« Ce matin au bord de l’eau, du sommet d’un arbre très haut, le gazouillis mélodieux d’un viréo parvient jusqu’à mon bureau. Ô mon pauvre cerveau tentant de démêler l’écheveau d’un abscons traité de philo a besoin de repos. Alors j’écoute ce passereau et c’est lui dont l’allegro et la limpidité du solo ont le dernier mot » (Pierre Chatillon, Un voyage d’hiver).
« Quand je vois un écheveau bien enchevêtré, je me dis qu’il serait bien de trouver un fil conducteur » (Pierre-Gilles de Gennes).
Voici quelques échos de la messe des funérailles de Jean, ce samedi 28 février 2026.
Par la magie des enregistrements, nous l’avons entendu parler de la mort « à ses propres funérailles », n’a pas manqué de dire son fils, Damien, dans sa plus belle simple bonhomie (qui, à mes yeux, était le plus bel hommage qu’il pouvait faire à son papa. Quelle jouissance libératrice !) :
« Mourir, c’est lâcher ce qui est dépassé, les conditionnements anciens, dans une continuité de la Vie ; c’est un événement parmi d’autres. À travers le développement personnel, je me réalise, tout à fait, librement. Je suis moi-même jusqu’au bout. le suis heureux, j’attire, je rayonne… Je peux susciter l’amour, être dans l’Amour. Je suis attiré par ce qui est infini : Dieu ! qui m’a fait pour ça… » (Jean Lerminiaux).
Dans son homélie, le prêtre a parlé du Royaume de l’autre rive. Et j’ai été repêché quelques lignes du texte de Tagore :
« Ah ! que je voudrais aller là-bas à l’autre rive du fleuve. Maman, si tu le veux bien, j’aimerais être le passeur du bac quand je serai grand. Je ferai la traversée sans cesse d’une rive à l’autre et les garçons et les filles du village, en se baignant, me regarderont bouche bée. Quand le soleil remonte au haut du ciel, quand le matin cède la place à midi, j’accourrai vers toi en disant : « Maman, j’ai faim ! » Quand la journée est finie les ombres se blottissent sous les arbres, j’arriverai alors avec le crépuscule. Jamais je ne te quitterai pour aller à la ville travailler comme mon père. Maman, si tu le veux bien, j’aimerais être le passeur du bac quand je serai grand » (Rabîndranâth Tagore, La Jeune Lune).
Le chant d’entrée de la messe des funérailles est une merveille : https://www.youtube.com/watch?v=kmOkbBO76a4
Angelo a fait fort dans son mot final, en se laissant appeler au téléphone par Jean de Là-Haut – second live / en direct ! happy life…– et à nous faire tous chanter « Volare Cantare Oh Oh Oh Oh »… Ô oui, « Jean aimait les gens et les gens aimaient Jean ! », j’en con.viens…
Nous étions dans la très belle église à côté de chez lui : la basilique Notre-Dame de paix et de concorde, à Basse-Wavre :
Jean nous répétait en formation : « quand je peux regarder mon conditionnement ancien en disant « ce n’est pas plus grave que cela », je suis devenu moi, je suis libre ! » Et là, il nous a adapté la formule : « quand je peux regarder ma mort en disant « ce n’est pas plus grave que cela », je suis devenu moi, je suis libre ! » Et ce n’est qu’un au revoir !…
Cher Jean, tu nous répétais aussi que, dans la logique de l’Évolution, un comportement qui a réussi dans le passé est très utile à préparer l’avenir ! Quelle belle intelligence du futur tu nous offres, cher Jean, toi qui as reçu les personnes que tu accompagnais jusqu’à ta toute fin ‘ici-bas’. Merci de nous montrer sereinement la route du grand passage…
« L’espoir ne doit plus être tourné vers l’avenir mais vers l’invisible. Seul celui qui se penche vers son coeur comme vers un puits profond retrouve la trace perdue » (Christiane Singer).
« L’amour ne meurt jamais de mort naturelle. Il meurt parce que nous ne savons pas revenir à sa source. Il meurt d’aveuglement, d’erreurs et de trahisons. Il meurt de maladie et de blessures. Il meurt de lassitude, il dépérit et se ternit » (Anaïs Nin, Les chambres du cœur).
