Bonnes libérations non libations

Aujourd’hui, c’est jour férié à l’île Maurice,
pour célébrer ensemble l’abolition de l’esclavage. 

Les Mauriciens ont un rythme de fêtes familiales et sociales nul autre pareil (je le dis sur base de la cinquantaine de pays où je me suis déchainé ; merci à chaque peuple de m’avoir fait avancer sur ma conscience de mes propres chaînes, en fer / enfers qui commencent par des préjugés).

Leur grand danger : l’alcool…
Bon jour férié, vou zot tou…
Bonnes libérations !

« Si, comme le disent les colons, on ne peut cultiver les Antilles qu’avec des esclaves, il faut renoncer aux Antilles. La raison d’utilité de la servitude pour la conservation des colonies est de la politique de brigands. Une chose criminelle ne doit pas être nécessaire. Périssent les colonies, plutôt qu’un principe » (Victor Schoelcher en 1842).

Lâcher-prise

« Chacun de nous a sa blessure :
j’ai la mienne, toujours vive,
elle est là, cette blessure ancienne.
Elle est là, sous la lettre au papier jaunissant
où on peut voir encore des larmes et du sang ! »
(Edmond Rostand).

« La vie vous réveille, vous élague, vous brise, vous déçoit… mais croyez-moi, c’est pour que votre meilleur moi se manifeste… jusqu’à ce que seul l’amour reste en vous » (Bert Hellinger).

Le jeu parabolique de Jésus

Extrait de l’introduction du livre que j’ai écrit sur les paraboles :

Jésus parle en paraboles afin de toucher en profondeur la conscience de ses interlocuteurs. Il évite la confrontation directe et, en même temps, ose une parole d’interpellation vive. C’est une troisième voie qui refuse la passivité autant que la contre-violence. Les paraboles évangéliques qui sont une manière bien à lui de gérer les conflits, sont étudiées par l’école de Palo Alto pour leur étonnante capacité à produire un changement chez l’auditeur.

« Convaincre » est formé en latin du préfixe « con » (ensemble) et de la racine « vincere » qui a donné « conviction ». Convaincre signifie donc « vaincre ensemble », c’est à dire dépasser ensemble une situation d’opposition, et non obliger l’autre à se rallier à ma position par le raisonnement. Il s’agit en fait d’accorder les convictions ! Jésus est lucide sur l’impasse de l’argumentation qui bloque davantage encore la partie adverse dans ses mécanismes de défense ou qui donne lieu à une escalade stérile. À travers le questionnement indirect, Jésus veille à ne pas tirer sur le nœud. Il ne défend pas sa vérité, il ne plaide pas pour sa cause, il ne cherche pas à avoir raison, il désire faire la vérité, ou mieux faire faire la vérité par ses interlocuteurs. En cela, il est précurseur de la non-violence active qui s’appuie sur la force de la vérité : la vérité déploie sa force lorsque nous ne la tirons pas à nous, lorsque nous résistons à la tentation de nous l’approprier.

[…] « La parabole offre à la recherche le champ le plus fertile, le matériau le plus disponible à la polysémie d’une actualisation incessante » (Vittorio Fusco). il y aura toujours plusieurs niveaux de lecture légitimes d’une parabole, dont aucun ne peut prétendre en épuiser le sens. Cela ne nous autorise tout de même pas à lui faire dire n’importe quoi. Mon objectif dans ce livre est de repérer le genre propre aux paraboles et le ressort propre à chacune.

Chomé Étienne, Le jeu parabolique de Jésus, une étonnante stratégie non-violente, Éditions Lumen Vitae, Collection Connaître la Bible, n° 57, 2009.

Mes intentions mieux que mes résolutions

« La nouvelle année est l’opportunité d’une nouvelle vision de la vie.
Béni soit celui qui a une vision claire de ce qui est et de ce qui sera »
(Sadhguru, pas sad pour un sou).

Plutôt que de prendre de bonnes résolutions,
clarifier les intentions profondes
qui me font vibrer et vivre…

C’est d’un coeur à coeur que nous avons besoin

De Pierre Teilhard de Chardin :

« Quand pour la première fois, dans un vivant, l’instinct s’est aperçu
au miroir de lui-même, c’est le Monde tout entier qui a fait un pas »
(Le phénomène humain).

« L’homme-individu est essentiellement famille, tribu, nation.
Tandis que l’humanité, elle, n’a pas encore trouvé autour de soi d’autres Humanités pour se pencher sur elle et lui expliquer où elle va »
(L’apparition de l’homme).

