« Le ‘oui’ de Dieu a besoin du nôtre pour obtenir son effet » (Maurice Zundel).
Que brûle en toi le feu de l’Amour au point de t’illuminer et de devenir lumière pour tes proches et prochain !
(Personnellement, au Rwanda, je me suis mis en route pour 4 jours de marche par monts et par vaux de ce pays aux mille collines, jusqu’à Kibeho : l’écoute par les pieds du Vivant vibrant !)
« Il vaut mieux danser sur l’herbe ou sur la fougère que d’être malheureux dans un palais » (Fénelon, 1718).
« Si j’avais en charge l’éducation des enfants d’un pays, je commencerais par les faire danser et chanter tous les matins » (Yehudi Menuhin, 1996).
« La rumba raconte l’histoire de ces peuples qui ont souffert, mais qui ont, dans leur souffrance, cherché à rester debout. La rumba est une musique d’évolution qui vous traverse les tripes » (Alain Mabanckou, 2025).
« Fais que le rêve dévore ta vie afin que la vie ne dévore pas ton rêve » (inspiré de Antoine de Saint-Exupéry qui aurait dit, lui : « Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve, une réalité », +/- 1937).
Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire J’ai vu tous les soleils y venir se mirer S’y jeter à mourir tous les désespérés Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire
À l’ombre des oiseaux c’est l’océan troublé Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent L’été taille la nue au tablier des anges Le ciel n’est jamais bleu comme il l’est sur les blés
Les vents chassent en vain les chagrins de l’azur Tes yeux plus clairs que lui lorsqu’une larme y luit Tes yeux rendent jaloux le ciel d’après la pluie Le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure
Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée Sept glaives ont percé le prisme des couleurs Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs L’iris troué de noir plus bleu d’être endeuillé
Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche Par où se reproduit le miracle des Rois Lorsque le cœur battant ils virent tous les trois Le manteau de Marie accroché dans la crèche
Une bouche suffit au mois de Mai des mots Pour toutes les chansons et pour tous les hélas Trop peu d’un firmament pour des millions d’astres Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux
L’enfant accaparé par les belles images Écarquille les siens moins démesurément Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens On dirait que l’averse ouvre des fleurs sauvages
Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où Des insectes défont leurs amours violentes Je suis pris au filet des étoiles filantes Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d’août
J’ai retiré ce radium de la pechblende Et j’ai brûlé mes doigts à ce feu défendu Ô paradis cent fois retrouvé reperdu Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes
Il advint qu’un beau soir l’univers se brisa Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent Moi je voyais briller au-dessus de la mer Les yeux d’Elsa les yeux d’Elsa les yeux d’Elsa
« Il y a un ‘nous’, un peuple qui sait qu’il ne parle pas d’une seule voix. Cela peut paraître trivial, mais c’est très difficile à construire. Le seul ‘nous’ viable, à mon sens, est le nous polyphonique : un ‘nous’ capable d’entendre les voix diverses qui le composent. Dans le monde juif, c’est un sujet de tension permanente ! Certains veulent à tout prix s’imaginer un groupe monolithique, uni dans ses pratiques ou ses convictions. […] L’eschatologie renvoie à l’image de la tour de Babel, ou de Sodome et Gomorrhe… c’est-à-dire à des mondes qui s’achèvent, qui ne sont pas la fin du monde, mais la fin d’un monde, à chaque fois reposant sur des enjeux éthiques : Babel s’effondre parce que les hommes ne parlent que d’une seule langue, alors que le projet divin est qu’ils en parlent plusieurs. Quant à Sodome et Gomorrhe, il n’y a pas de faute à caractère sexuel, contrairement à la lecture communément admise : Sodome s’effondre car elle est incapable d’accueillir l’étranger, ne partage plus les richesses, mais les garde pour elle » (Delphine Horvilleur, rabbin en France).
« Vous savez bien que les comédiens sont immortels À quoi bon vous crier ce qui ne peut s’écrire Que je le porte en moi ce séisme d’aimer Rien ne peut s’arranger ni s’éteindre avec l’âge La neige des cheveux n’éteint pas le volcan Ô long brasier cruel, les loups intérieurs me dévorent Jusque dans le sommeil où me perce en plein rêve Leur dent la seule vérité De vos fauteuils d’orchestre entend-on la chamade Au fond de l’âme et sous le carton peint du masque L’homme de douleur Ici se pose à moi la question de moi-même J’entends ma voix parler comme si J’étais l’acteur alors Que je suis les acteurs À la fois et vers eux les oreilles de l’ombre Non pas un spectateur mais l’œil Multiple de tous ceux que le spectacle tient Les prisonniers du spectacle et rarement l’un d’eux S’évade en claquant son fauteuil À vrai dire ni spectateur ni Acteur mais l’un et l’autre ainsi Que dans l’amour le couple et dans L’eau mon visage profond est celui de l’abîme et si… » (Louis Aragon, La nuit est à l’étroit, dans son amour passionné pour Elsa Triolet, aussi douloureux que des loups dévorant l’âme, aussi inextinguible qu’un incendie brûlant).
