Nous assomme d’être loin de ce que nous sommes

« Un silence s’était fait dans son âme, un de ces abîmes où le monde entier disparaît, sous la pression d’une pensée unique, d’un souvenir, d’un regard » (Gustave Flaubert).

Merci, peu quelconque gusse Flow-Père. Ce matin, ta parole m’a aidé à accueillir en moi une part profondément triste, à partir de cet espace intérieur disposant d’une bien plus large perspective de la Vie. Et la Présence doucement confiante dans cet espace a détendu cette part triste qui a pu alors quitter le centre qu’elle occupait vigoureusement. Enfin, elle et moi, ensemble, main dans la main, nous avons pu continuer d’accueillir ce Souffle de Vie et savourer paix et confiance, jusque dans la perte et le deuil…

Si ça nous assomme
d’être loin de ce que nous sommes,
Ouistiti en moi fait la somme
pour nous souhaiter bons sommes
et ainsi être bien éveillé.es, somme toute !?…

Vanité des vannes-idées

« Il faut lire ‘La Tactique du diable’ de l’écrivain anglais Lewis. L’éducation d’un élève démon par le grand Lucifer » (Stan Rougier).

« On ne peut affronter le scandale de la pauvreté en promouvant des stratégies de contrôle qui ne font que tranquilliser et transformer les pauvres en des êtres apprivoisés et inoffensifs. Qu’il est triste de voir que, derrière de présumées œuvres altruistes, on réduit l’autre à la passivité, on le nie ou, pire encore, se cachent des affaires et des ambitions personnelles : Jésus les définirait hypocrites. Qu’il est beau en revanche lorsque nous voyons en mouvement des peuples et surtout leurs membres plus pauvres et jeunes. Là, on sent vraiment le vent de la promesse qui ravive l’espérance d’un monde meilleur. Que ce vent se transforme en ouragan d’espérance. Tel est mon désir » (Pape François, à la rencontre mondiale des mouvements populaires, 28 octobre 2014).

Eau feu ! Briquer le briquet

« Lave ton coeur comme on lave un vêtement » (Proverbe arabe).

« Quand tu veux te laver, prépare d’abord la serviette pour t’essuyer » (Jérôme Cardan, Ma vie).

« Obliger les hommes à se laver et ne point leur donner de serviettes, toute l’ânerie militaire est là » (Georges Courteline, Le Capitaine Marjavel).

« Briquer le pont d’un navire » : nettoyer en parcourant en tous sens, comme l’exprime un des sens du mot « balayer », et aussi passer plusieurs fois pour mouiller puis sécher le pont aussitôt après, afin de ne pas glisser…

Déconstruire pour reconstruire

Jésus est un spécialiste du recadrage… « Chacune des paraboles ici étudiées l’a illustré : au cœur du jeu parabolique, s’exerce un ressort en 3 temps : 1) la parabole détend d’abord et comprend son destinataire ; 2) puis, elle tend ailleurs et le surprend par un coup de théâtre, un renversement de situation ; 3) enfin, elle lui tend la perche en lui lançant un « prends position » ! Nous avons à chaque fois examiné comment la parabole, par ce jeu de recadrage, constitue un langage de changement d’une redoutable performativité pour appeler à un comportement nouveau.

Dans les quatre derniers exemples, nous avons comparé la parabole à une opération de sauvetage de quelqu’un qui est tombé dans un trou. 1) Elle commence par lui tendre la main. 2) Une fois qu’elle le tient bien, elle le tire vers le haut pour l’en sortir. 3) Enfin, elle lui demande de tenir debout par lui-même. Hélas, au moment où la parabole cherche à le sortir du trou, il arrive qu’il lâche la main et retombe au fond du trou. Il va alors comprendre la parabole à l’envers, lui faire dire son contraire. Incapable de voir le ressort de la parabole dans le deuxième mouvement, il va la réduire dans le mouvement premier. Il se convainc que la parabole légitime la conduite qu’en réalité, elle conteste. C’est le risque pris par l’art parabolique qui commence par entrer dans la perspective de son destinataire. Nous avons montré à chaque fois comment la parabole prend soin d’aménager d’abord un terrain d’entente, une plate-forme commune, en obtenant son assentiment sur un point, lequel sert alors de levier pour tenter de surmonter le dissentiment » (dans la conclusion de Chomé Étienne, Le jeu parabolique de Jésus, une étonnante stratégie non-violente, Éditions Lumen Vitae, Collection Connaître la Bible, n° 57, 2009).

Ombres et lumière de l’amour

«Tu es là, en face de moi,
dans la lumière de l’amour,
Et moi, je suis là, en face de toi,
avec la musique du bonheur
Mais ton ombre sur le mur
guette tous les instants
de mes jours
et mon ombre à moi
fait de même,
épiant ta liberté,
Et pourtant je t’aime
et tu m’aimes
comme on aime le jour et la vie ou l’été
Mais comme les heures qui se suivent
et ne sonnent jamais ensemble,
nos deux ombres se poursuivent… »
(Jacques Prévert, Les ombres).

