Merci, Maman

Maman…

Toi, dont l’amour se penche
Jusqu’à mon cœur d’enfant,
Dont l’aile douce et blanche
Me couvre et me défend,
Quand je fais ma prière,
Le soir et le matin,
Au ciel, à notre Père,
Oh ! répète-la bien.
On dit qu’à l’âme pure,
Tu parles quelquefois.
Rends-moi, je t’en conjure,
Attentif à ta voix.
Pour garder l’innocence
Je fuis mes ennemis.
Oh ! sois mon espérance,
Ange du paradis.
Quand, sur l’étroite route
Qui mène l’homme au bien,
Mon pied se lasse ou doute,
Tends-moi vite la main !
Ah ! de notre demeure
Éloigne la douleur,
Et si ma mère pleure,
Que ce soit de bonheur !
Que par ta vigilance,
Conservent leur fraîcheur
Les lis de l’innocence,
Sur mon front, sur mon cœur.
Des pas de mon jeune âge
Céleste conducteur,
Qu’un jour mon cœur partage
Ton éternel bonheur
                              (H. Gauthier).

« Pressentiez-vous qu’un jour ma voix,
assemblant vos rires, vos plaintes,
ferait de vos doux désarrois
une flamme jamais éteinte ?  » 
(Anna de Noailles, Les Forces éternelles, 1920, p. 202,
s’adressant à ses « poétiques grand’mères »).

Rien ne nous est donné pour nous écraser

« Vous croyez en votre Bon Dieu pour vous rassurer. Vous tranquillisez ainsi vos peurs existentielles… » ai-je entendu un jour de quelqu’un qui dénonçait la « religion, opium du peuple ». C’est vrai, dans notre élan spontané de religiosité, nous créons nos dieux à l’image de nos propres projections, cela nous rassure.

Par contre, quand nous sommes visités et mis en route par Celui qui est dans cette crèche et finira sur la croix, nous ne prions plus pour qu’Il agisse, mais parce qu’Il est en train d’agir, et ce bien différemment de nos projections ! 

Chaque appel dans ma vie m’a fait sortir de ma zone de confort et de mes sécurités, pour oser l’audace de la foi et le don de soi, jusqu’à en mourir… (de cette bonne mort qui vous fait entrer un peu plus dans la Vie véritable de l’Amour).

Pour approfondir, lire l’éclairant François Varone, Ce Dieu absent qui fait problème, Cerf, 1981

+ écouter Christiane Singer dans la précieuse vidéo qui s’ouvre par un athéisme sain : https://www.youtube.com/watch?v=98kOHBhCn6A « rien ne nous est donné pour nous écraser, il y a une force d’apprentissage dans chaque réalité qui nous visite. Souvent, c’est le mal-être qui va nous mettre en chemin, qui va nous faire obliquer, nous faire partir dans une direction qui sera plus véritable, qui répondra davantage à notre appel, à notre désir profond. Quelqu’un sans crise risque de flotter à la surface des choses, quelqu’un qui n’a jamais été confronté à une maladie, à une difficulté, il lui manquera quelque chose. […] Tout ce qui nous rencontre a un visage secret, a un message. Même ce qui nous fait le plus souffrir nous délivrera un jour son vrai visage. Cette assurance nous donne de ne pas être perdu dans la souffrance du premier degré, d’entrer dans la tension de ce qui va se révéler derrière ».

Regardez comme ils s’aiment / sèment

« L’amour n’est ni un conte de fées ni un livre. L’amour n’est ni une signature sur un papier ni ce qu’un couple se dit. L’amour est un arbre avec des branches allant bien au-delà du temps dans l’éternité, et des racines profondément ancrées dans la vie éternelle » (Rûmi).

Aimer à perdre la raison
Aimer à n’en savoir que dire
À n’avoir que toi d’horizon
Et ne connaître de saisons

Que par la douleur du partir
Aimer à perdre la raison

Ah c’est toujours toi que l’on blesse
C’est toujours ton miroir brisé
Mon pauvre bonheur, ma faiblesse
Toi qu’on insulte et qu’on délaisse
Dans toute chair martyrisée

La faim, la fatigue et le froid
Toutes les misères du monde
C’est par mon amour que j’y crois
En elles, je porte ma croix
Et de leurs nuits, ma nuit se fonde

(Louis Aragon, Aimer à perdre la raison, chanté par Jean Ferrat).

Je serai le quatrième mage

Je serai le quatrième mage,
parti de nulle part,
parti sans étoile aux cieux
pour un voyage au bout du temps,
pour un voyage au bout de moi…
 
Quand les ténèbres brouillent toutes pistes,
quand ma boussole intérieure bat la chamade,
quand ma route s’emballe sur elle-même,
Tu me montres quelque part dans la nuit
l’étoile inconnue que Tu fais lever pour moi.
 
Tu me dis que je n’ai pas perdu ma vie,
ce temps que j’avais rêvé tout autre !
Tu me dis que Tu m’attends encore,
car la fête ne commencera pas sans moi.
Et je T’offrirai mon enfance
tapie sous les décombres de mon passé…
 
J’adorerai l’Enfant de Noël
comme on s’agenouille émerveillé
devant le miracle fragile
d’une Parole enfin devenue vraie.
Maintenant, je Te vois en l’Enfant de Noël
T’agenouiller devant moi
pour que je devienne enfin Ton enfant.
 
Lytta Basset

L’étoile qui nous guide

« Les âmes perdues seront étoiles filantes.
Les âmes aimantes, elles, seront étoiles aimantées
et formeront constellations » (François Cheng).

