« Haute Voltige : tige qui pousse en Haute-Volta » (Marc Escayrol).
« La mode est cette dictature de l’éphémère qui s’exerce sur les transfuges de l’éternel. Les engouements collectifs se succèdent sans laisser de traces : la feuille morte voltige d’un lieu à l’autre, mais tous les lieux se valent pour elle, car son unique patrie est dans le vent qui l’emporte » (Gustave Thibon, L’équilibre et l’harmonie, 1976).
« Le voyage mystique nous conduit à l’intérieur de nous, à une Flamme sacrée en notre centre » (Marianne Williamson).
« Ton rayonnement a allumé un Feu dans mon cœur, et tu as rendu radieux pour moi la Terre et le Ciel. Mon âme brûle, chaque fibre de mon être est amoureuse de Toi » (Rûmî).
« La danse des derviches tourneurs, devenue icône culturelle et touristique en Turquie, est réservée aux hommes depuis des siècles. En tournant parmi leurs pairs masculins, des femmes derviches revendiquent le message égalitaire de Rûmî et créent un espace spirituel pour s’émanciper. L’ordre des derviches tourneurs a été créé au 13e siècle par Rûmî, aussi nommé Mevlana (« le maître »), un poète persan qui défendait l’égalité entre les femmes et les hommes. Les premiers groupes de derviches sont demeurés mixtes plusieurs décennies après sa mort, puis les femmes en ont été écartées. Rempli·e·s d’amour, dans un état d’extase mystique, ces femmes et ces hommes reprennent les gestes répétés mille fois de cette tradition centenaire et tentent de communier avec Allah. Sans le savoir ou même le vouloir, ces derviches créent peut-être aussi un mouvement vers un peu plus d’égalité » (https://gazettedesfemmes.ca/19650/femmes-derviches-distanbul-semanciper-par-la-spiritualite/).
En Asie Mineure, on raconte que Rûmi serait passé un jour devant un bazar où l’on battait de l’or. Pris d’une forte émotion, emporté par le rythme et le son cristallin de l’or battu, le mystique se serait mis à tourner dans un mouvement d’élévation, entrant en communion avec le Bien-Aimé. Sa danse devint transe, la paume de sa main droite orientée vers le ciel, recevant la vie de Dieu, la paume de sa main gauche tournée vers le sol, l’offrant à la terre et à chacun des vivants.
« La bourgeoisie a joué dans l’histoire un rôle éminemment révolutionnaire. Tous les liens complexes et variés qui unissent l’homme féodal à ses « supérieurs naturels », elle les a brisés sans pitié pour ne laisser subsister d’autre lien, entre l’homme et l’homme, que le froid intérêt, les dures exigences du « paiement au comptant ». Elle a noyé les frissons sacrés de l’extase religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité à quatre sous dans les eaux glacées du calcul égoïste. Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d’échange ; elle a substitué aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l’unique et impitoyable liberté du commerce. En un mot, à la place de l’exploitation que masquaient les illusions religieuses et politiques, elle a mis une exploitation ouverte, éhontée, directe, brutale. La bourgeoisie a dépouillé de leur auréole toutes les activités qui passaient jusque-là pour vénérables et qu’on considérait avec un saint respect. Le médecin, le juriste, le prêtre, le poète, le savant, elle en a fait des salariés à ses gages. La bourgeoisie a déchiré le voile des émotions qui recouvraient les relations de famille et les a réduites à n’être que de simples rapports d’argent. […] Poussée par le besoin de débouchés toujours nouveaux, la bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut s’implanter partout, exploiter partout. Elle ressemble au magicien qui ne sait plus dominer les puissances infernales qu’il a évoquées. Les armes dont la bourgeoisie s’est servie pour abattre la féodalité se retournent aujourd’hui contre elle-même » (Marx, Le manifeste du Parti communiste, 1847).
« Dans la société des fous, le plus fou est roi » (Proverbe latin).
« Un artiste ne doit pas se tenir à l’écart mais au milieu. Je ne suis pas le bouffon du roi, je suis le fou du peuple ! » (Jacques Higelin, Je vis pas ma vie, je la rêve).
« Les fous sauront priser la sagesse lorsque les chiens pourront lécher la lune » (Proverbe persan).
« L’état quasi extatique, ce vide d’une extrême densité, qui m’avait transi juste après qu’on m’eut annoncé que j’avais un cancer aura été la plus surprenante étape de mon aventure. Aucun état amoureux, aucun événement, aucun autre voyage ne m’a donné à vivre cet exotisme engendré par l’effroi de me savoir condamné : un exotisme qui rejette aux confins de toute singularité, sous la menace, au bord du morcellement. De quoi exactement avais-je fait l’expérience ? Je suis bien en peine de le dire. La peur, la volonté, tout désir étaient suspendus ; je subissais un vide qui m’emplissait totalement. Puisque je n’étais pas mort, je devais appartenir à la communauté des deux fois nés. […] Après la tempête, c’est la folie de vivre qui rejaillira. Après, on voudra manger le soleil et les étoiles » (Patrick Autréaux, Dans la vallée des larmes).
« Vous réveiller à l’aube avec un cœur ailé et rendre Grâce pour cette nouvelle journée, où il vous est permis d’aimer » (Khalil Gibran, agile vibrant Liban).
170 nouveaux mots intègrent l’édition 2022 du Petit Larousse illustré, dont deux tiers liés à la crise du Covid. Dans les périodes d’épreuve collective, les groupes humains augmentent leur productions lexicales ; 3 records : les deux Guerres mondiales et l’actuelle pandémie.
La créativité linguistique sembler aider à moins subir passivement l’épreuve, à la traverser en mettant des mots sur les maux.
On crée des mots et on donne un sens nouveau à des mots existants, comme asymptomatique, comorbidité. Le masque servait à se déguiser, désormais à se protéger. « Aéroporter » & « confinement » se sont déconfinés de leur cadre jusque-là militaire ; avant l’arrivée du virus, « confinement » se définissait ainsi : « Ensemble des conditions dans lesquelles se trouve un explosif détonnant quand il est logé dans une enveloppe résistante » et « Ensemble des précautions prises pour empêcher la dissémination des produits radioactifs, dans l’environnement d’une installation nucléaire ».
« Coronapéro » (apéro par écrans interposés à cause du coronavirus) n’a pas été jugé assez pérenne pour entrer dans le dictionnaire : il semble qu’il n’y serait pas resté longtemps… Qui vivra, verr-à moitié vide ou plein !