« Tous ceux qui veulent dire une vérité avant son heure risquent de se retrouver hérétiques. […] Tout peut se reprendre et fondre en Dieu,
même les fautes.  […] Ce n’est pas d’un tête-à-tête
ni d’un corps à corps,
c’est d’un coeur à coeur
que nous avons besoin » (Le milieu divin).

Bon dimanche ! Et si vous êtes cinq,
bons dix manches !

Le Self aime sans aucun effort

Au cœur de mon cœur, là où je suis qui je suis en vérité, je suis spontanément créatif, courageux, confiant… Le Self authentique en moi est généreux sans effort. Par contre, mes parts généreuses triment dur pour apprivoiser leur environnement et s’attirer les bonnes grâces de leur entourage. L’une d’entre elles a une énergie à revendre, tel Sisyphe remontant perpétuellement son rocher en héros. Une autre se décourage devant les efforts à fournir ; sans élan, elle est excellente à procrastiner !

Quel pied de les inviter à profiter avec moi des bienfaits des rayons de soleil que je reçois dans le coeur de mon cœur, parfumés et colorés par Ta belle présence… Les années passent, la Présence ne passe pas…

Je nous souhaite de prendre soin de nos Sisyphe remontant perpétuellement leur rocher pour faire héros … Ferrero

Démilitariser l’écœure Démilitariser les cœurs

« La sortie de crise est très, très lointaine. Elle nécessiterait une stabilité militaire sur le terrain afin de permettre aux Ukrainiens d’être en position de force pour envisager de s’asseoir à la table des négociations » (Simon Schlegel, International Crisis Group).

« Nous voulons la paix et pas seulement un armistice qui ne sert qu’à réarmer. Une paix véritable est le fruit d’un dialogue, elle ne s’obtient pas par les armes, lesquelles ne vainquent pas la haine et la volonté de domination, qui réapparaîtront, peut-être d’une autre manière, mais elles réapparaîtront. Chacun doit travailler à démilitariser les cœurs, à commencer par le sien, et ensuite à désamorcer la violence, à désarmer. Nous devons tous être pacifistes. […] Le Saint-Siège essaie de construire un réseau de relations qui favorise un rapprochement entre les parties pour trouver des solutions. En outre, nous faisons tout ce que nous pouvons faire pour aider les prisonniers » (Pape François, interrogé sur la Russie et l’Ukraine dans une interview accordée au quotidien italien La Stampa mi-novembre 22).

Démilitariser l’écœure…
Démilitariser les cœurs…
Oser sortir des corps-à-corps
pour en venir à des accords !
Aller des désaccords au chœur
en passant par des cœur à cœur !

Mère nourricière et dévorante

« La figure mythique de la mère nourricière est toujours doublée, dès son origine, de cette autre figure de la mère dévorante ou de la mère-mort. C’est une donnée bien connue de l’histoire des religions que presque toutes les déesses nourricières sont aussi des ogresses qui dévorent leurs enfants ou menacent d’engloutir l’humanité. Le mythe de la Déesse lunaire est d’une certaine façon le mythe générique de ces mères dévorantes. Les divinités lunaires, qu’il s’agisse des Grandes Déesses (Cybèle, Déméter, Kali, Isis ou Isthar) ou de la multitude des succubes anonymes que l’on rencontre sous toutes les latitudes ou simplement des ogresses mises en scène dans les contes, toutes représentent non seulement le lien nourricier (bénéfique et maléfique) mais également le rapport de l’humanité avec le monde des morts. Selon les mythes, c’est par l’intervention originelle de cette divinité que la mort est entrée dans le monde. C’est par la déesse et par les sacrifices qu’elle exige que la mort se perpétue dans la vie, c’est elle encore qui, sous diverses figures d’animaux charognards (louve, chien, corneille, etc.) dévore les défunts. C’est aussi la cuisinière des enfers qui engloutit ses victimes dans l’immense chaudron des sorcières, en particulier dans les cultures celtiques. Cette essence dévorante de la figure maternelle est diversement interprétée. Elle est parfois simplement associée à l’ambivalence inexplicable du sacré elle-même rapportée, en ce qui concerne la féminité, à l’ambivalence de la nature : comme la Terre nourrit et protège, puis ensevelit ou détruit, la Mère serait tour à tour bénéfique et maléfique. L’interprétation jungienne intègre davantage, quant à elle, l’ambivalence puisqu’elle associe la mère nourricière-dévorante à la première phase fusionnelle de l’humanité (ou de l’individu) qui doit être scindée et dépassée » (Anne-Laure Bucher, Engendrer, nourrir, dévorer: les fonctions symboliques de la féminité).

« C’est la terre que je chanterai, mère universelle aux solides assises, aïeule vénérable qui nourrit sur son sol tout ce qui existe….» (Hymne homérique «À la Terre»).