comme l’eau qui descend de la montagne sans robinet, inépuisable et surabondante

Ces temps-ci, une fois par semaine, le dimanche, je me réveille spontanément et en forme, à 3h00, une heure plus tôt que d’habitude (4h00), comme irrésistiblement appelé à prier, à me tenir aux côtés de Jésus au Jardin des Oliviers, qui – comme dit l’évangéliste Jean – nous conduit au Père (& Mère, source de toute vie).

Je ne prie pas des lèvres. Je remonte le fleuve, la rivière, le ruisseau, jusqu’à la source. Et là, au coeur de mon coeur, je savoure ce qui jaillit et coule de Source. Quelle joie de laisser ÊTRE simplement…

Je respire avec l’Intention Vivante/vibrante d’être dans leurs Volonté & projet d’Amour. Mon bonheur est de demeurer dans ce flux de Vie donnée gratuitement. Cette vie, c’est comme l’eau qui descend de la montagne sans robinet, inépuisable et surabondante.

Le meilleur début de journée que je connaisse…


Bon dimanche à chacun.e de vous !

défilé militaire et crainte des mères

Poème sur un défilé militaire en juillet
(poème raccourci en bas de ce post).

Dans le faubourg planté d’arbustes rabougris,
Où le pâle chardon pousse au bord des murs gris,
Sur le trottoir pavé que limitent des bornes,
Lentement, en grand deuil tous deux, tristes et mornes,
Et vers le couchant d’or d’un juillet étouffant,
Vont ensemble une mère et son petit enfant.
La mère est jeune encore, elle est pauvre, elle est veuve.
Résignée, et pourtant droite encor sous l’épreuve,
Elle songe sans doute au sombre lendemain ;
Et le petit garçon qu’elle tient par la main
A déjà dans ses yeux agrandis par les jeûnes
L’air grave des enfants qui s’étonnent trop jeunes.

Ils marchent, regardant le coucher du soleil.
Mais voici que, parmi le triomphe vermeil
Des nuages de pourpre aux franges d’écarlate,
Là-bas, soudaine et fière, une fanfare éclate ;
Et, poussant devant eux clairons et timbaliers,
Apparaissent au loin les premiers cavaliers
D’un pompeux régiment qui vient de la parade.
Des escadrons ! mais c’est comme une mascarade.
Les enfants et le peuple, hélas ! enfant aussi,
S’arrêtent en chemin pour les voir. Or ceux-ci
Sont très beaux ; et le fils de la veuve regarde.
Lui qui vécut dans les murs froids d’une mansarde,
Il n’a jamais rien vu de tel. Il est hagard ;
Et sa mère lui dit, bénissant ce hasard,
Et distraite, elle aussi, de ses rêves austères :
« Restons là. Nous verrons passer les militaires. »

Ils s’arrêtent tous deux ; et le beau régiment,
Sombre et pesant d’orgueil, défile fièrement.
Ce sont des cuirassiers ; ils vont, musique en tête,
Répandant à l’entour comme un bruit de tempête.
Les casques sont polis ainsi que des miroirs ;
Les sabres sont tirés. Tous les chevaux sont noirs ;
Ils ont la flamme aux yeux et le sang aux narines.
– Les cuirasses d’acier qui bombent les poitrines
Jettent à chaque pas des éclairs aveuglants ;
Et les lourds escadrons, impassibles et lents,
Se succèdent, au pas, allant de gauche à droite,
Avec leurs officiers dans la distance étroite,
Si bien que le passant, sur la route arrêté,
Cependant qu’il peut voir s’éloigner d’un côté
Des croupes de chevaux et des dos de cuirasses,
Voit de l’autre, marchant de tout près sur leurs traces,
S’avancer, alignés comme par deux niveaux,
Des casques de soldats et des fronts de chevaux.
Et ce spectacle est plus sublime et plus farouche
Dans la rouge splendeur du soleil qui se couche.

Mais, l’œil tout ébloui des ors et des aciers,
L’enfant cherche surtout à voir ces officiers
Qui brandissent, tournés à demi sur la selle,
Leur sabre dont la lame au soleil étincelle,
Et sont gantés de blanc ainsi que pour le bal,
Et commandent, tandis que leur fougueux cheval,
Se rappelant sans doute une ancienne victoire,
Secoue avec orgueil son mors dans sa mâchoire.
Et plus que tous ceux-là l’enfant admire encor
Le plus jeune, qui n’a qu’une aiguillette d’or
Et marche dans les rangs ainsi qu’une recrue,
Mais qui semble toujours à la foule accourue
Le plus heureux, le plus superbe et le plus beau,
Car il porte les plis somptueux du drapeau.

