« Dans l’univers cotonneux et chaud de la défonce opiacée, le sang n’est rien, la mort n’est rien, […] incapables que nous sommes de changer ne serait-ce que la moindre virgule au récit chaotique de nos existences » (Eric Maravélias, La faux soyeuse : sale temps pour un criquet !).
« Par un temps où le soleil ne perçait les cieux, Matin de misère flouté de brume grise, Les notes douces et plaintives d’un chant d’adieu S’envolaient sur la mer, emportées par la brise. Larmes douloureuses du violon sous l’archet, Au rythme lancinant des vagues, elles s’égaraient Puis lentement se posaient sur l’eau pour mourir, Écume de tristesse d’un dernier soupir. Les yeux fermés, le musicien jouait sa peine, Il la jouait pour sa belle et pour l’océan, Il la jouait pour les marins et les sirènes, Pour les oiseaux du ciel et pour tous les amants. Et de son cœur-violon, les notes s’échappaient, Libres, mélancoliques, se mêlant aux embruns Que le vent soufflait vers des rivages lointains Tandis que sous la brume, l’infini ondulait » (Hélène de Vannoise, Le violoniste dans L’ange et le magicien).
« Je suis fille d’Éole. Je me nomme Alizé. Mon cœur est sans attache.
J’ai du souffle, ça se voit. Pour exercer ma voix, je m’entraîne sans relâche, choisissant la bonne voie.
Je suis un véritable courant d’air. Avec la brise, je rafraîchis la terre.
Je ne porte rien sur moi qu’un mince rayon de lune, un voile qui laisse filtrer la clarté des étoiles. Je fais voler l’écume, je fais voler les plumes.
Je me nomme Alizé et mon cœur est sans tâche » (Alain Hannecart, Alizé).
Pour le tout petit d’homme, la mère est un port d’attache (safehaven) servant de modèle pour la régulation émotionnelle. Le parent est la base de sécurité (secure base) pour l’exploration.
L’attachement insécure-évitant produit des stratégies d’indépendance forcée, d’autonomie compulsive, qui minimisent les émotions.
L’attachement insécure-résistant produit des stratégies de dépendance colérique, qui maximisent les émotions.
L’attachement sécure sauve de la dépendance, produit des liens chaleureux et empathiques (bonding), permet une bonne régulation émotionnelle.
« Dans la Bible, la Loi joue un rôle de clôture : ses prescriptions négatives en sont les piquets délimitant un espace à l’intérieur duquel la vie est garantie. Le décalogue présente des paroles surtout négatives. Leur tournure négative ouvre en fait un extraordinaire espace intérieur à la liberté des hommes. Ne te trompe pas de Dieu, ne tue pas, ne vole pas ton voisin, ne lui vole pas sa femme… Car en faisant cela, tu dérapes, tu sors du cadre de la vie, tu choisis la violence et la mort. Inter-dire, c’est dire-entre, c’est ouvrir un espace de vie.
Les lois et les règles bornent le champ social. Elles en fixent les limites. Entre celles-ci, s’ouvre un espace de non-violence, de communion possible, de gestion positive des conflits. Dès son enfance, tout homme peut grandir harmonieusement et trouver sa place dans une famille et dans une société d’autant mieux qu’un tel espace est soigneusement cultivé » (Chomé Étienne, Tends l’autre joue, ne rends pas coup pour coup. Mt 5, 38-42, non-violence active et Tradition, Éd. Lumen Vitae & Sortir de la violence, 2008, p. 135).
Inter-dire, c’est dire-entre, c’est ouvrir un espace de vie !
« Nombril, je t’aime, astre du ventre. Œil blanc dans le marbre sculpté, Et que l’Amour a mis au centre Du sanctuaire où seul il entre, Comme un cachet de volupté » (Théophile Gautier).
« Où est la très savante Héloïse Pour qui fut châtré Pierre Abélard Puis se fit moine à Saint-Denis ? Pour son amour, il souffrit cette blessure. De même, où est la reine Qui ordonna que Buridan Fût enfermé dans un sac et jeté à la Seine ? Mais où sont les neiges d’antan ? » (petit extrait de François Villon, La Ballade des dames du temps jadis).