Au complot et temps obscurs

« Quelque chose de rance flotte dans l’air, comme ressurgi de temps obscurs qu’on croyait révolus. On le sent bien, la marée progresse, le barrage est tout près de céder, la boue va tout recouvrir. Au prochain tour ou au suivant, la prochaine secousse…

Partout, on l’entend monter le chant aigre de l’identité, le cantique moisi de l’origine, du repli et du rejet ; la vieille rengaine de l’ordre et du travail, de la famille, de la patrie ; le mépris de tout ce qui élève, augmente, démultiplie, nuance, mélange, complexifie… Et Dieu par-dessus tout ça.

Je pense à nos enfants et me souviens du temps pas si lointain où nous ne savions pas vraiment qui était quoi ni d’où venait chacun. Nous nous prenions comme nous étions, comme nos trajets nous avaient faits. Comptait par-dessus tout ce qui nous rassemblait, où nous allions et d’y aller ensemble. Nos parents, nos professeurs nous avaient enseignés de ne nous fier qu’aux Lumières, aux mots gravés aux frontons, de nous méfier des racines qui entravent et des souches qui pourrissent, de n’attendre du ciel qu’un peu de bleu et des réserves de pluie. Ils nous rêvaient ouverts, éclairés, peuplés de multitudes, délivrés, désassignés, réinventés.

Mais voilà, ça se propage : vieux refrains réactionnaires, vieux couplets nationalistes patriarcaux, autoritaires, illibéraux, virilistes ; chansons tristes du déni climatique et du complotisme.

Alors, puisque c’est dit-on une guerre culturelle qu’on nous livre, ne désarmons pas, demeurons éveillés, ne nous laissons pas réduire. Luttons, vers à verre ; répliquons, pied à pieds ; bataillons, mot pour maux ; combattons, livre à l’ivre » (Olivier Adam, Droit dans les yeux, dans La grande librairie, 22 octobre 2025).

Une preuve de plus que la terre n’est pas plate :

La véritable force

« Soyons un rempart contre ce délire de toute puissance qui devient toujours plus agressif, dans ce cauchemar où la réalité se peuple d’ennemis. Le saint Nom de Dieu ne peut être entraîné dans des discours de mort.
Assez de l’idolâtrie du moi et de l’argent !
Assez des démonstrations de force !
Assez de guerre !
La véritable force se manifeste en servant la vie »
(pape Léon, veillée de prière pour la paix à Rome ce samedi 11 avril).

coq

« Au cours de l’histoire, le coq s’est vu attribuer des rôles contradictoires.
Chez les Aztèques, il était le seul à pouvoir remplacer un homme dans un sacrifice expiatoire. En Haïti, les prêtres vaudou utilisent son sang pour y plonger l’effigie en bois de quelqu’un dont ils veulent la mort.

Que ce soit en bien ou en mal, toutes les civilisations lui prêtent des pouvoirs spéciaux. Parce qu’il est la première créature à célébrer chaque matin la résurrection du soleil par son cri triomphal. Certains pensent même que son chant ramène le monde à la vie » (Tom Lanoye, Décombres flamboyants, 2019).

« Dans la tradition chrétienne le coq devint rapidement un symbole de la résurrection. De même que le coq annonce le jour nouveau, de même le chrétien attend le jour où le Christ reviendra. Au Moyen Âge, le coq symbolise le prédicateur qui doit réveiller ceux qui sont endormis. Il occupe à partir de ce moment une place de choix sur le clocher des églises » (Frédéric Manns, franciscain, La Terre Sainte, nov.-déc. 2001, p. 321).

Œuf à la coque = œuf cuit à la coquille  
par le chef-coquus (en latin cuisinier)…

émerveillement

« Regarder une araignée dans les yeux et plonger dans son monde… Je suis peu à peu passée d’une forte arachnophobie vers l’émerveillement de la beauté de ce regard. Aujourd’hui, je n’ai plus peur des araignées, je les élève et je suis devenue avocate de ces petites bêtes, notamment à travers les réseaux sociaux (@Terrapodia). J’ai pas mal de commentaires de gens qui me remercient parce qu’ils ont changé de regard sur un animal qui les terrifiait. Et ça, c’est la plus belle récompense pour moi » (Jessica Jousse-Baudonnet, Aujourd’hui, je n’ai plus peur des araignées, je les élève).

parabole du bocal le beau cale

100 fourmis noires mises dans un bocal avec 100 fourmis rouges : situation très tendue, chaque groupe est sur ses gardes…

Le défi est d’ouvrir le bocal et de redonner à chaque groupe ses espace-temps vitaux, indispensables pour une cohabitation.

L’erreur dramatique est de les stresser, de secouer le bocal : les deux groupes se mettent à s’entre-tuer,
chacun pensant être attaqué par l’autre.

Celui qui réduit l’espace et secoue,
porte une écrasante responsabilité
dans le massacre qui s’en suit.

Voilà 25 ans que les guerres préemptives de l’empereur américain enfoncent les Proche- et Moyen-Orient dans des haines ennemies dont il est toujours plus difficile de sortir. Idem pour l’empereur russe dans son ancien Bloc soviétique. Quel fléau que la gloire et l’honneur des peuples à conquérir et à maintenir leurs empires.

Simplifier comporte le risque de caricaturer mais aussi l’intention de clarifier…

autoglorification

1 mois et 11 jours de bombardements
dits « préventifs » israélo-américains.

Puzzle 24 pieces : 4-5 years.

