Check, Thomas, mon frère…

Saint Thomas est présenté comme la figure de l’homme qui doute, l’incrédule.

Et si nous mettions en évidence qu’il est un homme authentique ? Il est en chemin, il ose dire son besoin de saisir concrètement.

Son nom est Didyme (= le jumeau) : magnifique, son besoin de sortir du copié-collé conforme ! Il n’est pas un mouton de Panurge, il prend soin de s’approprier personnellement, jusqu’à cette déclaration parmi les plus belles de la Bible : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ». Heureuse incrédulité qui nous valut une telle rencontre personnelle entre le Ressuscité et ce disciple-là en particulier, aboutissant à sa profession de foi, mûre et responsable !

Et si Saint Thomas était présenté comme la figure pour aujourd’hui de l’homme qui n’a pas été baptisé bébé et qui demande le baptême après un beau chemin plein de sens, en vérité ?

Image : Rembrandt, L’Incrédulité de saint Thomas, 1634. J’ai vraiment hésité à laisser mon Ouistiti intérieur polluer cette toile de Rembrandt  avec ses jeux de mot (check = vérifie ET communie en mode jeune, fist bump/poing contre poing / cool attitude !). Pardon pour cette reprise branchée jeunes d’aujourd’hui…

Feu M. Feu veut voeu feu

Mon post de Vendredi Saint 3/4/26

Grain de blé tombé en terre : quelle apparente abomination que de se retrouver ainsi dans les ténèbres froides et humides des entrailles de la Terre-mère, en train d’être éventré…

Quelle surprise quand une tige sort de terre…
et plus tard des épis féconds, chargés de vie…

Quelle surprise quand une souffrance m’a traversée
jusqu’à rebondir en vie…

Sur nos lignes de fracture, rester présent,
tenir bon avec amour, même si cela coûte…

L’adjectif « feu » (feue) + le nom d’une personne récemment décédée
souligne qu’elle a accompli sa destinée
(du latin ‘fatutus’, dérivé de ‘fatum’ = destin).

l’orgueil tue

« L’orgueil précède la ruine,
l’arrogance précède la chute »
(Bible, Proverbes 16,18).

« L’homme n’a de lui-même que son péché ;
tout le reste est don de Dieu »
(François d’Assise).

« L’humilité est la vérité :
reconnaître que tout bien
en nous vient de Dieu »
(Thérèse d’Avila).

« Quand l’homme se croit fort, il tombe. 
Quand il se sait faible, Dieu le soutient »
(Jean Chrysostome).

instrumentalisations de la Parole de Dieu

« Béni soit l’Éternel, mon rocher, qui exerce mes mains au combat, qui entraine mes doigts à la bataille » (Ps 144/143, 1) : ce verset de la Bible est répété par Pete Hegseth, Secrétaire à la Guerre des USA (autrefois Secrétaire à la Défense), pour légitimer l’attaque au Venezuela et maintenant sa guerre contre l’Iran.

« Dieu ne peut pas être enrôlé par les ténèbres » : voilà ce que Léon XIV, le pape américain, répète quant à lui : luit la lumière et jaillit la vie, qui viennent du Dieu de la Lumière et de la Vie.

La manière dont le Dieu de Jésus-Christ est avec nous, voilà la meilleure manière de dénoncer les instrumentalisations de la Parole de Dieu et les défigurations du Nom de Dieu dans chacune de ces guerres justifiées mais non justes.

t’écouter tellement bien que tu t’écoutes


« Le ‘oui’ de Dieu a besoin du nôtre
pour obtenir son effet »
(Maurice Zundel).

Que brûle en toi le feu de l’Amour au point de t’illuminer et de devenir lumière pour tes proches et prochain !

(Personnellement, au Rwanda, je me suis mis en route pour 4 jours de marche par monts et par vaux de ce pays aux mille collines, jusqu’à Kibeho : l’écoute par les pieds du Vivant vibrant !)

unité ubuntu

« Il y a un ‘nous’, un peuple qui sait qu’il ne parle pas d’une seule voix. Cela peut paraître trivial, mais c’est très difficile à construire. Le seul ‘nous’ viable, à mon sens, est le nous polyphonique : un ‘nous’ capable d’entendre les voix diverses qui le composent. Dans le monde juif, c’est un sujet de tension permanente ! Certains veulent à tout prix s’imaginer un groupe monolithique, uni dans ses pratiques ou ses convictions. […] L’eschatologie renvoie à l’image de la tour de Babel, ou de Sodome et Gomorrhe… c’est-à-dire à des mondes qui s’achèvent, qui ne sont pas la fin du monde, mais la fin d’un monde, à chaque fois reposant sur des enjeux éthiques : Babel s’effondre parce que les hommes ne parlent que d’une seule langue, alors que le projet divin est qu’ils en parlent plusieurs. Quant à Sodome et Gomorrhe, il n’y a pas de faute à caractère sexuel, contrairement à la lecture communément admise : Sodome s’effondre car elle est incapable d’accueillir l’étranger, ne partage plus les richesses, mais les garde pour elle » (Delphine Horvilleur, rabbin en France).