Illustration : Het Zinneke, aussi appelé Zinneke-Pis ; cette « sculpture de rue » sise rue des Chartreux 35, au centre de Bruxelles, en écho au Manneken-Pis (qui pisse en continu depuis 1619, et son pendant féminin la Jeanneke-Pis, arrivée seulement en 1987).
En dialecte bruxellois, Zinneke désigne à la fois la petite Senne (la rivière qui contournait Bruxelles, plus modeste que la Senne parisienne) et un chien bâtard = un chien sans race ; terme devenu affectueux pour désigner quelqu’un de métissé culturellement.
Bâtard en France : terme ancien pour désigner un enfant né hors mariage (aujourd’hui devenu plutôt insultant) ; Half-caste dans l’héritage colonial anglais ; créole dans les îles.
« Un chercheur américain, Bruce Chilton, a proposé de voir en Jésus un mamzer, c’est-à-dire un bâtard, un impur. Ce statut a des conséquences juridiques sévères selon la loi juive. […] Séparation de la famille, célibat, compassion pour les marginaux, relativisation des règles de pureté : tout cela porte, à mon avis, les stigmates d’une enfance exposée au soupçon d’impureté et d’une volonté de transcender cette exclusion sociale.
[…] Depuis cinquante ans, les historiens sont unanimes : l’intention de Jésus a été de réformer le judaïsme et non de fonder une nouvelle religion. […] Jésus, juif à 100 %, n’a jamais imaginé sortir du judaïsme – cela n’est pas dans son horizon de pensée, ni mentale ni religieuse – mais le mouvement issu de lui ne pouvait évoluer qu’ainsi. En ce sens, Jésus n’est donc pas étranger à la sortie progressive du judaïsme. […] Combien ces juifs messianiques, affirmant que l’avenir d’Israël passait par le Christ, ont dû se montrer insupportables pour leurs coreligionnaires ! »
(Daniel Marguerat, exégèse (sérieux expert), interview à propos de son livre Vie et destin de Jésus de Nazareth,
Extraits de Michel Serres dans son essai ‘C’était mieux avant !’ :
« Or, cela tombe bien, avant, justement, j’y étais. Je peux dresser un bilan d’expert.
Chères Petites Poucettes, chers Petits Poucets, ne le dites pas trop à vos vieux dont je suis, c’est tellement mieux aujourd’hui : “Grands Papas Ronchons” qui répètent que tout était mieux avant la paix, la longévité, les antalgiques, la Sécu, l’alimentation surveillée, l’hygiène et les soins palliatifs, ni service militaire ni peine de mort, les voyages, le travail allégé, les communications partagées… […] Avant, nous gouvernaient Franco, Hitler, Mussolini, Staline, Mao… rien que des braves gens ; avant, guerres et crimes d’État laissèrent derrière eux des dizaines de millions de morts. »
Pour moi, être seul en voyage, ce n’est pas renoncer au lien, c’est avec moi d’abord me sentir bien.
La solitude choisie est un lieu, un lieu que j’ouvre en moi pour respirer, me déposer, créer, un lieu où je peux me relier en vérité, sans le bruit du monde, sans détour, sans masque.
Prendre le temps d’écouter ce qui bouge en moi, à l’intérieur, sans réagir… et avant d’agir ! Marcher à mon rythme… Choisir les rencontres comme les espaces dont j’ai besoin pour me retrouver, parfois me relever.
La solitude choisie, un manque ? Un territoire sacré ! et une manière d’habiter ma deuxième vie aussi…
C’est ce que j’ai écrit en entendant un partage de Céline Fauche que je reprends pour l’essentiel.
NB : Me voici en route vers la Région des Grands Lacs pour animer diverses sessions…
« À chaque pulsation de mon cœur, il m’apparaît de plus en plus clairement que tu ne peux pas nous aider, mais que c’est à nous de t’aider et de défendre jusqu’au bout la demeure qui t’abrite en nous » (Etty Hillesum).