Le régiment défile, et l’enfant s’extasie.
Craintif et se tenant à la jupe saisie
De sa mère, il admire, avide et stupéfait,
Et tremble. Mais alors celle-ci, qui rêvait,
Le regarde, et soudain elle devient peureuse.
La pauvre femme, qui naguère était heureuse
Que pour son fils ce beau régiment paradât,
Craint maintenant qu’il veuille un jour être soldat ;
Et même, bien avant que ce soupçon s’achève,
Son esprit a conçu l’épouvantable rêve
D’un noir champ de bataille où dans les blés versés,
Sous la lune sinistre, on voit quelques blessés,
Qui, mouillés par le sang et la rosée amère,
Se traînent sur leurs mains en appelant leur mère,
Puis qui s’accoudent, puis qui retombent enfin ;
Et, seuls debout alors, des chevaux ayant faim
Qui, baissant vers le sol leurs longs museaux avides,
Broutent le gazon noir entre les morts livides !

Elle entraîne son fils ; elle a le cœur glacé.
Et, bien que le brillant régiment soit passé
Et qu’au coin du faubourg tourne l’arrière-garde,
L’enfant se plaint tout bas, et résiste, et regarde
Son rêve qui s’enfuit, espérant voir encor
Là-bas, dans la poussière, une étincelle d’or,
Et détestant déjà les amis et les mères
Qui nous tirent loin des dangers et des chimères.

(François Coppée, Le défilé dans Poèmes modernes).
 

Poème raccourci :
« Dans le faubourg planté d’arbustes rabougris,
Où le pâle chardon pousse au bord des murs gris,
Sur le trottoir pavé que limitent des bornes,
Lentement, en grand deuil tous deux, tristes et mornes,
Et vers le couchant d’or d’un juillet étouffant,
Vont ensemble une mère et son petit enfant.
[…]
Ils marchent, regardant le coucher du soleil.
Mais voici que, parmi le triomphe vermeil
Des nuages de pourpre aux franges d’écarlate,
Là-bas, soudaine et fière, une fanfare éclate ;
Et, poussant devant eux clairons et timbaliers,
Apparaissent au loin les premiers cavaliers
D’un pompeux régiment qui vient de la parade.
Des escadrons ! mais c’est comme une mascarade.
[…]
Et distraite, cette mère, de ses rêves austères :
« Restons là. Nous verrons passer les militaires. »
Ils s’arrêtent tous deux ; et le beau régiment,
Sombre et pesant d’orgueil, défile fièrement.
Ce sont des cuirassiers ; ils vont, musique en tête,
Répandant à l’entour comme un bruit de tempête.
Les casques sont polis ainsi que des miroirs ;
Les sabres sont tirés. Tous les chevaux sont noirs ;
Ils ont la flamme aux yeux et le sang aux narines.
– Les cuirasses d’acier qui bombent les poitrines
Jettent à chaque pas des éclairs aveuglants ;
Et les lourds escadrons, impassibles et lents,
Se succèdent, au pas, allant de gauche à droite,
Avec leurs officiers dans la distance étroite,
Si bien que le passant, sur la route arrêté,
[…]
Et ce spectacle est plus sublime et plus farouche
Dans la rouge splendeur du soleil qui se couche.
[…]
…Que pour son fils ce beau régiment paradât,
Craint maintenant qu’il veuille un jour être soldat ;
Et même, bien avant que ce soupçon s’achève,
Son esprit a conçu l’épouvantable rêve
D’un noir champ de bataille où dans les blés versés,
Sous la lune sinistre, on voit quelques blessés,
Qui, mouillés par le sang et la rosée amère,
Se traînent sur leurs mains en appelant leur mère… »


 

verser 1 pot de vin pour boire

Il y a 500 ans, « verser un pot de vin » ne signifiait pas corrompre. C’était saluer le bon service ou l’encourager, en offrant au serveur de quoi s’acheter un verre, donner un pourboire (= une pièce d’argent ‘pour boire’). Autre image semblable : graisser la patte de quelqu’un pour bien le disposer.

Un État est d’autant mieux un État de droit que chaque mandataire politique a des comptes à rendre clairement / que ses comptes sont strictement contrôlés. Voici un propos en ce sens d’il y a près de 500 ans :

« Ces accusés sont incapables d’expliquer raisonnablement la source de leur enrichissement extraordinaire et rapide. L’ambiguïté des explications doit être la preuve même de la malversation (Ipsa peculatus sit plena probatio). Quand une couleur non naturelle s’attache à l’or, elle dissimule à coup sûr des artifices. Apparences et présomptions nous permettent d’habitude de démontrer les crimes cachés. En la matière, l’information des hommes se heurte à mille supercheries et l’erreur imprévue comme le mensonge spécieux nous guettent sous des dehors trompeurs » (Guy Coquille publiant en 1703 des propos tenus en 1577, lors des États de Blois !).

