l’étincelle du possible

« Je ferme les yeux et j’entends alors les mots millénaires du Talmud, qui sont ceux aussi du Coran : « qui sauve une vie, sauve l’humanité entière ». Dans la nuit du désastre et de l’horreur de notre humanité, […] nos gorges deviennent des puits asséchés d’avoir trop hurlé contre le vent. L’écho ne nous renvoie que le silence…   …Et… nos pupilles, depuis des millénaires ont appris à se dilater jusqu’à percevoir les contours du possible, là où d’autres ne voient que ténèbres. Dans la nuit la plus noire, nos yeux voient, et dans nos cœurs, veille l’étincelle du possible »
(Rachid Benzine, Droit dans les yeux de la Grande Librairie (24/9/2025), avec son roman L’homme qui lisait des livres : «  « N’y a-t-il pas derrière tout regard une histoire ? Celle d’une vie. Celle de tout un peuple, parfois », murmure le libraire qui a choisi les mots comme refuge, résistance et patrie.
Dans un monde où les bombes tentent d’avoir le dernier mot, il nous rappelle que les livres sont notre plus grande chance de survie – non pour fuir le réel, mais pour l’habiter pleinement. Comme si, au milieu du chaos, un homme qui lit est la plus radicale des révolutions »).

comment sommes-nous sauvés de la violence ?

Ce que la Révélation chrétienne nous apprend,
c’est que 1) la violence n’écrase pas le mal,
elle lui offre plutôt une victoire de plus ;
2) la force qui sauve du mal est d’un ordre
radicalement différent que le fer de la lame de l’épée…

Ci-joint une image d’un archange aux traits féminins,
accompagnant la méditation de Julie Dratwiak :
« Ses ailes déployées, l’ange rappelle que la hauteur
véritable naît d’une descente courageuse dans l’ombre.
Sous son pied, le dragon cesse d’être maître,
il retrouve sa juste place.
Elle avance pieds nus sur la bête vaincue ;
la peur n’a plus de trône.
Et le mystère
Et la victoire
se disent ainsi,
avec grâce,
au point précis où le feu est rendu obéissant »
(Julie Dratwiak, Le Jardin des Oeuvriers).

Sens de mon texte dans l’image : la rose conquiert les cœurs parce qu’elle attire, embellit, émeut, parfume et inspire. Pour ces changements magiques, elle ne passe pas par la conquête impériale et n’entraîne pas la roue infernale des années qui vont de mal en pire quand un empire s’accroche à son pouvoir de domination.

Réveillon réveillons rêve ayons

1/1/2026
Chères âmes-mies, compagnonnes sur le chemin de la Vie qui ne passe pas…
J’ai passé le réveillon du Nouvel An sereinement.
Je n’avais pas envie de courir ni concourir ni conquérir…
J’avais besoin de calme, de davantage de clarté et d’accord intérieurs.
Je suis resté seul, tellement bien entouré par le Ciel, dans la prière.
J’ai pris ce temps de descendre à l’intérieur, jusque dans mes entrailles ;
les habiter en suivant mes sensations et émotions et nœuds dans mes boyaux ;
tenir compagnie, avec tendresse et délicatesse, à mes parts bloquées,
celles en manque, celles en souffrance, celles en deuil… ;
me rencontrer peu à peu dans la curiosité
de voir comment la vie y vibre, ici et maintenant,
comment la lumière de l’Étincelle vacillante frappe à la porte
des couches durcies, épaissies,
comment elle s’y prend dans un doux respect pour finalement
y entrer, traverser et éclairer…

J’ai posé l’intention de rester là, présent au Présent, déballant les présents du Présent,
alors même qu’il y a eu bien des élans de ruminer le passé,
les échecs des dernières années,
et d’autres élans fuyant vers demain…
Contempler mes vérités du moment, écouter avec respect
mes parts porteuses de celles-ci,
avoir tout le temps ensemble comme assis auprès de mon meilleur ami-confident,
avec une ouverture qui n’attend rien.
Juste être là ensemble, avec mes diverses tensions et contradictions,
Prendre tout le temps de nous bénir mutuellement
et de goûter les bienfaits que cela nous procure,
savourer les détentes…

Et, une fois unifié, éclairé à l’intérieur de l’intérieur,
je me suis relié aux personnes
qui sont apparues alors
dans mon esprit et dans mon cœur ;
et j’ai laissé l’Amour m’inspirer des gestes et paroles
ajustés envers mes proches et mon prochain.