« Les droits humains ne sont pas un obstacle au progrès, ils en sont un moteur essentiel. Ils définissent le cap. La dignité humaine est notre boussole. Un monde qui protège les droits humains est un monde qui se protège lui-même » (António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, 23 février 2026).
Un professeur qui cherchait à avoir la paix pour un bon moment demanda à sa classe de calculer la somme de 1 à 100.
Un des élèves, dans un éclair fulgurant, vit comment simplifier le travail : 1 + 100 = 101 2 + 99 = 101 3 + 98 = 101 … Donc, multipliant 101 par 50, il donna facilement et rapidement la réponse.
Il s’appelait Gauss, il avait 8 ans, en route vers la fameuse courbe de Gauss !
C’est en enfermant une souris sous une cloche avec une plante qu’il y a 250 ans, Joseph Priestley devint sûr que la plante « répare » / « rafraîchit » l’air ; elle nous aide à respirer plus longtemps dans un espace sans air. Cette expérience l’a conduit à comprendre qu’une plante produit une substance indispensable à la vie animale, ce que nous appelons aujourd’hui l’oxygène.
Dans la foulée, en 1779, Jan Ingenhousz comprend que la lumière aide les plantes à « purifier » l’air. Juste après, à Genève, Jean Senebier montre que les plantes absorbent le CO₂ !
Et dire que c’est la bête expérience de Priestley qui a mis les hommes sur la piste de la photosynthèse. Vive la curiosité…
L’invention en sciences est stimulée notamment par les capacités de
1) regarder autrement, changer de perspective, réussir une construction mentale :
c’est en réalisant dans sa tête une expérience impossible à réaliser en pratique (deux objets glissant sans frottement sur un plan incliné infini) que Galilée a mieux compris les lois du mouvement et la chute des corps ;
c’est en se demandant ce qu’il verrait en chevauchant un rayon de lumière qu’Einstein a accouché de son hypothèse de relativité restreinte ;
2) faire des liens que personne n’avait faits et oser des hypothèses audacieuses, même apparemment farfelues et fortement critiquées :
c’est en regardant la découpe des continents comme un puzzle que Wegener a eu l’idée créative qu’ils avaient été d’abord soudés et qu’il a formulé l’hypothèse de la dérive des continents (une idée jugée folle à l’époque qui deviendra la tectonique des plaques) ;
3) inventer des modèles ou créer un instrument / un outil qui permet de voir ce qu’on ne voyait pas encore :
c’est en bricolant des maquettes en carton et en métal que Watson & Crick ont testé différentes formes possibles de la molécule, jusqu’à visualiser la double hélice de l’ADN ;
c’est en représentant les décisions humaines comme des stratégies mathématiques que Von Neumann et Morgenstern ont pu modéliser les comportements humains et créer la théorie des jeux ;
4) transformer un bug en opportunité, un accident en riche expérience :
c’est en ayant de la curiosité pour une expérience ratée (un champignon avait contaminé une boîte de culture) que Fleming a suivi cette piste hasardeuse fournie par hasard, jusqu’à découvrir la pénicilline.
« Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Hypocrite, ôte d’abord la poutre de ton œil, et alors tu verras à ôter la paille de l’œil de ton frère » (Matthieu 7,3-5).
« Quel est le comble de l’économe ? Coucher sur la paille qu’il voit dans l’œil de son voisin et se chauffer avec la poutre qu’il a dans le sien » (Alphonse Allais, Le Tintamarre, 1879).
‘Gargouille’ est une onomatopée primitive : « garg- » (bruit de gorge) + « goule » (gueule) => « gueule qui gargouille ».
Et quand ces bruits montent des profondeurs grouillantes de l’estomac, on parle de gargouillis !
Quelle intéressante réalité que les gargouilles : 1) elles rendent grand service en déversant l’eau de pluie loin des murs, pour protéger les fondations ; 2) elles ont forme monstrueuse, figure fantastique, symbolisant les dangers du Mal et de ses tentations !?
Cette ambivalence entre bienfaits et dangers est si fréquente : l’eau (un cyclone est essentiel pour bien des îles car il leur apporte de grandes quantités d’eau douce ET ses vents de 2 à 300 kms/h. peuvent tout balayer), le feu purificateur ET destructeur, la mère nourricière ET possessive, la technologie source de progrès ET arme d’oppression aux mains des malveillants, le temps (chance ou malchance ? ; Janus aux deux visages), etc.