Edgard Morin

« À force de sacrifier l’essentiel à l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel. Je sens présente en moi l’humanité dont je fais partie. Non seulement, je suis une petite partie dans le tout, mais le tout est à l’intérieur de moi-même. C’est peut-être cela qui me donne l’énergie de continuer sur la voie qui est la mienne. Et à un moment donné, sans que vous ne sachiez pourquoi, c’est comme une catalyse, quelque chose qui se passe, se transforme, bascule… C’est cela l’espoir » (Edgar Morin, entretien publié dans la revue Kaizen).

« Pour bien vieillir, il faut garder en soi les curiosités de l’enfance, les aspirations de l’adolescence, les responsabilités de l’adulte, et dans le vieillissement essayer d’extraire l’expérience des âges précédents » (Edgar Morin, Leçons d’un siècle de vie).

Image : tirée de Charlie Hebdo,
après la mort d’Edgar Morin
(né le 8/7/1921 et
mort le 29/5/2026).

l’union fait la force

Morceaux choisis du discours du roi Philippe pour la fête nationale de ce jour :

« Nous vivons une époque qui privilégie l’autonomie de l’individu et la performance. Or, la solidité d’une société se mesure aussi à la manière dont elle prend soin de ses membres les plus vulnérables. Je songe en particulier aux personnes dont les facultés cognitives s’effacent peu à peu.

Je salue avec admiration les professionnels, les associations, tous ceux qui prennent en charge ces patients et leur procurent un environnement sécurisant. Dans le respect de leur dignité. Ne devrions-nous pas prendre exemple sur eux et mettre plus d’humanité et de tendresse dans notre société ?

[…] Dans notre monde bouleversé, de nombreux États et groupes armés s’affranchissent des règles du droit international. Sous des prétextes fallacieux, ils mènent des guerres insensées et cruelles. Ces crises ne peuvent nous faire oublier les grands défis planétaires : la pauvreté, les dérèglements climatiques, l’effondrement de la biodiversité et l’épuisement des ressources naturelles. Les résoudre suppose d’agir de concert, de veiller à ce que des règles communes soient réellement respectées, et de soutenir les institutions qui en sont les gardiennes. Je ne vois pas d’autre voie pour faire face aux dangers qui nous menacent. […] De notre déficit budgétaire à la polarisation dans la société, de l’instabilité géopolitique au réchauffement de la planète, tous ces problèmes ont des causes et des conséquences très différentes. Mais ils ont un point en commun : nous ne pourrons les surmonter qu’ensemble, en nous appuyant sur ce qui nous unit, plutôt que sur ce qui nous divise. En cultivant la cohésion et la faculté de « faire société ». Je vous souhaite, à toutes et à tous, une joyeuse Fête Nationale. »

Viva España y Bélgica

Ce 19/7/26, l’Espagne a dominé toute la partie de football et a bien mérité son titre ! aussi dans l’esprit et le fair-play…

Viva España !

Cela a duré 157 ans au cours desquelles l’actuelle Belgique fut intégrée à la monarchie espagnole : 1556 → 1713. Déjà auparavant, Charles Quint, né en Belgique en 1500 et mort en Espagne en 1558 s’était réjoui que ses provinces du Nord soient le plus intense foyer culturel du monde. Avec sa Cour, il a trouvé la formule idéale : l’hiver doux en Espagne et l’été doux en Belgique : doudou climatique !

Les « Pays-Bas espagnols » (le sud des Dix-Sept Provinces, comprenant le nord de la France et l’ouest de l’Allemagne) est alors l’un des principaux centres intellectuels et artistiques d’Europe, notamment en peinture (Pieter Bruegel, Pierre Paul Rubens, Anthony van Dyck et tant d’autres ; et les arts disent le regard de la foi), en sciences (dont des cartographes à la pelle, tel Mercator ; des médecins, tel Vesalius, père de l’anatomie moderne), en humanisme (un pionnier, Érasme, était venu se réfugier à Bruxelles et à Louvain)…

Certes, n’oublions pas que l’hégémonie politique et la richesse de l’Espagne au XVIe siècle proviennent de l’exploitation massive de son empire colonial dans le Nouveau Monde. Cet âge d’or a été alimenté par le pillage et l’extraction intensive de l’or et de l’argent. Viva España + Justicia y reparaciones para la Argentina y toda América Latina y todos los pueblos colonizados y oprimidos !