Jésus a été un bâtard

Illustration : Het Zinneke, aussi appelé Zinneke-Pis ; cette « sculpture de rue » sise rue des Chartreux 35, au centre de Bruxelles, en écho au Manneken-Pis (qui pisse en continu depuis 1619, et son pendant féminin la Jeanneke-Pis, arrivée seulement en 1987).

En dialecte bruxellois, Zinneke désigne à la fois la petite Senne (la rivière qui contournait Bruxelles, plus modeste que la Senne parisienne) et un chien bâtard = un chien sans race ; terme devenu affectueux pour désigner quelqu’un de métissé culturellement.

Bâtard en France : terme ancien pour désigner un enfant né hors mariage (aujourd’hui devenu plutôt insultant) ; Half-caste dans l’héritage colonial anglais ; créole dans les îles.

« Un chercheur américain, Bruce Chilton, a proposé de voir en Jésus un mamzer, c’est-à-dire un bâtard, un impur. Ce statut a des conséquences juridiques sévères selon la loi juive. […] Séparation de la famille, célibat, compassion pour les marginaux, relativisation des règles de pureté : tout cela porte, à mon avis, les stigmates d’une enfance exposée au soupçon d’impureté et d’une volonté de transcender cette exclusion sociale. 

[…] Depuis cinquante ans, les historiens sont unanimes : l’intention de Jésus a été de réformer le judaïsme et non de fonder une nouvelle religion. […] Jésus, juif à 100 %, n’a jamais imaginé sortir du judaïsme – cela n’est pas dans son horizon de pensée, ni mentale ni religieuse – mais le mouvement issu de lui ne pouvait évoluer qu’ainsi. En ce sens, Jésus n’est donc pas étranger à la sortie progressive du judaïsme.   […] Combien ces juifs messianiques, affirmant que l’avenir d’Israël passait par le Christ, ont dû se montrer insupportables pour leurs coreligionnaires ! »

(Daniel Marguerat, exégèse (sérieux expert), interview à propos de son livre Vie et destin de Jésus de Nazareth,

https://www.mondedelabible.com/a-lire-vie-et-destin-de-jesus-de-nazareth-par-daniel-marguerat/).

Épiphanie illumination de l’intérieur

« Chaque
enfant qui naît
est un miracle
qui sauve le monde
en y introduisant du neuf »
(Hannah Arendt).

Quel est mon œuf neuf offert au monde ? Belle Épiphanie / illumination personnelle !

« N’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais bien le glaive. Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa maison. Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi » (Matthieu 10, 32-37).
« Voici des versets d’Évangile étonnants, clivants, contradictoires avec le langage chrétien convenu, mais cependant bien réels et incontestables, même si d’aucuns souhaiteraient les effacer de la Bible et les nier. Pourtant, ils existent bel et bien, et ils sont très riches d’enseignements, et porteurs de consolation dans l’épreuve.

Voici donc Jésus qui ne se présente aucunement comme sur une rassurante image sulpicienne, sujet de concorde et de paix béate, mais bien au contraire comme un fauteur de trouble social et même familial, Prophète subversif et clivant. […] La foi donnée par Dieu n’est pas un agréable sédatif inoffensif ! Bien au contraire, celui ou celle que le Seigneur est allé chercher un jour, à sa guise, tout en arrière du troupeau de ses brebis, pour porter sa Parole de feu au monde, celui ou celle-là brûle intérieurement de l’Évangile, et après une lente maturation, atomise sa propre famille en se révélant au grand jour ! » (Véronique Belen, https://www.histoiredunefoi.fr/meditations-bibliques/16123-oui-je-suis-venu-separer-lhomme-de-son-pere-la-fille-de-sa-mere-la-belle-fille-de-sa-belle-mere-on-aura-pour-ennemis-les-gens-de-sa-maison-matthieu-1035-36).

comment sommes-nous sauvés de la violence ?

Ce que la Révélation chrétienne nous apprend,
c’est que 1) la violence n’écrase pas le mal,
elle lui offre plutôt une victoire de plus ;
2) la force qui sauve du mal est d’un ordre
radicalement différent que le fer de la lame de l’épée…

Ci-joint une image d’un archange aux traits féminins,
accompagnant la méditation de Julie Dratwiak :
« Ses ailes déployées, l’ange rappelle que la hauteur
véritable naît d’une descente courageuse dans l’ombre.
Sous son pied, le dragon cesse d’être maître,
il retrouve sa juste place.
Elle avance pieds nus sur la bête vaincue ;
la peur n’a plus de trône.
Et le mystère
Et la victoire
se disent ainsi,
avec grâce,
au point précis où le feu est rendu obéissant »
(Julie Dratwiak, Le Jardin des Oeuvriers).

Sens de mon texte dans l’image : la rose conquiert les cœurs parce qu’elle attire, embellit, émeut, parfume et inspire. Pour ces changements magiques, elle ne passe pas par la conquête impériale et n’entraîne pas la roue infernale des années qui vont de mal en pire quand un empire s’accroche à son pouvoir de domination.