Bon anniversaire de mariage religieux, tendre épouse que je sens dans ma peau et dans mon cœur, à cet endroit sacré où, seule, tu demeures.
Voici que sonnent les 33 coups de nos noces de porphyre
(cette roche à la couleur pourpre qui résiste aux ravages du temps).

Grâce pour moi de participer au mariage d’Yannick M. et sa belle Aurélie, ici, à Maurice, ce 20 octobre 2023…

Temps qui ne passe pas

Tempus fugit est une expression latine qui signifie « le temps fuit » mais plus communément traduite par « le temps passe vite ».

Elle est fréquemment utilisée en inscription sur les horloges. L’expression a été enregistrée dans les Géorgiques (livre III, vers 284), œuvre du poète romain Virgile : « Sed fugit interea, fugit irreparabile tempus, singula dum capti circumvectamur amore », ce qui signifie : « Mais en attendant, il fuit : le temps fuit sans retour, tandis que nous errons, prisonniers de notre amour du détail. »

Elle est parfois utilisée dans un sens moins familier : « Pendant ce temps, le temps s’échappe, irremplaçable », exprimant la préoccupation que le peu de temps dont on dispose est consommé par quelque chose qui peut avoir peu de substance intrinsèque ou d’importance à ce seul moment précis !

Source : Wikipédia (oui-qui-pieds-Diya).
NB : Diya = petite lampe à huile, en argile, avec une mèche en coton ; et aussi prénom d’une grande artiste mauricienne encore peu connue, en pleine croissance, en qui je crois beaucoup… RDV dans dix ans, Diya !
Vive chacun.e de nous dans ses ressources artistiques… Et vivent nos créations qui nous donnent un goût de temps qui ne passe pas !

La douceur poétique berce le drame

« Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
C’est que les vents tombant des grands monts de Norvège
T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté » :

cœur du poème d’Arthur Rimbaud.
Poésie où coule, sous les mots,
une vie qui croule sous les maux.
Des tripes nouées, drame mortel,
ainsi confiées à l’Éternel :
prière d’un doux si propre à elle…

Voici Ophélia, joyau d’Arthur Rimbaud :

« Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles,
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…
On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir.
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle.
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux.
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule.
Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle.
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d’où s’échappe un petit frisson d’aile.
Un chant mystérieux tombe des astres d’or.

Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
C’est que les vents tombant des grands monts de Norvège
T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté.

C’est qu’un souffle, tordant ta grande chevelure,
À ton esprit rêveur portait d’étranges bruits.
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l’arbre et les soupirs des nuits.

C’est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d’enfant, trop humain et trop doux.
C’est qu’un matin d’avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s’assit muet à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu.
Tes grandes visions étranglaient ta parole.
Et l’Infini terrible effara ton œil bleu !

Et le Poète dit qu’aux rayons des étoiles,
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu’il a vu sur l’eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys. »

Vérité au nord, erreur au sud ?

Des amis qui ont du fuir leur pays après avoir échappé à la mort à cause de leurs engagements de Peacebuilders ont trouvé refuge au nord de la Finlande. Ils m’envoient les images de leurs paysages déjà habillés du manteau de neige : incomparable beauté.

Ici, par contre, à Maurice, c’est le ‘printemps’ : la floraison magnifique des jacarandas et autres membres de la Cour royale annonce celle de sa Majesté, Sire Flamboyant, qui sera le dernier des arbres à éclater de ses mille feux…

De l’extrême nord et de l’extrême sud de la planète, nous voyons la même lune mais elle nous apparaît inversée. Il est bon d’honorer nos contextes culturels si différents. Blaise Pascal disait : « vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà ». Le rapport à la vie et à la loi se vivent si différemment ici et là-bas…

Bons baisers de l’île arc-en-ciel. Vers vous, chers amis, j’envoie une pluie de cœurs douce et chaude. Elle vous parviendra au travers d’un arc-en-ciel à la fois lumineux et pluvieux : qu’il colore nos vies et abreuve notre amitié…

Accepter d’être taillé en biseau

« Moscou est belle comme une sainte napolitaine. Un ciel céruléen reflète, mire, biseaute les mille et mille tours, clochers, campaniles qui se dressent, s’étirent, se cabrent » (Blaise Cendrars, Moravagine,1926, p. 92).

Nos vignes ont besoin d’être taillées, émondées,
pour porter plus de fruits.
Nos diamants méritent d’être biseautés
pour être mis en valeur.
Bienheureux et en marche
qui accepte d’être taillé en biseau !