Même l’île Maurice et l’Asie colonisées par les Pays-Bas sont concernés par cette Histoire de conquête colonisatrice des Dix-Sept Provinces Réunies (avec les Pays-Bas septentrionaux et méridionaux) ; à ce propos, voir mon post https://etiennechome.site/dites-les-pays-bas-et-non-la-hollande/ !

Chef couvre ses failles < > Couvre-chef, leader sait failles

« Si vous prenez la Bible pratiquement du début à la fin, tous les personnages qui comptent, tous les héros du texte, sont des handicapés d’une manière ou d’une autre : ce sont des gens qui ont connu une faille, une brisure, avec laquelle ils ont dû composer. Par exemple, Abraham qui est un très célèbre patriarche dans la Genèse, est stérile une partie de sa vie et n’arrive pas à avoir de descendance. Et pourtant, c’est lui, la figure du père : un patriarche stérile ou en situation de stérilité. Isaac, son fils, est un visionnaire mais une partie de sa vie, il est aveugle (le texte nous le dit très clairement). Et puis, surgit son fils, Jacob. Jacob incarne la droiture, la verticalité, la rectitude… Et pourtant, une bonne partie de sa vie, nous dit le texte, il boite, c’est-à-dire que lui-même est dans le déséquilibre, tout en étant appelé à incarner la verticalité. Et ça continue… Le meilleur exemple, c’est Moïse qui est le porte-parole de Dieu dans la Bible ; vraiment, c’est lui qui doit parler au peuple. Or… il bégaie ! C’est un bègue… On pourrait se dire que c’est un hasard… Ils vont se débrouiller, malgré leur handicap… Pas du tout, je crois que les vrais leaders dans la Bible et dans l’existence, ce ne sont pas des gens qui se débrouillent malgré ce qui leur est arrivé ; ce sont plutôt des gens qui construisent vraiment avec ce qui leur est arrivé. Ils sont visionnaires parce qu’ils ont un problème de vue. Ils marchent droit parce qu’ils boitent et ils sont des bons porte-parole parce qu’ils sont bègues… Peut-être que les plus grands leaders sont des gens qui composent avec les failles… » (rabbine Delphine Horvilleur).

mettre le holà

En français, « holà » avec un accent grave
sert à attirer l’attention ou à calmer le jeu,
comme dans l’expression « mettre le holà ».

« Il allait à se battre et à renverser la nacelle, si Charon n’eût mis le holà à coups d’aviron » (Jean de La Fontaine, Psyché, 1669).

« Ce père précédé de flambeaux, vint mettre le holà aux fredaines un peu trop fortes de son fils » (Théophile Gautier, Le capitaine Fracasse, 1863).

Make love and laugh

Aujourd’hui est le dernier jour de la canicule ici. Si tu as quelque chose à me dire qui jette un froid, c’est vraiment le bon moment…

Ci-joint une interpellation existentielle d’un manchot à un phoque, laquelle provoqua l’inverse : créer du lien et de la chaleur entre vivants marrants…

« Quand je ris, c’est aux éclats.
Quand je pleure, c’est aux sanglots.
Je n’y connais de milieu que l’ennui »
(Beaumarchais, Lettre à la Comtesse d’Albany, 1791).

« Si vous pouvez rire ensemble, vous pouvez travailler ensemble » (Robert Orben).

psy et spi

Voici un de mes messages fondamentaux qui articule ressources humaines (l’axe horizontal du travail sur soi, avec les moyens psy qui existent) et ressourcement à la source (l’axe vertical de l’accueil en moi de la Lumière, du Souffle et de la Source).

Mes jugements, reproches et réflexes de contrôle sur les autres sont l’amer salaire de mauvaises relations à l’intérieur de moi. C’est par un plus grand respect de moi-même à l’égard de mes fondements, besoins, valeurs, intentions et motivations que je peux être délivré de mes paroles-poisons. Celles-ci correctement traduites deviennent un trésor que je parviens à honorer et à partager. J’apprends à écouter les messages de mon corps (sensations physiques), mon cœur (mes émotions) et mes entrailles (mes manques/besoins), m’amenant au cœur de mon cœur, ce lieu calme, libre et bienveillant.

Puis, en sens inverse, à partir de ce lieu-source duquel coule la source inépuisable et surabondante de l’Amour, j’apprends à accueillir chaque part de ma vie qui se manifeste ici et maintenant, en prenant soin de sa colère / fatigue / souffrance et de son besoin, à accomplir ce dialogue intérieur chaque fois qu’un sentiment sonne l’alerte en moi. Cette bienveillance avec mes parts m’apprend à écouter chez l’autre, en amont de ses paroles-poisons, ses propres trésors et ainsi de le rencontrer depuis cette paix dont lui-même est porteur.  

La fausse vie est épuisante, la vraie vie est inépuisable.