art mûr < > armures

Je crois en cet amour qui ne m’oblige pas à prouver ma valeur, où mon âme se sent « à la maison » avec toi.
Je goûte à cette relation connectée qui permet à chacun.e de nous deux d’être soi-même sans se poser de questions.
Je déguste notre bouteille remplie du nectar de nos actes bien plus sûrement que du vent de nos paroles passionnées…
(au point de départ de mon inspiration :
un partage de Joey Palermo que j’ai laissé résonner en moi).

« Cette nuit-là, rassemblés tous les trois autour de Maman, nous avons pour la dernière fois fait kolkhoze » (Emmanuel Carrère, Kolkhoze. Faire kolkhoze : ce rituel d’enfance de la rejoindre dans son lit quand Papa était absent pour ses affaires). 

éviter un impératif négatif

« Ne t’inquiète pas » : l’intention est bonne
et pourtant, la formule est malheureuse :
1) elle est négative « ne… pas… » (il est toujours
préférable d’opter pour un langage positif d’action),
2) avec un verbe à l’impératif (il est toujours
préférable d’opter pour une proposition
qui honore la liberté de l’autre),
3) elle commande une émotion (une émotion ne se commande pas ; elle est un clignotant précieux qui s’allume sur mon tableau de bord interne, indépendamment de ma volonté, pour m’alerter et m’inviter à prendre soin de ce qui est en manque).

Plutôt que de dire « ne t’inquiète pas », je peux choisir parmi deux démarches :
a) je communique en « je » ma confiance, mon assurance, ma disposition à prendre soin du souci actuel ;
b) j’écoute l’autre dans ses propres vécus et besoins, pour en prendre soin ensemble.

Sous forme de slogan :
quand on erre,
a) je gère ;
b) tu digères ?

Self-leadership est fort ≠ effort

Le rayonnement et la fécondité d’une personne viennent moins de ses parts volontaires qui font beaucoup d’efforts que de sa qualité de Présence. Et cette qualité de Présence se joue au coeur de son cœur, dans cet espace calme et ouvert où elle est pleinement qui elle est, en vérité, sans faire aucun effort. Juste être et être reliée à la source et aux ressources précieuses qui en découlent, comme les charismes du chef d’orchestre : n’avoir aucun instrument à jouer, juste optimiser la coordination, donner le rythme et inviter chaque membre de mon orchestre intérieur à écouter les autres de l’équipe et à donner le meilleur de soi-même, en prenant toute sa place et rien que sa place…

Je nous souhaite un authentique Self-leadership !

S’égarer s’est garé

Kant te dit : « personne ne peut penser ou vouloir à ta place ».
Sartre ajoute : « t’es condamné à être libre et à choisir toi-même ».

« L’erreur n’est pas un détour mais une étape essentielle
d’apprentissage sur le chemin de vie »
(Jane Nelsen, La discipline positive).

« Ne demande pas ton chemin
à celui qui le connaît.
Tu risquerais de ne pas t’égarer »
(Nahman de Brastlav, rabbin, 1772 – 1810).

Ombrage ombre-âge

Bon « vendredi 13 » mars : 13/3 = 13 + 3 = très étroit ?

« L’estime où l’on vous tient a dissipé l’orage.
Et mon mari de vous ne peut prendre d’ombrage »
(Molière, Tartuffe).

« Cette haine fut le premier secret que nous partageâmes, une fondation solide sur laquelle nous bâtirions le reste, murs de mépris, tourelles d’indifférence, mâchicoulis, poterne, contrescarpe de dédain, de mesquinerie, de colère ravalée, une forteresse d’ombrage et de ressentiment qui s’effondrerait six mois plus tard au premier souffle du vent, preuve qu’elle n’était pas si solide après tout » (Jean-Baptiste Andrea, Des diables et des saints).

« Mon amour, ma clarté,
ma mouette, mon long cours,
depuis dix ans, je t’aime.
Mon amour, mon pensif et mon rieur ombrage,
en t’aimant, j’ouvre grand les portes de la vie !
(Claude Orland (dit Claude Roy), Jamais je ne pourrai, 1970).

danser sous une capote

« Le braconnage de la misère n’est pas un fléau qui partira tout seul, Madame, à l’égocharité qui ne dit pas son nom. […]
Lui et les siens étaient des proies idéales pour ces messies qui se présentaient armés d’un sourire, sans capote ni kalachnikov, et qui finissaient par les baiser sans le moindre état d’âme. […]
Or les diamants, chacun le sait, ne sont pas éternels. Pareil pour le pétrole, le cuivre ou même le coltan. Ils s’épuiseront beaucoup plus rapidement qu’on ne le croit, tandis que les pauvres seront toujours parmi nous, faisant de la misère une ressource éternelle, un produit sûr, une valeur refuge, l’or noir réinventé, pour tout dire. Cette pauvreté extrême, ces tragédies humaines que d’aucuns vous envient sans le dire au point de les piller pour cumuler les distinctions honorifiques, au nom de la philanthropie, et les gains en Bourse, au nom du libre-échange, il est temps qu’elles vous profitent. Il est grand temps que les pays comme le vôtre, qui abritent l’extrême pauvreté à profusion, puissent vivre des ventres ballonnés qu’on montre sur les écrans du monde entier, en percevant un pourcentage déterminé au titre des droits liés à l’image, en dollars américains de préférence, tant et aussi longtemps que l’ère du yuan se fera attendre » (Blaise Ndala, Sans capote ni kalachnikov, notamment sur la marchandisation de la misère dans l’Afrique des Grands Lacs, où la guerre sert à en exploiter les richesses minières).

Décapoter : l’inverse de capoter, qui signifie :
1.
Garnir d’une capote (capoter une voiture, fermer sa capote).
2.
Être renversé, se retourner (la voiture a capoté).
3.
Échouer (le projet a capoté).
4.
Au Québec, devenir un peu fou => adorer quelque chose, kiffer / tripper, s’extasier.

À propos de l’art de savourer la vie même dans l’épreuve : « danser sous la pluie » se dit parfois en argot « danser sous une capote ». Invitation à danser un slow-gant dans notre déca.potable ?

prune !

Voici un des charmes de la langue française…

Travailler pour des prunes = pour rien, sans résultat (l’expression remonte aux croisades du XIIᵉ siècle : les croisés étaient revenus bredouilles de Damas, excepté de piètres pruniers rapportés dans leurs sacs).

Par ailleurs, la prune est utilisée comme un projectile.
D’où ramasser une prune = prendre un coup ;
prendre une prune = recevoir une contravention.

Et pour la route :
avoir une tête de pruneau = avoir un visage marqué, ridé.

lune arc-en-ciel de miel

« Le bonheur consiste à vivre chaque jour
comme si c’était le premier jour
de votre lune de miel… et
…le dernier jour de vos vacances »
(Tolstoï).

« La vie est une fleur,
l’amour en est le miel »
(Victor Hugo, Le Roi s’amuse, 1832).

« Je glisse au creux de ton oreille
trois mots de peu, trois mots de rien :
le ciel exulte dans un ‘JE T’AIME’,
éclaire la lune d’un arc-en-ciel.
Pour nous, ce soir, c’est lune de miel ! »
(Anonyme à la mode).