« Everyone – including
the box – said 4-5 years.
I did it in 4 weeks! 
I did a tremendous job… »

bombe atomique destructrice

« En ce mois de mars, au calendrier des intentions de prière du pape Léon XIV, était inscrit : « Prions en mars 2026 pour que les nations s’engagent résolument sur le chemin d’un désarmement effectif, en particulier nucléaire, et pour que les dirigeants du monde choisissent le dialogue et la diplomatie, plutôt que la violence. »

[…] Ainsi que l’a affirmé avec force le pape François : ni l’usage ni la possession de l’arme atomique ne sont légitimes et le désarmement unilatéral est la seule attitude juste. Aucun usage du nucléaire militaire ne saurait correspondre aux critères traditionnels de la ‘guerre juste’ : son effet ne saurait respecter aucune proportion ni conduire à aucune paix. La bombe atomique est destructrice, c’est la forme ultime du nihilisme. […] Alors qu’il y a déjà sur le globe suffisamment d’ogives pour anéantir l’humanité (et même plusieurs centaines de fois !) et que la France annonce augmenter encore son arsenal, nous invitons tous nos frères et soeurs dans la foi à s’associer à la prière du pape pour un désarmement nucléaire « effectif ». Nous supplions tous les aumôniers militaires chrétiens, et tout spécifiquement l’évêque catholique aux armées, d’exprimer publiquement et prophétiquement auprès des autorités publiques et militaires leur opposition absolue à l’usage et à la possession d’armes nucléaires et à rappeler la nécessité urgente d’un désarmement unilatéral. Nous implorons tout soldat chrétien à exprimer publiquement ce refus catégorique et à agir en conséquence en « obéissant à Dieu plutôt qu’aux humains » (Ac 5,29) » (Collectif de plus de 600 chrétiens de diverses confessions, declaration publiée dans La Croix, lundi 30 mars 2026 ; liste complète des signataires sur la-croix.com).

crimes de guerre pour ramener l’Iran à l’âge de pierre

Des frappes américano-israéliennes ont détruit l’Institut Pasteur d’Iran, si précieux depuis 126 ans, l’usine pharmaceutique Tofigh Daru (l’Iran fabrique près de 90% de ses médicaments, vu les sanctions occidentales), l’Université des sciences et technologies de Téhéran, fondée en 1929, première école d’ingénieurs du pays. Plus de 4 000 cibles ont été frappées en peu de jours, dont 21 universités, comme  l’Université de technologie d’Ispahan : même les lieux où se forment les médecins, les ingénieurs, les scientifiques de demain sont détruits pour « ramener l’Iran à l’âge de pierre », comme se glorifie Trump.

Frapper des infrastructures civiles constitue des crimes de guerre. À quand le lauréat du premier « prix de la paix » de la FIFA aux côtés de Poutine et de Netanyahou sur les bancs de la Cour Pénale Internationale (CPI), pour rendre compte de leurs crimes de guerre ?

Fabricants et marchands d’armes

Meneurs de guerre, pour vous aussi, il y a un Vendredi saint qui peut s’ouvrir sur Pâques :

« Fabricants et marchands d’armes, vous qui faites des affaires avec le sang des hommes, vous appelez ‘marché’ ce qui est péché. Le monde semble avoir réappris le langage de Caïn. Vous tirez profit de la blessure de votre frère. Il y a des nuits, en ce moment, où l’humanité semble se perdre. De longues nuits, où le ciel ne console pas et où la terre ne rend que des décombres. Et pourtant, là justement, au cœur de la nuit, l’Évangile continue de s’obstiner. Il continue de dire qu’aucun homme n’est né pour être une cible, qu’aucun enfant n’a pour destin la poussière. Qu’aucune mère ne doit apprendre à reconnaître son fils à partir d’un lambeau de tissu. Que la paix n’est pas une faiblesse à railler, mais la forme la plus élevée de la force 

[…] Vous faites le contraire du pain. Le pain se rompt pour nourrir. Les armes brisent les corps pour affamer l’avenir. Le pain rassemble les hommes autour d’une table. Les armes creusent des fosses, vident les maisons, allongent les tables sans convives. Le pain a le parfum des mains. Les armes ont l’odeur froide de la comptabilité.

[…] Dieu ne cesse de frapper, même aux portes les plus blindées. Pour vous aussi, il y a une possibilité de rédemption. Pour vous aussi, il y a un Vendredi saint qui peut s’ouvrir sur Pâques » (extraits de la lettre de l’archevêque de Naples, Cardinal Domenico Battaglia, Pas de paix tant que la guerre restera un investissement acceptable, 24 mars 2026).

« Marchands de mort, vous continuez à passer sous cette croix comme le firent un jour les soldats, en vous partageant les vêtements du condamné. Sauf qu’aujourd’hui, vous ne tirez pas au sort une tunique : vous tirez au sort des peuples entiers. Vous pariez sur les frontières, sur les rancœurs, sur les escalades, sur les équilibres armés. Et pendant ce temps, vous appelez « paix » la peur, « ordre » la domination, « sécurité » la menace permanente. 

Mais il n’y a pas de sécurité là où l’on sème la mort. Il n’y a pas d’avenir là où l’on éduque les jeunes à la méfiance. Il n’y a pas de justice si la richesse de quelques-uns repose sur le deuil de beaucoup. Et il n’y aura pas de paix tant que la guerre restera un investissement acceptable »
(Docteur Ghassan Abu Sitta, Israël semble mener une guerre contre les enfants de la région).