Je marchais seul sur ce chemin
Une âme s’éveillait au loin
Une âme aussi belle, aussi belle
Que le ciel
Elle était si jeune et si frêle
Mais ses mots chantaient sans pareil
Tout l’amour et la grâce
Et d’un Dieu
Les merveilles
Il est des vies sur nos chemins
Qui nous révèlent ce destin
Quand la terre et les cieux
Semblent briller enfin
De la plus belle voix d’enfant
Et de son nom devenu grand
Touchant toutes les vies
Qui s’ouvrent à l’infini
Comment chacun de ses poèmes
Qu’elle écrivait comme un homme seul
Un peu d’amour et une fleur
Pour chaque jour
Et dans les battements de son cœur
Unis a ceux de son Sauveur
Ses mots comme une braise
Elle s’appelait Thérèse
Silencieuse et si solitaire
Quand elle écrivait sur la terre
Au cœur de chaque larme
C’est l’histoire de son âme
Ces mots donnés comme l’amour
Pour moi résonneront toujours
Pour ces millions de cœur
Qui cherchent le bonheur
Et que sa vie résonne encore
Et nous dévoile ses trésors
Ses mots comme une braise
Elle s’appelait Thérèse

Chanté par Natasha St-Pier & Thomas Pouzin

Cet amour qui vient de plus loin et de plus proche

L’Amour est plus fort que nos blessures et nos étroitesses. J’ai mon caractère, mes traits de génie, mes personnalités vives, parfois à vif, mes failles, mes défaillances et mes errances. J’ai surtout l’expérience de l’Amour qui fait de chaque moment un possible basculement du cœur de pierre en cœur de chair, qui fait de chaque matin l’opportunité d’une Vie nouvelle, d’un nouveau départ, dans l’humble accueil de tes traits de génie, tes côtés solaires, comme de tes failles, tes défaillances et tes errances…

Âme – ^ + i = Aime

Ce chant gagne à être écouté, plutôt que lu :

J’entends mon bien aimé
Son cœur m’appelle
Mon âme est toute prête à ses merveilles
Le voici qui bondit sur les montagnes
J’entends sa voix chanter sur les rivages

Viens
Mon cœur t’appelle
Oui, viens que je t’emmène dans mon jardin
L’hiver s’en est allé
Viens, je t’aimerai

Lève-toi mon amie, ma toute belle
L’hiver s’en est allé, les fleurs s’éveillent
Vient le temps des chansons
Et des « je t’aime »
Entends, ce chant d’amour pour toi s’élève

Cet amour est plus fort que nos misères
L’amour d’un Dieu venu sur notre terre
La grâce qui guérit et qui relève
Voici l’amour qui jamais ne s’achève

La rencontre de l’autre me donne de me rencontrer

Charles Pépin, La rencontre. Une philosophie, Ed. Allary, 2021 :

« L’amour ne doit pas être cette maison dans laquelle nos différences disparaissent, mais bien plutôt ce temple où elles ont droit de cité, où elles sont honorées, explorées, aimées » (p. 41).

« Pour progresser, il faut rencontrer un autre que soi » (p. 57).

« Sans aller vers ce qui n’est pas soi, impossible de savoir qui on est. Sans rencontrer l’autre, impossible de se rencontrer » (p. 58).

L’amour mature, au-delà du coup de foudre

« Souvent, nous avons du mal à passer de la logique du coup de foudre à celle de l’amour mature. Aimer, ce n’est pas prétendre que la vie corresponde à notre imagination ; c’est choisir, en pleine liberté, de prendre la responsabilité de la vie comme elle s’offre » (François, 1/12/2021). 

Vivre d’amour, la petite Thérèse

Vivre d’Amour, c’est donner sans mesure
sans réclamer de salaire ici-bas,
Ah! sans compter, je donne étant bien sûre
que lorsqu’on aime, on ne calcule pas.
Au Cœur Divin, débordant de tendresse,
j’ai tout donné, légèrement je cours.
Je n’ai plus rien que ma seule richesse.

Vivre d’Amour, c’est bannir toute crainte,
tout souvenir des fautes du passé.
De mes péchés, je ne vois nulle empreinte.
En un instant, l’amour a tout brûlé,
flamme divine, ô très douce fournaise !
En ton foyer, je fixe mon séjour.
C’est en tes feux que je chante à mon aise

Vivre d’Amour, c’est garder en soi-même
un grand trésor en un vase mortel.
Mon Bien-Aimé, ma faiblesse est extrême.
Ah, je suis loin d’être un ange du ciel !
Mais si je tombe à chaque heure qui passe,
me relevant, tu viens à mon secours.
À chaque instant tu me donnes ta grâce.

Vivre d’Amour, c’est naviguer sans cesse,
semant la paix, la joie dans tous les cœurs.
Pilote Aimé, la charité me presse
car je te vois dans les âmes, mes sœurs.
La charité, voilà ma seule étoile.
À sa clarté, je vogue sans détour.
J’ai ma devise écrite sur ma voile.

Vivre d’Amour, quelle étrange folie !
me dit le monde. Ah! cessez de chanter,
ne perdez pas vos parfums, votre vie.
Utilement, sachez les employer !
À des amants, il faut la solitude.
Un cœur à cœur qui dure nuit et jour,
ton seul regard fait ma béatitude.

Mourir d’Amour, voilà mon espérance.
Quand je verrai se briser mes liens,
mon Dieu sera ma grande récompense.
Je ne veux point posséder d’autres biens.
De son Amour, je veux être embrasée.
Je veux le voir, m’unir à lui toujours,
voilà mon Ciel, voilà ma destinée.

(Vivre d’amour, chanson de Natasha Saint-Pier,
d’après les poèmes de Sainte-Thérèse de Lisieux ;
https://www.youtube.com/watch?v=9xQiolIQAtA).