noir qui aspire au bleu, se pare d’un magnifique manteau orangé, lui-même progressivement revêtu d’un voile violet, avant son déshabillage complet, lorsque jaillit la lumière blanche qui écarte avec assurance les ténèbres.

Relié à toi par nos cœurs d’enfant, je te transmettrai,  par les grâces de la gratitude, les douces lumières de ces douze instants magiques. Je t’enverrai les angelots de la paix et de la confiance. Il vient ! Derrière les frémissements de l’aube, j’entrevois le cœur de cette Vie qui ne finit pas…

É-tienne Chauds-mets

Plantes et planté

« Les fleurs du printemps
sont les rêves de l’hiver
racontés le matin,
à la table des anges »
(Khalil Gibran).

Sans être au pied immédiat du volcan Etna, la ville de Centuripe en est proche et en offre des vues spectaculaires, surtout lors des éruptions. Cette ville comprend de nombreux trésors historiques et artistiques. La nuit, en s’illuminant, elle accentue son côté géant de lumière !

L’Etna qui met son chapeau :

GRAND HYMNE égyptien au dieu soleil et psaume 103

Morceaux extraits du psaume 103 :
01 Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
     Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
     Revêtu de magnificence,
02 tu as pour manteau la lumière !
     Comme une tenture, tu déploies les cieux,
04 tu prends les vents pour messagers,
     pour serviteurs, les flammes des éclairs.
05 Tu as donné son assise à la terre :
     qu’elle reste inébranlable au cours des temps.
19 Tu fis la lune qui marque les temps
      et le soleil qui connaît l’heure de son coucher.
20 Tu fais descendre les ténèbres, la nuit vient :
      les animaux dans la forêt s’éveillent ;
22 Quand paraît le soleil, ils se retirent :
     chacun gagne son repaire.
23 L’homme sort pour son ouvrage,
     pour son travail, jusqu’au soir.
30 Tu envoies ton souffle : ils sont créés ;
     tu renouvelles la face de la terre.
33 Je veux chanter au Seigneur tant que je vis ;
     je veux jouer pour mon Dieu tant que je dure.
34 Que mon poème lui soit agréable ;
    moi, je me réjouis dans le Seigneur.

Ce psaume, vieux de plus de 2000 ans, s’est inspiré du GRAND HYMNE égyptien au dieu soleil, qui est, lui, vieux de 3400 ans, dont voici le début et la fin :
« Tu te lèves beau dans l’horizon du ciel,
Soleil vivant, qui vis depuis l’origine.
Tu resplendis dans l’horizon de l’est,
Tu as rempli tout pays de ta beauté.
Tu es beau, grand, brillant. Tu t’élèves au-dessus de tout pays.
Tes rayons embrassent les pays, jusqu’aux confins de ta création.
[…]
Tu resplendis, et ils vivent ; tu te couches et ils meurent.
Toi, tu as la durée de la vie par toi-même, on vit de toi.
Les yeux sont sur ta beauté jusqu’à ce que tu te couches ».

Dans chaque acte offert, le Paradis nous est donné

Madeleine Delbrêl à son équipe engagée auprès des gens des rues :

« Nos pas marchent dans une rue, mais notre cœur bat dans le monde entier. Chaque acte donné en confiance nous fait recevoir pleinement Dieu. Alors la vie est une grande fête. Chaque petite action est un événement immense où le Paradis nous est donné, où nous pouvons donner le Paradis. Qu’importe ce que nous avons : un balai ou un stylo à tenir ; parler ou se taire ; raccommoder ou faire une conférence ; soigner un malade ou taper à la machine. Tout cela n’est que l’écorce de la réalité splendide, la rencontre de l’âme avec Dieu, à chaque minute renouvelée, à chaque minute accrue en grâce, toujours plus belle pour son Dieu. On sonne ? Vite allons ouvrir, c’est Dieu qui vient nous aimer. Un renseignement ? Le voici : c’est Dieu qui vient nous aimer. C’est l’heure de se mettre à table ? Allons-y : c’est Dieu qui vient nous aimer, recevons-le. »

La fille de l’air : origine

Lorsqu’une personne prend la fuite, on dit qu’elle joue « la fille de l’air ». L’expression s’est imposée lors du succès d’une pièce de théâtre du même nom, en 1837. Son héroïne, Azurine, est la fille du roi des génies envoyée sur terre pour s’aguerrir au contact des hommes. En laissant un paysan s’emparer de son cœur, elle perd ses ailes et est condamnée à rester sur terre. Elle se morfond dans ce mariage avec un terrien, jusqu’au happy end : par l’aide d’un de ses amis, la fille de l’air trouve le talisman par lequel elle peut enfin s’éclipser et regagner son royaume.

Le ressourcement par excellence

Expérience d’une ermite chrétienne vivant seule dans la montagne française : «  Ce qui permet de renouveler ses forces, même au cœur de l’adversité ou de la souffrance la plus pénible, c’est d’être immergé dans la communion d’Amour qu’est Dieu Trinité. Entrer dans cette communion d’amour, la laisser se développer en soi, voilà le ressourcement par excellence. Cet échange incessant d’amour, cette plénitude de don mutuel, est le seul vécu qui me comble vraiment de façon définitive et stable » (Sœur Catherine, Récits d’une ermite de montagne).

Merci, Anne J, pour tes partages.