Paix et joie, confiance et espérance !
Bonne année 2026…

le sort de la bougie au lever du jour

L’étoile de Noël a la vocation de nous guider, comme chaque sentinelle céleste qui scintille dans l’âme de chaque vivant : elles le ramènent à l’essentiel de la Vie pleinement donnée au cœur du cœur de chaque vivant, y compris à sa naissance, y compris à sa mort…

« Te préoccuper de ton sort après la mort est aussi absurde que de t’interroger sur ce que devient ton poing en ouvrant la main » (sagesse bouddhiste).

« Te préoccuper de ton sort après la mort est aussi judiCieux que de t’interroger sur le sort de la bougie au lever du jour » (confiance chrétienne).

Voici une magnifique communication
d’une jeune femme en deuil
à son papa, bon pied, bon œil :
https://www.facebook.com/reel/1172898241716199
très touchant,
trait tout chant
(merci, Sarah, pour le partage) !

Seigneur n’est pas saigneur

« Ce n’est pas la souffrance de Jésus qui sauve, c’est l’amour avec lequel il a vécu cette souffrance ! c’est tout autre chose » (Yves Congar).

La violence, même dans ses formes légitimées, nous éloigne du Royaume d’Amour qui vient par l’amour dont font preuve les victimes des violences dont sont capables les hommes.

La violence qui n’a rien de divin a été désacralisée par ce Jésus de Nazareth qui a soigné jusqu’au bout au lieu de saigner…

Saint Étienne (fêté chaque 26 décembre) l’a pris au sérieux et l’a suivi : servir jusqu’à mourir. Il consolida ce chemin neuf, devenant le tout premier diacre et premier martyr après Jésus…

« De la pierre qui te perce
à la pierre qui transperce,
tu vois venir la mort,
Étienne le fort.
Et dans le temps qu’elle pardonne,
ton âme au Seigneur s’abandonne »
(hymne de l’Office des Laudes à la saint Etienne).

La première personne à m’avoir souhaité une bonne fête ce matin a été une femme africaine. Voici notre échange :

Bethléem rime avec Golgotha

En ces réveillons,
rêves ayons ou
réveillons-nous
et en vrai, veillons !

En filigrane, Noël prépare à Pâques. Les signes de la Passion sont déjà présents dans la Nativité. La lumière de Noël porte déjà l’ombre de la scandaleuse croix : la mangeoire et les langes de Bethléem font déjà signe vers la croix du Golgotha et les linges du tombeau. Sympa la myrrhe offerte par un mage, elle qui sert à l’ensevelissement d’un mort !

Noël révèle ce Dieu qui se fait proche et se donne jusqu’au don total de sa vie.
Noël, victoire sur les ténèbres, nous prépare à la victoire pascale de l’Amour qui brise les cycles infernaux de nos violences aveuglément justifiées. Noël commence le salut que Pâques va pleinement accomplir.

Après l’Avent,
âpre et lavant,
Bethléem avant Golgotha,
et cetera !…

Joyeux Noël !

GIOTTO DI BONDONE (1267-1337), 
Cappella degli Scrovegni, 1303-1305, Padova

Vitrail de l’enfance, 1145-1155, 
Cathédrale de Chartres

Au temps autant pour moi

« Après tout, demain est un autre jour »
(chute du roman-culte
Gone with the Wind
traduit : Autant en emporte le vent).

« Au temps pour moi » (ET NON autant)
signifie « je reconnais mon erreur ; je me reprends ».
Origine de l’expression : un soldat décalé qui
se reprend pour être à nouveau à temps :
au même pas et au même rythme.

« Autant pour moi » est correct au restaurant :
« je commande la même chose ! »

Quant à toi, OTAN, suspends ton vol !

le brouillard te brouille ?

« Si vous voyez clair dans le brouillard,
alors le brouillard n’existe pas pour vous ! »
(dicton populaire).

« Brouillard d’automne,
beau temps nous donne »
(dicton populaire).

« Brouillard du matin
n’arrête pas le pèlerin »
(dicton populaire).

« Le brouillard finit toujours par
rendre le paysage qu’il a volé »
(Sylvain Tesson).

âme à mercis / à ma merci

« Dieu qui t’a créé sans toi
ne te sauvera pas sans toi »
(Saint Augustin).

« Être à la merci de » signifie dépendre totalement de quelqu’un ou de quelque chose.

Être à la merci d’un vainqueur, c’est être sous sa coupe, sous son pouvoir, à sa discrétion.

Être à la merci des flots, c’est être exposé à leurs dangers, sans avoir de contrôle.

Stupéfiante vérité : la personne qui me donne Vie se met à ma merci par amour ; vulnérable, elle se met entre mes mains, en faisant preuve de mercy (miséricorde). Le monde à l’envers…